DR LA RIÉPRESSION CHEZ LES HÉBREUX
Le système pénal inauguré par Moïse ne fut point la représentation exacte de celui de la terre d'Egypte ou de l'Inde; mais les différences que nous pouvons observer, loin de nuire à l'origine que nous avons assignée aux Israélites, deviennent des arguments d'autant plus frappants qu'elles ont leur source dans cette origine même.
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Ainsi que ses prédécesseurs, Moïse admit comme moyen de répression et d'expiation :
La mort,
La bastonade, ,
L'amende,
Et la purification par les sacrifices.
. Mais il ce^ussa tout rejet partiel et complet de la tribu ou de la caste, pénalité qui, nous Tavons vu, avait été adoptée par la Perse, la Grèce et Rome, et qui, par le droit de Justinien, passa plus tard dans les codes modernes sous le nom de mort civile.
Ce refus du judaïsme d'accorder droit de cité à Tinterdiction de l'eau et du feu aux grands coupables, qui cependant fut si bien dans les mœurs de l'Orient, est une exception qui s'explique logiquement d'elle-même.
Il n'y a là ni progrès, ni pensée d'humanité, car il eût certes mieux valu rejeter de la tribu, au lieu de les massacrer, les vingt mille Israélites coupables seulement d'avoir folâtré avec les filles de Moab. Et il suffit de lire la Bible pour voir qu'elle est pleine d'hécatombes et de sacrifiées humains, et que ce livre est écrit avec du sang.
t3n ne peut donc voir là un adoucissement apporté aux mœurs anciennes.
La pensée qui guida Moïse est trop simple pour n'être point vraie, et on peut dire qu'elle naquit forcément de la situation.
Si le peuple hébreu, ainsi que nous l'avons démontré, s'est formé par le rejet de la caste des Egyptiens coupables, s'il fut le paria de la société des Pharaons, ce devint une nécessité pour Moïse de ne pas créer de parias dans la société hébraïque.
D'abord il ne fallait pas laisser entrevoir au peuple nouveau qu'il pouvait, par quelque motif que ce soit, retourner à la situation misérable à laquelle il venait de se soustraire.
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Puis il y avait une rtdson d*État, indubitablement entrevue par Moïse, et qui consistait à ne pas créer, par ce rejet de la tribu, une nation dans la nation, qui, s'accroîssant peu à peu, pouvait devenir avec le temps un danger social.
Les Egyptiens avaient essayé d'arrêter le développement des Israélites par des massacres et de durs travaux : il était d'une sage politique de prévoir que les mêmes causes pouvaient forcer un jour à les imiter par la crainte d'une révolution servile. Donc l'établissement de cette antique pénalité devant apporter infailliblement des ferments de décomposition menaçants pour l'avenir, Moïse préféra la remplacer, dans l'ordre religieux et civil, par le massacre en masse de tous les grands coupables. On se défaisait ainsi de ceux qui niaient Jéhovah, comme de ceux qui murmuraient contre l'autorité du législateur et des prêtres, ses successeurs.
Pour les fautes d'une moindre importance et ne touchant pas essentiellement à la constitution théocratique du gouvernement, la peine du talion fut établie :
c Ocvklum pro oculOf dmtem pro dente, manwn pro manu, pedem pro pede, « AdusHonem pro adustioney vulnus pro vulnere, livorem pro livore. » ■—Œil pour œil, dent pour dent, main pour main et pied pour pied. — Brûlure pour brûlure, plaie pour plaie, meurtrissure pour meurtrissure.
{Exode j chapitre iv, versets 24 et 25.)
Saluons cette première apparition du talion, de cette peine barbare dans les sociétés antiques I
Ce que ni l'Inde ni l'Egypte théocratiques ne surent inventer ; ce que Manou, Boudha, Zoroastre et Manès eussent repoussé avec horreur, il appartenait au judaïsme de Jéhovat de nous le donner.
Ceci ne fut point de l'imitation , et Moïse peut regarder le talion comme un fleuron original de sa couronne de législateur.
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Ce mode de répression se retrouve, plus tard, au début de plusieurs autres nations; mais il resta dans la barbarie des mœurs et des coutumes primitives : aucun peuple n'osa suivre Texemple d'Israël et le conserver dans son droit écrit.
Plus nous avancerons, et plus nous aurons l'occasion de constater que, si la Judée changea quelque chose à la civilisation léguée par Tlnde et TEgjpte, ce ne fut que pour faire un retour à la barbarie, à la cruauté des premiers âges, où rhomme nomade ne reconnaissait le droit que par la force.
— Cède-moi la terre, ou je te tue, dit Caïn à Abel.
— Obéissez, courbez- vous sous la parole de Dieu, ou la mort I dit Moïse aux Hébreux, et ces derniers à leur tour s'en furent droit aux peuples leurs voisins et leur dirent : — Cédez-moi vos richesses, vos filles vierges et vos maisons, ou vous serez détruits par le fer et le feu.
Je ne puis résister au désir de faire en quelques lignes lé bilan de tous les massacres accomplis, de tout le sang versé d'après les ordres de Jéhovah , soit par Moïse et ses successeurs sur les Israélites eux-mêmes, soit par ces derniers sur les peuples qu'ils. voulaient anéantir pour s'emparer de leurs dépouilles.
Ce ne sera point sortir de mon sujet. Outre qu'il y aura là un haut enseignement religieux et moral, j'en pourrai tirer aussi un victorieux argument contre ceux qui ne manqueront pas de nier l'authenticité des livres sacrés des Indous, pour pouvoir soutenir qu'ils ont copié la Bible.
Les sublimes traditions sur l'unité de Dieu, la trinité, la création, la faute originelle et la rédemption eurent pour résultat dans l'Inde une haute civilisation philosophique et morale.
La copie de ces traditions, qui n'étaient point nées sur le sol hébraïque, ne put régénérer un peuple qui, sorti du
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meurtre et des rapines, ne sut Tivre que par les rapines et le meurtre.
Les premiers chapitres de la Genèse hébraïque ne sont point à leur place dans ce Mvre, qui n'est que le panégyrique audacieux de la violence et de la destruction. Il faut restituer cette Genèse aux Yédaii, à qui elle appartient.
Que toutes les superstitions du passé se soulèvent pour crier anathème!
Voilà mes opinions. . .
Et voici mes preuves...