LE BILAN DB LA BIBLB. — CHATIMENTS, MASSACBB
DESTBUCTIONS
Depuis que nous nous occupons de Moïse, nous n'avons point laissé passer une page sans montrer l'indignation qu'excitent en nous le sombre fanatisme et les cruelles doc« trines de ce livre de la Bible, devant lequel s'agenouillent les masses, sans l'ouvrir et le comprendre, qui pour beaucoup est l'œuvre suprême de la loi, de la sagesse, mais qui n'est pour nous qu'un code de superstitions et de cruautés.
Voyons, dépouillez -vous de cette admiration banale qui n'est point de votre fait et que Tesprit de parti s'efforce de vous inculquer à genoux ; descendez au dedans de vousmême ; fiez- vous à cet intime bon sens qui est toute là force de la conscience; puis lisez et jugez.
— Jéhovah, pour faciliter la sortie des Hébreux d'Egypte, ne trouve pas de meilleur moyen que de mettre à mort tous les premiers nés de» Égyptiens, c'est-à-dire de frapper des innocents. -
MOSBS OU MOÏSB BT LA SOClÉré HÉBRAÏQUE 159
— Les Hébreux, en s^enfujaut, Bonstralexit tous les Tases d'or et les riches habits qu'ils peuvent emporter.
— Jéhovah ordonne aux Hébreux de retourner sur leurs pas, afin que Pharaon, les voyant, se mette à leur poursuite et qu'il puisse l'anéantir avec toute son armée. (Vengeance inutile et cruelle, puisque les Hébreux sont hors de danger.)
— Les Israélites, mourant de faàm dant le dësert, Jéhovah leur en^ voie des cailles et de la manne.
— Après l'adoration du veau d'or, Jéhovah furieux veut détruire tous les Israélites ; McSse implore pour esx et le prie de se contenter de "vingttrois mijUe, qu'il fait égorger par les prêtres. Après ce fait d'armes, le Dieu consent à bénir les Hébreux. (Ce n'est que dans les théogonies des cannibales que Pou pourrait, je crois, rencontrer de telles atrocités.)
~ Jéhovah annonce aux Hébreux que s'ils le forcent de noaveaa à se manifester à eux, il les exterminera.
— Moïse demande h. voir Jéhovah en face^ ce dernier îmi répond qu'il ne peut se montrer à lui que par derrière : c ToUam que manum nie«m, et videbis posteriora mea, » (Quelles tristes absurdités !)
— Nadab et Abiu sont punis de mort pour avoir ofiert un sacrifice avec du feu étranger.
— Quiconque tue un bœuf, ou une brebis, ou une chèvre, destinés à être consacrés au Seigneur, est puni de mort.
— Celai qui consacre ses enfants aux idoles est puni de mort.
— Les Israélites fatigués murmurent contre le Seigneur; il envoie un feu contre eux qui en dévore un grand nombre.
«- Jéhovah envoie pour la seconde fois des cailles aux Israélites, mais il fait mourir tous ceux qui en mangent outre mesure.
— Marie, sœur d'Aaron, ayant murmuré contre Moïse, le Dieu la frappe de la lèpre.
— Les Hébreux ayant murmuré de nouveau, il les condanme à mourir dans le désert, depuis vingt ans et au dessus.
— G)ré, Dathan et Abiron, et une partie du peuple, s'étant révoltés contre .Moïse, ils furent dévorés par le feu que Jéhovah fit sortir des entrailles de la terre.
— Nouveaux murmures du peuple; le même feu détruit quatorze mille sept cents persormes.
— Les Hébreux ayant enoore blasphémé contre Jéhovah, il envoie contre eux un serpent de feu qui en fait mourir un grand nombre.
— .Les Israélites, par ordre de Dieu, détruisent les Chananéens et les Amorréhens; ils taillent en pièces Og, roi de Basan, et tout son peuple, sans qu'un seul homme ait pu parvenir à s'échapper; ils s'établissent sur le sol conquis.
— Vingt-quatre mille Israélites sont massacrés par les prêtres pour avoir eu commerce avec les filles des Moabites.
— Jéhovah ordonne à Moïse de punir les Madianites; douze mille Israélites marchent tiontre eux. Tous les hommes sont passés au fil de l'épée, les rois sont tués et les femmes emmenées en captivité.
— Mcïse se fllche de ce que toutes les femmes madianites ont été
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épargnées; il les fait tuer avec tous les enfants mâles, ordonnant de ne réserver que les vierges. « Puellas autem, et omnes fiminas virgines reservate vobi», >
Qu'est-il besoin de continuer plus longtemps ces citations, et rhistoire tout entière de ces premiers temps des Hébreux pourrait-elle nous montrer autre chose que des ruines, des massacres et de honteuses superstitions?
Est-il un peuple qui ait eu de pareils débuts et qui ait osé les mettre sous la protection de FÊtre suprême?
En admettant que tous ces massacres aient pu avoir lieu, on ne peut leur trouver d'autres raiscfns que le fanatisme de Moïse, faisant tuer par ses séides, par ses prêtres quiconque se permettait le moindre murmure contre son autorité et celle du Dieu qu'il imposait.
Peut-être aussi le désert ne pouvant procurer la nourriture suffisante du peuple entier, le dictateur se décidait il à le décimer pour éviter des scènes de carnage plus violentes, que la faim n'eût pas manqué de susciter.
Quoi qu'il en soit, cette époque et ce peuple sont jugés pour nous, et il n'y a pas dans l'histoire du passé de plus grandes preuves du pervertissement et de la faiblesse de l'humanité que celles qui nous viennent de là.
11 en est qui voient dans tous ces massacres, ne respectant ni enfants ni femmes hors les vierges... une. manifestation de la puissance de Dieu. Nous préférons y voir une manifestation de l'esprit du mal, régnant sans partage sur ces hordes barbares et indisciplinées qui, depuis leur départ d'Egypte, ne surent marquer leur passage que par le rapt, le pillage et l'assassinat, semblables aux nomades arabes, leurs bien proches parents, qui dévastent encore ces contrées.
Non, ce n'est point chez ce peuple que nous irons chercher les origines de nos croyances et de nos traditions religieuses et philosophiques, et ce n'est point de ce livre
de la Bible que nous ferons sortir la foi nouvelle des nations modernes.
Le Christ est venu fouler aux pieds toutes ces superstitions., Juif, il renia les Juifs, car cet apôtre de l'égalité du bien' pour le bien et de la foi en Téternelle bonté de l'Être suprême ne pouvait rien avoir de commun avec la loi de vengeance de Jéhovah.
Moïse avait entrevu l'unité de Dieu et les primitives croyances sur la création par les traditions de l'Egyptien Manès. Dominateur d'un peuple, il employa sa science au profit de sa domination et de celle de ses initiés, et il marcha parle feu et le sabre, léguant ses doctrines et son rôle à Mahomet, qui plus tard devait fonder, en imitant ses exemples et copiant son livre de la loi .
Le Christ, dédaignant Moïse et Manès, et leur inspirateur Manou, et se reportant jusqu'aux admirables enseignements de Christna, que le brahmanisme et le pouvoir des prêtres avaient fait oublier, vint annoncer aux hommes la loi de charité et d'amour, qui avait été celle des anciennes populations de l'Orient.
Christna et le Christ, voilà les deux plus admirables figures de l'ancien monde et du nouveau, figures de régénération, de concorde, d'amour et de poésie, idéalisant le bien et le beau, et reflétant le ciel comme l'eau pure reflète le jouri
Christna fut étouffé par le brahmanisme.
Veillons à ce que le lévitisme n'étouffe point le Christ.
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