‹ La Bible dans l'IndeChapitre 4 sur 77 · L*INDE EN PAGE DES TEMPS ANCIENS · texte numérisé non relu

L*INDE EN PAGE DES TEMPS ANCIENS

Les Belges. — £d sanscrit : Baîa-ja, enfants des forts.

Les Sequanes. — Du sanscrit : Saka-na^ les guerriers par excellence.

Les SiCAHBRES. — En sajiscrit : Su-fcam-6rt, les bons chefs de la terre.

Les Scandinaves. — £n sanscrit : Skanda-nava, adorateurs de Skanda. dieu des combats.

Odin. — Le chef des tribus émigrantes par les plateaux du Nord. En sanscrit : Yodin^ le chef des guerriers.

Les Suédois. — En sanscrit : Su-yodha, les bons combattants.

La Norvège. — En sanscrit : Nara-vaja, pays des hommes de la mer.

La Baltique. — En sanscrit : BcUa-'ia-ka^ l'eau des puissants conquérants.

Les AlamannI (Allemands). — En sanscrit : Ala-manu^ les hommes libres.

Les Valaques, — En sanscrit : Vala-ka, de la classe des sei-viteurs.

Les Moldaves. — En sanscrit : Mal^dha-va, hommes de la dernière caste.

L'Iblande, que les poètes appellent la verte Érin. En sanscrit : Érin^ rochers entourés d'eau salée.

Le Thane. — Nom des anciens chefs de clan écossais. En sanscrit : Tha-na^ chef des guerriers.

En Asie, toute la dynastie des Xerxès et des Artaxerxès est d'origine indoue. Tous les noms de places fortes, de villes, de contrées, sont du sanscrit presque pur. En voici quelques exemples :

Ma. — Divinité lunaire des tribus d'Asie et de tout l'extrême Orient. En sanscrit : Ma, la lune.

Artaxercès. — En sanscrit : Artha-xatrias, le grand roi. N'est-ce pas ainsi que l'appelaient les Grecs?

La Mésopotamie. — Contrée fertile en fleuves et en cours d'eau. En sanscrit : Mcdya-potama, terre au milieu des fleuves.

Castabala. — Place forte. En sanscrit : Kastha-bala, la force impénétrable.

Et ZoRO ASTRE, qui apporta en Asie le culte du Soleil. En sanscrit : Surya-stara,f qui répand le culte du Soleil.

Bornonsrnous là; il faudrait des volumes pour traiter cette question philologique comme elle mériterait de Têtre; aussi bien la question est complètement vidée aujourd'hui dans le domaine de la science, et ce n'est pas une nou-

veauté que de faire remonter au sanscrit toutes les langues anciennes et modernes. La filiation est tellement claire, tellement précise, que le doute même le plus léger ne peut être permis.

Si donc j'ai choisi quelques noms des temps héroïques et fabuleux , ainsi que des principaux peuples des temps anciens et modernes, c'est afin de donner quelques exemples pouvant éclairer ma discussion.

Tous ces noms de héros, de guerriers, de dieux, de philosophes, de contrées et de peuples, ne peuvent se décomposer dans les langues auxquelles ils appar4iiennent ; et comme il serait absurde de les croire formés par le hasard, l'opinion la plus simple et la plus rationnelle est de les rattacher au sanscrit, qui non-seulement les explique danè leur origine grammaticale, mais encore dans leur sens symbolique ou réel, historique ou figuré.

Ainsi les populations d'origine indoue, Ioniens, Dorions et autres, quittent l'Asie Mineure pour venir coloniser la Grèce; ils j apportent les souvenirs de leur berceau, toutes les traditions que la poésie leur a conservées, sans doute en les transformant, mais aussi en leur laissant un cachet tellement spécial, qu'il nous est possible de les retrouver et de les expliquer aujourd'hui, malgré les siècles qui, passant sur toutes ces choses, les ont fatalement entourées d'obscurité et d'oubli.

Parmi les souvenirs de ces colonisateurs d'une terre nouvelle, se trouvent au premier rang les exploits innombrables du dieu de la guerre chez les Indous leurs ancêtres, c'est-à-dire de Siva; ils oublient le nom de ce dieu, (jui ne possède pas seulement des attributs belliqueux dans la mythologie de la haute Asie, pour lui conserver seulement l'épithète d'Hara-Kala, que les poètes indous lui donnent quand il préside à la guerre.

Hara-Kala, le héros des combats, devient Hercule ; le nouveau peuple qui se forme le fait sien sous ce nom, et la

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fable grecque, comme la fable indoue, continue à lui faire détruire les lions, les serpents, les hydres, et même des armées entières ; ce n'est que la tradition qui se continue.

Zeus-Dieu, nom de la Trinité indoue, Brahma, Vischnou, Si va, est conservé sans transformation.

Tha-saha, l'associé de Si va, devient Tliésée.

Aha-ka, Radha-mant'a, Manarava, A-tanaya, Napatana, Balana, Palasa , Andha-ra-meda, Ari-ana, deviennent Eaque, Rhadamante, Minerve, Athenaïa, Neptune, Bellone, Pallas, Andromède et Ariane.

Brahma, aussi appelé Zeus-pitri, Dieu le père, devient Jupiter, et si ce dernier nom peut se décomposer en grec, en conservant son sens, c'est que cette langue a gardé dans presque toute leur pureté les deux mots sanscrits qui le forment, Zeus et pitri, en grec, Zeus et pater.

Protha-guru et Ananga-guru deviennent Protagoras et Anaxagore, c'est-à-dire que ces noms ne sont point des noms propres, mais bien des qualificatifs donnés à des hommes qui se sont distingués dans la philosophie et la science; et Pythagore, dérivé de Pitha-guru, vient encore accuser mieux son origine orientale, en propageant en Grèce le système indou de la métempsycose.

Et ainsi des autres, tous les noms de l'antiquité fabuleuse ont avec les noms indous les mêmes rapprochements de signification et d'origine. 11 me serait aisé de les suivre à la piste, de les décomposer tous, de leur assigner leur étymologie de mots et de sens, si là était le but principal de cet ouvrage.

Je l'ai dit plus haut, d'autres creuseront plus profondément la trace ; il y a dans tout cela un immense champ à fouiller pour les chercheurs et les érudits, et je ne l'eusse pas même effleuré, si je n'eusse pensé avec raison que, rattachant à l'Inde la révélation biblique, il devenait nécessaire de démontrer à grands traits que cet emprunt à rinde^n'était pas isolé, et que tous les peuples anciens et

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modernes devaient à ce dernier pays l'origine de leur langue , de leurs traditions historiques , de leur philosophie et de leur législation.

Ce que j'ai dit des noms des héros et demi-dieux de l'ancienne Grèce s'applique également aux noms des peuples plus modernes dont j'ai donné aussi quelques étymologies, tels que les Bretii, les Tyrrhéniens, les Samnites, les Celtes, les Gaulois, les Séquanes, les Sicambres^ les Scandinaves, les Belges, les- Norvégiens, les Allemands, les Valaques, les Moldaves, etc.... L'unité de race de tous ces peuples, leur communauté d'origine, devient alors indiscutable, et c'est bien dans les vastes plaines qui s'étendent aux pieds de l'Hymalaya que la plus intelligente des deux races qui peuplent le globe, c'egt-à-dire la race blanche, a pris naissance.

En adoptant cette opinion, l'auréole fabuleuse qui entoure le berceau de tous les peuples de l'antiquité, sur lesquels l'histoire est réduite à des conjectures dénuées de fondement, s'explique d'elle-même, et il devient possible d'éclairer l'obscurité du passé.

Des diverses comparaisons que je viens de faire, il ressort que tous les héros de l'ancienne Grèce, ainsi que les exploits qui les ont illustrés, ne sont que des souvenirs de l'Inde, conservés et transmis par la poésie et la tradition.^ et que plus tard, après avoir perdu de vue leur origine indoue et transformé leur langage primitif, les premiers poètes grecs ont de nouveau chantés et célébrés comme appartenant à l'origine de leur propre histoire.

L'Olympe grec est né de l'Olympe indou. Jason à la conquête de la Toison d'Or est une légende qui est encore aujourd'hui dans toutes les bouches sur le sol de l'Inde, et l'Iliade d'Homère n'est autre chose qu'un écho, un souvenir affaibli du Ramayana , poëme indou dans lequel Rama s'en va, à la tête de ses alliés, reprendre sa femme Sita, enlevée par le roi de Ceylan.

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Les chefs s y injurient de la même façon, combattent sur des chars avec la lance et le javelot. Cette lutte divise également les dieux et les déesses, dont les uns prenneat parti pour le roi de Cejlan, et les autres pour Rama. Il n'est pas jusqu'à la colère d'Achille, après l'enlèvement de Briséis, qui ne puisse se rattacher à cet immense poème.

L'imitation est flagrante, indéniable , elle se rencontre jusque dans les détails. L'épithète de Boopis (aux jeux de bœuf) qu'Homère applique à chaque instant à Junon, est pour le poète indou la plus sublime des comparaisons, puisque, sans cependant être adoré comme un dieu, le bœuf est dans la croyance indoue l'animal révéré par excellence, et cette épithète est complètement inexplicable en grec.

Inutile de dire que je partage entièrement sur Homère Topinion des savants allemands, qui ne regardent les œuvres de ce poète que comme une suite de chants ou rapsodies, conservés par la tradition et recueillis et arrangés sous Périclès. C'est la seule qui soit conforme au génie des peuples nouveaux, et surtout de ceux qui ont pris naissance en Orient.

Chez les fabulistes anciens, l'imitation est encore plus frappante, et l'on peut dire, sans craindre d'être taxé d'exagération, qu'Ésope et Babrias n'ont fait que copier la fable indoue qui leur était arrivée par la Perse, la Syrie et l'Egypte. Ce dernier écrivain, quoique Grec, prend soin lui-même, au commencement de son deuxième ^0â?w»îww*, de revendiquer pour l'Orient le mérite de l'invention de ces ingénieux apologues, qui, sous une forme légère, cachent souvent de profonds enseignements.

Muôoç {Jisv, (0 wai paffiXéo); 'A>.e$àv8pou, Supciiv na^aiov è(mv evipT)(j.* àvdp(o7c<ov, Oî ïcpîv wox* ^aav iid Ntvou te xal BiqXou.

« La fable, ô fils du roi Alexandre, est une ancienne invention d'hommes syriens, qui vécurent autrefois sotui Ninus et sous Bélus. »

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Il suffit d'ouvrir les fables de Tlndou Pilpay, du brahme Rainsamjayer, d'Ésope^ de Babrias et de La Fontaine, pour voir qu'elles procèdent toutes les unes des autres, et que les fabulistes grecs et modernes ne se sont pas même donné la peine de changer l'action de ces petits drames.

Ainsi, à chaque pas, et plus on étudie les anciens, plus on se persuade de la vérité de cette proposition que j'ai déjà avancée, à savoir, que l'antiquité a eu elle-même une antiquité qui l'a inspirée, et l'a aidée à parvenir rapidement à ce haut degré de civilisation artistique, philosophique et littéraire , qui à son tour a fécondé le génie moderne.

<i Que de choses étonnantes, écrivait M. Langlois, le traducteur du Harivansa y nous avons à apprendre aux autres! »

Et cependant les gouvernements s'épuisent en fouilles, en missions scientifiques en Egypte, en Perse, en Afrique, et les savants s'ingénient à bâtir des systèmes sur des tronçons de colonnes et des inscriptions I Sans doute cela n'est point inutile, et nous avons fait de grands progrès dans la science du passé, mais les anneaux de la chaîne sont trop interrompus pour qu'on puisse tout reconstruire. Que n'envoie-t-on dans l'Inde étudier des origines et traduire des livres? C'est là seulement qu'on trouvera la vérité.

Pourquoi ne pas se décider à jeter bas cette école d'Athènes qui n'a plus de raison d'être^ qui est incapable de rendre aujourd'hui le moindre service, pour la remplacer par une école de sanscrit qui, fondée à Pondichéry ou à Karikal, dans le sud de l'Inde, rendrait en peu de temps à la science d'éminents services ?

Pour appuyer cette thèse, que l'Inde a tout donné au monde civilisé, je vais maintenant exposer très-rapidement les points les plus saillants de la législation indoue» législation que nous retrouvons tout entière à Rome, à qui

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elle fut léguée par la Grèce et TÉgypte, qui avaient puisé aux sources primitives.

Nous ne pouvons donner ici , comme pour les études des origines des langues, que quelques aperçus bien succincts, et cela se conçoit; ce volume entier ne suffirait pas à élucider ce sujet.

Dans toutes les législations du monde, les matières les plus importantes du^.droit sont :

Le mariage, la filiation, la puissance paternelle, la tutelle, Tadoption, la propriété; les lois sur les contrats, le dépôt, le prêt, la vente, les sociétés, les donations et les testaments.

Nous allons voir, en les étudiant, que ces divisions ont passé tout entières du droit indou dans le droit romain et le droit français, et que la plupart de leurs dispositions particulières sont encore en vigueur aujourd'hui.

Ici, point de commentaire, point de discussion possible; là où il y a texte, il ne peut y avoir place que pour une affirmation.

Les lois indoues ont été codifiées ,par Manou, plus de trois mille ans avant Tère chrétienne; copiées par l'antiquité entière, et notamment par Rome, qui seule nous a laissé un droit écrit, elles ont été adoptées ensuite comme basé pour toutes les législations modernes , qui se sont inspirées du droit de Justinien.

Voyons et comparons :

FIANÇAILLES, MABIAGB

Le mariage, d'après la loi indoue, s'accomplit par la donation de la femme par le père, et Vacceptation du mari, & Taide de la cérémonie de Teau et du feu.

Même formalité à Rome : Leg. 66, S 1, au Digeste de Justinien. Virgini in hortos ieducta Di0 nuptiarum

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priusçuam ad eum transiret, et priusguam aqua et igné

acciperetur^ îd est nuptiœ celebrarentur obtulit deeem

awregs dono.

L'union des mains, s.insi q^eleiconfarreatio, autres rite« sacramentels de Rome, ne sont que des copies des ordonnances du législateiM* Manou.

Dans le mariage indou, deux époques sont à considérer, celle des fiançailles et celle de la célébration ; les fiançailles ont toujours lieu plusieurs années avant la cérémonie définitive.

Mêmes usages, mêmes périodes distinctes, transportées à Home.

« Le mot de fiançailles [sponsalia], leg. 2> tit. 1, 1. XXIII, au Digeste, vient du mot* promettre {a spondendo); car ce fut une coutume des anciens de stipuler et de se faire promettre une future épouse.

« Souvent, dit la loi 17 au même titre, de justes causes font prolonger les fiançailles, non-seulement pendant ua an ou deux, mais encore pendant trois ou quatre, et même au delà. »»

Le consentement textuellement exigé par la loi indoue l'était aussi à Rome. Loi 2, même titre II, Sponsalia sicut nuptie consensu contrahentiumjiunt.

Chez les Indous, la jeune épouse reste dans sa famille jusqu'à sa nubilité; le père alors envoie un message à l'époux, pour l'avertir que ses droits ont commencé et qu'il peut venir réclamer sa femme.

De même à Rome : In potestate manente filia, pater sponsonuntiumremitterepotsst. [Leg. 10, de Sponsalibus.)

La conduite de la femme dans la maison de son mari était dans l'Inde, comme chez les Romains, la cérémonie finale du Eiariage. Et cette conduite se faisait avec des chants et des fêtes.

Les mariage^ sont dans la loi de Manou, en ligne directe, prohibés à tous les degrés à l'infini, et en ligne collatérale^

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jusqu'au septième dans la ligne pateraelle, et au cinquième 4laBd la ligné maternelle. Enûn, le père qui, dans Flnde, maria sa fille à quelqu'un après Taycâr fiancée à un autre; est noté d'infamie.

Écoutez la loi romaine (leg. 13, S 1, Ub. III ) : lt$m m alteri sponsa , alteri nupta sit , ex sententia edicti pumtur.

Ce n'est pas tout : le génie indou se retrouve dominant le droit romain jusque dans ces liaisons que les législa-» tions modernes, à part celle du Brésil, n'ont pas voulu reconnaître; le concubinage toléré, réglementé à Rome, est encore une institution venue de l'Inde , que les Romains ont acceptée par respect pour la tradition : les mœurs pures et sévères des premiers âges n'auraient jamais pu leur inspirer la sanction des libres amours.

Nous ne faisons ici qu'effleurer toutes ces richesses; quelles splendides études critiques pourraient être faites par un examen plus approfondi de ces lois admirable» d« l'antique berceau du genre humain I

Un mot encore, et nous en aurons fini avec le mariage-.

Le divorce, légalement institué dans l'Inde, le fut aussi à Rome. Écoutons le législateur indou, indiquant les motifs pour lesquels une femme peut se séparer de son mari. . /

4( Le mari peut être abandonné par sa femme, s'il est cFiminel, impuissant, dégradé, ou affligé de la lèpre, ou après une absence prolongée dans les centrées étran^ gères. »

La loi romaine ne formule point d'autres causes : la grande diminution de tête, ou la mort civile, Timpuis* sauce, une maladie contagieuse, et l'absence.

Dans l'Inde comme à Rome, la femme adultère est pri* vée de sa dot; le mari n'est pas tenu de restituer.

Ainsi, dans cette partie si importante du droit, qui est la base des sociétés et des nations, nous voyons déjà l'Inde

donner des leçons dont ont proûté tous les peuples. PoursuiTons le cours de ces comparaisons, qui, bien que sommaires, n'en sont ni moins sûres ni moins probantes.

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