‹ La Bible dans l'IndeChapitre 6 sur 77 · L*INDE EN FACE DES TEMPS ANCIENS · texte numérisé non relu

L*INDE EN FACE DES TEMPS ANCIENS

choses de ce monde, et il jouit dans Tlnde d'une renommée de poëte au moins égale à celle de philosophe. William Jones n'en parle qu'avec vénération.

Les ouvrages de ces deux auteurs qui ont soutenu la philosophie scol astique de l'Inde sont connus, celui de Djeminj sous le nom de Pourva-Mimansa, et celui de Vjasa sous le nom de Outtara-Mimansa ou Vedanta.

Non-seulement ils ont pour but de commenter les Vedas et d'en déterminer le sens, mais encore Djeminy traite de la casuistique, et le travail de Vyasa contient une dialectique dans le genre d'Aristote, avec une psychologie où Tauteur pousse le scepticisme et Tidéalisme au point de nier l'existence d'un monde matériel.

C'est le système de Pyrrhon tout entier; sans doute ce philosophe grec, qui avait voyagé dans l'Inde, avait rapporté de ses relations avec les brahmes ce principe que tout est illusion, si ce n'est Dieu lui-même.

Le Pourva-Mimansa présente en outre une grande affinité avec le dogme mystérieux du philosophe de Samos^ que Platon avait en partie adopté.

D'après Djeminy, tout est harmonie dans Tunivers, tout est un concert perpétuel; Dieu lui-même est un son harmonieux^ et tous les êtres qu'il a créés ne sont que des modifications du son primitif.

De ce système des sons découle naturellement celui des nombres, auxquels le Mimansa attribue une puissance mystérieuse. Les nombres un et trois sont le symbole de la Trinité dans l'unité, le signe des trois attributs de la divinité : création, conservation^ transformation par la destruction.

C'est dans le même sens que le prêtre de Memphis, en Egypte, expliquant à l'initié le nombre trois, lui disait que la Monade première a créé la Dyade, laquelle a engendré la Triade, et que c'est cette Triade qui brille danà la nature entière. ,

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Le nombre deux exprime la nature androgyne, l'agent et le patient, la puissance génératrice, base de toutes les légendes sacrées, sources où les mythographes ont puisé cette immense variété de fables, de rites et de symboles.

« Quand le souverain pouvoir divin, dit Manou, eut terminé l'œuvre de la création, il fut absorbé dans l'esprit de Dieu, et changea ainsi son temps d'énergie en un temps de repos. »

Nous aurons à nous occuper plus tard plus spécialement de cette idée de la Trinité, et à indiquer où l'ont puisée toutes les religions, sans distinction.

Les auteurs des deux Mimansa ont également discouru sur les questions les plus abstraites, V efficacité des œuvres^ Karma. La Grâce, Isvara-parasada; la Foi, Sradha, et le lÀbre arbitre, et soulevé, *bien avant Abailard et Guillaume de Ghampeaux, la question des nominaux et des universaux.

Ce fut dans l'Inde l'époque de la foi ardente, l'époque où toute science, toute philosophie, toute morale se tirait d'un texte de l'Écriture sainte. On doit comprendre que naus reviendrons, lors des études religieuses, sur toutes ces questions traitées par Djeminy et Veda-Vyasa, et qu'agitèrent après eux les philosophes chrétiens.

Les Sastras et le Maha-Barada, qui professent les mêmes doctrines, se perdent dans la nuit des temps. S'il faut s'en rapporter à la chronologie des brahmes, d'après les calculs du savant orientaliste Halled, ils doivent avoir le premier plus de sept millions et le second plus de quatre millions d'années d'antiquité. Chronologie qui vient heurter de front toutes nos idées européennes sur la matière.

De pareilles choses excitent facilement le rire, surtout en Franee, pays des esprits superficiels et de l'affirmation quand. même. On s'est fait un petit monde à soi, datant de six mille ans à peine, et créé en six jours, et on n'en veut pas démordre ; cela satisfait à tout et dispense de penser.

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D'aucuns» s'i^pnyant sur la science, ont bien, depuis i|iielque temps, essayé de changer ces six jours en six époques. La marge est large, des milliers d'années peuyent se glisser entre chaque époque ; cette opinion donne la main à celle de TOrient. Mais ouvres grand les oreilles, et TOUS entendrez de toutes parts les partisans du passé lancer les foudres sur cette avant-garde d'élite et l'asperger de boue arec leurs goupillons.

Ah! prenons garde à roltramontanisme, si nous ne voulons ânir, comme les Indous, par la démoralisation et l'abrutissement. ^

Les Sastras ne sont pas les seuls ouvrages qui revendiquent une antiquité aussi reculée. Suivant les philosophes indous, les lois de Manou furent aussi relevées dans le Orida-Youga, ou premier âge. Le Sourya-Sidanta remonterait à plusieurs millions d'années, et, à ce sujet, Halled, le traducteur des Sastras, fait remarquer qu'aucun peuple ne possède des annales d'une autorité aussi incontestable que celles que nous. ont transmises les anciens brahmes, et, à l'appui de son assertion, il fait mention d'un livre écrit il y a plus de quatre mille ans qui donne l'histoire du genre humain^ en remontant à plusieurs millions d'années.

Cette chronologie n'a rien d'exagéré pour les Indous ; elle concorde au contraire logiquement avec leurs croyance, qui admettent la matière existant de toute éternité avec Dieu.

Quelle nation a eu plus d'idées , agité plus de questions et discuté plus de problèmes? Le développement de la pensée, la marche progressive des sciences, n'ont rien fait perdre aux spéculations philosophiques de ces hommes si éloignés de nous.

Législation, morale, méti^physique, psychologie, ils ont tout creuséy tout approfondi.

Quand on parcourt les monuments de leur littérature.

quand on ouvre ces vastes dépôts philpsophiques où rayonnent de toutes parts les lumières primordiales qui déposent en faveur d'une haute civilisation, on est frappé de cette majestueuse image de la divinité, que le poète, l'historien, le législateur et le philosophe ne cessent de placer sous les yeux des hommes, en appelant leur croyance à sa providence immédiate.

Ce n*est qu'après avoir élevé leur esprit vers Dieu , ce n'est qu'après lui avoir présenté les affectueux élans d'un cœur reconnaissant, qu'ils entrent en matière. Les doc- .trines,Jes théories, les notions sublimes de ces sages nous portent à la plus profonde admiration pour leur foi et leurs croyances.

« Le Gange qui roule, dit le Sama-Veda, c'est Dieu ; la mer qui gronde, c'est lui; les vents qui soufflent, c'est lui; la nue qui tonne, l'éclair qui brille, c'est lui. De même que de toute éternité le monde.était dans l'esprit de Brahnaa, de même aujourd'hui tout ce qui existe est son image. »

Manou, avant d'inviter Brighou à révéler à ses disciples les Maha-Richis, ses lois immortelles, commence par leur expliquer les attributs de la divinité et les mystères de la création. De même l'auteur du Maha^Barada dévoile dans un langage majestueux, par la bouche du divin fils de la vierge Devanaguy, aux yeux étonnés d'Ardjouna, toutes les idées sublimes du'déisme indou. £t les Sastras , dont nous avons parlé plus haut , conduisent tout d'abord le lecteur à la connaissance de l'Intelligence supérieure, qui a tout créé, tout arrangé, avec une liberté et une puissance infinies.

Mais, après ces premiers âges de foi ardente, de croyances sans discussion , arriva bientôt le culte de la raison pure , qui , sans rejeter la révélation antique, ne voulut l'admettre qu'en l'épurant par le libre arbitre.

De cette liberté naquirent nécessairement les systèmes les plus divers, et à côté des spiritualistes, vinrent se

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placer les sceptiques, dont les théories furent renouvelées dans Tantiquité par les Pyrrboniens, et de nos jours par les disciples de Montaigne et de Kant, sans que ces derniers aient eu le mérite d'y ajouter même un seul argument.

La philosophie Sankya, qui a pour fondateur Eapila, méconnaît formellement la création divine ; elle soutient qu'il n'y a point de preuves de l'existence d'une cause spirituelle qui ait donné naissance à l'univers; qu'elle n'est d'ailleurs démontrée ni par les sens, ni par le raisonnement, c'est-à-dire par perception ou induction, deux des trois criteria de vérité par lesquels on arrive d'après elle à la connaissance des choses. Car la nature de la cause et de V effet étant la même , il en résulte que ce qui n'existe pas ne peut, par aucune opération possible d'une cause, recevoir l'existence.

Argument analogue à celui employé par Leucippe, Lucrèce, etc., que Dieu, pour créer, devait tirer le monde du néant, et qu'il n'est pas possible de tirer rien de rien.

Cependant Kapila reconnaît une force plastique inhérente à la nature, un être procédant d'elle, attribut spécial de la matière, et qui est la source de toutes les intelligences individuelles.

De l'action opposée, de la qualité créatrice et de la qualité destructive, surgit la force agissante, ou le mouvement, qui lui-même est également doué de trois qualités distinctes :

1** Le mouvement plastique ;

2* Le mouvement de désunion;

3° Le mouvement, ou force d'inertie.

Voilà les subtilités dans lesquelles s'élance en se jouant l'imagination orientale de ces temps reculés.

Les philosophes indous s'étendent très au long dans Texamen de ces trois qualités ou attributs inséparables de la nature, et qui s'infiltrent nécessairement dans tout ce qui existe. Ce ne sont pas de purs accidents de la nature,

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dit Grantama dans son Traité de philosophie, mais elles forment son essence et entrent dans sa composition.

La première est la présence de tout ce qui est hon et Tabsence de tout ce qui est mauvais.

La dernière est l'absence de tout ce qui est bon et la présence de tout ce qui est mauTais.

Celle du milieu participe des deux autres.

Constatons que la doctrine des Sastras a la plus éton- Dante analogie avec les sjrstèmes d'un assez grand nombre de philosophes de l'antiquité. Empédocle admettait pour principes des choses quatre éléments , mais il reconnaissait en même temps le principe de l'amitié et le principe de la discorde.

Platon enseignait que l'amour était le plus puissant des dieux, le véritable créateur, et qu'il était né du chaos.

Les stoïciens avaient recours à une substance unique produisant, suivant eux, les quatre éléments, et le philosophe de Stagyre en admettait un cinquième, auquel il faisait remonter l'origine de l'âme.

La force ou le mouvement, suivant les Sastras, s'alliant avec le temps, et la bonté, engendre la matière, la grande substance, le Maha-Bouda, et le choc des impulsions contraires dans la matière produisit cet élément subtil, céleste, lumineux, appelé Agasa, fiuide pur, électrique, répandu dans l'espace, et qui donne la vie.

Ainsi l'affection est la mère universelle, la cause première, la suprême génératrice de l'univers.

Comme épouse de Brahma non agissant, irrévélé, habitant, suivant l'expression du Maha-Barada, 'dans le drap noir, elle est Bavahny.

Comme épouse de Brahmia, descendant de l'inaction à l'action, se manifestant par la création, animant la matière, elle est Brahmy.

Comme épouse de Vischnou, oonservateur et préservateur, elle est Latchoumy.

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Comme épouse de Siva, Dieu qui préside à la destruction, mais pour renouveler et régénérer, elle est Parvady.

Brahma est considéré par les Vedas comme s'étant sacrifié pour la création. Non-seulement Dieu s'est incarné et a souffert pour nous régénérer et nous ramener à notre source divine, mais il s'est même immolé pour nous donner l'existence.

Sublime idée, que Ton trouve exprimée, dit M. de Humboldt, dans tous les livres sacrés de l'antiquité.

De là, suivant l'expression des livrés saints :

« Brahma est tout à la fois le sacrificateur et la victime, de sorte que le prêtre qui officie tous les matins aux cérémonies du Sarvameda, sacrifice universel et symbolique de la création, en présentant sou offrande à Dieu, s'identifie au sacrificateur divin, qui est Brahma, Ou plutôt c'est Brahma^ victime dans son fils Christna, qui est venu mourir sur la terre pour nous sauver, qui accomplit lui-même le sacrifice solennel. »

Ces dernières lignes offrent des points délicats et curieux de comparaisons Ce n'est point là le lieu d y toucher; je n'aborderai ce sujet que les mains pleines de preuves dans le chapitre spécial qui lui sera consacré , et ce, avec l'impartialité d'un libre esprit qui ne recherche que des vérités scientifiques, sans nul souci des haines qu'il pourra soulever.

Lorsque le régulateur des mondes vit la surface de la terre émaillée de fleurs ravissantes, les champs et les prairies couvertes de végétation, et la nature, brillante de jeunesse et de force, répandre tous ses trésors sur le globe, il envoya l'Esprit-Saint, le Verbe, son premier engendré, qui procéda à la création de l'homme et des animaux.

Le dieu se présenta, disent les Sastras, pourvu d'une variété infinie de formes et d'une multitude d'organes, image' frappante de la toute-puii>sance et de la suprême sagesse, que nul esprit ne peut se représenter, et dont

personne n'a pu mesurer retendue ni sonder la profondeur.

A l'homme, il donna cinq organes, le tact, la vue, Fodorat, le goût, l'ouïe, et un sixième, admis par tous les philosophes indous, et appelé MamasJ qui est l'agent de l'union des sexes.

Les sectateurs de Boudha, qui fut le réformateur; le Luther de l'autorité théocratique des hrahmes, et dont les principes se répandirent dans l-e nord de la haute Asie, en Tartarie, en Chine et jusqu'au Japon, ne reconnaissaient ni le sixième sens, ni le cinquième élément. C'est un des points nombreux sur lesquels ils diffèrent avec les orthodoxes.

La philosophie sankya le définit : « un organe par affinité, participant aux propriétés des autres, et qui sert tout à la fois à la sensation et à l'action. »

On sait qu'Aristote avait également admis ce sixième sens.

Les anciens étaient divisés d'opinion sur l'âme des bêtes; les platoniciens leur accordaient la raison et Tentendement, mais à un degré moindre qu'à l'homme; les péripatéticiens ne leur reconnaissaient que la sensation.

Les Sastras promettent non-seulement à l'homme l'immortalité dans les cieux, mais ils proclament encore hautement l'immortalité de l'âme et l'existence d'une autre vie pour les animaux?.

C'est sans aucun doute de ce principe que découle la métem psychose , (fui de l'Inde où elle fut admise tout d'abord, passa plus tard dans le restant de l'Asie et en Grèce.

Ces mêmes ouvrages considèrent les âmes individuelles comme une émanation de l'âme suprême de l'univers, comme une portion de l'essence divine; elles vont s'absorber, à l'heure de la décomposition, dans le sein de Dieu, comme la goutte d'eau que la pluie jette sur le sable re-

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tourne dans Timmense océan, ou, pour me servir de la belle comparaison des Yedas : « ce sont des étincelles qui retournent à Timmortel foyer d'où elles sont descendues, n

Les âmes de ceux dont le cœur et la main n'ont été souillés d'aucun crime, d'aucun péché, sont les seules qui se réunissent tt s'identifient, après l'affranchissement de la forme corporelle, avec la divinité, où le sentiment particulier se perd dans la béatitude générale, tandis que les âmes coupables, après avoir expié leurs fautes dans l'enfer, subissent diverses migrations , et ne rentrent dans la nature spirituelle de Brahma qu'après avoir été purifiées de leurs méfaits.

L'âme qui retourne animer un nouveau corps, dit le Vedanta, abandonne sa forme première, et comme la goutte d'eau qui traverse l'air pour venir donner la force et la vie aux plantes sur lesquelles elle tombe , elle pénètre dans l'embryon animal, qu'elle vient animer et vivifier.

Comme on le voit, l'éternité des peines est un dogme que les philosophes indous n'admettent pas, et cela avec raison, croyons-nous ; le crime, quel qu'il soit, peut et doit même, en n'admettant pas les migrations successives, s'expier par le châtiment, jusqu'à ce que l'âme purifiée puisse être jugée digne d'une félicité sans bornes par sa réunion au Grand-Tout, à l'universelle Sagesse.

Fidèle écho des doctrines de l'Orient , Platon avait les mêmes idées sur les destinées futures de l'âme, sur sa vie à venir; il pensait qu'elle était un rayon émané de la suprême intelligence , et qu'elle devait y retourner, et la faculté de s'absorber dans le sein de la divinité était regardée par lui comme une récompense des bonnes actions, et il la refusait aux âmes impures.

Nous pouvons conclure de cette esquisse rapide que les réminiscences de la philosophie indoue, qui se rencontrent à chaque pas dans la doctrine professée par les hommes

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illustres de la Grèce, sont une preuve éclatante que c'est de l'Orient que leur était venue la science, et que beaucoup d'entre eux sans doute furent y retremper leur génie, et s'abreuver à longs traits aux sources originales et primitives.

Est-il possible à la lumière de se produire d'une manière plus complète , et Tesprit même le plus partial pourrait-il nier Tinfluence que l'Inde a exercée sur le reste du monde, et notamment sur l'antiquité, par sa langue, sa législation et sa philosophie ? Il faudrait, croyons-nous, avoir la négation singulièrement robuste et inintelligente pour oser soutenir, en présence de tels rapprochements, je pourrais dire de telles copies, que la Grèce et Rome ne doivent rien à l'Inde , et qu'elles se sont élevées à la civilisation que nous connaissons par leur seule initiative, leurs seules forces, leur seul génie.

Nous admettons facilement que Rome a été inspirée par la Grèce, la Grèce par l'Asie Mineure et l'Egypte ; pour^ quoi, surtout en face des preuves éclatantes que nous venons de donner, ne pas continuer le même rai^sonnement, qui conserve sa même force logique, et accepter l'Inde comme l'initiatrice des peuples anciens? Il n'y a là ni paradoxe ni théorie spéculative plus ou moins ingénieuse, mais bien une vérité qui fait son chemin, que tous les grands indianistes ont acceptée depuis longtemps, et qui ne sera repoussée, croyons-nous, que par les hommes d'un certain parti, parce qu'elle est un argument trop frappant en faveur d'une origine identique des traditions et Tévélations religieuses chez tous les peuples.

Si l'Inde, en effet, est le berceau de la race blanche, la mère des différentes nations qui couvrent l'Asie, une partie de l'Afrique et l'Europe; si, comme preuve de cette filiation, nous retrouvons, aussi bien dans l'antiquité que dans les temps modernes, les ineffaçables traces décelant cette origine, que ce pays nous a léguées par sa langue, sa

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législation, sa littérature, ses sciences morales et philosophiques, ne devient-il pas évident que les traditions religieuses, qui se sont transformées et épurées sous la main du temps et les efforts de la libre pensée, ont dû également nous venir de là, car ce sont les souvenirs que les peuplades énxigrantes et colonisatrices conservent le plus précieusement, comme un lien pieux entre la nouvelle patrie et Tancienne, où reposent les cendres des ancêtres qu'ils ne doivent plus revoir?

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