‹ La Bible dans l'IndeChapitre 68 sur 77 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

CONSTITUTION DE L*ÉGL1SE PAB LES APÔTRES SUR LE MO- DÈLE DES INSTITUTIONS BRAHMANIQUES. — LE DIEU DES CHRÉTIENS. — BAPTÊME. — CONFIRMATION. — CONFES- SION. — ORDINATION OU ONCTION. — TONSURE. — IN- VESTITURE DE LA CEINTURE, ETC.

Nous avons dit que Jésus et ses apôtres avaient étudié en Egypte et en Orient , que la révolution accomplie par eux Ta été grâce aux livres sacrés de l'Inde ; de nouvelles preuves plus irréfutables encore vont s'ajouter à celles déjà données à l'appui de cette vérité.

Nous venons de voir l'impossibilité matérielle de tous les miracles, de toutes les superstitions dont les Evangélistes se sont plu à entourer la vie du novateur chrétien, en démontrant que tout cela n'était qu'une seconde édition des mêmes faits et gestes déjà attribués à» Christna par l'Inde ancienne. Nous allons démontrer en quelques mots que l'Église chrétienne, les mêmes emprunts se continuant, n'est qu'une seconde édition de la primitive Église brahmanique.

Moïse, les prophètes, la religion hébraïque en un mot, n'ont pas connu la trinité de Dieu, en ce sens qu'ils ne

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l'ont, point établie par Père. Fils et Saint-Esprit, ainsi que Ta admise l'idée chrétienne.

Où les apôtres ont-ils puisé cette doctrine de Tunité dans la Trinité? Nulle part Jésus ne la définit (également d'une manière sérieuse et dogmatique : il semble avoir été beaucoup plus partisan de l'unité simple de TÊtre suprême que ses successeurs.

Il est logique de penser que les apôtres ont tiré ce principe de rOrient, avec tous les nombreux emprunts qu'ils ont faits à la théologie de ce pays.

Brahma est Dieu le Père, Vischnou est le Fils incarné dans Christna, Siva est l'Esprit qui préside à la manifestation de la toute-puissance, c'est le souffle transformateur.

Voilà la croyance indoue transportée dans le catholicisme, il y a flagrant délit d'imitation, car il serait absurde de penser que les apôtres ont inventé cette théorie sur les trois personnes de la Divinité, alors que le brahmanisme, qui domina non-seulement l'Inde, mais l'Asie tout entière, avait déjà, depuis plusieurs milliers d'années, émis de semblables idées.

Nous avons trop longtemps oublié que le christianisme est né en Orient, qu'il s y est développé avant de gagner à sa cause les nations «occidentales, et que c'est là qu'il faut remonter si l'on veut retrouver les source» originales auxquelles il a puisé.

Il suffit de se reporter aux chapitres consacrés à la religion brahmanique pour voir que les principaux sacrifices et sacrements de celte croyance furent adoptés presque tels quels par la nouvelle Église. '

Le baptême chrétien est-il autre chose que le baptême indou ?

Voyez comme il est facile de lui signaler son origine.

Les partisans de Christna ont un fleuve sacré, le Gange, dont l'eau doit servir à laver la tache originelle. Jean-

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Baptiste et ses sectateurs ont également ud fleuve sacré , le Jourdain , dont les eaux sont employées pour la môme cérémonie.

Cette coutume est tellement née dans Textréme Orient* le pays des ablutions religieuses , elle était sans doute si bien connue de tout le monde, que les apôtres j soumettent Jésus, et n'osent lui attribuer le mérite de la création du premier de leurs sacrements.

Il n'y avait qu'un moyen de se tirer d'embarras, c'était d'établir Jean précurseur du Christ par ordre de Dieu, et c'est ce qu'on fit.

Mais pourquoi ce précurseur ?

Bah 1 ne chicanons point trop ; à quoi sert de s'arrêter devant des questions sans valeur ?

A seize ans les Indous sont obligés de se présenter au temple pour faire conjlrmer leur purification par l'action de l'huile sainte.

Et cette cérémonie est également faite sienne par la religion nouvelle, par le catholicisme.

Comme on ne peut pas présenter tous les enfants au Gange, les brahmes remplacent l'eau du fieuve sacré par l'eau lustrale , dans laquelle ils font dissoudre du sel et des aromates pour la conserver.

Comme on ne peut également, à mesure que les mem* bres de la communion chrétienne s'augmentent, transporter tous les nouveau-nés sur. les bords du Jourdain, les apôtres, suivant le rite indou, adoptent l'usage de Teau bénite.

Les anciens brahmes étaient juges religieux, recevaient l'aveu public des fautes et appliquaient les peines.

Les apôtres s'arrogent les mêmes fonctions et établissent les confessions publiques, seules en usage, ainsi qu'on le sait, pendant les premiers temps de l'Église.

Ce n'est que plus de deux siècles aprè» Jésua-Christ que les évêques remplacèrent l'aneienno mode par la eon&i-

OBT0INBa INDOUBS BB l'iBÂB CHBICtIBNNB 896

filon particulière, pouvoir occulte dont le bui déxaoridiaateur est trop facile à signaler.

Le prêtre brahxne est oint ayec Thuile consacrée , porte la tonsure et reçoit l'investiture de la ceinture sacrée.

Les apôtres procèdent ainsi pour distinguer les leurs du commun des fidèles.

La communion n'existait point dans la religion brahmanique à rétat de sacrement. Ainsi que nous l'avons vu dans les études indoues» il est fait une loi aux fidèles de manger avec le prêtre, dans le temple^ la farine, le riz et les fruits qui ont été offerts à Dieu dans le sacrifice, et eette nourriture sainte purifie toutes les souiUurea. Maia il n'est point dit que Dieu j sott présent.

En adoptant cette cérémonie, les apôtres y ont ajouté ^cette dernière clause, et cela si'est appelé l'Ekicharistie. Il est vrai que cette coutume chrétienne ne fut et n'est qu'une copie de la coutume indoue, que les premiers fidèles mangeaient en commun du pain et buvaient du vin, ce qui ne rassemble en rien à l'hostie âjmboliqiue actuelle..

Les protestants, qui rejettent la présence réelle et prennent la nourriture sacrée sous les deux espèces, prétendent à bon droit avoir fait ainsi retour aux simples habitudes des premiers Ages»

Enfin, pour en terminer avec tous ces emprunte beaucoup plus nombreux sans doute, et dont nous ne prenons que les plus saillants :

Le sacrifice àm la messe m'est autre ohoae que le aacrifiœ indou du Sarvameda.

Dans le Sarvameda, Brahma, victime par son fils Chriatna, qui est venu mourir sur la terre pour nous saaver, aecûHi^lit lui-même, par la main du prêtre brahmre, le sacrifice solennel.

Le sacrifice chrétien ômaiie-t*il d'une autre idée ? Qu'on noua réponde ai on jpottt ou si on l'osa ; attaquant lea or-

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reurs des autres, nous serons heureux de reconnaître les nôtres !

La révolte des anges, des premières créatures crées par Dieu, n'existe par dans le judaïsme, c'est-à-dire la constitution ' religieuse de Moïse. La révolte des devas contre Brahma a donné naissance au dogme chrétien ; c'est donc encore l'Inde, l'Inde toujours, qui est l'initiatrice .

Le lecteur comprendra que nous passions rapidement sur toutes ces choses : à quoi servirait la discussion devant la brutalité des faits ?

Il est aussi évident que les apôtres ont copié l'Inde que notre droit français a copié le code de Justinien, qui luimême fut par l'Asie et l'Egypte un dérivé des lois de Manou.

Un homme prêche pendant trois ans la charité, l'abnégation et l'amour du prochain, il ne sort pas de la morale, il n'institue ni dogmes ni cérémonies, se bornant à rappeler les grands principes de la conscience aux hommes de son époque, qui les avaient plutôt proscrits qu'oubliés.

Les compagnons, les successeurs de cet homme qui fut Jésus, fondent après sa mort un culte religieux complet ; rite, dogme, cérémonies, sacrements nouveaux ne sont tirés ni du paganisme ni du judaïsme ; d'où viennent-ils donc, s'ils ne sont pas empruntés à l'Inde ancienne , qui possède les mêmes croyances, les mêmes manifestations extérieures, le même culte, et cela plusieurs milliers d'années avant la révolution chrétienne ?

Ce n'est point tout, Jésus devient lé Christ, il réunit en lui tous les mystères, tous les miracles, tous les prodiges de Christna. Sa morale, que nous ne connaissons que par ses apôtres, est la même que celle de l'incarnation indoue. Marie renouvelle la figure de Devanaguy, Hérode copie

Eansa, le tyran de'Madura Le Jourdain joue le rôle

du Gange, l'eau bénite succède à l'eau lustrale; baptême, confirmation, confession, Eucharistie, moins la présence

OBIQINBS INDOUSS DB l'iDÉB GHRÉTIENNB 97*7

réelle, ordination des prêtres par la tonsure et Thuile consacrée, tout se ressemble, tout est calqué Tun sur

Tautre Et les apôtres voudraient nous faire croire

qu'ils ont reçu une mission céleste!... Et l'on pourrait soutenir qu'ils n'ont pas été initiés par l'Orient , par cet antique brahmanisme qui illumina Tancien monde

Allons, mettons-nous d'accord I J*accepte la mission providentielle des disciples de Jésus , au même titre que j'accepte celle de Chicistna, Manou, Boudha, Zoroastre, Manès, Moïse, Gon-fu-tsé et Mahomet !

Qu'on me permette seulement de rejeter tous ces gens dans le rêve, la fable et les superstitions du passé !

Et de placer au seuil de l'avenir, comme guide des nations modernes Dieu et la conscience !

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