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grès ; seuls contre tous, alors que la force brutale est la loi suprême, la condition du pouvoir qu'ils cherchent à fonder est de chercher un appui dans cette idée de l'Etre suprême, laissée par le Créateur dans la conscience de tous, et alors ils s'entourent d'une mystérieuse auréole, dissimulent leur origine, s'intitulent prophètes ou envoyés célestes, et appellent à eux, pour se faire accepter plus facilement , les fables, les prodiges, les songes, les révélations obscures qu'ils prétendent seuls pouvoir expliquer, ainsi que tous les phénomènes physiques, qui deviennent sous leur main habile des manifestations de la colère céleste qu'ils peuvent susciter ou apaiser à leur gré.
De là les mythes de toutes natures qui entourent l'enfance de la plupart des nations, et que l'histoire s'ett habituée à enregistrer pieusement, sans voir qu'elle enracinait ainsi de ridicules préjugés et leur donnait de l'authenticité , au lieu de les combattre énergiquement et d^^ les reléguer dans le domaine du rêve et de la poésie.
C'est à l'aide de cela que les ambitieux ont asservi, dominé les peuplés dans les temps anciens; c'est encore à l'aide de ces souvenirs fabuleux que Ton tente de les asservir aujourd'hui.
Manou, en s'unissant aux brahmes et aux prêtres pour renverser la primitive société des Vedas^ a éié le point de départ de l'abaissement et de la ruine de son pays, étouffé BOUS une théocratie égoïste et corrompue.
Son successeur Manès, en asservissant l'Egypte sous la domination des prêtres , lui préparait l'immobilité et l'oubli.
Et Mosès ou Moïse , poursuivant avec un égal succès le rôle despotique de ses devanciers, n'a su faire de sa nation, appelée si pompeusement le peuple de Dieu , qu'un trou- ^ peau d'esclaves, bien discipliné pour le joug, et constamment emmené en servitude par les populations étrangères ses voisines.
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A Athènes et à Borne se produisirent, il est vrai, quelques éclairs de libre pensée, quelques velléités d'indépendance; mais entourées de nations abruties et en pleine décadence , elles devaient subir le sort commun , et elles tombèrent parce qu'elles furent sans force pour lutter contre la corruption générale.
Une ère nouvelle se leva ; l'idée religieuse épurée tenta la régénération par la morale, le libre arbitre et la raison. Mais le philosophe chrétien devint bientôt un révolutionnaire pour ses successeurs, qui sortirent des catacombes pour s'asseoir sur des trônes, et à partir de ce moment s'appliquèrent sans relâche à dénaturer les principes d maître et à substituer à cette sublime parole :
« Mon royaume n'est pas de ce monde, ** cette autre, qui menace de faire son chemin :
« Le monde entier est notre royaume. »
Prenons garde, les temps brahmaniques, sacerdotaux et
évitiques, dans l'Inde, en Egypte et en Judée n'ont rien
a nous opposer aux bûchers de l'inquisition, aux massacres
des Vaudois, à la Saint-Barthélémy, pour laquelle Rome
fit retentir Saint-Pierre d'un Te Deum d'allégresse.
Henri d'Allemagne, empereur et roi, passant trois jours les pieds dans la neige, la tête courbée sous la main stupide d'un prêtre fanatique, n'a pas eu son pendant sous les sectateurs de Brahma, d'Isis ou de Jehovah. Prenons garde !
89 est venu donner le signal de la lutte entre ceux qui, suivant la loi de Dieu, marchent en avant à la conquête du progrès et de la liberté, et ceux qui prétendent se servir de la loi de Dieu pour détruire la liberté et le progrès.
Pas de faiblesses ; regardons en arrière , et voyons si nous voulons finir comme les nations de l'antiquité.
Ayons la foi qui remercie Dieu de la raison qu'il nous a donnée ; repoussons la foi qui fait de Dieu un instrument pour asservir la raison.
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Voilà ce que me disent ces quatre noms de Manou, Mânes, Minos et Mosès ; voilà les enseignements que je puise dans le passé et que me donne l'histoire dénuée de rêves, de préjugés et de superstitions, l'histoire que nous devrions faire étudier à nos enfants, au lieu de cette science de convention qui se prélasse dans les temps héroïques et fabuleux, élève des autels aux tueurs d'hommes, et préconise les sortilèges, les pythonisses, les miracles, Dieu et le diable, et la révélation.
Avant d'étudier l'influence politique et religieuse de Manou sur l'Inde, l'Egypte, la Judée, la Grèce et Rome, je ne puis résister au désir de jeter ici les basses d'un procès à l'histoire, qu'il nous faudra tôt ou tard juger, si nous voulons la régénérer, la rendre conforme à l'humanité et à nos aspirations vers l'avenir.
Je n'expose ici que des idées personnelles.
Les traitera de folies qui voudra.
Les admettra qui pensera y trouver quelques vérités I