‹ La Bible dans l'Inde: vie de Iezeus ChristnaChapitre 15 sur 72 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

LES DEVADASSI, VIEBGtES DES PAGODES. — ELLES CON- SERVENT LE FEU SACRÉ. LEUn DANSE DEVANT LB

^ CHAR DE LA TRINITÉ. — CES COUTUMES SONT CQNSEB- VÉE3 PAR TOUS LES CULTES ANCIENS. — LES PYTHO- NISSES A ATHÈNES. — LES PYTHONISSES d'bNDQB. — LES VESTALES A ROME.

Kous serons bref sur les ecmsidérations que peuvent noQ& inspirer les matières de ee chapitre, qui ouvrirai^it ffunlemeat la porte à une étude complète de tods les eultes anciens. Il n'est pas nécessaire, nous le crojons, de dire que là n'est pas notre but.

Aj^ès avoir /dans la mesure de nos forces, prcwvé Finâuenee de l'Inde aar toute la goei^é antique, par sa législation, sesseienees morales et philosophiques» prouvé que l'impuissanoa^ la dégradation ei la chute des eiviHsatîons anciennes n'avaient pas eu d^autres causes que la eori?up*« tioa id'e l'idée religieuse par ceux même» qui auraient dû la présenter au peuple dans toute sa divine pureté ; après avoir démontré ruaitéd^origine de toutes les nations de la race blanehe par Tunité d'origine de tous les grands principes qui présidèrent à l'existence du monde ancien , nous voulons simplement indi^aer maia^tenant qu'en creusant plus avant eee principes, en les étudiant dans tons les dé-

tails qui s'y rapportent, dans tous les résultats qu'ils produisirent, on rencontrerait les mêmes points de contact, les mêmes points de ressemblance logique, accusant, malgré l'imagination des différents peuples qui s'exerça sur ces détails , et dut nécessairement les transformer, une filiation qui remonte aux mythes et aux légendes indoues.

Les Devadassi furent, dans les temps primitifs, des yierges attachées au service des pagodes et des temples, et dont les fonctions étaient aussi variées que nombreuses.

Les unes entretenaient le feu sacré, qui jour et nuit devait brûler devant la statue symbolique de la sainte Trimourti (Trinité), Brahma, Vischnou et Siva.

D'autres, aux jours de procession, devaient danser devant le char ou arche, qui portait à travers les campagnes et les villages soit la statue de cette trinité , soit celle des trois personnes qui la composent.

D'autres encore , saisies d'un fougueux délire à l'aide d'un breuvage excitant, dont les brahmes d'aujourd'hui - n'ont pas encore perdu le secret, rendaient dans le sanctuaire des oracles qui avaient pour but, soit de fanatiser les fakirs et les sania^ys (mendiants des pagodes), soit d'arracher au peuple émerveillé d'abondantes oâTrandes en fruits, riz, bestiaux et argent.

11 en est encore qui avaient pour mission d'aller chanter les cantiques sacrés d'allégresse et de bonheur, lors des sacrifices ou des fêtes de famille, et de rapporter aux brahmes, qui les louaient, les cadeaux de toute nature que chaque assistant était tenu de leur faire.

Leur présence était encore nécessaire lors des cérémonies funéraires que la loi religieuse astreignait chaque fils d'accomplir pour la mort et l'anniversaire de la mort de son père et de sa mère, et cela pendant toute la durée de sa vie.

Les rois, à la veille de chaque bataille et de tout autre grand événement, consultaient celles qui recevaient les

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révélations de la divinité, et suivaient pieusement leurs oracles, qui du reste commençaient toujours ainsi :

« grand roi Douchmanta! donl le monde entier connaît la puissance, tu donneras aux brahmes cinquante éléphants caparaçonnés d*or, deux cents bœufs qui n*ont pas encore porté le joug, etc.. »

Ou bien encore : ^

u grand roi Vaswamitral tel dont les richesses rempliraient l'immense océan , si tu veux un fils aussi grand , aussi magnanime que son père, fais aux brahmes des présents dont la splendeur ne pourra être dépassée, etc. »

En résumé, des cadaux pour les brahmes, des présents pour les brahmes... Donnez... donnez, car cette race est insatiable. *

Voyez- vous bien ces filous vulgaires, aussi habiles que rapaces, cachés derrière un voile et soufflant sa réponse à la Devadassi

Inutile de dire que le grand roi Douchmanta, Vaswamitraou autre, se ruinait immédiatement pour satisfaire à Tordre divin.

11 m'est souvent arrivé^ en réfléchissant aux audaces impunies de ces hommes qui avaient su si bien organiser le vol religieux , de me représenter les lois pénales et la police correctionnelïb de notre siècle de lumières, fonctionnant inopinément au milieu de cette société. corrompue

Ces idées ne venaient certainement frapper mon imagination qu'aux heures du vagabondage et du rêve. Car enfin c'était un anachronisme impossible.

Et puis, je me suis persuadé que ces brahmes eussent considéré comme jeux d'enfants de se soustraire à la loi ou de Téluder.

Triple rêveur que j'étais, comme si au surplus les grandi rois Douchmanta et Yaswamitra eussent jamais consenti à laisser traiter, ni plus ni moins que de simples mortels,

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leurs bm9i di^ts^ ^einix qui- ét^ent cdiargé» de obftater leurs iQUftogeejftt de leur gagnai? riiffeettoii.d69|>ettple&

Ces coutumes indoues^ none lie «eurùiiis en drat^r^ furent conservées par les émigrations, et c'est à elles qu'il faut attribuer Tintroduction de la femme dans tous les mystères de l'antiquité.

Les yierges consaoréea âe* l'ÉgJpfee qui dansaient devant les statues des dieux, lespythonisses à Delphes, les prêtresses du culte de Cérès qui rendaient des oracles, les vestales à Rome qui conservaient le feu sacré, ne furent que les héritières des devadassî de Tlnde; il est impossible d'adopter une autre opinion sur ce sujet, en présence de l'identité complète d'attributions et de rôle.

Cette tradition de la femme vierge et prêtresse est tellement une importation orientale, que nous voyons toutes les nations de l'antiquité, la rejeter peu à peu à mesure •qu'elles parviennent à se dégager dé la superstition et du mystère. Si donc elle n'apparaît que comme un legs du primitif berceau, rien de plus naturel que de la rattacher à la contrée d'où étaient parties toutes les tribus colonisatrices.

Pas plus que les autres peuples de l'antiquité, les Hébreux ne purent se soustraire à ces» croyances générales alors^ et la Bible ne nous apprend-elle pas que Saiil, la veille de la bataille de Gelboë, s'en fut consulter la pythonisse d'Endor, qui fit apparaître à ses yeux l'ombre du prophète Samuel ?

On aura beau s'agiter, discuter^ nier, on ae renyersejfa pas, nous osons le soutenir, cette influence de l'Inde sur le monde, qui se retrouve à chaque paa dans les grands principes comme dans les détails de leur application.

Très -certainement ces devadassi, ces pythonisees, ces vierges consacrées et ces vestales ne furent, dans l'antiquité comme dans l'Inde, qu'un moyen de plus de domi-

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nâiion, qu'und fraude ajoutée à toutes les autres, pour faire j^asêer au milieu du temple un impur courant de -dons pieux et de riche» orffrandes.

OHAPrPftE XI

SIMPLE COUP d'ŒIL EN ARRIEHB

l^ous en avop$ #.ni ^veç cçitte revue rapide de rinfluence de riii|de et du .brahmaai^sme sur les civilisations antiques, ...

Nous avons expliqué pette inftueiice, d'un côté par les émigrations apportant sur les différents sols qu'elles venaient coloniser les souvenirs de leur langage et de leurs primitives institutions.sociales et religieuses, et de l'autre, par les législateurs et les sages qui tous, pour compléter leurs études, s'en furent en Orient retrouver Toii'igine de toute science et de toute tradition.

Partout nous avons vu, à la tête de chaque société nouvelle qui se fondait, Tinfluence désastreuse du prêtre engendrer le despotisme le plus inintelligent, l'esclavage des peuples et la corruption la plus éhontée. §

Nous avons montré le monde ancien, malgré ses velléités d'indépendance, finissant comme l'Inde dont il était une émanation, par une vieillesse hâtive et une décrépitude qui eurent leur cause dans le pervertissement de l'idée religieuse et les superstitions des masses.

Toutes les vérités sublimes sur l'unité de Dieu, la trinité, l'immortalité de l'âme, furent conservées par devers eux par les brahmes et les prêtres, qui eussent rougi de

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croire à toutes les superstitions qu'ils avaient eux-mêmes engendrées dans la foule dans un but de domination pour leur caste Bt leurs initiés.

Zoroaatre eut^ sans doute^ l'intention de vulgariser ces notions ^ublindes. Mais il fut débordé par ses sectateurs, et sa réforme ne put aboutir qu'à une nouvelle consécration de la puissance sacerdotale.

Boudha, qui l'avait précédé, après s'être fait chasser de rinde par l'indépendance de sa pensée, devient plus tard, lui aussi, «au Tbibet, en. Chine et a.u Japon, un drapeau d'asservissemeiiti et d'intolérs^nce, . ,

Ces novateitirs devançaient leur siècle^ et leurs hommes n'étaient point nés<

Dans la suite de cet outrage < nous allions .étudier l'œuvre de Moses ou Moïse et du- Christ^, œuvre; que nous expliquerons par celle de Ghristna, leplus graad des piiiJosfophes, nous osons le .dire^ non-àoulesoient d;e Tlnde^ mais encore du monde entier. ,

Si nous avons réussi à démontrer que l'antiquité tout entière ne fut par salaongoe/ses usage^«»sesooutumes, ses traditions politiques «qu'une émanation de l'Inde;

Qui donc osera, nous jetor la pijerre, si :nous sofnmes amenés iogàiquement et fiatalement à soutenir, et à prouver que l'on doit retrouver dans l'Inde la spurce de la révélation primitive et de toutes les traditions religieuses?

Quoii ces peuples qui ont imprimé si fortement leurs traces sur la Perse. l'Egypte, la Grèce et Bome; qui donnèrent à ces pays leur langage, leur organisation politique, leurs lois, n'y auraient pas également apporté l'idée religieuse?

Quoil le grec, le latin, l'hébreu seraient nés du sanscrit, et Tempront se serait borné là ?

Cela est inadmissible.

De môme que le brahmanisme apporta sur ces différents sols toutes les superstitions à l'aide desquelles il lui avait

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plu d'aveugler les masses pour les ployer plus facilement sous le jorig, de même Manou et Manès apportèrent avec eux les pures traditions pfimii;ives, les traditions des Vedas qu'ils conservèrent pour les prêtres, les lévites et les initiés, et qui inspirèrent les deux philosophes à qui on doit la fondation des sociétés hébraïque et chrétienne.

Nous verrons où Moïse a puisé son Pentateuque, c'està-dire les cinq premiers livres de la Bible dont il est est reconnu l'auteur, et qui sont la Oenèsdi TExode, le Lévitîque, les Nombres et le Deutéronome.

Quand nous aurons ainsi déblayé le terrain, en prouvant que la civilisation hébralqi^e n*a été, comme toutes celles des temps anciens, qu'un reflet de l'Inde, qu'un souvenir de cette patrie commune, il nous sera permis alor» d'aboràét sans crainte l'étude du rôle jdué par le philosophe chrétien qui, en continuant la tradition hébraïque, l'épura à l'aide de la morale de Chrisitna, le grand novateur indou, morale qtrUl lui avait été.^Ufié,. sans doute, de pouvoir étudier par lui-même dans les livres sacrés de TÉgypte et de l'Inde.

Quoi de plus naturel, de plus simple et de plus logique, que notre pensée, du moment où nous nions énergiquement toute révélation comme contraire au bon sens, à la raison et à la dignité de Dieu^ du moment où nous rejetons toutes lès incarnations dans le domaine du mythe et du rêve?

Ne devions*nous pas chercher à voir si u^i lien commun n'unit pas tous les peuples; si dans Thistoâce, enfin, des civilisations passées, toutes les conquêtes de la pensée n^ont pas été solidaires les unes des autres?

Est-ce que les dix-neuf siècles de l'ère moderne ne se sont pas soutenus les uns les autres dans leur marche? Est-ce que chaque progrès réalisé ne s'est pas appuyé sur un progrès déjà conquis? »...

Le chercheur qui, dans trois mille ans, alors que d'autres

peuples seront nés, que d'autres ciTilisations auront suocédé à la nôtre, viendrait proclamer cette vérité plus que vulgaire aujourd'hui, n'accomplirait pas sur notre époque une reconstitution différente de celle tentée par ce livre sur les temps anciens.

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