CHAPItRE YIII
TKCARNAtïONS. — ■ PHOPÎléTlBS .ANNONÇANT L* AVÈNEMENT
DE CHRISTNA
Nous n'apprendrons rien à personne sans doute en disant que Tincarnation, c'est-à-dîré' la descente de Dîeu sur la terre, pour régëhérer ses créatures» est la base de la religion indoue. Cela est âsèez connu de quiconque a ouvert un Kvre sur l'Inde, pour que nous nous trouvions fort à Taise -en énonçant cette proposition et en revendiquant haut la main pour ce pays la' priorité de cette croyance i^ellgieuse.
Mais si éette vérité semblîe généralement admise, si nul ne conteste que l'Inde ait eu ses incarnations, on ne paraît jusqu'à ce jour avoir eu d'autre souci que de ridiculiser ces traditions, que de vouloir â toute force représenter les
§1^ LA BiBJLS D4Niil 'I.XNDE
4iffé7axits avéo^ments de Bi^hma /parmi les h^xuiDes costime des dupejpâtitions iQ36naée$.
Il nous serait facile de FetroQyca*- la soui^de ces opi^piooB, <^ui ne puceat être impartielea, ënises c^'elles furent par les missionnaires de tous les cultes qui.se itroU" Vèrent .avoir à lutter dans Tladeavec des czx^jaiLces. semblables à celle* qu'ils j Tenaient apporter.
Ils usèrent pour cela d'un moyen bien facile que iious signalons ,: au lieu d'étudiej^ les prinjcipe» religieux des Indous daps le$ liYres.spéciaux.de.théologie«.où ils eussent pu trouver, non des armes, mais de sublimes enseignements, ils s'adressèrent à la poésie, aux fables, aux traditions héroïques, pour pouvoir se moquer à leur aise de Brahma, de la trinité et des incarnations.
Un prêtre indou pourrait jouer en Europe exactement le même rôle, si, repoussant la morale évangélique et les sublimes leçons du Gbrist, il ne voulait, de parti pris, étudier notre religion que dans les drames sacrés et les farces religieuses du moyen âge, où Dieu le père vjent sur la scène se colleter avec le diable, où l'on prête àia Vierge^ à Jésus, aux apôtres et aux sain-ts des absurdités sacri*léges et parfois même obscènes I . ..
En Orient, pays du rêve et de la poésie, la religion doit s'étudier beaucoup moins qu'ailleurs enciore.dans les œuvres d'imagination, q.uiimulti plient à rinânlles angis^ .1<9S saints et les déipons, et les mêlent conâtammentàro^uvre de Dieu et aux actions humaines.
11 faut étudier avec les brahmes prêtres et daass leua^s livres, et sourire avec eux de toutes. fie® sHp^r-stitioQs qu$ TEurope prête à l'Inde, sur la >parole dntéresfiée de quel-^ ques hommes.
Suivant la croyanoe indouej il y a eu jusqu'à oe .jovbf neuf avènements de Dieu sur la terre : les huit prenaieBU ne sont .que de courtes apparitions de .la, Divinité, veinant renouveler à de saints pe/i£>jinage3 la pi'omasse d'ua iBé^
'âENfi&B' INDfMB IMS
dempteur, faite à 4-(Mma et à fiéi^ après knir faute; le neuvième seul est une inearftaèiôn,'C''efifi-à^d'ireiaré«lktttion de la prédiotiozk dd Brahma. . .
Cette incaornation efiteeUiB deChmlma, âls dé la viép^e Devanaguy.
,. Voici quelquej-unes des pfédictioBs AmtoHcantea veniî'e, récoltées par Bama^ïjaftraiardaiMs TÂtharva^ léB Védangas et le Védanta- '-
Naus ne donnons qu'un peUt Hambre de ces e^Heiix morceaux de poésie religieuse; qui seTessenablent du rest^ presque toaspar le fond etparla'fdrme :
(Atharva): , ..
« Il viendra cotxronné de lumières, ee flxiide pur éwaiie de la grande âme, de l*esdence de tout^ee qui eUsffee, etles «aux du Gange tressailleront de leursî «outrée à 'la tner, comme une femme enceinte qui ressent dans son sein 'îe premier bond de son enfant.
« Il viendra , et les eieux et les mondes seront dans la
joie, et les étoiles pâliront devant sa splendeur, et le soleîl
trouvera ses rayons trop faibles pour Téclairer, et la terre
ser^ trop étroite pour retendue de ses regards, trop petite
pour le contenir.
« Car il est Tiniini ; car il est la puissance, car il est la «agesse, car il est la beauté, car il est tout et dans tout.
« Il viendra, et tous les êtres animés, toutes les fieurs, toutes les plantes, tous les arbres, les hommes, les femmes, les enfants, les esclaves, l'éléphant superbe, le tigre; le Hon, le cygne au plumage blanc, tous les oiseaux et tous les insectes, tous les poissons, dans les airs, sûr la terre et dans les eaux, entonneront le chant d'aliégres^e, car il est le Seigneiir de tbut ce qui existe et de toutes lès créatureas.
« Il viendra, 'et les Ro^kchasas' maudits s'enfuiront dati's ie plos prtrfond fies enfers.
264 LA 3Iblï: dans l'j^nde
il*
« Il viendra, et les Pisatchas impurs cesseroiit de ronger les cadavres des morts.
.(..M^UyieBdra^ et im^ ym^Um^ imnaoïîdai seiKniâ 4poa- Xf^qt^; le^.T^utom^ auori $iixi9tre et lesteha^yals puatitis ©^. tro^verpont plua.dô poiiirzrit«i]^' pour* se Boonir^'iLi-dô ïfiduitapQwr^ ^Iftçii6j%. ^ v - •: . i ■-
M II viendra, et la vie défiera la mort, et la période ifé dissolution sera suspendue dans son sinistre travail, ai il rajeunira le sang de tous les étreg , et il régénérera tous les corps, etyilpurifiar-a. toutes tes 4rnes. ' ' '.'
« JI viendra, plus doux .que le m.ielet Vamnia, plus piii^ que Tagneau sans tache et la bouche d'une vierge, et >toiu) les cœurs seront transportés d'amour. Il viendra le premier jour du mois de sravana, Heureuge la matrice "bénie qui le porterai heureuses leS' oreilles qui entendroot £es premières paroles 1 heureuse la tprre qui recevra ses prâ-v miers^pasl heureuses les mameUes qu'il preasera de sa bouche céleste I c'est par l^ur lait béni que tous les hoiù** mes seront puri.flés!
. « Du nord au sud , de Faurore au couchant,, ce jour sera un jour d'ivresse, car Dieu manifestera sa gloire et fera éclater sa puissance, et se réconciliera avec ses créatures! n. .
Je ne fais que transcrire, tout commentaire affaiblirait 1» souffle inspiré du prophète, et du reste de quelles réflexions faire suivre ces pages?.,.
Le lecteur aussi bien que nous saura comprendre, comparer «t juger.
, (Extrait des Védangas) :
« C'est dans le sein d'une femme que le rayon de )a splendeur divine recevra la forme humaine, et elle enfapr tera étant vierge, car nul contact impur ueTaura souiUée,n
(Extrait de Pourourava) : ..'""..:,.-.;
-)><«• Ii'ag»iQaa saSt d'nmé bi^t^k et d*nn bélier, le eKeVreau d'une. ckôYFô «t#iïn bouc; Feo feint d'une^ femwi"e et' d'un, bommie ;l m»isi le divii^ Pai^tnàtma (âtire âè TUtiîveTït) naî^ tra d'une vierge qui sera fécondée pâ^ Ih pensée âè
¥iaeihrnou. »
(iExtrait de lîîara(|^) : ^ .^ ... .
« Que les Yakchas, ie^ Rackahaôaô et les Nagas' ti^eiîïbl«|it/ëap Je joui» approche oh doit ntaître celui qui mettra ÉB à leur règne sur la terre. »♦
, (Extrait de Ppulja^ty^) :
' * Et il *e fê^ra 'un- bruit térî*ibîe et surnaturel dans les eieuîx, danfe'Fai* et sub^ la terre; des voix mystérieuses averiirôiïtleei«aintâ* ermites dans les forêts; lés mùsiôiens e^estes eûtoftneront leurs cantiques; les eaux des mers bondiront de joie dans leurs gouffres profonds ; les vents se eharge^ont du parftim' des fleurs ; au premier cri de l^enfant divin, la nature entière reconnaîtra son maître, »»
(Extrait du Védanta) : e ■
*« C'est dans les premiers tefnps du Cali-jouga(âge actuel du monde, qui açommei^cé, suivant l^a Indou^ tifois mille cinq cents ans avant l'^re* chrétieime) quo'.o&Ura le M» dm la vierge. >» ^ , . .- > - . < . .1. - :
Je dois, bieiijcp,^lgré moi^.ngiebQrïiej» àceaiqualquefii citations de prophéties annonçant l'avènement du jr^i^et»ptetti5 indou. Ce n'est pas que je sois dans l'impossibilité d'en donner un plus grand nombre, les livides sacrés rie laissent sur ce sujet que l'embarras du choix. !Nfais il m'a paru qu'îl'ne pouvait y avoir là qu'un simple intérêt de curiosité; que le cadi»e de cet ouvrage ne me permet pas de satisfaire' éomplétëment.
266 LA niBh^ Di^NB l'ïKDE
Ainsi, du reste, que nousTavans déjà dit, la plupart des extraits que nous pourrions faire se ressemblent tellement que leur multiplicité nuirait à l'intérêt au lieu de l'aug- * menter.
Le Védanta annonce que rincarnation de Christna doit arriver dans les premiers temps du Cali-youga, c'est-àdire de Tâge actuel du monde; cette expression, croyonsnous, appelle une explication.
Les Indous divisent le temps de la durée de ce monde en quatre âges, qui doivent «e renouveler à quatre reprises différentes, avant le Mahâ-Pralaya ou destruction générale de tout ce qui existe.
Le premier reçoit le nom de Crita-youga et a une durée d'un million sept cent vingt-iiuit mille années humaines <ie trois cent soixante jours.
Le deuxième se nomme Treta-youga et doit durer uû million deux eent quatre- vingt-sfeize mille- années humaines.
Le troisième est appelé Dwapara-youga, et sa durée est de huit cent sToixante^quatre mille années humaines.
Enfin le quatrième se nomme Cali-youga et doit dupét quatre cent trente-deux mille ans.
C'est dans ce dernier âge que nous sommes actuellement depuis environ cinq mrlle quati-e cents ans.
William Jones, dans ses études asiatiques , rapprochant «ette division du temps des quatre âges des Grecs et des Romains : Tâge d'or, l'âge d'argent, l'âge d'airain et Tâge de fer, ne met pas en doute que ce ne soit un souvenir de la tradition îndoue^ preuve de plus en faveur de Torigine que nous avons attribuée à ces peuples.
esKàâB iNDOUB 267