‹ La Bible dans l'Inde: vie de Iezeus ChristnaChapitre 36 sur 72 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

NAISSANCE DE LA TIEBGE DEYANAOUY D'AP&âS LA BAGOVBDA GITA ET LES TBADITIONB BBABLMANiX^UES

Nous voici arrivé à cette merveillouae incarnation indoue^ la première en date parmi tontes \e» incarnations religieuses du globe, la première également qui soit venue rappeler aux hommes les vérités immortelles déposées par pieu dans la conscience humai ne , et que les luttes du despotisme et de l'intolérance parviennent trop souvent à voiler.

Nous allons raconter aimplement, d'après les autorités Indoues les plus inconstestables, la vie de la vierge Devamaguy et celle de son divin fils, en réservant pour plus tard tout commentaire et toute comparaison.*

Environ- l'an 3500 avant l'ère moderne, dans le palais du rajah de Madura, petite province de l'Inde orientale, une fille vint au monde, dont la naissance fut ^entourée d'étranges événements et de merveilleux présages.

La sœur du rajah, mère de l'enfant, quelques jours avant sa délivrance, eut un songe dans lequel Vischnou, lui apparaissant dans tout l'éolat de sa splendeur, vint lui révéler les destinées futures de celle qui allait naître.

« Vous appellerez l'enfant Devanaguy (en sanscrit formée par ou pour Dieu), dit-il à la mère, car c'est par elle que les desseins de Dieu doivent s'accomplir. Qu'aucune nourriture animale n'approche jamais de ses lèvres : le riz, le miel et le lait doivent seuls concourir à sa subsistance.

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"Siifldut gardez-vous qu^iin hoiime s'uniisse à elle par le *tnàriagé, il tnourrait, et tous ceux qui Vauraîent aidé dans cet 'acte, avant de 1*a voir accompli. »•

La petite fille reçut en naissant le nom de Devanaguy, ainsi qu'il avait été ordonné, et sa mère, craignant de ne ^pouvoir exécuter les prescriptions de Dieu dans le palais de son frère qui était un méchant homme, l'emporta dans la maison d'un de ses parents du nom de Nanda, seigneur d'un petit village sur les hords du Gange, et célèbre .par 'ses vertus. Son frère, à qui elle annonça qu'elle partait en pèlerinage sur les bords du fleuve sacré, craignant les murmur0s du peuple, n*osa pas s'opposer à son dessein.

Cependant, pour marquer son mauvais vouloir, il ne lui accorda qu'une escorte des plus médiocres, composé^ de deux éléphants seulement, ce qui eût à peine suffi pour une femme de basse extraction.

Sur le soir, à peine Lakmy s'était-eUe mise en marche avec son enfant, qu'une suite, composée de plus de cent éléphants carapaçonnés d'or conduits par des hommes somptueusement vêtus, vint se joindre à elle, et comme la nuit était venue une colonne de feu parut dans les airs pour les diriger au son d'une musique mystérieuse qui semblait venir du ciel.

Et tous ceux qui assistèrent à ce départ merveilleux comprirent que tout cela n'était point ordinaire, et que la mère et l'enfant étaient protégés par le Seigneur.

Le rajah de Madura en conçut une jalousie extraordinaire, et poussé parle prince des Rackchasas, qui voulait traverser les vues de Visch«ou, il envoya, par un chemin détourné, des hommes armés pour disperser le cortège et ramener sa sœur dans son palais.

Il lui aurait dit alors : — Voyez, les chemins ne sont point sûrs, et vous ne pouvez espérer de faire sans danger un aussi long voyage; envoyez un saint ermite à votre place, et il accomplira votre vœu.

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Mais 4 peine les soldats vtfe du cortège de Lakmj.

ils se joignirent à lui gour protéger la nière. et l'enfant; pendant la route. , r

Et le rajah entra dans une furieuse colère en i^pprenaft^t que sa mauvaise action n'avait pu aboutir. La mêçae nuit il sut en songe que Devanaguy devait mettre aii ]QQonde un fils qui le détrônerait et le châtierait de tous ses crimes.

'Il pensa alors à cacher dans son cœur ses noirs projets, et il se dit qu'il parviendrait facilement plus tard à attirer sa nièce à sa cour, en cas que sa sœur ne voulût pas revenir auprès de lui,. et qu'il'lui serait possible de la fçire inourir et d'éviter le sort dont il était menacé. '

iPour mieux déguiser ses desseins, il fit partir des exprès chargés de nombreux présents qui devaient être remis à Lakmy pour être offerts à leur parent Nanda.

Le voyage de Lakmy jusqu'aux rives du Gange ne fut qu'une marche triomphale ; de tous les côtés les populations accouraient en foule sur son passage, se disant entre elles : « — Quelle est cette rannie (reine) qui possède un sî beau cortège; ce doit être la femme du prince le plus puissant de la terre ». Etide toutes parts on lui apportait des fleurs dont on jonchait la route, ainsi que des fruits et des riches présents.

Mais ce qui causait le plus d'étonnement à la foule était la beauté de la jeune Devanaguy qui, quoique âgée de quelques jours à peine, avait déjà la figure sérieuse d'une femme, et semblait comprendre ce qui se passait autour d'elle et l'admiration dont elle était l'objet.

Pendant soixante jours que dura le voyage, la colonne de feu, qui cessait d'être visible avec le soleil, reparaissait à la nuit, et ne cessa jamais de diriger le cortège jusqu'à l'arrivée. Et, chose bien extraordinaire, les tigres, les panthères et lés éléphants sauvages, loin de s'enfuir épou-

^TO LA BIBLE DANS l'iNDK

vantés commô ils ont coutume de le faire aux approches de l'homme, venaient doucement considérer la suite *de Lakmy, et leurs rugissements devenaient aussi tendres que le chant des bulbulis, afin de ne pas eifrayer Tenfant. Nanda, ayant appris l'arrivée de sa parente par un messager de Vischnou, vint l'attendre à deux jours de marche de son habitation , suivi de tous âes serviteurs , et dès qu'il aperçût Devanaguy, il la salua du nom de Mère^ disant à tous ceux qui s'étonnaient de cette parole : — Gelle-là sera notre mère à lous, puisque d'elle naîtra l'Esprit qui doit nous, régénérer.

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