ENFANCE DE DKVANAGUT. — MORT DE SA MÈRE. — ELLE EBTOURNE A MADURA
Les premières années de Devanaguy s'écoulèrent en paix dans la maison de Nandaget sans que le tyran de Madura ait fait la moindre tentative pour l'attirer auprès de lui. Il saisissait, au contraire, toutes les occasions de lui envoyer des présents, et de remercier Nanda de Thospitalité qu'il avait accordée à Lakmy et à sa fille, ce qui faisait croire à tous que la lumière du Seigneur lavait touché et qu'il était devenu bon.
Cependant la jeune vierge s'élevait au milieu de ses compagnes, les dépassant toutes en sagesse et en beauté. Nulle mieux qu'elle, quoique âgée de six ans à peine^ ne savait veiller aux soins du ménage, filer la laine et le lin, et répandre dans toute la maison la joie et la prospérité.
Elle aimait à se retirer dans la solitude, s'abîmant dans
la contemplation de Dku ^ui répandait auc elle tontea^é» bénédictions et lui envoyait souvent des presseotimants^ célestes de ce qui devait lui arriver.
Un jour qu'elle se trpuvait sur les boixis du Q-aa|fe à faire ses ablutions, au milieu d'une foule d'autres femmes venues dans le même but, un oiseau gigantesque vint planer au-dessus d'elle, et descendant doucement, il déposa sur sa tête une couronne de fleurs de lotu«.
Et tous les assistants furent émerveillés, et ils songé** rent que cette enfant était destinée à de grandes choses.
Sur ces entrefaites, Lakmy vint à mourir aprè& une courte maladie, et Devanaguy apprit en songe que sa mère avait vu s'ouvrir devant elle les portes du séjour deBrahma, parce qu'elle avait toujours eu une vie chaste et pure, et qu'il n'était point nécessaire d'accomplir sur sa tombe les cérémonies funéraires d'usage.
Devanaguy, dont le corps était sur la terre, mais dont toutes les pensées étaient au ciel, ne pleura point sa mère, et ne porta pas son deuil, suivant la. coutume, car elle regardait la mort, ainsi qu'il est dit dans les livres saints, comme une naissance en r autre vie.
Ayant appris le malheur qui venait de frappier sa nièce, le tyran de Madura jugea le moment venu de mettre ses perfides projets à exécution; il envoya des ambassadeurs à Nanda avec des nombreux présents en le priant de lui remettre la jeune Devanaguy, dont il était le plus proehe parent depuis la mort de sa mère.
Nanda conçut une grande douleur de cette démarche, car il aimait cette enfant à l'égal des siens, et ne pouvait se défendre de pressentiments qui lui faisaient considérer sous le plus sombre aspect l'avenir de Devanaguy à la oour de son oncle.
Cependant, comme la demande éiait juste, il laissa la jeune fille libre de l'accueillir ou de la repousser.
Devanaguy, qui savait que sa destinée l'appelait à Ma-
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dura, suivit Içs ambastiadeurs envoyés par son oncle, après. . avoir appelé toutes les bénédictions de ï)iieu sur là 'maison qu elle quittait.
— Souviens-toi, lui dit Nanda, que nous seroiis héùretlx* de te revoir sî le malheur té ramène auprès de nous.
Les pressentiments de son prdtecteiir né l^avàieht point ' trompé. A peine Devan^guy fut-elle au pouvoir de son oncle, que côlui-ci, jetant lé masque, la fit enfermer dans une tour dont il fit murer la' porte, pour lui enlever toute possibilité d*en sortir. ' ' ''
Mais la vierge n'en fut point cbagrine; il y avait Vônëf-* temps qu'elle avait reçu du ciel la scieticé de te qui devait lui arriver, et, pleine de confiance, elle attendait le Eûd-^' ment marqué par Dieu pour accomplir ses célestes desseins.
Cependant le tyran de Madura n'était point tranquille; une famine affreuse dfê&oIdltlë^à/JBIt^s, la mort lui avait ravi un par un tous ses enfants, et il vivait dans les craintes continuelles de catastrophes plus sombres encore. , Pour^ivi pîg?l!idée, q.u,'^utrefois ij .avai^.eu^ ^Eki^ppgitj qu'il devait étr.^ dlétr^i^é par le ÛU qui naîtrait de I)^v^uf^ttj:, ^u lieu ^ç se ç^pentjfd^s crina^ nombreux qft'il avait commis, et qui l'avaient déjà f^i^t^jCbMifir «i-rÇU^ement par le Seigneur, il résolut, pour s'enlever toute crainte ^^ç c^e.^iyet de .fweipéw.aa^niôçev. Difjnace but, il fit mêler du poison extrait des plantes les plus dangereuses à Teau et aux aliments que chaque jour on faisait
ment n'en mourut pa3, inaîs encore elle rie sembla poîri£ S en apercevoir. , . , , ^ .
Il la m^Si alors sans nourriture, pensa»t que la faim' serait peut-étre^plus i)uissaute que le poison. , ^
11 n en fut rien., et JJevanaguy continua a loUArde^la plus, parfaite santé; et malgré la surveillance la plus active,
il^fui impossible d^ s^voirslrelle recevait ç^es, aliments d'une main mystérieuse ou si Tesprit de Dieu suffisait seul à)a nourrir, . / . , f .
Ce que voyant, le tyran .de. Madura abandonna spn, intention de la faire mourir et §e bo^^na à placer une forte garde autour de s^ prison, ijaenaçant sç* soldats /des supplices les plus affreux si Devanaguj parvenait à tromper leiir surveillance et à s'échapper.
Mais ce fut en vain, toutes' ces précautions ne devaient pas .empêcher la prophétie de Poulastya de g'accomplir.
« Eif l'esprit divin de Vischnou traversera les murailles pour se joindre à sa bien-aimée. »