‹ La bible dans RacineChapitre 10 sur 142 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

Telle est bien pourtant l'impression que produit sur nous la Bible de Luther. Texte et notes marginales nous rappellent bien moins l'histoire d'Israël, que les grandes luttes religieuses de la Réforme, la dogmatique de Luther, ses injures bouffonnes à l'adresse de ses ennemis et ses ivresses théologiques. De cette œuvre de colère, ne pouvait naître qu'une poésie populaire et violente, un chant de révolte et de guerre, une sorte de Maraeillam . Le célèbre choral de Luther ^ est antérieur de quelques années, à sa Bible, mais ses accents ont jailli de la même source.

Aucune version n'a obtenu en Angleterre, la popularité dont la traduction de Luther jouissait, en Allemagne. Les catholiques lisaient exclusivement la Bible de Douai, et les protestants employaient la Bible de Tyndal et Coverdale laquelle devint ensuite la Bible de Mathieu (Mathew's Bible, 1538) et enfin la grande Bible (The great Bible ou Cranmer's Bible, 1539). Plus tard les protestants se divisèrent à leur tour; pendant que les anglicans s'attachaient à la Bible Royale (The Royal Bible, 1611) les puritainscherchaient dans la Bible de Genève (The Geneva Bible, 1560) des arguments contre les épiscopaliens, et des thèmes à discours fanatiques.

Comme l'Angleterre, la France eut sa Bible catholique et sa Bible protestante. Seulement, chose curieuse, les deux traductions remontaient à la même origine ; toutes deux procédaient de la Bible d'Anvers (1530). Son auteur -, imbu d'idées protestantes, s'était cependant appliqué à ne pas s'écarter sensiblement de la Vulgate. Aussi son œuvre inspira-t-elle de la défiance aux deux partis : Rome la condamna et les calvinistes l'abandonnèrent; toutefois, elle ne tarda pas à reparaître transformée et chez les catholiques et chez les protestants.

1. Ein' feste Burg is iinsn* Gott Ein' gute wehr uncl Wassen.

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