‹ La bible dans RacineChapitre 11 sur 142 · INTRODUCTION XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XI

C(s (lerniors eux-memos roconnaissonl (jir01iv('Lîin s'est l)orno à rcpcodiiircî la version do Lofèvro (rKlapIcs. Toute son lial)il('lé, an dire {U\ Richard Simon, ronsisie à réformer qnchincs endroits de; la Rihie d'Anvers qu'il suit ordinairemenl jiiscfu'à roi'llio-i^rîtplic. « Un de ses plus farauds « ell'orts est d'avoir dé^r'adé les évèques, les prêtres, les (( diacres, les prédicateurs et môme les apôtres et d'avoir « substitué, en leur place, des surveillants, des anciens, (( des ministres, des hérauts et des ambassadeurs. »

Calvin et les pasteurs de Genève firent subir à la version d'Olivétan des modifications généralement justifiées, mais sans grande importance. En réalité, les protestants français du xvi'' et du xvii" siècles n'ont lu que la version d'Olivétan. Cette prédominance d'une traduction surannée exerça sur la langue et la culture littéraire des réformés une influence désastreuse. La lourdeur du style protestant devint légendaire, avant même la révocation de l'édit de Nantes *. Un conseiller catholique de Sedan, dit Bayle, me contait, il y a environ un mois, que M. l'archevêque de Reims ayant envoyé quelques-uns de son clergé à Sedan, pour des affaires ecclésiastiques, ils furent curieux d'entendre prêcher M. Jurieu, un jour d'imposition des mains. Ils furent fort satisfaits de sa science et de son langage, en général, mais ils trouvèrent des expressions insupportables comme offrir les houmaux de nos lèvres, guerroyer le bon combat dont M. Jurieu se servait constamment.

Pendant ce temps, le clergé, l'aristocratie et l'élite de la bourgeoisie catholique échappaient à l'archaïsme par la lecture de la Vulgate. La petite bourgeoisie et le peuple

1. Nous n'en sommes pas hélas, réduits à des conjectures sur ce sujet, dit M. Stein, au siècle où la langue française atteignait l'apogée de sa perfection, pourquoi l'infériorité littéraire la plus incontestable est-elle le partage des écrivains protestants? D'où viennent la lourdeur, la gaucherie, la rudesse qui déparent les plus beaux élans d'un Dubosc, d'un Lefaucheux et jusqu'à l'éloquence d'un Saurin? Il faut placer avant tout l'action pernicieuse exercée par l'emploi journalier d'une traduction de la Bible d'un siècle en retard sur la langue de l'époque. Stein, La version d'Oslerwald et les sociétés Bibliques.

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