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Livios Saillis, romliiiil, Iji l'^i'iiiic»; ciilliolifiiic. du wii" si»";- <l(' n'a. l'ion à (l'aiiidiT d'urK; comparaison avec les pays voisins.
La Bible de Lulhci'îi lait senle loi dans toiile l'Allemagne ])roteslanle, pendaiil trois siècles; |)eu s'en fallait (pi'on ne la vénérât à ïé'^A du texte sacré lui-même. On la traduisait en bas-allemand en hollandais, en danois et en suédois. Georges Zeltner affirme que dès 1574, les sociétés protestantes jetèrent en Saxe, cent mille bibles allemandes '.
L'œuvre de Luther mérite-t-elle tant de succès? Un jésuite de nos jours, le savant Père Cornély reconnaît que sa version est généralement bonne -. 11 est incontestable que la parole de Luther reproduit, « avec un charme de (( simplicité qui va jusqu'au cœur '^ », la phrase originale. Naïve souvent, elle s'élève quelquefois jusqu'au lyrisme, elle se recommande surtout par l'éclat de l'image. Mais à côté de ces qualités, combien de défauts graves! Au dire du protestant Fritzche, Luther ne rend pas nombre de métaphores bibliques, il ajoute ou supprime des mots importants et modifie l'ordre des phrases. Du vivant même de l'auteur, Emser avait signalé dans la fameuse Bible, plus de mille altérations. Mais ce qu'il importe le plus de relever, c'est la couleur saxonne de la traduction elle-même et des commentaires. Luther a encouru le reproche qu'il adressait à ses émules. Erasme de Rotterdam et quelques autres exégètes avaient traduit le yyXpt x2yap!,T0)[ji£VT, de saint Luc par Are gratiosa; « Pitoyable traduction s'écrie « Luther! gratiosa! Quel lourdaud d'allemand a jamais « songé à faire parler ainsi un ange? Pleine de grâce? « comme qui dirait un pot plein de bière, une escarcelle « pleine d'argent. »
\. Georges Zeltner. Abrégé de la vie de Hans Lufft.
2. In génère eam bonam esse negari ncquit. (Cursus scriplurœ sacrœ, auctoribus Cornely Knabenbauer, Ilumniclauer).