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Il n'a appris l'hébreu qu'à soixante ans

LA IMH^;SIE 187

(inc |p promior. Mais, en loul(», hypollièsc, il mo paraîl inconl('slal)l(i (\\u\ iiK'^mc an point de mio i\(\ la lan^nn, l'aiilicjnih! n"a (>as l'xci'cc' sur IJossnci nnc inllnciu-c souveraine.

Los l'ères onl eu une pari plus ^ramie dans sa formation nntraie et inlellecluelle. iJossuol leur doit sa {:çranile idée, l'idée d'où sont sorlis j)res(iuo tous ses ouvrages, l'idé(3do tradition. Le mcrilo propre des Pères ne consiste pas, comme on pourrait le croire, dans la beautd do leurs œuvres. Non, leur mission ossenliolle est de conserver religieusement et de transmellro intact le dépôt sacré de la doctrine chrétienne. Bossuct l'entendait ainsi '. Appuyé, d'un côté sur rÉcriture, de l'autre, sur les Pères, il se considérait, ajuste titre, comme invincible. De là cette autorité, cotte sérénité dans la lutte, cotte sorte d'infaillibilité ^ qui font de lui le Docteur par excellence des temps modernes.

Ajoutons, pour être complet, que les exercices scolastiques du collège de Navarre lui ont donné ses habitudes de logique et de précision.

Reste rEci'iture et, ici, la question otTre une singulière complexité. Il y a un double départ à faire, d'abord des livres du canon qui ont été le plus souvent imités par Bossuet, ensuite des ouvrages de Bossuet lui-même oii cette imitation semble particulièrement sensible. L'étude des qualités littéraires qu'il a acquises dans le commerce de la Bible, ne peut être utile qu'autant que cette double distinction aura été soigneusement établie.

Bossuet ne concevait pas qu'on put considérer isolément les diverses parties de la Sainte Ecriture ; il les rattachait toutes à Jésus-Christ, qui est l'alpha et l'oméga; il commentait le Nouveau Testament avec l'Ancien, et, dans les prophéties, il ne cherchait que Jésus-Christ. Une des tendances les plus marquées de son exégèse est de négliger les particularités des différents livres de la Bible pour s'attacher à ce qu'ils ont de

1. V. Défense de la Tradition et des Pères, liv. II, chap. viii.

2. Il est superflu de faire remai'quer que je ne prends pas ces mots d'infaillibilité et de Docteur, dans leur sens théologique; Bossuet s'est trompé plusieurs fois sur le dogme, il n'a jamais été proclamé officiellement Docteur de l'Église.

commun. Il félicite saint Augustin d'avoir fait (c connaître les « véritables beautés do la Sainte Ecriture, non pas dans un « ou deux passages, mais en général, dans tout le tissu de ce « divin livre », Ailleurs, il recommando aux religieuses de son diocèse ' de rechercher dans leurs lectures, le fil de l'histoire du peuple de Dieu, et l'on sait que cette pensée a inspiré le Discours sur l' Histoire universelle.

Cependant, ses études ne portaient pas indifféremment sur tous les livres du canon. Il y a telles parties du Lévitique, des Juges et de Ruth qu'il n'imite presque jamais. Par contre, ses œuvres sont nourries de citations d'Isaïe, de Jérémie, et surtout des Psaumes, des Évangiles, de saint Paul et^ do l'Apocalypse. Nous n'avons pas à nous arrêter sur les P>angiles; si Bossuet en a admirablement compris la pensée, il s'en est rarement approprié le ton et l'humble douceur : même dans ses Méditations sur F Évangile, ï\ parle toujours en prophète. Il est facile de faire rentrer dans le groupe littéraire de l'Ancien Testament, les Epîtres et l'Apocalypse. Par la hardiesse et l'obscurité des images, par les visions et les prédictions, par l'énergie du verbe, elles rappellent les prophètes ^

Toutefois, saint Paul a une grandeur et une originalité propres qui l'élèvent au-dessus des auteurs de l'Ancien Testament. On découvre « chez cet ignorant dans l'art de bien dire » une intensité de surnaturel qui épouvante, à la fois, et qui ravit. Il se glorifie de ses infirmités, de ses opprobres et de ses douleurs; il crucifie, en lui, le monde, et il se crucifie au monde. Chétif d'apparence, le dernier des apôtres, il peut tout néanmoins en Celui qui le fortifie ; car son Dieu choisit ce qui n'est pas pour détruire ce qui est.

Bossuet a compris, mieux que personne au monde, ce sublime renversement de toutes choses. Il ne s'en est pas scandalisé, comme les Sages de la terre ; il n'y a pas trouvé, comme d'autres, un prétexte à antithèses, il y a vu l'essence môme du christianisme. Au lieu donc d'atténuer le divin paradoxe par je ne sais quelle chimérique tentative de conciliation

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