‹ La bible dans RacineChapitre 13 sur 142 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

Non moins édifiante fut la mort de d'Agiiessau. « Le lundi au soir, malgré l'accablement d'une fièvre violente qui ( ne lui laissait qu'une faible liberté de respirer, il demanda qu'on lui lût les psaumes et il dit que M. Guyard lui avait déjà lu les deux premiers de la pénitence. M. l'abbé Court lui lut donc le troisième et le quatrième : mon père l'interrompait souvent pour lui faire expliquer les versets qui étaient ou plus difficiles ou plus dignes d'attention, et il y ajoutait de lui-même les réflexions les plus touchantes... 11 parut suivre son confesseur avec la même attention pendant que M. Guyard récitait les trois derniers psaumes de la pénitence. On s'aperçut, un moment après, qu'il n'entendait plus que difficilement et il rendit le dernier soupir, sur le midi, pendant qu'on récitait le psaume Confitem'mï Domino quoniam bonus^ commençant ainsi en mourant, le cantique des miséricordes éternelles pour le continuer à jamais '. »

La direction, la prédication et même la récitation de l'office divin formaient une sorte de supplément aux études personnelles. « La reine-mère et puis le roi vinrent « assister à notre office. Après quoi, il nous fut impossible « de fermer les portes pour la foule des grands et du peu- « pie, et M. de Bérulle disait que Dieu rendait un jugement a in fus de notre chant et de nos offices - » Si, aux yeux d'un homme grave comme le cardinal de Bérulle, la simple récitation de l'office exerce sur les assistants, une aussi heureuse influence, qui pourra jamais savoir jusqu'à quel point, la prédication d'un Bossuet, ou la direction d'un Bourdaloue a fait pénétrer dans l'âme de leurs disciples, la pure substance des Livres Saints? Et en cela, ces deux maîtres de la chaire chrétienne ne différaient des autres prédicateurs de leur temps, que par la puissance de leur

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