INTRODUCTION XV
génie. Tout In clergé du xvii" siècle se nourrissuil de la pure moelle des l^]ei'ilui'(S. Vax fuec du prolfîsliinlismi; qui abusîiil si élraugeineuL do. la hiljlc;, les .Jésuites ont pu i\r, pas favoriser toujours, die/ hnirs pénitents, l'étude directe du texte sacré. Ils ont préféré, par amour pour la Tradition le coniuKuitaire oral du prêtre, à la lecture isolée du lidèle, ils ont fait du fides ex audïlu^ leur règle d'enseignement religieux. Mais ils n'ont jamais cessé d'encourager dans leurs maisons, les études exégétiques. A l'exception de quelques humanistes, leurs sujets rivalisaient d'ardeur pour la Sainte Écriture, avec Port-Royal, l'Oratoire et le clergé séculier. De toutes parts, l'esprit et surtout la morale de la Bible arrivaient, par une sorte d'infiltration lente, dans l'intelligence des fidèles.
Conçoit-on maintenant quelle somme de connaissances exégétiques devait réunir l'élite de la société, au xvii' siècle? Sous la direction des plus grands maîtres, elle appliquait toutes les forces vives de son intelligence à l'étude respectueuse du Livre qui est le livre par excellence des nations les plus civilisées du monde. Mais le plus admirable peut-être dans cette ardeur de la France catholique pour les Saintes Lettres, c'est l'unité de plan et de méthode qui présidait à tous les travaux. Les petits enfants qui à Saint-Cyr ou à Port-Royal, écrivaient leurs premières pages de calligraphie, comme les savants qui se groupaient, à Versailles, autour de Bossuet, la bourgeoisie comme l'aristocratie, les mondains presque autant que les dévots, tous apportaient, dans leurs études sur la Bible, des préoccupations morales et y cherchaient uniquement, comme parle d'Aguessau, le royaume de Dieu et sa justice.
Il faudra nous en souvenir quand nous voudrons caractériser, comme il convient, l'auteur à'Esther et à'AthaUe.
Les poètes et les écrivains en prose ne pouvaient échapper au courant religieux qui entraînait la société éclairée