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V. dans la Chambre Dorée, le portrait de la Piété

INTUODCCTION XXI

i'(Mis('s. Sa |>îirii|tlii'!is(' du psiminc, VIN', ses staiicos spiriliicllcs (ïl. sa |);ii;iplii'iis(i du |)saiMiin (ÎX.W 111" soiil écrlUîS (riin slylo lourd cl piosaKjuc. Mais IVIalliei'b(5 a en la bonne loiiimc (le (•oiiipicndic v\ (\t\ rcndn; (juelqnes sli'oplies du psaume; dXLV". C-el, lioninie morose et sec a su vibrei' une fois à rmiissoii du l{oi-l*rophèlc. Il s'a}2;issail des prom(;sses du monde, de ses vanités, de sa misérable et IVaj^ile faveur opposée à la toute-puissante bonté de Dieu. Le poète ofliciel, si maigrement rétribué par Henri IV, le patient versilioaleur qui usait plusieurs rames de papier pour célébrer le rapide veuvage du duc de Bellegarde, le contemporain du très pauvre et très malheureux Maynard, Malherbe s'est senti remué jusqu'au fond de l'âme par les accents des Psalmiste, et sous cette impression, il a composé sa célèbre paraphrase du psaume CXLY" :

N'espérons plus, mon âme, aux promesses du monde, Sa lumière est un verre et sa faveur une onde Que toujours quelque vent empêche de calmer. Quittons les vanités, lassons-nous de les suivre,

C'est Dieu qui nous fait vivre

C'est Dieu qu'il faut aimer.

11 est vrai que la paraphrase compte à peine vingt-quatre vers. Vingt-quatre vers! c'est bien peu. Mais, outre qu'une ode sans défaut vaut infiniment mieux que beaucoup de grands poèmes, Racine était trop le disciple de Boileau pour n'avoir pas lu les œuvres de Malherbe. J'imagine qu'en arrivant à ces vers si dignes, si simples, si forts, si pleins de sens, si naturels, si bien frappés, le futur auteur iVAt/ialie, n'a pu s'empêcher de dire : « Voilà comment je voudrais traduire la Sainte Écriture. »

Plus heureuse que la poésie, la prose française peut opposer aux deux tragédies religieuses de Racine, deux chefs-d'œuvre — de très inégale valeur, il est vrai — mais enfin deux chefs-d'œuvre : les Mœws des Israélites et la seconde partie du Discours sur l'histoire universelle.

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