‹ La bible dans RacineChapitre 45 sur 142 · m Rois XXII · texte numérisé non relu

m Rois XXII

i.\ iir.i.K.KtN ,11 ivr.

« le sriluiroz (^t vous aine/ ravaiila^c sur lui. Aile/ et faites « cM)innie vous le; dites. Maintenant donc le Seigneur a mis un « esprit de mensonge en la bouche de tous nos prophètes qui H sont ici, et le Seigneur a prononcé votre arrôt, » Kntre l'auteur du livre des Rois et Racine il n'y a (|ue la dilît-rencc du ton et du style :

JVludiai It'Ui's cœurs, Je dallai leurs caprices, Je leur semai de (leurs h' bord des précipices.

Les versets suivants de ce même chapitre du livre des Hois, offrent comme une ébauche du rapide et violent conllit entre ^[alhan et Joad : « Alors Sédécias i^le faux prophète), fils de « Chanaan, s'approcha de Michée et lui dit : L'esprit du Sci- « gneur m'a-t-il donc (|uitté et n'a-t-il parlé qu'à vous? Vous « le verrez le jour où vous passerez de chambre en chambre « pour vous cacher. »

Autre trait biblique du caractère de Mathan. Il sait au besoin invoquer le ciel et prendre un langage onctueux comme don Juan ou Tartufe, comme ceux dont parle le Psalmiste : Leur bouche a plus de douceur que la crème et leur cœur est hostile ; leurs paroles sont plus onctueuses que l'huile et ce sont des épées nues '.

Mathan connaît aussi les remords. Les lecteurs de ï Histoire d'Israël - trouveront peut-être ce sentiment un pou raffiné pour l'époque. Mais les délicatesses du repentir de David, ses accents sincèrement religieux rendent le remords vraisemblable chez un contemporain à'Athalie.

Les idées de Racine sur le sacerdoce juif sont exactes et savantes; si on les étudie en théologien, on est ravi de cette sûreté doctrinale. Mais la supériorité du sens religieux et historique du poète se révèle, mieux encore peut-être, dans la partie négative de son travail, c'est-à-dire dans les omissions. Il remplit ainsi toute l'idée que Chateaubriand nous donne de l'art : choisir et cacher.

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