VIE RELIGIEUSE
La piétù dans l'Ancien Testament et la piété dans le Nouveau. — Comment Racine a su les unir. — Les vœux, la prière, les diverses sortes de sacrifices. — Le Temple. — Sainte-Beuve et l'orientalisme.
Il est commode d'opposer au Judaïsme, vu par ses côtés les moins beaux, la piété délicate des héros de Racine. Leur cœur, tout rempli du pur amour, s'épanche dans des cantiques suaves, en aspirations féneloniennes, en prières tendres et ardentes, comme si elles étaient tombées des lèvres d'un saint François de Sales. Est-il bien vrai cependant que la religion juive ne renferme rien d'aussi élevé, ni d'aussi pur? Aucun exégète n'oserait le soutenir. Il n*y aurait pas grande difficulté à composer, avec les divers auteurs de l'Ancien Testament, une sorte d'anthologie mystique autrement riche et belle que les deux drames chrétiens de Racine. Les auteurs spirituels, comme saint Jean de la Croix, sainte Thérèse et saint François de Sales, ne se font pas faute de citer souvent le Cantique des Cantiques, les Psaumes et les Prophètes. Beaucoup de passages des Livres Saints ont une couleur toute chrétienne. « La seconde partie d'Isaïe, dit Delitzsch, est incomparable; « elle commence par une prophétie qui met, dans la bouche « de saint Jean-Baptiste, le sujet de sa prédication : elle se « termine par la prophétie de la création d'un nouveau ciel « et d'une nouvelle terre, comme la dernière page de l'Apoca-