Guerrier, Vie de Madame Guyon
LA HELIOION .UIIVK 61
L;i ()i('l(' israélilo so, maniloslail pi'incifjalcmcnl sous (l'ois l'oriiics : la |)ri(:ro, los vci'ux, les sacrifices.
La loi (le Moïs(^ ne icnrciiiic aiiciiiic |ii('sci"i(tli()ii iclalivc à la |)ri(''i'(', sculcniciil le père de l'atiiillc tl<!vail, (wi ();iy;inl la (lime an jjnMrc: (^1 en |)r(''seiilaiil les j)ivriiicfis, réciler uiu; l'ormule où il piolesliiil de sa soumission à la loi de J(îliovah (;t le su|)|)liait i\e répandre ses béiitîdiclions sur le peuple d'Israël. Mais, il n'en esL pas moins certain, remarque Dollinjj^er, que la tradition * et l'usage (Haient hien plus prc'cis que la loi et presque aussi religieusement observés qu'elle. Les Hébreux se sentai(mt. plus qu'aucune autre nation, port(îs à la prif-re. La question des vœux (|ui se confond presque avec celle des prières est plus compliquée. Surtout, dit Josaboth :
Surtout j'ai cru devoir aux larmes, aux prières Consacrer ces trois jours et ces trois nuits entières.
M. Athanase Coqucrel, ordinairement bon juge, se montre ici un peu sévère pour Racine : <' On ne trouvera, dit-il, c( aucune analogie entre cette preuve de piété que Racine prête « à son héroïne et les diverses formes affirmatives ou néga- « tives des engagements que sanctionnait la loi des Hébreux. (( Nous sommes contraints de voir dans cet élan de piété que « le poète attribue à Josabeth plutôt une réminiscence des (' habitudes religieuses que Racine admirait chez ses amis, et « dont il donnait l'exemple à cette époque de sa vie, qu'un « emprunt aux souvenirs de l'Ancien Testament ».
Admettons la ressemblance de Josabeth avec les grandes dames du xvn*" siècle, pénitentes de Port-Royal ou des Jésuites; mais voyons si nous ne trouvons rien d'analogue dans l'Ancien Testament. Les vœux étaient autorisés et leurs conditions essentielles rigoureusement déterminées par la loi. Ils prenaient une grande place dans la vie d'Israël et revêtaient, nous dit Dollinger, les formes les plus diverses. Etant donnée cette variété de formes, pourquoi n'admettrait-on pas a prioj'i la vraisemblance historique de la retraite de Josabeth? Mais nous n'en sommes pas réduits à cette hypothèse.