‹ La bible dans RacineChapitre 51 sur 142 · yuando orabas (Tobie, XII · texte numérisé non relu

yuando orabas (Tobie, XII

Le Psalmiste nous apprend qu'il a arrosé son lit de ses larmes pendant plusieurs nuits et qu'il n'a cessé de crier vers Dieu. Josabeth tient absolument le môme langage.

Le sacrifice constitue, selon M. Wellhausen, la fonction régulière de la congrégation juive. Aucune religion, comme celle des Hébreux, n'eut un système de sacrilices développé, comprenant toutes les situations de la vie et répondant à tous les besoins religieux de l'homme. Aussi, la suspension du sacrifice, c'est-à-dire l'interruption des rapports entre Dieu et l'homme, était-elle considérée comme la plus grande des calamités nationales. Quand l'abomination de la désolation règne dans le sanctuaire, quand l'encens de Juda devient aux yeux de Dieu un encens souillé, les temps de la colère divine sont venus. Le résultat le plus scandaleux de l'arrivée d'Athalie dans le sanctuaire est la cessation du sacrifice.

L'observation scrupuleuse des lois cérémonielles ne réalise cependant qu'une partie, et non pas certes la plus importante, du sacrifice. La fidélité à la loi, la rectitude de la conscience, lui donnent toute sa valeur morale; c'est ce que M. Wellhausen appelle la relation dominante du sacrifice à l'expiation du péché.

Qu'ai-je besoin du sany des boucs et des génisses, e(c.

Ce cri de Joad exprime à la fois la doctrine essentielle du prophétisme et ses plus légitimes colères contre Israël. Pureté légale, pureté morale, perpétuité, voilà bien les trois grandes conditions du sacrifice.

Aune liturgie compliquée il fallait un temple digne d'elle. Je ne ferai pas ici une description détaillée de cet édifice : c'est affaire aux spécialistes. Et d'abord la sobriété de Racine dans la description du temple, sa volonté arrêtée de ne pas nous parler « d'astragales » n'ont-elles pas été poussées trop loin? Sainte-Beuve, le Sainte-Beuve assagi des derniers temps, va nous le dire avec sa finesse habituelle : « Vous chercheriez inutilement dans AtJialie, et les Chérubins de dix coudées de haut et le bois d'olivier revêtu d'or et la mer d'airain et les bœufs d'airain, œuvre d'niram et les portes aux proportions colossales et les galeries soutenues par des colonnes. Mais en

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Un poète contemporain a dit :

Objets inanimés, avez-vons donc une âme?

Certes, s'il est un objet à qui l'on puisse s'adresser ainsi, c'est bien cette arche, centre de la vie nationale des Juifs, à la fois sanctuaire et symbole de la majesté divine. Mais alors. Racine en a fait revivre l'âme, et — chose plus difficile et plus admirable — rien que l'àmc. Mieux que Sainte-Beuve, l'orientalisme de nos jours a justifié la discrétion savante et habile de Racine. Parler des Chérubins comme Tauraîent voulu les romantiques de 1830, c'est bien, mais encore faut-il se faire une idée des Chérubins. Les découvertes assyriennes nous permettent de l'imaginer, avec vraisemblance. Les Chérubins représentés sur les murs du temple sont des figures symboliques empruntées au règne animal : sphinx, taureaux ailés, à face humaine ; conceptions Bizarres dont l'imagination orientale a varié à l'infini les combinaisons suivant le goût et les croyances de chaque peuple, mais qui toutes sont l'emblème des attributs divins. Ces Chérubins sculptés en très bas relief, se rangeaient le long des parois en files silencieuses, alternant avec des palmiers semblables aux figures, alignés sur les murs de Thèbes ou de Korsabad ^.

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