‹ La bible dans RacineChapitre 57 sur 142 · Discours sur l'Hist. Universelle · texte numérisé non relu

Discours sur l'Hist. Universelle

3. Lati'reux tombeau pour jamais les dévore..... Dans la nuit du tombeau

LA RKr.KilON JCIIVK l'.\

le lieu où l<'s hommes vivaiont d'uTio seconde vie. Le ScJkîoI (les .liiifs correspoïKl assez ('xuelcmieiil à riladès (J(!S (jrecs. Co mot Scliéol, vienl-il du saal, cieuser, ou de saal, dfïmaiidor? Désigno-l-il une caverne ou le séjour insatiable (jui ne cesse de demander de nouvelles victimes? Peu importe. Il n'importe pas davantage de savoir dans combi(!n de cas le mot Scliéol désij^ne tout simplement le sépulcre. Un seul point domine la question : le mot Schéol ne s'applique-t-il pas tr(>s souvent au séjour des âmes? Toute la dillîculté est Ici, et on peut dire qu'elle est aujourd'hui résolue. Soixante et une fois, les Septante ont traduit Schéol par Iladôs : la Vulgate latine, emploie le mot inferus dont bon nombre d'hébraïsants reconnaissent l'exactitude '. Ils traduisent euxmômcs le plus souvent, par Schattfmrfich oxx par Unterwelt...

locus ubi mortui umbrarum instar dogunt, dit Rosen-

mïiller. Goscnius le définit : locus subterrancus habitatus

a mortuorum animabus. Maintenant peut-on se faire une idée exacte du Schéol? Les livres saints nous apprennent qu'on descend - dans cette demeure. On y entre par une porte qui en est aussi appelée la « bouche » et qui peut s'élargir sans mesure ^. On pénètre dans un lieu très profond, ténébreux *, inexorable, inflexible "". Cependant le regard de Dieu peut le sonder ''. Il y avait aussi dans le Schéol des lieux plus reculés et plus profonds destinés sans doute aux âmes chargées de crimes. C'est ce que Moïse dans son dernier cantique appelle le dernier Schéol.

Prenez, point par point, la description de Racine, elle est absolument conforme à celle des livres saints : le Schéol occupe la même situation géographique si Ton peut s'exprimer ainsi, puisque il faut le chercher sous ses pas. Sa porte d'entrée, sa bouche plutôt peut s'élargir sans mesure, car elle s'entr'ouvre à volonté pour engloutir les coupables.

1. Knobel, Furst, Rosenmûller(in genesin,) Gesenius Thésaurus, page 1348.

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