VI INTRODUCTION
ne pouvait se passer de son Vatahle. Par esprit de religion, dit M. l'abbé Vigouroux, le fondateur de Saint-Sulpice fit relier la Bible avec beaucoup de magnificence. Elle est ornée de reliefs d'argent dont les deux principaux représentent : l'un le Verbe de Dieu sous l'emblème d'un livre ouvert au milieu des flammes, l'autre le Verbe de Dieu sous le voile de l'Eucharistie. Au-dessous, se lit cette inscription : « Adora et comede volumen istud ^ »
Les chrétiens du xvii" siècle ne se contentaient pas d'honorer l'Ecriture Sainte, ils la pratiquaient. Ses enseignements leur arrivaient à la fois par la lecture et par la prédication. La lecture des Livres Saints formait comme la base de la vie spirituelle ; tous les directeurs en demeuraient d'accord. Il est vrai que tous les directeurs procédaient plus ou moins du même maître, Saint-François-de- Sales. On le citait chez les Jésuites et on se prévalait, à Port-Royal, de sa correspondance spirituelle avec la Mère Angélique. « L'instruction du peuple, disait le saint évê- « que de Genève, ne vient pas à force de tracasseries sacrés « escrits et de lisotter cette divine parole ny à chanter ça et « là, par phantaisie et cristiquerie, les pseaumes de David, (( mais aies manier, dire, ouïr et chanter modestement ^ »
Voilà bien exactement définie la méthode du xvii" siècle. M""' de Sévigné et M™'' de Grignan lisaient, en même temps, l'histoire sainte dans la Bible de Royaumont. Elles s'arrêtaient, à loisir, sur les plus beaux passages, et elles échangeaient ensuite, leurs impressions ^ « Contentez- « vous, disait Fénelon au marquis de Seignelay *, con- « tentez- vous de prendre, le matin où vous vous portez
1. Les Livres Samfs et la critique ratio7ialiste, par M. l'abbé Vigouroux.