En ses serments jurés au plus saint de nos rois
gime, citaient aux jeunes Dauphins, Gharlcmagne et saint Louis.
Mais le plus beau titre de David à l'admiration et à l'ardente sympathie de Racine c'est d'avoir fourni aux ùmes religieuses un inépuisable sujet de méditations. Le roi-prophète s'exalte en présence de Dieu ou de ses œuvres, et surtout, au souvenir de ses propres ingratitudes; son âme se répand en effusions lyriques d'une beauté et d'un charme incomparables. Racine les résume en aryen, en chrétien et en homme du XVII* siècle.
L'exégèse contemporaine affirme qu'il s'est trompé du tout au tout. D'après elle, David n'aurait pas composé de psaumes, ou du moins il n'en aurait composé qu'un nombre insignifiant. Jamais homme ne fut moins religieux que ce prétendu mystique, ajoute M. Renan. Il s'appuie, pour prouver son dire, sur les fautes graves de David et sur les mœurs violentes de son époque ^ Sans entrer en rien dans la question controversée, remarquons d'abord combien serait étrange l'erreur du piétisme juif. Parmi tant de prophètes, les Israélites auraient cherché leur idéal religieux... chez l'homme que nous décrit M. Renan! Tout le monde admet les grandes fautes de David, tout le monde reconnaît que, de son temps, on se jouait de la vie humaine. Mais il faut voir ce héros sous ses aspects multiples. En lui, la piété corrige et atténue le tempérament du soldat, mais elle ne le modifie pas entièrement. Les hommes à la fois pieux et violents ne sont pas rares, au moyen âge : maître François Villon peut être considéré, certes, comme un voleur très vulgaire. Est-il cependant rien de sincère et de religieux comme ses prières à la Sainte-Vierge? et nous sommes en Occident ! Que dirions-nous si nous nous trouvions en présence d'un Sémite? Les exégètes contemporains nous recommandent fort de nous défaire de nos préjugés occidentaux, dans les études juives; la mobilité du Sémite, nous disent-ils, son impressionnabilité, son illogisme nous déconcerteraient. M. Renan, plus que les autres, a insisté sur cette idée : « Tous ces (' traits de David, dit-il, seraient inexplicables si on ne les rap-