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fut si imporliinlo qu'Ksdras diil, sollicilcr un n<)iiv(!l (mIII d'Arlaxorci's |joii<;uo-maiii. L'olal (>olili(|U('. (les .Iiiil's ii'i'lnil donc ni aussi l)rillanl, ni aussi assur(i qu'on vnul bien ItMliie. Lo rt^oildu ciuipilrclV du Lim'c d E.stlœr (i?,i trèssigni(i(-;ilir; non soulfincnl pour les Juifs de Siisc, mais <'ncor«' pour fous ceux qui élaicnl disséminc'sdans reinpirojcs |)lus Irislcs joues do la captivitd tUaiont revenus. Rien donc de plus naturel que Racine ait supposé chez tous ses personnages, les sentiments (jue faisaient naître, dans les c(purs fidèles, l'exil et la captivité.
Maintenant, j(^ l'avoue, Hacine a commis quel([ues anachronismes. Dans ses confidences à Elise, Esther ne semble pas soupçonner que Zorobabel ait commencé la construclion du temple, c'est une faute assez grave; mais Racine voulait nous donner un tableau complet de la captivité et une des grandes épreuves des Juifs était de penser que de Jérusalem l'herbe cachait les murs.
Toutes les autres douleurs des captifs trouvent dans les chœurs d'i&A'Mé??', ou dans le drame lui-même, un magnifique écho.
Tout d'abord en arrivant dans les grandes villes de l'Assyrie ou de la Chaldée, ils se sentaient envahir par le doute ou le désespoir. Non seulement il fallait s'avouer vaincus, mais encore il fallait reconnaître que les vainqueurs étaient supérieurs, de presque toutes les façons. Les Juifs avaient cru Jérusalem invincible et le temple était détruit, le peuple réduit en esclavage ; ils n'imaginaient rien de plus beau que leur ville et maintenant elle ne leur paraissait plus qu'une bourgade, en comparaison des splendides cités de l'extrême Orient. Les promesses de leur Dieu seraient-elles donc menteuses? Jéhovah, serait-il décidément vaincu par les dieux de la plaine? Voilà la grande objection pour l'IJébreu. L'obscurité de ses notions sur les récompenses et les peines d'une autre vie, ne lui permettait pas de la réfuter facilement. A ne voir les choses qu'au point de vue humain, il devait succomber à la tentation. Il ne succomba pas, il se réfugia dans le sentiment de sa supériorité religieuse, comme dans un asile inexpugnable, il attendit avec confiance le triomphe de son Dieu.
Tel est le thème des chœurs du premier acte. Où donc est-
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il ce Dieu si redouté dont Israël nous vantait la puissance ? Ne souffre point que ta gloire passe à des dieux étrangers.
Ce sera encore le thème du second acte. Au bonheur du méchant qu'un autre porte envie. Suit un long et magnifique tableau de la prospérité du méchant. (Tous ses jours paraissent charmants, etc). La conclusion est une nouvelle profession de foi, une nouvelle protestation de fidélité.
Dans le chœur du troisième acte, les jeunes filles chantent la défaite de l'impie et le triomphe définitif de leur Dieu. Le sentiment de la délivrance, la perspective de retourner dans la patrie, quelques rayons de la gloire messianique n'interviennent que pour ajouter encore au charme et à l'éclat de la victoire. Mais toutes ces gracieuses idées, tous ces développements poétiques se subordonnent à la pensée dominante et la complètent.
Et remarquez, je vous prie, combien est heureux le choix de cette pensée. L'influence immense que la captivité exerça sur les Juifs et partant sur le monde entier est un fait reconnu de tous. L'exil opéra en eux cette transformation morale sans laquelle le christianisme eût été impossible. Rien de plus inconstant que le peuple juif, avant cette terrible épreuve ; entre deux miracles de Moïse, il adorait le veau d'or; au milieu des prospérités du règne de Salomon, il sacrifiait sur les hauts lieux. Pendant et après la captivité, il fait preuve d'une fidélité dont aucune autre nation ne peut nous offrir l'exemple. Ce petit groupe d'exilés, voyant autour de lui le règne de la force et de l'orgueil, s'exalte et atteint le ciel. Pour un poète moderne, la difficulté, mais aussi le triomphe de l'art, était de saisir et de rendre cette crise religieuse. Or, en quoi consistait cette crise? « Il fallait, dit Bossuet, que les exilés ne fussent point surpris de la gloire des impies ou de leur règne orgueilleux. » Cette idée se présente sous toutes les formes dans les chants des jeunes filles. Elle seule donne aux chœurs à'Esther l'unité morale que les écrivains du xvii' siècle regardaient comme absolument nécessaire à une œuvre d'art.
Mentionnons, enfin, l'exactitude des détails historiques, dans Esther. Les enfants de Sion avaient bien été emmenés captifs « en mille lieux *» et non dans une seule ville ; les
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imii's (If Habylone ne sonl pas uikî invonlioii <iii \tnr\c cl les ([ualilicalirs (|ii'i1 (loiiiic aux successeurs de (lyriis oui l'ifî fort l)i(Mi choisis.
D'aulro |»ai'l, il a coimuis (|U('l(iU('s iaiilcs. il alliihuc à cette expression « les portes du palais » un sens moderne ; il i'ep;arde îi lort Mardoclu'e eomni(^ le chef o/ficir/ des exiirs. Mais, si la crili([uo n'avait pas abuse du célèhr(! vers d'Horace sui" les petits défauts des grands maîtres ' nous trouverions ici une excellente occasion de le citer.
Je crois avoir montré, dans ce chaj)itre, ({U(; Racine a su faire sortir des principaux faits de l'histoire juive l'idée religieuse qu'ils renferment, ou ([uc du moins ils contribuent à mieux faire comprendre.