CONCLUSION
Sous quelque aspect qu'on la considère, la religion juive est donc étudiée à fond, dans les deux tragédies de Racine. Les éléments essentiels du monothéisme, de la Loi, du prophétisme, du sacerdoce, de la vie religieuse, et de l'histoire du peuple de Dieu sont analysés avec un art incomparable. Sans aucune de ces distinctions théologiques qu'on raille trop aujourd'hui^ mais dont l'Ecole a su tirer un merveilleux parti. Racine a exprimé les plus délicates nuances de la théologie dogmatique et morale ^
Et cependant, ces multiples et différentes notions forment un tout harmonieux.
On pourrait dire du poète ce que Bossuet dit de saint Augustin : « Il va toujours à la source et au plus sublime puisque « c'est aux principes. Il nous a donné tout un corps de théo- « logie qui devait être le fruit de sa lecture profonde et conti- « nuelle des livres sacrés, »
Certains exégètes, jele sais, pourraient bien ne pas ratifier cet éloge. Mais ils seront bien forcés de reconnaître : 1° Que dans beaucoup de cas, dans le plus grand nombre de cas. Racine ne prête en rien le flanc aux attaques de la critique moderne ; 2° que là même où il est en désaccord avec cette critique, il fait preuve d'une érudition, d'une sagacité, d'une puissance de synthèse incontestables. Qui sait même? S'il nous fallait trouver parmi les ouvrages les plus remarquables de ce siècle, un exposé de la religion juive aussi savamment condensé que celui de Racine, n'éprouverions-nous pas quelque embarras? Malgré l'étendue et la profondeur de leur