‹ La bible dans RacineChapitre 71 sur 142 · Exiuiiosquc tauros · texte numérisé non relu

Exiuiiosquc tauros

(lu'un (écrivain de lu valeur de llacinc a conipi'is l'csscncfî «lo la religion des ilébreux, c'est donc prouver aussi <|u'il ii compris l'essence de leur po(^sie.

Toutefois, certains arguments d'ordre purement littéraire peuveni ajouter b(^auc()up à la force de cette pi-emièi'(^ di;moMsl l'ai ion. La (xjt'sie li(M)raï(|ue ne se confond [)as toujours avec l'idée religieuse, h^lle s'en dégage pour se pliei- à ces fornu'S (|u'on apjx'lle les genres liltc-raires, elle s'c'panouil en riches images, elle s'anime et vit d'une vie propre. Il importe de savoir dans <iuelle mesure et avec quel bonheur Kacine s'en est approprié les beautés. Essayons d'abord de déterminer les parties de cette vaste littérature sur lesquelles s'est porté le choix du poète. Puis, nous pénétrerons dans l'atelier poétique, où se sont élaborées Estlier et Athalie. Enfin une comj)araison avec ceux des grands poètes qui se sont inspirés de la Bible complétera naturellement cette étude.

DE CE QUI, DANS EsTHER ET AtHALIE, n'eST PAS BIBLIQUE, ET DES BEAUTÉS DE LA POÉSIE HÉBRAÏQUE QUE RaCINE NE s'eST PAS APPROPRIÉES.

La part du xyii» siècle, Saint-Cyr, la Cour, Port-Royal. — Opposition entre la poésie primitive de la Bible et la poésie savante de Racine. — Le poète n'a rendu ni la familiarité, ni le réalisme, ni l'énergie, ni la hardiesse, ni la crudité grandiose, ni l'enthousiasme, ni le sublime des auteurs sacrés. — Richesse et prodigieuse variété des genres littéraires dans la Bible.

Corneille S' écriait un jour en présence de Segrais: « Prenez-y garde, il n'y a pas dans Bajazet, un seul personnage qui ait les sentiments d'un Turc. » Les littérateurs de nos jours * disent sur un ton moins sérieux : Esther et Athalie bibliques? Assurément non, et ils énumèrent toutes sortes de différences entre l'Ancien Testament et Racine.

Ces différences réelles proviennent de plusieurs causes. Racine n'a pu faire abstraction, et nous devons nous en féliciter, ni de son tempérament personnel ni de celui de son siècle.

Ainsi, Saint-Cyr a été pour lui une source d'inspirations délicates et pures. Qui ne connaît l'histoire de cette admirable et inoubliable maison ne comprend bien ni Esther, ni les chœurs d' Athalie, ni Josabeth -. La sainte austérité, l'aimable pudeur, l'atmosphère de paix et de vérité, l'onction, les

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