‹ La bible dans RacineChapitre 76 sur 142 · LA I>()I^:SIE I I · texte numérisé non relu

LA I>()I^:SIE I I

Hacine ' : elles sont, |iar comijaiaisoii, Iroj) IVcjidcs. (liiez les llchieux, la vie se répand du cœur de riioinnie sur le monde entier; chaque cri^alure s'dveille, sanime et môle sa voix à rimmensc concert ([ui, d(^ toutes les parties de la terre, s'élève élernellement vers Dieu. La mer comprend les ordres du créateur; le tonnerre les comprend aussi. Les fleuves élèvent leur voix; les montagnes bondissent commodes agneaux; les animaux des champs cl les poissons de la mer, Héhémoth et Léviathan, glorilienl Dieu; le soleil bénit le Seigneur et s'arrête à son commandement; du haut de leurs orbites, les étoiles combattent pour les Saints. Le désert et les lieux arides se réjouissent, la solitude tressaille de bonheur, elle fleurit comme le narcisse, elle se pare d'une riche verdure, elle éclate en transports d'allégresse.

De la vie de tant de créatures et de leur concours actif à l'œuvre divine naît le mouvement, non pas le mouvement régulier, progressif, rythmé en quelque sorte, d'AthaliCj mais un mouvement universel, spontané, rapide, quelquefois désordonné. Est-ce que les pensées ne paraissent pas se précipiter et se heurter dans les versets suivants de la prophétie de Jacob :

Juda est un jeune lion,

Tu reviens du carnage, mon lîls !

Il ploie les genoux, il se couche comme un lion,

Comme une lionne : qui le fera lever"?

Le sceptre ne s'éloignera point de Juda.

Débora met plus de vivacité encore dans son hymne :

Le torrent de Kison les a entraînés,

Le torrent des anciens temps, le torrent de Kison,

Mon âme, foule aux pieds les héros !

Alors les talons des chevaux retentirent, etc.

D'après un grand nombre d'exégètes contemporains -, la Bible, en dehors du Cantique des Cantiques et de Job, n'offrirait rien ou presque rien de dramatique. Il me semble, au contraire, que toute poésie à ce point mouvementée et vivante,

1 . Par exemple : « Je croyais voir marcher la Mort devant ses pas. »

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