‹ La bible dans RacineChapitre 91 sur 142 · Que du Seigneur la voix se lasso entendro · texte numérisé non relu

Que du Seigneur la voix se lasso entendro

Et qu'à nos cœurs son oracle divin, Soit ce qu'à l'iicrbc tendre Est, au printerapsj la fraîcheur du matin.

calioii (lu PromiUluM' <ri"]s(liyl(^ : <( 0 divin clhor, ù soufllo « ail(' (les v(Mils, sourires des llcuvcs, Ilots sans noinbn^ qui « ridez la surfaces des mers! 0 (erro, ô nif;re de tous les èircs, « et loi soleil don! les regards embrassent toute la nature, je « vous iuvo(|ue. »

H y a une très belle insj)iration et beaucoup d'art elicz le poète latin, il y a bien de la grûce et du grandiose chez le poMegrec. Mais, comme sim|)licité, comme hardiesse, comme sublime, ces tableaux valent-ils le cri du prophète hdbreu ? Non certes. « Plus l'ûme bumainc s'exerce à réunir cette douce ble image (de l'inlini et du fini représentés par le ciel et la « terre) et à l'embrasser d'un seul et même regard, plus ce « regard devient grand, juste et sage. Plus elle s'identifie avec « ce qui est grand et élevé, plus elle apprend à déterminer, à « compter et à mesurer ce qui est bas et petit ; et c'est en s'éle- « vant au-dessus de ce monde qu'elle trouve enfin le point « d'où elle peut le gouverner, le diriger. Une poésie toute « terrestre, quel que soit son mérite, ne sera jamais qu'un « misérable vermisseau; toute poésie qui agrandit et enno- « blit, a le ciel pour but '. »

Le vers traduit par Racine compte parmi les plus beaux qu'on connaisse, car, toujours selon Herder, il est le vaste coup d'œil qui embrasse l'ensemble de la poésie hébraïque.

Cependant, il pourrait se faire que pour être devenues d'un usage trop fréquent dans le prophétisme, ou pour ne pas occuper la seule place convenable dans la traduction, les premières paroles du Cantique de Moïse eussent perdu de leur poésie primitive. Il n'en est fort heureusement rien, Une première fois, elles avaient été transposées, sans avoir à en souffrir, dans les œuvres d'Isaïe. Racine l'a fait avec le même bonheur; il les a traduites à la lettre et il les a jetées brusquement dans le drame avec une audace superbe. Une invocation comme celle de Joad ne peut être que purement subhme ou ridicule. Et elle n'est pas ridicule.

Des deux vers suivants ^ le premier fait allusion à un fait

Page 1