Le premier chœur
Elle a brillé, sur le Parnasse neigeux, la parole, etc.
Le devin m'effraie terriblement, dois-je croire ses paroles, dois-je les rejeter? Je ne sais que penser;
Knfin, il faut détacher de ce premier chœur à'Athalie, les quinze derniers vers. Sans doute ils sont exquis, mais ils ne sont pas lyriques; on n'y voit guère que de la polémique discrète, des exhortations calmes, des insinuations délicates '.
Que reste-t-il alors de vraiment lyrique? Peu de chose : quelques strophes, une cinquantaine de vers tout au plus. Mais qu'importe, si ces vers sont nourris de la plus pure moelle biblique, et si, avec cela, ils ont l'éclat, le sentiment, le mouvement.
Le premier vers (Tout l'univers, etc.), respire une mélancolie douce , une admiration presque extatique, surtout il jaillit harmonieusement du cœur des jeunes filles, pareil à un chant d'oiseau inattendu. Mais pour les lecteurs de la Bible, il laisse entrevoir comme dans une vision rapide le tableau du psaume YIIP :
Éternel, notre Seigneur!
Que ton nom est magnifique sur toute la terre !
Ta majesté s'élève au-dessus des cieux.
Le second vers - résume dans un cri d'amour l'idée générale des psaumes, l'idée de louange affectueuse. Quant au tableau de la création qui suit, l'imitation en est aussi générale. Les réminiscences n'ont pas assez de précision pour qu'on puisse mettre, en regard des vers du poète, les versets correspondants de l'Écriture Sainte, mais la composition rappelle les procédés ordinaires des auteurs bibliques. Cette magnificence de l'univers n'est qu'une image des magnificences de la loi ; la peinture du monde matériel ne représente que le premier terme d'une comparaison dont le second est la glorification des révélations du Sinaï :
Il commande au soleil d'animer la nature Et la lumière est un don de ses mains; Mais sa loi sainte, sa loi pure, Est le plus riche don qu'il ait fait aux humains.
Vous qui ne connaissez qu'une crainte scrvilc Ingrats, un Dieu si bon ne peut-il vous charmer? Est-il donc à vos cœurs, est-il si difficile, ctc
Qu'on l'adore, ce Dieu, qu'on l'invoque à jamais.