XXII, 24 ; XXVI, 1 ; XXXV
5 Chap. XL-XLV.
lions pourraient n'être pas toutes absolument sûres. Il y en a une du moins qui est évidemment erronée, ne serait-ce que par la faute des copistes ^ .
Ce qui nous intéresse bien davantage, c'est que dans toute cette seconde partie du texte^ les discours proprement dits sont rares ; nous n'en comptons que six^, tous parfaitement distingués les uns des autres par des suscriptions, et de plus quelques fragments isolés, qu'on ne peut guère appeler des discours^. Tout le reste a un caractère différent ; ce sont en général des morceaux historiques, des relations de faits, dans lesquelles se trouvent insérées des paroles du prophète. Nous n'hésitons pas à nous servir du terme de Mémoires pour caractériser cette portion notable du livre et nous sommes assez porté à penser que c'est Barouk qui les aura rédigés. Dans la plupart des morceaux de la première partie ou rédaction, que Barouk dit avoir écrite sous la dictée de son maître, Jérémie parle à la première personne; dans cette partie historique, au contraire, il est toujours question de lui à la troisième personne ; et le tout se termine par ce qui forme aujourd'hui le chapitre ^V^, lequel est une espèce de post-scriptum , dans lequel le rédacteur rapporte une parole que Jérémie autrefois lui avait adressée à lui-même.
Le volume a reçu plus tard deux compléments, que la critique a des motifs sérieux de détacher de l'ouvrage authentique. Il y a d'abord le chapitre final (LU), qui contient une relation historique du dernier siège et de la prise de Jérusalem par les Ghaldéens ; elle est purement et simplement empruntée, avec quelques légères modifications, au livre dit des Rois, dont elle forme la dernière page, et qui a été composé longtemps après Jérémie et Barouk. On l'a ajoutée ici comme une espèce de commentaire, ainsi qu'on l'a fait aussi pour le livre du prophète Ésaïe, en puisant à la même source le récit des faits dont cet auteur avait été témoin, et auxquels il fait allusion en passant.
Ce dernier chapitre est précédé d'un oracle très-étendu (L, LI) contre Babylone, dont l'authenticité a été défendue par des