‹ La Bible (volume 2)Chapitre 40 sur 93 · XII · texte numérisé non relu

XII

La parole qui fat adressée à Jérémie, de la part de rÉternel, en ces termes :

Écoutez les paroles de ce pacte, et toi, expose-les ^ aux hommes de Juda et aux habitants de Jérusalem, et dis-leur : Voici ce que dit rÉternel, le dieu d'Israël : Maudit soit Thomme qui n'écoutera pas les paroles de ce pacte^ que j'ai imposé à vos përes, le jour où je les ai fait sortir de la terre d'Egypte, de ce fourneau à fer ', en disant : Écoutez ma voix , et pratiquez tout ce que je vous commande, pour que vous soyez mon peuple et que moi, je sois votre Dieu ; afin de ratifier le serment que j'ai juré à vos përes, de leur donner une terre ruisselant de lait et de miel^ comme cela est aujourd'hui *.

Et je répondis et dis : Oui, Seigneur I

Et rÉternel me dit : Proclame^ toutes ces paroles dans les villes de Juda et dans les rues de Jérusalem, en disant : Écoutez les paroles de ce pacte et pratiquez-les I Car j'ai conjuré vos pères, instamment et incessamment, depuis le jour où je les ai emmenés hors de la terre d'Egypte, jusqu'à ce jour-ci, en disant : Écoutez ma voix 1 Mais ils n'écoutèrent point, ils ne prêtèrent point l'oreille, ils

^ Ce discours parait se rapporter à la promulgation de la loi publiée sous le roi Josias (2 Rois XXII]. Du moins, en disant : ee pacte, il parait que Tauteur a en vue nae déclaration particulière et positive. Nous avons ici une espèce de commentaire sur les menaces par lesquelles se termine la Loi publiée à cette époque |Deut. XXVIII) .

' Les phrases suivantes justifient cette traduction, qui nécessite le changement d'un seal point- voyelle dans le texte. C'est le prophète qui est chargé personnellement de la communication à faire; la ponctuation reçue, en mettant: Écoutez — et ewpotez,.,. Déconnait ce rapport naturel.

^ La comparaison porte sur ce que les malheurs et les calamités agissent sur les hommes, comme le feu agit sur le métal (IX, 6]. En Egypte, Israël a dû passer par le fea (le creuset] de la tribulation.

^ L'exposition n'est pas bien lucide, parce que le texte ne permet pas de distinguer nettement ce qui s'adresse aux contemporains de Jérémie et ce qui a été dit autrefois à ceux de Moïse. Cela s explique par la très-simple considération que les deux générations sont placées dans les mômes conditions, recevant des instructions de Dieu, se rendant coupables de transgression, et devant être averties à ce sujet. Les deux points de vue se confondent donc aisément. Cependant le texte se simplifiera beaucoup, si nous supposons que la dernière phrase: afin de ratifier ^ etc., regarde le moment actuel et doit contenir une promesse conditionnelle de maintenir Israël en possession de Canaan, dans le cas qu'on ferait ce qui n'a cessé d'être demandé.

^ Si notre supposition, relativement à l'occasion de ce discours, est juste, on peut traduire : Xw.... Nous savons par les livres des Rois, qu'à cette époque lecture fut faite au peuple de la Loi nouvellement trouvée.

A. T. 2* part. — 1. 30

466 JÉRÉMIB XI, 8-15.

marchèrent selon rendurcissement de leur mauvais cœur ; aussi û-je amené sur eux tout ce que j^avais dit dans ce pacte ', que je leur avais ordonné de pratiquer et quMls n*ont point pratiqué.

Et rÉternel me dit : Il existe une mutinerie parmi les hommes de Juda et les habitants de Jérusalem. Ils en sont revenus aux péchés de leurs premiers pères, qui avaient refusé d'écouter mes paroles; eux aussi, ils ont couru après d'autres dieux, pour les adorer ; ilâ ont rompu, la maison d'Israël comme la maison de Juda, mon pacte que j'avais conclu avec leurs pères. Pour cela, voici ce que dit l'Éternel : Je vais amener contre eux un malheur d'où ils ne pourront se tirer^ et quand ils m'imploreront, je ne les écouterai point I Alors ils iront, les villes de Juda et les habitants de Jérusalem, implorer les dieux pour lesquels ils brûlent leur encens, mais certes, ils ne les sauveront pas au moment de leur détresse I car tes dieni, ô Juda, sont aussi nombreux que tes villes ', et autant qu'il y a de rues de Jérusalem, vous avez érigé des autels à l'infamie*, des autels pour encenser Ba'al. Et toi, n'intercède pas pour ce peuple, ne profère en leur faveur ni cri plaintif ni requête • ; car je n'éconterai point quand ils m'appelleront à cause de leur malheur. A quoi bon*^ mon bien-aimé vient-il dans ma maison, accomplir ses desseins?

^ Dans la même supposition^ il serait fait allusion ici aux châtiments dont Israël est menacé Deut. XX VIII.

1 Comp. chap. II, 88 et VII, 17.

8 Voyez la note sur chap. III, 24.

» Comp. chap. VII, 16.

10 Cette phrase est tellement obscure dans le texte hébreu, que celui-d doit être réputé corrompu. En effet, en voici la traduction mot à mot : Quoi à mon hien-aiM dans ma maison son faire U dessein les nomhretus et la ekair dn sanctuaire passeront k dessus toi car ton malheur alors tu tressailleras. Impossible de trouver un sens k on pareil assemblage de mots décousus. Encore faut-il ajouter que les pronoms son, ft>t\ ton, tu, sont au féminin. Nous avons pris pour point de départ la version des Septante, qui doivent avoir eu sous les yeux un texte moins fautif. Voici littéralement ce qu^s offrent: Pourquoi ma hien-aimée dans ma maison a-t^lle fait abominationf Stt-ee çte des tœuw et des viandes sacrées ôteront de toi tes méchancetés, ou échapperas-tu par ces moyens? En pesant bien cette version, on reconnaît: \* Que le him-aimé ne peut pas être le prophète qui viendrait au temple intercéder pour Israël, mais le peuple luimôme, ce peuple autrefois chéri, aujourd'hui si tristement infidèle. De là aussi les pronoms au féminin. 2" Que notre phrase n'est que la reprise de Tidée exprimée tout k l'heure, savoir que Jéhova ne veut pas exaucer ce peuple quand il l'invoque, parce tp» son culte est purement extérieur et étranger k tout sentiment de contrition sfncèra [VII, 1 ss.). Les desseins sont donc les actes de ce culte que rÉternel dédaigne, et non des actes d 'idolâtrie, comme l'ont cru les traducteurs alexandrins, qui ont aussi mal à propos mis le mot méchanceté^ à la place du malheur. Le terme hébreu signifie les deux choses, comme on le voit clairement dans le v. 17.

Est-ce que des vœux et de la chair consacrée écarteront loin de toi ton malheur, qae ta paisses, échapper ? Olivier verdoyant, beau de fruits magnifiques, tel est le nom dont rÉternel t'avait appelée : au brait d*un grand fracas il y met le feu et ses branches sont brisées ^^ Et rÉternel qui t'avait plantée, a décrété contre toi le malheur^ à cause du mal de la maison d'Israël et de la maison de Juda, qu'elles se sont plu à faire pour m'irriter, en encensant Ba'al I

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