‹ La Bible (volume 2)Chapitre 43 sur 93 · XVI · texte numérisé non relu

XVI

Ce qui fut la parole de l'Étemel à Jérémie, à l'occasion des sécheresses :

Juda est dans la tristesse, et ses populations* en deuil languissent à terre ; les lamentations de Jérusalem s'élèvent. Les grands envoient leurs inférieurs chercher de l'eau : ils arrivent aux citernes et ne trouvent point d'eau, leurs vases reviennent vides ; honteux et confns,

14 Fidèle à Ba prosopopée, le prophète nous reprësente Jérusalem comme une femme livrée aux mauvais traitements d'une soldatesque effrénée. Sans image : elle est démantelée, pillée, saccagée (comp. plus Bas, v. 26).

1 5 On ne change pas sa nature. Or, celle d'Israël est de désobéir à sou Dieu ! Le prophète, qui tout a l'heure formulait des exhortations pressantes, désespère da succès de sa prédication. Nous mettons à dessein le nègre et non TËthiopien, limage étant ainsi plus expressive. C'est pourtant la seule fois qu'il est question dans la Bible de la race noire.

16 Le mensonge, dans ce contexte, ne peut être que le dieu auquel Israël s'est adressé en se détournant de Jéhova. Ce qui suit confirme cette explication. Nous savons que les termes à* adultère et de prostitution n'ont pas d'autre sens. Les htnniumenU renchérissent encore sur cette métaphore. Ce mot peint le cheval poussé par rardeur de ses instincts et sert à colorer davantage un tahleau dont les traits sont, à notre gré, suffisamment énergiques. Les hautêun et les chtimps sont les divers lieux consacrés à un culte prohibé et odieux.

^ D'après l'inscription, ce morceau se rapporte à une sécheresse prolongée (de là le pluriel dans l'original) qui désolait le pays, probablement sous le règne de lojaqîffl, et en vue de laquelle Jérémie formule tour à tour des prières d'intercession et des reproches au peuple qui s'était attiré la colère de Dieu. C'est en quelque sorte un dialogue, dans lequel ces deux sentiments ou points de vue opposés se manifestent tour à tour, et ce n'est qu'improprement que le morceau tout entier est qualifié de parole de Dieu.

'Litt.: 89s portée, c'est-à-dire ses places publiques et les habitants qui s'y rassemblent pour leurs affaires. Ils sont assis à terre, dans l'abattement, avec tous les signes extérieurs de la tristesse.

ils se convrent la tète. À cause du sol crevassé % parce quMl n'y a pas eu de pluie sur la terre, les laboureurs confus se couvrent la tête. Même la biche dans la campagne met bas son petit et le délaisse, parce qu'il n'y a plus de verdure, et les ânes sauvages se tiennent sur les hauteurs, happant l'air comme les monstres marins * ; leurs yeux sont éteints, parce qu'il n'y a plus d'herbe.

Si nos péchés ont témoigné contre nous, ô Éternel, agis pour l'amour de ton nom ^ ! Nos rébellions sont nombreuses, vis-à-vis de toi nous sommes en défaut. Toi, l'espoir d'Israël, son sauveur au temps de la détresse, pourquoi serais-tu comme étranger à ce pays? comme un voyageur qui ne s'arrête que pour passer la nuit ? pourquoi serais-tu comme un homme éperdu, comme un guerrier qui ne saurait plus vaincre , tandis que tu es au milieu de nous, et que nous portons ton nom? Ne nous délaisse point 1

Ainsi dit l'Étemel au sujet de ce peuple : Voilà bien comme ils aimaient à divaguer, sans régler leurs pas ' 1 Aussi l'Éternel n'a-t-il pas pris plaisir à eux : aujourd'hui il se souvient de leur péché, il leur demande compte de leurs méfaits.

' L'original emploie ici un mot qui signifie ordinairement eonstemé, effrayé, et rien n'empêche qae nous n^y voyions une prosopopée qui prêterait à la terre même un pareil sentiment. Cependant comme cette tournure est étrangère à notre rhétorique moderne, nons avons préféré une autre signification du même mot : hrisé,

4 Les animaux mêmes ressentent les effets de cette sécheresse : l'instinct maternel se trouve étouffé chez eux par le hesoln impérieux de chercher au loin une nourriture qui commence à manquer partout ; et ceux qui ont coutume de vivre dans la plaine en sont chassés par la chaleur hrûlante qu'ils ne peuvent plus supporter et vont chercher Tair frais des montagnes. Là ils aspirent Tair en haletant, avec toute Tavidité de leurs poumons essoufflés, comme font les cétacés (les dauphins] ou les crocodiles, quand ils paraissent à la surface de Teau. Ordinairement on met ici des chacals, traduction justifiée par les dictionnaires, mais non par l'histoire naturelle et la poésie.

5 Sans doute, Israël a mérité un châtiment, mais Jérémie fait valoir, pour solliciter le pardon, une raison particulière : Si Jéhova ne l'accordait pas, on pourrait en conclure, soit qu'il ne veut pas sauver, soit qu'il ne le peut pas. Or, ces deux suppositions sont également inadmissibles : l'une, parce qu'il est Dieu, l'autre, parce que, après tout, Israël est son peuple. Un étranger, un voyageur s'arrête pour une nuit dans un endroit, sans s'intéresser aux destinées de ceux au milieu desquels il se trouve accidentellement. Ce n'est pas ainsi que Jéhova peut faire à l'égard d'Israël. Encore moins sera-t-il pareil à un homme pris au dépourvu, surpris par une attaque imprévue, impuissant à lutter.

e C'est la réponse de Dieu à la prière du prophète. Divaguer, s'écarter du droit chemin, ne pas avoir égard à la direction de ses pas, ce sont autant de termes figurés pour exprimer l'idée du péché. Ils ne reçoivent, dit le texte, que ce qu'ils ont mérité, et n'ont pas le droit de se plaindre.

Et rÉternel me dit : N'intercède point en fayear de ce peuple I S'ils jeûnent, je ne veux point écouter leurs cris ; s'ils me présentent leurs holocaustes et leurs offrandes, je ne veux point les agréer : mais par Tépée et par la famine et par la peste, je veux, moi, les exterminer I

Et je dis : Hélas, Seigneur laheweh I Voilà les prophètes qui leur disent : c Vous ne verrez point Tépée, et la famine ne vous atteindra pas ; au contraire, je vous donnerai une paix assurée dans ee lieu- ci' !»

Et rÉternel me répondit : C'est un mensonge que ces prophètes débitent en mon nom ; ce n'est pas moi qui les ai envoyés, je ne leur ai pas donné d'ordre, je ne leur ai point parlé. Visions de mensonge, vaines divinations et tromperies de leur propre esprit, voilà ce qu'ils vous prophétisent I C'est pourquoi voici ce que dit l'Éternel au sujet de ces prophètes qui prophétisent en mon nom, bien que je ne les aie pas envoyés, et qui disent : L'épée et la famine n'atteindront pas ce pays-cil — c'est par l'épée et la famine qu'ils périront, ces prophètes- là I Et les hommes auxquels ils prophétisent, ils seront jetés à terre dans les rues de Jérusalem par la famine et par l'épée, et personne ne leur donnera la sépulture, à eux, à leurs femmes, à leurs fils et leurs filles, et je déverserai leur méchanceté sur eux-mêmes.

Et tu leur tiendras ce discours ' : Mes yeux se fondent en larmes nuit et jour et n'ont point de repos : car elle est écrasée sous noe immense ruine, la vierge, fille de mon peuple ; elle est frappée d'un coup bien désastreux 1 Si je sors aux champs, voici ceux que l'épée a égorgés ; si je rentre dans la ville, voilà les langueurs de la faim ' 1 Oui, même le prophète, même le prêtre, s'en vont mendier '^ dans un pays qu'ils ne connaissent point** I

'^ Le prophète ne se laisse pas rebuter. Il fait valoir une nouvelle excuse en raj^lani la présence des faux prophètes qui^ au lieu de prôcher le repentir et la péniteace, rassuraient le peuple égaré, traitaient de chimériques les appréhensions et les menaces des envoyés de Jéhova, et donnaient au nom de celui-ci des promesses mensongères. Mais il lui est répondu que ces mensonges, qui ne resteront pas impunis, ne sauraient excuser la nation.

S II ne reste plus au prophète que de pleurer la triste destinée de sa patrie. Jéhovi Vj autorise, le lui recommande même et confirme ainsi la certitude de la ruine imminente de Jérusalem.

9 Jérémie voit déjà, des yeux de son esprit, les effets du coup qui va frapper Juda : le peuple périssant de faim ou par la main de Tennemi, et ses chefs traînés en exil.

'0 C'est la signification plus spéciale que le mot a habituellement en araméen.

1 ^ D'autres traduisent : et ils ne s'en doutent pas aujourd'hui.

Âs-ia donc tout à fait rejeté Juda ? Ton âme a-t-elle pris Sion en aversion? Pourquoi nous frappes -tu d'une manière irrémédiable? Noos attendions le salut — plus de bonheur 1 le moment de la guérison — et voici la terreur ** ! Nous reconnaissons, ô Éternel, notre crime, le tort de nos pères : nous avons péché contre toi I Pour Tamour de ton nom> ne nous rejette pas ; ne livre pas à Topprobre ton trône glorieux I Rappelle-toi, ne romps point ton pacte avec nous 1 Y en a-t-il , parmi les vains dieux des païens , qui puissent faire pleuvoir? ou bien est-ce le ciel qui verse ses ondées? N'est-ce pas toi, 6 Éternel, notre Dieu, en qui nous devons espérer, puisque c'est toi qui as fait toutes ces choses *' ?

Et rÉternel me dit : Quand même Moïse et Samuel se présenteraient devant moi, mon âme n'inclinerait pas vers ce peuple I Chasseles de ma présence, et qu'ils s'en aillent *^ 1 Et quand ils te diront : Ou donc irons-nous ? tu leur diras : Voici ce que dit TÉternel : Qui à la peste, qui à Tépée, qui à la famine, qui à la déportation " ! Et j'assignerai contre eux quatre races, dit l'Éternel : l'épée pour les égorger, les chiens pour les traîner, les oiseaux du ciel et les bêtes sauvages pour les dévorer et les détruire'^. Et j'en ferai un

^^ Chap. VIII, 15. Jérémie insiste encore^ comme si Dieu n'avait pas dit son dernier mot. Au nom du peuple il confesse les péchés d'Israél et en appelle de la justice de Jéhova À sa miséricorde.

^' La fin du chapitre (qui n'est pas eocore la fin de cette composition} fait voir clairement qu'il est toujours encore question de la sécheresse. Jéhova seul peut la faire cesser, car le ciel ne donne pas la pluie par lui>même et les faux dieux n'en donnent pas du tout. Dans ce qui précède^ cet objet spécial de la requête du prophète avait été perdu de vue. Cependant l'association des idées nous parait toujours naturelle et nous ne voyons aucune raison pour élaguer les v. 10-18, comme se trouvant à une fausse place, afin de rattacher le 19* d'une manière plus immédiate au 9*.

^^ Cette nouvelle réponse de Jéhova, refusant encore une fois de pardonner, se rattache moins à ce qui vfcnait d'être dit sur le manque actuel de pluie, qu'aux prédictions antérieures relatives à la ruine de Jérusalem. C'est que dans l'esprit du prophète ces deux faits sont corrélatifs, et dépendent des mêmes causes. Moïse et Samuel sont représentés dans l'histoire comme les personnages qui ont eu les relations les plus intimes avec Dieu et dont l'intercession s'était toujours montrée efficace.

1^ Cette traduction n'est pas littérale. Le texte dit proprement: Celui qui (est destiné] à Vépée pra] à Vépée, etc., ce qui veut toujours dire : les uns périront de telle manière, les antres de telle autre.

^^ La seconde énumération des fléaux destinés à chfttier Israël, ne correspond pas à la première. Ils sont appelés des races ^ ce qui s'applique très-bien aux trois classes d'animaux, nommées dans le texte. Mais l'épée aussi est comprise sous cette dénomination, parce qu'elle est considérée poétiquement comme un être vivant, un. monstre altéré de sang.

478 JÉRÉMIB XV, 4-9.

objet d'horreur pour tous les empires de la terre, à cause de Meuass'eh, fils de lehizqiyah, roi de Juda, pour ce qu'il a fait à Jérusalem *'•

Car qui pourrait avoir pitié de toi, Jérusalem? qui te consolerait? qui s'arrêterait pour te saluer '^ ? C'est toi qui m'as abandonné, dit l'Éternel ; tu t'es détournée : aussi ai-je étendu *^ ma main contre toi pour te détruire; je suis las de me laisser fléchir. Je les vanne avec ma pelle aux portes du paya'<^, je fais périr mon peuple, je lui ravis ses enfants — ils ne reviennent pas de leurs voies 1 Leurs veuves, par moi, sont plus nombreuses que le sable de la mer; contre la mère du jeune guerrier j'amène le désolateur en plein midi '* ; inopinément je jette sur elle la frayeur et le désespoir. Elle est attristée, la mère des sept fils *', elle rend son dernier soufDe, son soleil se couche avant la fin du jour, elle est honteuse et confuse — et ce qui en reste, je le livrerai à Tépée de leurs ennemis, parole de l'Éternel I

^'7 Une fin si tragique est motivée par les crimes des pères, naturellement parce que la génération actuelle les commet encore. Comp. 2 Rois XXI^ 11 suiv.; XXIII, 26; XXIV, 3.

^B Saluer, s'informer de la santé de quelqu'un, c'est une marque de bieuTeillance. Pour Jéhova il ne peut plus être question de pareils sentiments à l'égard de Jérusalem. Il s'est laissé fléchir plus d'une fois, par des promesses et des protestations, et chaque fois il s'est vu trompé.

10 Les verbes, dans les versets qui suivent, sont généralement au prétérit; on en a conclu qu'il est fait allusion à un événement déjà passé, par exemple à la bataille de Meg'iddo (611 av. J.-C], où périt le roi los'ijah avec l'élite de ses guerriers. Cependant cela n'est pas nécessaire. Le style prophétique comporte l'emploi de ce temps du verhe quand il s'agit d'un fait décidé et certain, d'un décret immuable de Dieu, et notre présent répond parfaitement à ce point de vue.

90 Vanner avec le van, est l'opération par laquelle on sépare la balle du grain ; c'est une image usitée pour la dispersion du peuple, ou en général de ceux qui ne peuvent pas Bubmter en face de Dieu. L'opération se fait aux portes du pays, parce qo'elle conduit Israël à l'étranger.

21 Tandis que d'ordinaire on ne craint la surprise d'un ennemi ou d'un brigand que pendant la nuit.

22 La plus heureuse, la plus riche en fait d'enfants, les aura pexdos tous.

XVIP.

Malheur à moi, ô ma mbre, de ce que tu m*aa donné le jour, à moi, homme en querelle et en dispute avec tout le monde I Je ne prête ni n'emprunte et tous me maudissent ^.

L'Éternel me dit : Je te jure que je te dégagerai^ que je te mettrai à Taise, que je ferai venir vers toi l'adversaire au moment du malheur et de la détresse'.

Le fer du nord brisera-t-il le fer et Tairain * ?

Vos biens et vos trésors, je les livrerai au pillage, gratuitement, et pour tous vos péchés, et dans toutes vos frontières, et je les ferai passer avec vos ennemis dans un pays que vous ne connaissez pas, car le feu de ma colère s'est allumé, c'est contre vous qu'il est embrasé ^.

1 Jérémie se plaint de son malheureux sort. Il est en butte à la haine publique, parce ^'il accomplit fidèlement sa mission de prophète. Mais en môme temps il puise la consolation et le courage dans les inspirations rassurantes que lui suggère Jéhova. — Ce moreeau est assez obscur et diversement expliqué. Plusieurs commentateurs le rattachent an précédent.

^ Il est difficile de déterminer ce que l'auteur a voulu dire par là. Nous avons un peu coloré la phrase (litt.: je n'ai pas prêté, ils ne m'ont pas prêté, etc.], en lui supposant le sens que voici : je ne suis ni un créancier cruel, ni un mauvais débiteur, et pourtant tout le monde me déteste. D'autres traduisent : il n'y a plus entre moi et mes concitoyens aucun rapport d'affaires.

3 Dans cette phrase, la signification de plusieurs mots est si douteuse, et la liaison avec ce qui précède et ce qui suit si peu transparente, que nous sommes dans la nécessité de nous en tenir aux conjectures. Voici le sens qu'exprime notre traduction : Jéhova promet au prophète que tout finira bien ; il viendra un temps où ses adversaires [ceux dont il était question tout-à-l'heure et non les ennemis étrangers} viendront euxmêmes vers lui dans leur détresse.

^ Sous le bénéfice de la liberté que nous venons de prendre à l'égard du verset précédent, voici comment nous comprenons cette phrase plus énigmatique encore : C'est Jérémie qui réplique. Le fer du nord, c'est l'armée babylonienne qui va envahir la Palestine et chfttier Israèl. Parviendra-t-elle, non pas à vaincre ce peuple (ce qui ne faisait pas le moindre doute], mais à briser son obstination, son opposition contre le prophète? Ils rompront, oui, mais plieront-ils? Le prophète doute de l'accomplissement de la promesse qui venait de lui être faite.

^ Ces phrases, dont le texte est positivement altéré (comme on peut le voir chap. XVII, 3, 4, oii elles sont reproduites dans un contexte plus facUe), pourraient bien être ici inauthentiques, comme on l'a aussi soupçonné pour les deux versets précédente. En les laissant à leur place et en les traduisant à la lettre, nous y voyons une réponse indirecte de Dieu à la dernière question du prophète. Seulement on doit être surpris de le voir parler à la seconde personne du singulier, parce que ce qu'il dit s'adresse évidemment, non à Jérémie, mais aux Israélites. Nous avons mis le pluriel.

Toi, tu me connais, ô Éternel 'I Souviens-toi de moi, regardemoi, venge-moi de mes persécuteurs! Ne me laisse point emporter, par suite de ta longanimité I Reconnais que c^est pour toi que je supporte Topprobrel Quand je rencontrais tes paroles, je les dévorais ; ta parole était ma joie, une réjouissance pour mon cœur : car je porte ton nom, 6 Éternel, dieu des astres ^1 Je ne me suis pas assis dans le cercle des rieurs pour m'égayer : dirigé par ta main, je me suis assis à Técart, car tu me remplissais dMndignation. Pourquoi ma douleur est-elle devenue permanente et ma plaie maligne et incurable ? Ah I tu es devenu pour moi comme un ruisseau qui trompe, comme une eau qui ne dure pas ' 1

C'est pourquoi TÉternel dit ainsi : Si tu te reprends, je te repren* drai à mon service * ; et si tu dégages ce qui a de la valeur dn vil alliage, tu seras comme ma bouche *®. Ce sont eux qui doivent venir à toi; toi, tu n*as pas à venir à eux^^ Je ferai que tu sois pour ce peuple un mur d'airain bien fort ; s'ils t'attaquent, ils ne prévaa-

pour ne pas être tout à fait inintelligible et nous supposons que Jërémie s^entifie encore avec Jéhova, et se répond ainsi à lui-même, au moyen de cette nouvelle menace adressée au peuple. (Oui, ces têtes de fer seront brisées, car.... etc.}. Mais tout cela est singulièrement obscur et forcé. — D'après l'autre passage que nous venons de citer, il faudra lire en tout cas : Vos biens et vos trésors, je les livrerai au pillage ; vos hauteurs sont pleines de pécbés dans toutes vos frontières : Je vous asservirai i vos ennemis, etc.

^ Ceci se rattacherait très-bien au v. 10. En tout cas, le prophète reproduit la plaiote par laquelle il a commencé.

"7 Je n'ai point mérité mon triste sort. Je souffre pour ma fidélité. J'ai toujours été attentif aux révélations de Dieu, Je les recevais avec plaisir toutes les fois que Je les reueontraiê, ou trouvais (en moi-môme), avec le sentiment profond de leur vérité et la certitude à l'égard de leur source. J'ai porté avec orgueil le nom de prophète. J'ai renoncé à tous les plaisirs mondains, en me séparant avec une sainte indignation d'un peuple pervers.

8 J'espérais que Dieu du moins me tiendrait compte de mon dévouement ; mais mon espoir a été trompé, comme celui du voyageur dans le désert, quand il rencontre un ruisseau desséché.

0 C'est la réponse finale de Dieu. Des plaintes pareilles, dit-il, sont indignes d'un ministre de l'Étemel. Il faut donc qu'il change de point de vue, qull n'ait plus égard aux conditions extérieures de son ministère. Nous avons cherché à conserver le jeu de mots de l'original, qui dit à la lettre : Si tu en reviens, je te ferai revenir pour que ta sois mon serviteur (que tu te tiennes debout devant moi).

10 La comparaison est empruntée à la métaUurgie. Il faut que le prophète parle selon l'inspiration de Dieu et non selon le tempérament de sa faiblesse natoreUe.

1 1 Cela ne peut pas s'entendre de la prédication, pour laquelle le prophète doit toujours prendre l'initiative, mais des concessions qui pourraient lui être in^irées par des considérations personnelles.

JÉRÉMIB XV, 21. XVI, t-8. 481

dront pas contre toi, car moi je serai avec toi ponr te rendre victorieux et pour te délivrer, parole de rÉternel *^ I Et je te délivrerai de la main des méchants, et je t'affranchirai de la puissance des pervers 1

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