XVIII
La parole de rÉternel me fut adressée en ces termes : Ne prends point de femme, afin que ta n'aies point de fils et de filles en ce lien-ci*. Car voici ce que dit TÉternel au sujet des fils et des filles nés en ce lieu-ci, et de leurs mères qui les enfantent, et de leurs pères qui les engendrent, dans ce pays-ci : ils mourront emportés par les maladies, sans deuil et sans sépulture ; ils deviendront du fumier sur la surface du sol ; ils seront consumés par Tépée et la famine, et leurs cadavres deviendront la pâture des oiseaux de proie et des bêtes sauvages.
Oui, voici ce que dit rÉternel : N'entre point dans une maison en denil^ ne va point pleurer avec eux et leur faire tes condoléances': car je retire ma paix de chez ce peuple, dit TÉternel, ma grâce et ma miséricorde. Ils mourront, grands et petits^ dans ce pays-ci, sans sépulture et sans deuil, sans qu'on s'égratigne ou qu'on se rase pour eux. On ne présentera rien à manger à celui qui est en deuil ^> pour le consoler au sujet d'un défunt ; on ne lui fera pas boire la conpe de consolation pour son père et sa mère. Et n'entre pas dans une salle de festin pour t'asseoir avec eux à manger et à boire '.
i*Chap. I, 18,19.
^ Ce morceau reproduit les menaces déjà si souvent formulées, mais avec des couleurs en partie nouvelles.
* La menace relative aux calamités qui attendent Israël est éloquemment formulée comme un avertissement au prophète même de ne point se créer une famille. La ruine devant fitre générale, les siens y seraient enveloppés. Il fera mieux de ne pas donner la vie à des êtres qui la perdraient bientôt misérablement. On peut conclure de ce passage que Jérémie était célibataire, et qu'il motive cette position comme l'apôtre Paul le fait à son tour. 1 Cor. VII, 26 ss.
^ Ce second avertissement exprime une idée analogue, également sous une forme figurée. Il est enjoint au prophète de ne point prendre part au deuil dans des cas de mort. Ces cas seront tellement nombreux, que les cérémonies accoutumées ne seront plus observées, chacun étant exclusivement préoccupé de son propre sort.
^ Se couper les cheveux, s'égratigner la figure, c'étaient des coutumes de deuil dans l'antiquité ; de même U y avait des repas à l'occasion des funéraiUes.
^ Il va sans dire que dans des circonstances pareiUes la participation à des réjouissances quelconques était moins encore dans les convenances. On remarquera d'ailleurs Tapparente contradiction qu'il y a entre la prédiction, qui dit qu'il n'y aura plus ni deoU ni réjouissance^ et l'ordre qui défend à Jérémie d'y prendre part. C'est que cet ordre même n'est qu'une forme poétique ou symbolique de la prédiction.
A. T. 2« part. — I. 31
482 JÉRÉMIB XYI, 9-16.
Car ainsi dit laheweh Çebaôt, le dieu d'Israël : Voyez, je ferai cesser en ce lieu-ci, sous vos yeux et de votre temps, les cris de joie et de réjouissance, la voix de Tépoux et de la mariée^.
Et quand tu annonceras à ce peuple toutes ces choses et qu'ils te diront : Pourquoi rÉternel a-t-il décrété contre nous toutes ces grandes calamités? et quelle est notre faute, et quel est le péché que nous avons commis contre l'Éternel, notre dieu ? tu leur diras : C'est parce que vos pères m'ont abandonné, dit l'Étemel, et oui couru après d'autres dieux pour les adorer et se prosterner devant eux, tandis que moi, ils m'ont abandonné et n'ont point observé ma loi ; et que vous-mêmes vous avez fait pis que vos pères, et que vous voilà, suivant chacun le sens opiniâtre de son mauvais cœur sans m' écouter. Aussi vous chasserai-je de ce pays-ci, dans un pays que vous n'avez pas connu encore, ni vous ni vos pères, et où vous pourrez adorer les autres dieux, jour et nuit : car je ne vous ferai plus grâce I Aussi viendra-t-il des jours, voyez- vous, dit l'Éternel, où l'on ne dira plus : c Vive l'Éternel, qui a ramené les enfants d'Israël du pays d'Egypte I» mais : «Vive l'Éternel, qui a ramené les enfants d'Israël du pays du nord et de tous les pays où il les avait dispersés I» quand je les aurai fait revenir dans leur patrie qae j'avais donnée à leurs pères '. Voyez, dit l'Eternel, je vais mander des pêcheurs en grand nombre, pour qu'ils les pèchent; et après je manderai des chasseurs en grand nombre, pour qu'ils les chassent,
e Chap. VU, 34.
'7 Les lignes qu'on vient de lire* paraissent d'abord ôtre dans une contradintion manifeste avec Tensemble du discours. On croit y lire tout à coup une promesse de restauration, au milieu des menaces de châtiment qui précèdent et qui vont suivre. Sans doute, des promesses pareilles se rattachent maintes fois chez les prophètes à des menaces semblables, sans autre transition et par un brusque changement de la perspective. Mais ce ne peut être le cas ici, où les menaces vont continuer a-vec tout autant de sévérité. Voici comment nous nous expliquons cette singularité. La restauration finale a été prédite plus d'une fois par Jérémie ; elle n'est étrangère ni à son horizon prophétique, ni à l'esprit de ses auditeurs. Mais ce n'est pas d'elle qu'il se préoccupe. Il parle uniquement des terreurs de la prochaine catastrophe et en vient à les comparer aux malheurs d'Israël asservi aux Égyptiens du temps de Moïse. Le souvenir de ces malheurs s'est gravé si profondément dans la mémoire de la nation, qu'on exalte aujourd'hui encore la gloire de Dieu, en le nommant comme celui qui a fait sortir Israël du pays d'Egypte. Eh bien, il viendra un temps où l'Egypte sera oubliée, parce que les malheurs de ces temps^ci seront incomparahlement plus grands, et le aouvenir s'en perpétuera de manière que dans les siècles à venir, quand ils seront enfin passés, on louera Dieu d'y avoir mis fin. Ceux qui n'ont point compris le texte de cette manière, ont pu croire que les v. 14 et 15 ont été mal & propos insérée ici par ooe msio étrangère qui les aurait pris au chap. XXIII, 7, 8.
JÉRÉMIE XVI, 16-21. XVII, t-4. 483
de toutes les montagnes, et de toutes les collines, et des fentes des rochers *. Car j'ai rœil ouvert sur toutes leurs voies ; elles ne sont pas cachées devant moi et leurs péchés ne se dérobent pas à mes regards, et je commencerai par rémunérer au double leur méfait et leur péché, parce qu'ils on) profané mon pays avec leurs cadavres d'idoles, et que de leurs abominations ils ont rempli mon domaine *.
0 Éternel 1 ma force, mon fort et mon comfort'^ au jour de TaDgoisse I Vers toi viendront les peuples des extrémités de la terre et diront : c Ce que nos pères ont eu en partage n'était que mensonge et vanité : il n^ avait là nul qui pût sauver I Est-ce que rfaomme se ferait ses dieux? Mais ce ne seraient point des dieux I»
C'est pour cela que je vais le leur faire sentir cette fois-ci 1 Je leur ferai sentir ma main et ma puissance, afin qu'ils reconnaissent que mon nom est l'Éternel.
Le péché de Juda est écrit avec un burin de fer, avec un poinçon de diamant ; il est gravé sur la table de leur cœur, et sur les angles de leurs autels, en ce que leurs fils songent à leurs autels et à leurs idoles, prfes des arbres touffus et sur les collines élevées *'. Ha montagne à moi qui domine la plaine , tes biens , tous tes trésors, je les livrerai au pillage ; tes hauts-lieux coupables, dans tout ton territoire. Tu déguerpiras de ton patrimoine que je t'ai donné, et je t'asservirai à tes ennemis dans un pays que tu ne
^ La menace d'une déportation est toujours la pensée dominante du discours. Les pêcheurs et les chasseurs sont des conquérants étrangers, qui emmèneront les habitants après les avoir traqués dans toutes les retraites. Je commencerai par punir.... ce seul mot décide de la portée des versets précédents.
^ Les idoles sont appelées des cadavres, parce que les dieux du paganisme ne sont pas des êtres réels et vivants, et en même temps parce qu'un cadavre est un objet impnr, au point de vue de la loi.
1^ 'Ou^gi, ma'ousii, menousi. — La liaison des idées est assez peu claire ici. On doit supposer que c'est le prophète qui parle : en opposition avec ce qui vient d'être reproché à Israël, il déclare que Jéhova seul peut protéger et sauver, et que les païens mêmes le reconnaîtront un jour. Nous avons mis le reste de l'alinéa dans la bouche de ces païens convertis. Mais on pourrait en détacher la dernière phrase et la considérer comme ajoutée par le prophète en guise de confirmation.
• ^ Ici encore le sens du texte est très-discutable. Il paraît cependant que l'auteur veut exprimer la pensée que la culpabilité d'Israël ne saurait être révoquée en doute, et qu'il entend justifier ainsi la menace si souvent déjà formulée et reproduite ici avec une nonveUe énergie. Quant à l'accusation, il en appelle à la propre conscience du peuple, et aux faits patents : les angles (cornes) des autels sont teints du sang des sacrifices idolâtres, et chaque colline, chaque arbre touffu (bosquet} rappelle des actes d'an culte prohibé'ou y convie.
connais pas ; car vous avez allumé le fea de ma colère, il ne cessera de brûler ".
Voici ce que dit l'Éternel : Maudit soit l'homme qui met s& confiance dans son semblable, et qui fait d*un mortel sa force, tandis que son cœur s'éloigne de rËterneP'l II est comme un buissoQ*^ dans la lande ; quand la belle saison arrive, il n'en voit rien, il demeure dans les terres brûlantes du désert, sur un sol nu et inhabitable. Béni soit Thomme qui met sa confiance dans rÉteroel, et dont rÉternel est l'espérance! Il est comme un arbre planté près de l'eau, qui étend ses racines vers le courant : il n'a rien à craindre, quand arrive la chaleur son feuillage reste vert, dans une année de sécheresse il n'est point en peine, et il ne cesse de porter du fruit.
Rien n'est tortueux comme le cœur, et malin : qui peut le connaître? C'est moi, l'Éternel, qui scrute le cœur et sonde les reins^ afin de donner à chacun selon ses voies, selon le mérite de ses œuvres ".
La perdrix couve sans avoir pondu ** ; tel est celui qui amasse des richesses injustement : au milieu de sa vie il lui faudra les quitter, et lors de sa fin, il se trouvera être un insensé.
Trône de gloire, hauteur antique, lieu de notre sanctuaire I Espoir d'Israël, Éternel! Ceux qui t'abandonnent seront tous confondus!
^2 Gomp. chap. XV, 13, 14. La comparaison de ce passage avec le nôtre, qui daos rorigine en a certainement été la simple reproduction, peut faire voir Jusqu'à quel point les textes ont pu être altérés par la négligence des copistes. La montagne daiu la plaine, ce sont les hauteurs de Jérusalem, qui la dominent, moins dans le sens propre qu'au point de vue idéal. Comp. chap. XXI, 13.
18 C'est peut-être encore une allusion aux alliances politiques au moyen desquelles les rois contemporains du prophète cherchaient à conjurer la catastrophe qui les menaçait.
1-^ En traduisant ainsi, avec les anciens, lesquels cependant nomment différentes plantes déterminées, nous respectons le parallélisme très-élégant que présentera It suite du discours. La plupart des modernes cependant rendent ce mot par nu, et remplacent la bonM saison, par le bonheur,
1^ Ces lignes, comme les précédentes, expriment une vérité toute générale, dont Tapplication aux actualités de l'époque est très-facile. Israël ne saurait échapper a ToBil scrutateur de son Juge, qui sait découvrir sous des dehors trompeurs la méchanceté que recèle le cœur.
10 Traduction consacrée par le dictionnaire et la tradition exégétique. On sait qu'il arrive que divers oiseaux (par ex. nos poules] couvent quelquefois des œufs étrangers. Lliistoire naturelle cependant ne dit pas cela de la perdrix. Peut-être j a-t-41 ici erreur d'observation de la part du vulgaire, ou méprise quant à l'espèce.
Ceux qui s^éloignent de toi '^ seront inscrits sur la poussière, car ils auront abandonné la source des eaux vives, TÉternel I Guérismoi, Eternel, pour que je sois guéri I Sauve-moi^ pour que je sois sauvé 1 car c'est toi qui es Tobjet de ma louange. Les voilà qui me disent : Où en est la parole de TÉternel ? Qu'elle arrive donc I Et moi, il ne m*a point répugné d'être leur guide, à tes ordres ; le jour du malheur, ce n'est pas moi qui Tai appelé de mes vœux, tu le sais bien : ce qui sortait de ma bouche était devant tes regards. Ne deviens pas ma perte, toi, mon refuge dans les mauvais jours I Que mes persécuteurs soient confondus et que je ne le sois pas, moi I Qu'eux soient consternés, et non pas moi I Amène sur eux U jour de la calamité I Écrase-les, écrase-^les deux fois I
XIX*
Voici ce que m'a dit rÉternel : Va te placer à la porte du peuple ', par laquelle entrent et sortent les rois de Juda, et à toutes les portes de Jérusalem^ et dis-leur : Écoutez la parole de l'Étemel, vous, rois de Juda, et vous, Judéens, et vous habitants de Jérusalem qui entrez par ces portes I Voici ce que dit l'Étemel : Gardez-vous bien de vous charger de fardeaux le jour du sabbat, pour les faire entrer par les portes de Jérusalem, et n'emportez point de fardeau hors de vos maisons le jour du sabbat, et ne faites aucune besogne, mais sanctifiez le jour du sabbat, comme je l'ai commandé à vos pères I Mais ceux-ci n'écoutèrent point et ne prêtèrent point l'oreille ; ils raidirent leur cou, de manière à ne pas obéir et à ne pas accepter l'avertissement. Et si vous voulez bien m'écouter, dit l'Éternel, de manière à ne point faire entrer de fardeau par les portes de cette ville, le jour du sabbat, et à sanctifier le jour du sabbat en ne
^"^ Texte : de moi. Ce brasque changement du sujet qui parle, gênerait dans une traduction, et pourrait môme être l'effet d'une faute de copiste. De fait, c'est le prophète qoi invoque ici le Dieu duquel il tient sa mission, et réclame son appui et sa protection contre les incrédules, ses adversaires. Sa position actuelle est pleine de difficultés; il la compare à un état maladif, duquel il ne pourra sortir qu'avec l'aide du Très-Haut.
^ Discours contre la profanation du Sabbat. Ce morceau, en ne formulant qu'un seul grief contre les habitants de Jérusalem, et ne prédisant un châtiment que d'une manière tout hypothétique, se sépare facilement de ceux qui l'entourent.
' On ne retrouve pas aiUeurs ce nom particulier de l'une des portes de Jérusalem, et il est impossible d'en déterminer l'emplacement. Gomme il est question plus loin des antres portes, il faut en conclure qu'il s'agit ici d'un endroit où l'exhortation du prophète était plus particulièrement nécessaire, parce que les faits qu'il signale s'y étaient produits de préférence. Peut-être s'sgit-il d'un marché établi dans la proximité du temple.
faisant aucune besogne, c'est que par les portes de cette ville des rois [ei des officiers ^]y assis sur le trône de David, continueront à entrer sur des chars et sur des chevaux, eux et leurs officiers, les hommes de Juda et les habitants de Jérusalem, et cette ville demeih rera à jamais ; et Ton viendra des villes de Juda et des alentours de Jérusalem, et du pays de Benjamin, et de la plaine, et de la montagne, et du midi^, offrir des holocaustes et des sacrifices, des oblations et de Tencens, et des actions de grâces dans la maison de rÉtemel. Mais si vous ne m'écoutez pas, de manière à sanctifier le jour du sabbat, et à ne point vous charger de fardeaux en entrant par les portes de Jérusalem le jour du sabbat, j'allumerai un feu à ses portes^ qui dévorera les palais de Jérusalem et qui ne s'éteindra pas.
XX*
La parole qui fut adressée à Jérémie de la part de rÉtemel en ces termes : Va descendre vers la maison du potier, et là je te ferai entendre mes paroles ! Et je descendis vers la maison du potier et je le trouvai occupé à travailler sur le tour. Et quand le vase auquel il travaillait se gâtait, comme cela arrive à Targile entre les mains du potier, il reprenait le travail et formait un autre vase, comme il lui plaisait de le faire.
Alors la parole de TÉternel me fut adressée en ces termes : Ne pourrai-je pas, ô maison d'Israël, dit TÉternel, en agir avec vous comme ce potier- là ? Voyez donc I ce que l'argile est entre les mains du potier, vous l'êtes entre mes mains, 6 maison d'Israël ! Tantôt je parle, à l'égard d'un peuple ou d'un royaume, d'arracher, de ruiner, de démolir : et si ce peuple, à l'égard duquel j'avais parlé, revient de sa méchanceté, je me repens du mal que j'avais pensé lui faire. Tantôt je parle, à l'égard d'un peuple ou d'un royaume, d'édifier et de planter : et s'il* fait ce qui me déplaît, de manière à ne point obéir à ma voix, je me repens du bien dont j'avais promis de le gratifier. Or donc, va dire aux hommes de Juda et aux habitants de Jérusalem : Voici ce que dit TÉtemel : Voyez , moi je
s Ces mots paraissent ici hors de propos, les officiers ne siégeant pas sur le trâne.
^ La plaine, la montagne, le midi, formaient arec la lande (le désert) les divisions naturelles du territoire de Juda.
^ La série des discours directement menaçants pour cause de défection îdolAlre et polythéiste I reconunence par une introduction allégorique. Jéhova peut et veut en agir avec le peuple cooune le potier avec son argile, qu'il pétrit et manipule à aouTeia quand son ouvrage ne lui a pas réussi d'abord. Il n'est pas nécessaire de regarder cette introduction comme le récit d'un fait réel.
prépare contre vous une calamité, je médite uu projet contre vous — revenez donc tous de votre mauvaise voie, amendez votre conduite et vos actes ! Mais ils diront : C'est en vain l Nous suivrons nos pensées, et nous persisterons à agir selon nos mauvais sentiments ^ I C'est pourquoi rÉterncl dit : Allez interroger les nations — qui est-ce qui a entendu pareille chose ' ? C'est horrible, c'est énorme, ce que la vierge d'Israël a fait I La neige du Liban disparait-elle jamais de sa roche qui domine la plaine? Ses eaux fraîches, jaillissant , ruisselant , viennent-elles à tarir * ? Mais mon peuple m'a oublié ; il encense le néant ; les errements d'autrefois ^ le font broncher dans son chemin, et lui font suivre les sentiers d'un chemin ooQ battu, pour faire ^ de leur pays un désert, un objet de dérision étemelle, que les passants contempleront avec stupeur, en hochant la tête. Pareil à l'ouragan^, je les disperserai devant Teonemi; je leur tournerai le dos, sans les regarder, au jour de leur ruine.
Mais ils disaient : Allons, faisons un complot contre Jérémie I car l'enseignement ne nous manque pas, faute de prêtres, ni les conseils, faute de sages, ni les discours, faute de prophètes^. Allons, abattons-le avec notre langue^ et ne prêtons point l'oreille à ses discours I
Toi donc, Éternel, prête-moi ton oreille et veuille entendre la voix de mes adversaires 1 Le mal sera-t-il rendu pour le bien ? car ils creusent une fosse pour m'y faire périr. Souviens-toi que je me présentais devant toi pour intercéder pour eux et pour détourner d'eux ta colère. Hé bien donc, livre leurs enfants à la famine, et eux-mêmes, jette-les entre les griffes de Tépéel Que leurs femmes perdent maris et enfants I Que les hommes soient emportés par la peste, les jeunes gens égorgés dans la bataille I Qu'on entende les
s C'est Diea (ou le prophète] qui interprète ainsi les tendances qu'il constate, et il n'est pas besoin de supposer au peuple une franchise par trop cynique.
aChap. II. 10,11.
^ La nature est fidèle à ses lois et constante dans ses manifestations. Le Hermôn, la seule partie du Liban qui soit couverte de neige éternelle^ domine (chap. XVII, 3) le plateau de la Galilée et borne au nord lliorizon de la Palestine.
5 Le mauvais exemple des pères. Le chemin non battu, raboteux, est l'image d'une conduite blâmable.
^ Ce qui sera la conséquence inévitable, est représenté ici comme effet de l'intention. '' Litt.: le vent d'est, le samoûm du désert.
B Nous avons assez de gens pour nous guider (sous-entendu : dans le sens qui nous convient), nous n'avons pas besoin de ce conseiller malencontreux.
9 Faisons-lui un mauvais parti, en le dénonçant ou le calomniant.