XXXVI
Pendant que Jérémie était détenu dans la cour de la prison, la parole de rÊternel lui fut adressée une seconde fois en ces termes : Voici ce que dit l'Éternel qui accomplira cela', l'Éternel qui le médite pour l'exécuter, lui dont le nom est l'Éternel : Appelle-moi et je te répondrai, je ^annoncerai des choses grandes et cachées que tu ue sais point. Car voici ce que dit l'Lternel, le dieu d'Israël, au sujet des maisons de cette ville et des maisons des rois de Juda, renversées par les ouvrages d'attaque et l'épée des Chaldéens, venus pour combattre et pour les remph'r des cadavres des hommes que je frappe dans ma colère et dans mon indignation, et à cause de la
^ On voit bien qae la rédaction est postérieure à la ruine de Jérusalem.
9 La fin du discours se rattache au fait qui Ta provoqué ; comp. t. 15. L'achat fait par Jérémie a donc en même temps une signification symboUque et est le gage d'un retour de la fortune d'Israël. (La montagne, la plaine et le midi, XVII, 26.)
1 Jérémie se trouve encore en prison. Les partisans du système de la guerre à outrance veulent TempÔcher d'exercer use influence dans le sens contraire sur le peuple de Jérusalem. C'est vers la fin du siège.
K Ce qui a été prédit antérieurement. Ces prédictions pouvaient paraître extra-^ vagantas en vue de la situation désespérée du moment.
méchanceté desquels je voile ma face devaot cette ville * : voyez, j'y porterai pansement et guérison, je les guérirai^, je leur octroyerai abondance de bonheur et de sécurité. Je restaurerai Juda et Israël, je les rétablirai comme jadis. Je les purifierai de tous les péchés qu'ils ont commis contre moi, je leur pardonnerai tous leurs péchés qu'ils ont commis contre moi et par lesquels ils se sont révoltés contre moi. Ce^ sera pour moi un sujet de joyeux renom, de gloire et de louange auprès de tous les peuples de la terre, quand ils apprendront tout le bien que je leur fais : ils seront étonnés et stupéfaits de tout le bien et de tout le bonheur qae je leur ferai. Voici ce que dit rÉteruel : Oui, dans ce lieu-ci, que vous dites* être désert, sans hommes et sans bêtes, dans ces villes de Juda, dans ces rues de Jérusalem, aujourd'hui désolées, sans hommes, sans habitants, sans bétail, on y entendra encore les cris de joie et de réjouissance, la voix de l'époux et de la mariée^, la voix de ceux qui diront : Louez laheweh Çebaôt, car il est bon et sa grâce dure à jamais I et qui porteront leurs actions de grâces à la maison de rÉternel, parce que j'aurai restauré le pays comme il était jadis: c'est l'Éternel qui le dit. Voici ce que dit l'Éternel : Oui, dans ce lieu, aujourd'hui désert, sans hommes et sans bétail, et dans toutes ses bourgades^ il y aura encore des stations de pâtres qui y feront camper leurs troupeaux. Dans les bourgades de la montagne, de la plaine et du midi, dans le territoire de Benjamin, et aux alentours de Jérusalem, et dans les villes de Juda, passeront encore les troupeaux sous la conduite du gardien : c'est l'Éternel qui le dit. Voyez *, il vient un temps, parole de l'Éternel^ où je ratifierai la bonne promesse que j'ai faite à la maison d'Israël et à la maison de
3 Ce passage est très-obscur et probablement ie texte a quelque peu souffert. Pour y trouver un sens plausible, nous avons transporté le nom des Chaldéens à la fin du 4* verset. On se figure ordinairement que Jérémie veut parler de maisons que les habitants auraient démolies eux-mêmes dans l'intérêt de la défense. Mais le contexte général oppose évidemment la restauration à venir à la ruine prochaine faite par les Chaldéens.
4 Métaphore familière à l'auteur (VIII, 22 i XXX, 17), mais qui ne cadre pas trop bien avec les images précédentes.
5 Peut-être devrait-on traduire : SIU sera, et à la fin : que je lui fait. L'auteur a pa avoir en vue Jérusalem, quoiqu'il ne la nomme pas.
6 Chap, XXXII, 43.
•ï Chap. VII, 34, etc.
S Tout ce qui suit. Jusqu'à la fin du chapitre, est omis dans le texte grec, soit à caïufl des nombreuses répétitions que contient ce morceau, soit pour un motif critique doot il va être question. Beaucoup d'auteurs modernes l'ont regardé comme une interpoUtioa.
JÉRÉMIB XXXni, 15-24. 527
Joda. En ces jours, en ce temps-là, je ferai germer à David une progéniture juste ', qui rende la justice ayec équité dans le pays ; de son temps, Juda prospérera et Jérusalem demeurera en sécurité, et le nom qu'on lui*^ donnera sera : laheweh notre salut I Car ainsi dit rÉternel : Jamais il ne manquera à David quelqu'un qui soit assis sur le trône de la maison d'Israël. Et aux prêtres lévitiques il ne manquera jamais devant moi quelqu'un qui immole l'holocauste^ ou qui brûle les offrandes^ ou qui fasse les sacrifices jour par jour".
Et la parole de l'Éternel fut adressée à Jérémie en ces termes : Voici ce que dit l'Éternel : Si vous pouvez rompre mon pacte avec le jour et mon pacte avec la nuit, de manière qu'il n'y ait plus ni jour ni nuit en leur temps ^*, alors aussi sera rompu mon pacte avec mon serviteur David, de manière qu'il n'ait plus de fils régnant sur son trône, et celui avec les lévites, les prêtres, mes ministres. De même que l'armée des étoiles ne .peut être comptée, ni le sable de la mer mesuré, de même je multiplierai la race de David, mon serviteor, et les lévites^ mes ministres ^'.
Et la parole de l'Éternel fut adressée à Jérémie en ces termes : Tu vois comment parlent ces gens *^, quand ils disent : c Les deux familles que l'Éternel avait élues, il les rejette I » et ils méprisent mon peuple, de manière qu'il n'est plus une nation à leurs yeux.
» Chap. XXIII. 5, 6.
1^ Â Jérasalem.
11 On a cm que ce passage contredisait d'autres paroles de Jérémie relatives à l'aYénement d'un culte purement spirituel (III^ 16; XXXI, 33), et qu'il fallait y yoir UDe preuve d Inauthenticité. On pensait môme que c'est à cause de cela que ce passage aura été omis par les Septante. Mais l'idée d'une restauration complète, après la ruine d*un temple profané par des prêtres et des sacrifices non-lévitiques, comportait parfaitement cet élément du tableau qui veut dire simplement que le culte du vrai Dieu sera rétabli, sans qu'il faille insister sur les formes. Aucun prophète n'a entendu abroger matériellement le culte de l'autel. On remarquera qu'ici la progéniture se compose très-expUcitement d'une série de successeurs. Les prêtres lévitiques sont opposés ici et dans le Deutéronome aux sacrificateurs non-lé vitiques.
i« Chap. XXXI, 36.
13 Cette promesse, Jointe à ce qui vient d'être dit v. 17, ne doit pas s'entendre seulement du grand nombre d'individus existant dans les deux familles simultanément, mais encore de la succession indéfiniment prolongée des générations. Il ne s'agit donc pas d'wn roi qui régnera toujoursi mais d'une dynastie qui subsistera.
14 Les Juifs incrédules. — Les deux familles sont celles de David et de Lévi, si l'on s'en tient à ce qui précède. Cependant ce qui suit semble recommander une autre interprétation, car il y est parlé du peuple. On songera anx deux familles de Juda ot d 'Israël, dans le sens politique de cette distinction.
528 JÉRÉMIE xxxm, 25, 26. XXXIV, 1-5.
Voîci ce qae dit rÉternel : Si je n^ai point fait mon pacte à l'égard da joar et de la nuit, et que je n'aie point établi des lois pour le ciel et la terre, alors je veax aussi rejeter la race de Jacob et mon serviteur David, de manière à ne plus prendre de sa race des chefs pour la race d'Abraham, d'Isaac et de Jacob I Mais je les restaurerai et j'aurai pitié d'eux.