JÉRÉMIE XLVI, 25-28. XLVII
qui vais faire rendre compte à rÀmôn deNô^, àPharaou et à TÉgypte, à ses dieux et ses rois, à Pharaon et à ceux qui en veulent à leur rie, à Neboukadreççar, le roi de Babel^ et à ses officiers. Apres cela, elle se tiendra tranquille ^, comme jadis, parole de TÉternel 1
[Toi donc^^ mon serviteur Jacob^ n'aie pas peur^ ne sois pas alarmé^ Israël! car y vois- tu, je te délivrerai au pays lointain^ et ta race dans la terre de son exil. Et Jacob reviendra pour vivre tranquille et en sécurité, et personne ne le troublera plus. Toi^ n'aie pas peur^ mon serviteur y dit VÉternel^ car moi je serai avec toi^ je consommerai la ruine de toutes les nations, chez lesquelles je t'ai chassé. Mais toi^ je ne veux point te ruiner : j'ai du te châtier selon ton mérite et je ne puis te laisser impuni.]
Ce qui fut la parole de rÉternel adressée au prophète Jérémie au sQJet des Philistins, avant la prise de 'Azzah par Pharaon*.
Voici ce que dit l'Etemel : Voyez ce flot qui s'avance du nord, il devient uu torrent qui déborde, il submerge le pays et tout ce qu'il contient, villes et habitants : les hommes jettent des cris, toute la population éclate en lamentations. Au bruit du galop des coursiers, du fracas des chars, du vacarme des roues, les pères, laissant tomber les bras d'effroi, ne se tournent plus vers leurs enfants -. C'est que le jour est venu pour détruire tous les Philistins, pour ôter à Tyr et àSidon tout ce que lui restait d'alliés ; c'est que l'Éternel veut
^ Nô est le nom hébreu de la ville de Thèbes^ dans la haute Egypte (Nah. III^ 8}^ célèbre par son temple du Dieu Amôn.
^ Et non pas : elle sera de nouveau heureuse et populeuse.
^ Tout ce passage mis entre crochets^ est évidemment étranger au texte du présent chapitre. C'est la reproduction littérale de chap. XXX, 10^ 11, et la ruine de Jérusalem et l'exil y sont mentionnés comme des faits déjà accomplis. Mais il est difficile de dire par quel hasard, ou quel caprice de copiste, ces lignes se retrouvent ici.
^ Le texte qui suit fait voir que les villes des Philistins étaient menacées d'une attaque venant du Nord, mais on n'apprend pas de la part de qui ? La supposition la plus naturelle serait de songer aux Chaldéens, vainqueurs des Égyptiens et les suivant, Tépée dans les reins, jusque dans leur pays, de manière que les Philistias, placés sur la route de rËgypte, auraient été les premiers exposés à leurs coups. La suscriptioa du morceau parait indiquer une autre combinaison. Ce serait Neko, dans sa retraite, qui aurait attaqué les Philistins pour se faire ensuite un rempart de leurs places fortes. Mais il faut remarquer que la phrase qui parle de lui manquait dans le texte des Septante et pourrait avoir été ajoutée par un interprète moins bien renseigné.
^ Us s'enfuient précipitamment, sans même songer a leurs enfants.
560 JÉRÉMIE XLVII, 5-7. XVLIII, 1-7.
exterminer les Philistins^ les restes de Tile de Kaftor'. 'Âzzah eu est veuuc à se raser la tète, As'qelôn est muette de terreur, et vous, dernier reste des géants^ jusqu^à quand vous déchirercz-vous la face * ? «liai Épée de laheweh, quand enfin te calmeras-tu? rentre dans ton fourreau 1 arrète-toi et sois tranquille ^ I» Comment se calmerait-elle, quand TÉternel Ta commandée I c'est contre As 'qelôn qu'il la mandée, contre la côte de la mer.
Relativement à Moab^.
Voici ce que dit laheweh Çebaôt^ le dieu disracl : Malheur à Nebo*, elle est détruite I Qiryataîm est honteuse et conquise! la Citadelle est honteuse et abattue! Elle n'est plus, la gloire de Moab; à Hes'bôn on médite sa ruine : Allons le retrancher du nombre des peuples ! Toi aussi, Madmen^ tu seras réduite au silence : Tépée est à tes trousses I Ecoutez ! Des cris du côté de Horonaîm I Destruction ! Ruine immense I Moab est emportée ; ils font entendre leurs cris jusqu'à Ço'ar'I La montée de Louhit, ou la remonte en pleurant et sanglotant, à la côte de Horonaîm on entend de grands cris de détresse.
Fuyez ! Sauvez-vous I Soyez comme le buisson ^ dans la steppe I Car puisque tu as mis ta confiance dans tes idoles et dans tes trésors,
3 Kaftor est Hle de Crète, d'où les Philistins doivent être venas coloniser la côte de la Palestine. Comp. la note sur i Sam. XXX, 14, comp. Amos IX^ 7.
4 La tdte rasée et les égratignures sont des signes d*un grand deuil. En mettaat géants au lieu de plaint, nous suivons la leçon des Septante *anqm pour 'amqm). On sait que les anciennes traditions de l'Age héroïque parlent plus d'une fois de géants phiUstins. 1 Sam..XVn; 2 Sam. XXI, 16.
^ Paroles des Philistins au désespoir.
i Ce morceau a une grande analogie avec un autre dirigé contre le même peuple, qu'on trouve inséré dans le recueil d'Ésale XV, XVI. Cette analogie va quelquefois jusqu'à l'imitation directe et m6me à la copie textuelle.
^ Tous les endroits nommés ici sont situés sur le plateau qui forme la cdte orientale de la mer morte. Leur ruine, quoique future, est représentée comme déjà consommée, ou sur le point de Tôtre. — La Citadelle est peut-être la principale forteresse du pavs, ailleurs Qir-Mosb ou Qir-IIers (v. 36). — Hes'bôn, ville isreéUte, sur la frontière septentrionale du pays de Moab.
3 Leçon des Septante. Ço'ar est à l'extrémité méridionale du pays. — Moab, dans cette phrase, n'est pas le peuple ou le territoire, mais l'un des chefs-lieux ; *Ar Moab, ville de Moab. Es. XV, 1 .
4 Leçon rétablie d'après cbap. XVII, 6.
toi anssi ta seras soumise, et Kemos'^ s'en ira en exil, avec tous ses prêtres et ses émirs. Le dévastateur viendra contre toutes les villes, et aucune n'échappera, et la plaine sera ruinée, et le plateau sera ravagé, comme TÉternel Ta dit. Donnez des ailes à Moab, car il va partir au vol, ses villes seront désertes et sans habitants. Maudit soit, qui fait Tœuvre de l'Éternel négligemment I Maudit, qui refuse son épée au carnage !
Hoab est resté tranquille ^ depuis sa jeunesse ; il s'est reposé sur sa lie, il n'a point été versé d'un fût dans l'autre, et emmené en exil; aussi son goût lui est-il resté et son parfum ne s'est pas altéré. Pour cela, voyez, dit rÉteruel, le moment vient où je lui enverrai des encaveiirs qui le décaveront, qui videront ses muids et briseront ses amphores. Et Moab aura honte de son Kemos', comme la maison d'Israël a eu honte de Bêt-El ^ qui faisait son espoir.
Comment dites-vous : Nous sommes des guerriers, des gens vaillants au combat! Le dévastateur^ de Moab et de ses villes s'avance, et rélite de sa jeunesse périt dans le carnage : c'est le Roi qui le dit, lai, dont le nom est laheweb Çebaôt. La chute de Moab est proche, sa ruine va survenir sans tarder. Faites-lui vos condoléances *, vous ses voisins, vous tous qui avez connaissance de son nom 1 dites : comment a-t-il été brisé, ce bâton puissant, ce sceptre glorieux l
Descends de ta splendeur et va t' asseoir sur la terre nue, fille de Dibôn ! car le dévastateur de Moab s'avance contre toi ; il détruit tes remparts. Place-toi sur la route et regarde au loin, peuple de *Âro*ërl interroge les fuyards, tout ce qui a pu se sauver I dis : qu'est-il arrivé*"?
^ Nom d une divinité des Moabites.
^ Il y a ici une allégorie assez singulière. Le peuple moabite est comparé, relativement à son caractère et à sa valeur morale, à du vin qu'on aurait toujours laissé sur sa lie, tandis que l'usage en Orient est de transvaser fréquemment le vin pour l'améliorer. Le $oét et le parfum doivent être pris ironiquement et dans le mauvais sens. Le reste s'explique facilement. Seulement l'auteur a trouvé nécessaire d'interpréter lui«m6me ce qull entend par le transbordement du via. C'est Veœilt c'est-à-^ire une catastrophe nationale, qui aurait pu servir à épurer, à éprouver le peuple pour le corriger, comme les prophètes aimaient a le dire d'Israël. On voudra bien nous passer les mots étrangers an Dictionnaire de V Académie.
"* Où l'on adorait jadis Jéhova sous la figure du taureau. La maison d'Israël, le royaume d'Éphraîm, est tombé, malgré, ou plutôt à cause de ce culte. 8 Texte corrigé d'après le v. 18.
^ Ironie. Les voisine et ceux qui n ont connaissance que de son nom forment une antithèse ; de près et de loin on peut venir prendre part au deuil.
10 Tableau très-pittoresque ; l'invasion venant du Nord, les fuyards se dirigent vers le Sud. Ceux de *Aro'ér les voient arriver et demandent ce que c'est. L'Amôn (Wadî A. T. 2* part. — 1. S6
562 jÉRÉMiË xLvni, 20-3S.
Moab est hamilié, écrasé I Crie toujours et lamente-toi ! Annoncez-le sur rArnôn : Moab est ruiné I L'arrêt fatal s'accomplit sur tout le plateau, sur Holôn, sur laheçah^ sur Moufa'at^ sur Dîbôn, sur Nebô, sur Bèt-Diblatsûim, sur Qirjataïm, sur Bêt-6amoul, sur Bét-Me*ÔD, sur Qeriyot, sur Boçrah, sur toutes les bourgades du pays de Mcab^ proches ou lointaines. Elle est abattue^ la corne de Moab, et son bras est brisé, parole de rÉternel.
Enivrez** Moab, parce qu'il a eu le verbe si haut contre rÉtemell Qu'il se vautre dans ce qu'il a vomi 1 Qu'il soit, lui aussi, la risée des autres I Israël n'a-t-il pas été pour toi ûu objet de dérision? Est-ce qu'il a été surpris parmi les voleurs, pour que toutes les fois que tu parlais de lui, tu aies dû hocher la tète *^ ?
Quittez vos villes, habitants de Moab I allez vous loger au milieu des rochers, comme la colombe qui niche sur le bord des précipices!
Nous connaissons *' l'orgueil de Moab, cet orgueilleux, sa hauteur, son arrogance, sa fierté, sou outrecuidance I Moi je la connais, dit l'Éternel, son insolence, sa vanité : ses vains parleurs n'ont rien fait de bon"*.
Pour cela, je me lamente *' au sujet de Moab ; sur Moab tout entier je pousse des cris ; sur les hommes de Qir-Hers on soupire. Plus que sur Ia*ezer je pleure sur vous, vignes de Sibmah! Vos sarments traversaient la mer, ils poussaient jusqu'à la mer de la'ezert Le dévastateur s'est jeté sur ta récolte, sur ta vendange. La joie et
Moudjeb] formait autrefois la frontière septentrionale du pays des Moabites, mais depois longtemps ceux-ci avaient délogé les Israélites de Tautre côté de la rivière. La nouyelle de Tinvasion arrive de la frontière actueUe jusque sur TArnôn. Il convient cependant de faire remarquer que les divers petits tableaux qui se suivent dans le texte ne sont pas exactement arrangés d'après la situation géographique des lieux.
1^ L'image de Tivresse, pour désigner la colère vengeresse de Dieu, a déjà été employée chap. XIII, 13; XXV, 15. La peinture des détails dépasse les limites que respecte le goût moderne. L'apostrophe, du reste, ne s'adresse pas à une personne déterminée; ni à Dieu, ni aux ennemis de Moab. Elle exprime simplement le désir de la vengeance.
12 Moab aura bien mérité qu'on se moque de son malheur, au lieu de l'en plaindra. Il en a fait autant à Israèl en cas pareil, comme si celui-ci avait été un vil malfaiteur.
13 Ce qui suit est à peu près copié dans Es. XVI, 6 suiv.
^^ Ces derniers mots sont douteux, ou plutôt les critiques juifs ont mal accentué la phrase, qu'on devra sans doute rétablir d'après le texte d'Ésale, en retranchant comme une glose superdue et traînante ce qu'il y a ici de plus.
15 On ne voit pas trop bien qui parle ici. Ce ne peut être ni Dieu ni le prophète, et on tant que le texte est évidemment emprunté à Ésaïe, l. c, on est tenté de dire que cette intercàlation a nui à la suite logique du discours. Dans Ésaïe, c'est Moab même qui gémit. En général, le texte a beaucoup été remanié ou altéré dans cette transcription.
JÉBÉMIE XLXIII, 34-44. 563
Tallégresse sont bannies des vergers et da pays de Hoab; je fais tarir le vin dans les caves ; personne ne les foulera plus : le hourrah n'est plus le hourrah *^.
Les cris de Hes'bôn^^ arrivent jusqu'à Élealeh; jusque vers lahaç* ils se font entendre ; de Ço *ar à Horonaïm, à 'Eglat^S'elis'iyah ; les eaux de Nimerim mèodes sont taries.
Je ferai en sorte, dit TÉternel, qu'on cesse en Moab de monter aux hauteurs sacrées et d'encenser ses dieux. Aussi mon cœur gémit-il sur Hoab, comme une flûte ; mon cœur gémit comme une flûte sur les hommes de Qir-Hers *" ! C'est que le reste qu'on a ramassé est perda'^. Toutes les têtes sont rasées ^^, toutes les barbes sont enlevées ; sur toutes les mains des incisions, sur tous les reins des cilices. Sur tons les toits de Moab et sur ses places, il n'y a que deuil ; car j'ai brisé Moab comme un vase méprisé, dit rÉternel. Comme il est abattu I Lamentez-vous I Comme il a tourné le dos, Moab I Honte 1 Hoab est devenu la risée et l'épouvante de tous ses voisins.
Car voici ce que dit l'Éternel : Voyez I comme l'aigle il ^* vole, il déploie ses ailes sur Moab, Les villes sont prises, les citadelles sont emportées, et le cœur des guerriers de Moab est en ce jour comme celui d'une femme en travail ^'. Moab est anéanti, ce peuple n'existe plus, par ce qu'il a eu le verbe si haut contre l'Éternel. Frayeur, fosse et filet sur vous, Moabites I dit l'Éternel. Celui qui fuit par suite de la frayeur, tombe dans la fosse; celui qui sort de la fosse est pris dans le fîlef . Car j'amène sur lui, sur Moab, l'année du compte à rendre, parole de l'Éternel I
^0 Pour beaucoup de détails de ce passage, nous renvoyons le lecteur au commentaire sur Es. XVI. Mais nous disons encore une fois que le présent texte nous inspire pea de confiance. Une mer (ou lac) de la 'ezer est chose inconnue ; le mot de hourrah se lit trois fois ici^ la première fois nous le changeons d'après l'ancien texte. Pour lo reste, le sens est alors clair: le hourrah des vendangeurs est remplacé par le hourrah des guerriers pillards.
^'^ Ceci est pris dans Es. XV, 4 et suiv.
18 Es. XVI, 11.
1^ Réminiscence de Es. XV, 7.
iO PoxLT ces marques de deuil, voyez ibid., v. 2 et suiv.
SI Sous*entendez : l'ennemi, le conquérant, auteur de toutes les calamités décrites plus haut.
^* La comparaison porte moins sur le courage, dans le sens moral, que sur les phénomènes physiologiques qui accompagnent l'angoisse: les convulsions, les frissons, etc.
^ Ce passage se retrouve textuellement Es. XXIV, 17. 18. Le jeu de mots de l'original : pahad, pahat, pah, n'a pu être rendu en français que par la seule allitération des trois F.
564 JÉRÉMIE XLVIIT, 45-47. XLIX. 1-3.
A Tombre de Hes'bôn** s'arrêtent les fuyards épuisés : mais un fea sort de Hes'bôn, une flamme de chez Sihôn ; elle dévore la barbe de Moab et la chevelure de ces tapageurs. Malheur à toi, Moabl 11 est perdu le peuple de KemosM Tes fils sont eoimenés en exil, et tes filles en servitude.
Mais je restaurerai Moab dans la suite des temps, parole de rÉternel l
[Jusqu'ici r arrêt sur Mo<ib^^,]
Relativement aux 'Ammonites * .
Voici ce que dit rËtemel : Israël n'a-t-il plus d'enfants? n'a-til plus d'héritier? Pourquoi Milkom* s'est-il emparé de Gad? pourquoi son peuple occupe-t-il ses cités? Pour cela, voyez, il va venir un jour (parole de l'Éternel !) oii je ferai entendre le cri de guerre à la capitale ' des fils de *Amm6n ; elle deviendra un monceau de niioes ; ses bourgades seront livrées aux flammes, et Israël dépouillera ses spoliateurs : c'est l'Éternel qui le dit. Lamente-toi Hes'bôn, car 'Ai
^^ Ce dernier alinéa se compose de phrases tirées de Non^r. XXI, 28. 29; XXIV, \1.
^^ Ces derniers mots ne peuvent avoir été mis là que par un rédacteur ou copiste plus récent. — En général, toute la seconde partie de ce morceau^ a partir du 29* ferset, nous parait être de nature à justifier les doutes de la critique. Ces emprunts serviles et en partie incommodes, faits à tous les textes prophétiques de l'Ancien Testament qui parlent de Moab, ces répétitions oiseuses, qui ne font qu'affaiblir l'énergie du discours, nouâ font l'effet d'une surcharge ajoutée à un original plus simple. Nous signaleroos surtout les passages où une voix inconnue et indéfinissable plaint le sort de Mo«b (v. 31 et suiv.; v. 36), ce qui cadre mal avec les menaces et les imprécations du reste; ensuite cette contradiction du v. 45, où les fuyards cherchent un abri à IBles'bôa [au nord], avec toute la première partie, où la fuite se dirige vers le sud; voyez surtout Y. 2 et 19.
' A l'époque de Jérémie, la tribu (arabe) des 'Ammonites avait occupé une gronde partie du territoire à l'Orient du Jourdain, autrefois possédé par les Gadites, de même que les Moabites s'étaient emparés du territoire des Rubénites, surtout à la suite de la ruine du royaume d Israël.
^ Le dieu des 'Ammonites. Les Rabbins ont mal compris le texte et ont écrit Malkêniy c'est-ÀHlire leur roi. Mais ce pronom ne se rapporterait k aucun sujet. Comp. v. S, et Amos I, 15.
3 Litt.: la grande (ville), désignation qui a fini par devenir Un nom propre, Riiiit ou Rabbat-*Ammon. On en voit encore aujourd'hui des ruines, nommées Ammâa.
JÉRÉMIE XUX, 4-11. 565
est détruite 1 Criez, filles * de Rabbah, ceignez le cilice, prenez le deuil, parcourez vos bercails, car Milkom s'en va en exil, avec ses préires et ses émirs, tous ensemble. Pourquoi te vantes-tu de tes plaines, de ta campagne fertile^? Fille égarée, qui te fiais à tes greniers ! cQui osera m'approcher ? » Vois-tu, je fais venir contre toi la terreur de tous côtés, dit le Seigneur, le dieu des astres ; vous serez chassés, chacun droit devant lui, et personne ne rassemblera les fuyards!
Après cela, je restaurerai les fils de 'Ammôn^ parole de rËterneU
Relativement aux Édomites.
Voici ce que dit laheweh Çebaôt : N'y a-t-il plus de sagesse en Téman*? Les prudents ont-ils perdu la tête? Leur sagesse a-t-elle défailli? Fuyez, retournez sur vos pas, blottissez-vous dans quelque cachette, habitants de Dedan ' I Car c'est la mine de 'Ésaw que j'amène sur lui, c'est le moment où je lui demande son compte.
Si ce sont des vendangeurs' qui entrent chez toi, ils ne laissent pas de quoi grapiller ; si ce sont des voleurs nocturnes, ils dévastent à cœur joie I Car moi je fouille 'Ésaw, je découvre ses retraites ; s'il veut se cacher, il ne le peut. Sa race est exterminée ; de ses frères, de ses voisins, il ne reste plus personne: c Laisse-moi tes orphelins, moi je les nourrirai, et que tes veuves s'en remettent à moi^ !>
4 Oo devra prendre ce mot au sens figuré, que nous avons exprimé dans le verset précédent, en mettant bourgades là où le texte parle de filles. Les viUages sont les filles (les villes dans le langage poétique, de même que dans celui de radministration. Par-» courir les bercails, est ici l'acte des gens de la campagne, qui courent pour sauver leurs troupeaux.
^ Litt.: Ta campagne (f^<cow/0. Ce mot est employé souvent dans le sens deTabondance.
^ Les Édomites (la race d^Ésaû] étaient renommés pour leur sagesse, aussi est-ce chez eux que Tauteur du livre de Job place la scène de son célèbre dialogue philosophique (Tôman, quoique localité particulière, est ici placé pour la nation entière). Malgré cette sagesse tant vantée, ils ne peuvent conjurer la catastrophe qui les menace. (Gomp. Obad. 8).
^ La tribu des Dedanites représente ici tous les Arabes du désert, en rapport avec Kdom. Ils sont avertis de se soustraire aux périls imminents.
' Phrases reproduites Obad. v. 5, mais autrement appliquées ici. Les ennemis qui doivent dévaster le pays d'Ëdom sont tour à tour comparés à des vendangeurs et à des voleurs, qui ne laissent rien, qui enlèvent tout. Ensuite Dieu lui-même se charge en quelque sorte de cette besogne.
^ Nous supposons que ces mots doivent peindre la ruine absolue. Il ne reste plus personne pour dire^ etc. Grénéralement on y voit une parole de pitié dans la bouche de Jéhova, ce qui jurerait avec le reste.
566 JÉRÉMIE XLIXy 12-20.
Car voici ce qne dit rÉternel : Voyez donc 1 ceux auxquels la coupe n'était pas destinée, seront obligés de la boire ^, et toi ta en serais dispensé? Non, tu ne seras point dispensé, mais tu la boir&s certainement ! Car je le jure par moi-même, parole de l'Étemel ! Boçrab sera nn objet d'horreur et d'opprobre, une ruine maudite, et toutes ses bourgades seront ruinées à jamais I
Un message ^ m'est arrivé de la part de l'Étemel, un héraut est envoyé parmi les peuples : Rassemblez-vous I Marchez contre lui ! Levez-vous pour le combat ! Car, vois-tu, je te fais petit parmi les
peuples, méprisé parmi les hommes. Ta terreur ^ , l'orgueil de
ton cœur t'a trompé, toi qui demeures dans les gorges du rocher, qui occupes les hautes côtes ! Tu élèverais ton aire comme l'aigle', je t'en ferais descendre, parole de l'Éternel I Édom sera une solitude, que les passants contempleront avec stupeur, en ricanant à propos de ses malheurs^. Ce sera comme la destruction de Sedom et de 'Àmorah, et pour ce qui est des villes voisines, dit rÉternel, il n'y demeurera plus personne, pas un mortel n'y séjournera!
Voyez I II *<^ s'élance, comme un lion des broussailles du Jourdain sur la campagne verdoyante, et soudain je les en chasse, et ]j placerai comme maître celui que j'aurai choisi. Car qui est moD égal? qui me mettra en cause? et quel est le pâtre qui me tiendrait tète «M
Écoutez donc le dessein de l'Éternel qu'il a formé contre Édom, et ses projets qu'il a médités contre les habitants de Têman : Oui^
^ Iirafil ansBi sera châtié, pourquoi Édom resterait-il impuni? Sur Timage du calice, voyexXXV, 15.
0 Ici notre texte est évidemment dans un rapport très-intime avec celui d'Obadias, V. i suiv. La question de savoir quel est l'original, est très-controversée. Nous la traitons dans Tintroduction à ce dernier prophète. — Le sens est que Jérémio dit avoir enteida Tordre que Dieu adresse à d'autres peuples, de venir attaquer Édom.
'^ Ce mot ne se rattache ni à ce qui précède, ni à ce qui suit. II manque dans le texte d'Obadias, et les Septante ne l'ont pas compris. On traduit communément : La terreur sur toi I comme une menace. Ou bien : La terreur que tu inspirais (t'a rendti trop confiant).
S Allusion à la nature du pays des Édomites, dont le chef-lieu môme s'appelait U Roeke (Séla*), chez les Grecs Pétra, d'où le nom de l'Arabie Pétrée.
0 Chap. XIX, 8.
10 Chap. XLVIII, 40. Dans l'allégorie qui suit, Édom est le troupeau surpris par la bête féroce, et qu'aucun pfttre ne peut protéger. Jéhova choisira le nouveau berger, le nouveau maître du pâturage.
1 1 Jéhova parait ici s'identifier avec le lion de Tallégorie, parce qu'au fait, le conquérant qui doit châtier Édom n'agit que comme l'instrument de Dieu.
poar sàr, on les entraînera, ces chétifs moutons I oui^ pour sûr, leur campagne sera désolée *' à cause d'eux I
Au bruit de leur chute, la teri'e tremble ; et Técho en retentit jusqu'à la mer des algues". Voyez! comme Taigle*^, il s'élance et vole, il déploie ses ailes contre Boçrah, et le cœur des guerriers d'Édom est en ce jour comme le cœur d'une femme en travail I