‹ La Bible (volume 2)Chapitre 59 sur 93 · JÉRÉMIE XLIX, S4-39. LU · texte numérisé non relu

JÉRÉMIE XLIX, S4-39. LU

Voici ce que dit laheweh Çebaôt : Voyez, je vais briser Tare de 'Êlam^ la primeur de ses forces'. J'amènerai contre ceux de 'Élam quatre vents des quatre coins du ciel, et je les disperserai dans la direction de ces vents, et il n'y aura pas de peuple vers lequel les fuyards de "Élam ne soient chassés. Et j'abattrai ceux de 'Êlam devant leurs ennemis, devant ceux qui en veulent à leur vie, et j'amènerai sur eux une calamité, le feu de ma colère, parole de Paternel 1 et je lancerai après eux l'épée, jusqu'à ce que je les aie exterminés'. J'établirai mon siège en 'Élam^, et j'y ferai périr roi et émirs, parole de l'Éternel I Mais dans la suite des temps je restaurerai *Élam, parole de l'ËterneP I

[Jusqu'ici les discours de Jérémie *.]

Çideqiyahou * était âgé de vingt-un ans, lorsqu'il devint roi, et il régna onze ans à Jérusalem. Le nom de sa mère était Hamoutal, fille de Yirmeyahou, de Libnah. Il fit en toutes choses ce qui déplaisait à l'Éternel, comme avait fait lehoyaqim. Car ce fut à cause de la colère de l'Éternel que telle chose arriva à Juda et Jérusalem^ jusqu'à ce qu'il les rejetât de sa face.

Et Çideqiyahou s'étant révolté contre le roi de Babel, il arriva dans la neuvième année de son règne, le dixième jour du dixième mois^ que Neboukadreççar, le roi de Babel, se présenta devant Jérusalem avec toute son armée : on établit le camp devant la ville, et l'on construisit des retranchements tout autour. Et la ville resta cernée jusqu'à la onzième année du roi Çideqiyahou. Au neuvième jour du quatrième mois, lorsque la famine fut extrême dans la ville, et que le commun peuple n'avait plus rien à manger, une brèche fut faite à la ville, et tous les gens de guerre s'enfuirent et sortirent de la ville pendapt la nuit, par le chemin de la porte qui est entre

^ C'est-à-dire ses meilleurs guerriers. L'arc n'est Ici que le symbole de la puissance gaerrière.

8 Chap. IX, 15.

4 Comme Juge et vengeur.

^ Cette dernière ligne nous est suspecte. N'aurait-elle pas été ajoutée par un lecteur témoin de la splendeur de la monarchie des Perses ?

^ Cette note du rédacteur se trouve dans nos textes, à la fin du chap. 51 . On verra plus loin les motifs pour lesquels nous nous arrêtons ici.

^ Cet appendice historique est pris dans le deuxième livre des Rois^ chap. XX IV^ 18 et suiv. Comp. aussi Jérémie XXXIX.

570 JÂRéMIR LU, 8-20.

les deux murs, en face du jardin royal, quoique les Chaldéens eussent cerné la ville, et ils prirent la direction de la plaine. Et les troupes chaldéennes poursuivirent le roi, et elles atteignirent Çideqiyahou dans les plaines de lerého, et sa troupe à lui Tabandonna et se dispersa. Et on saisit le roi et on le conduisit vers le roi de Babel à Riblah dans le pays de Hamat, où on lui fit son procès. Et le roi de Babel fit égorger les fils de Çideqiyahou devant ses yeux; de plus, il fit égorger à Riblah tous les chefs de Juda. Puis il fit crever les yeux à Çideqiyahou et le fit conduire à Babel^ après ravoir lié avec une double chaîne, et le roi de Babel le mit dans la maison de détention jusqu'au jour de sa mort.

Et le dixième jour du cinquième mois de cette même année, qui était la dix-neuvième du règne de Neboukadreççar, roi de Babel, Nebouzaradàn, chef des gardes du corps, au service du roi de Babel, arriva à Jérusalem. Il fit mettre le feu au temple et au palais royal, et fit brûler toutes les maisons de Jérusalem , notamment toutes les grandes maisons. Et les troupes chaldéennes qui étaient avec le chef des gardes du corps démolirent tous les murs de Jérusalem. [Cependant une parité du bas peuple^»] Quant au reste de la population qui se trouvait encore dans la ville, et aux transfuges qui s'étaient rendus au roi de Babel, et au reste des artisans, Nebouzaradàn, le chef des gardes du corps, les déporta. Cependant Nebouzaradàn, le chef des gardes du corps^ laissa une partie de la basse classe comme vignerons et cultivateurs. Et les colonnes d^airaio qui étaient au temple, ainsi que les trains et lo grand bassin d'airain qui s'y trouvaient, les Chaldéens les mirent en pièces et en emportèrent tout Tairain à Babel. Ils prirent aussi les pots, les pelles, les couteaux, les jattes, les .plateaux, et tous les ustensiles d'airain, qui servaient au culte. De même, le chef des gardes du corps emporta les lavoirs, les éteignoirs, les jattes, les pots, les chandeliers, les plateaux et les bassins, l'or de ce qui était d'or et l'argent de ce qui était d'argent. Quant aux deux colonnes, au grand bassin unique, aux douze bœufs d'airain qui étaient au-dessous [et auxy trains des bassins que le roi Salomon avait fait faire pour

^ Mots transportés ici mal à propos par une iDadvcrtance de copiste. C'est le com« mencement de la phrase suivante.

3 Le texte doit ici être fautif, ou bien le rédacteur ou copiste s'est trompé. Les dooxe bœufs se trouvaient sous le grand bassin (1 Rois Vil, 25}, et non, comme le dit notre texte, au-dessous de dix petits bassins. («M., v. 27). Nous avons inséré les mots: et ans [dépendant de qtuint), pour faire disparaître Terreur. Le texte de 2 Rois XXV, i6 ne dit rien ici des douze bœufs, par la bonne raison qu'ils n'existaient plus probablement (2 Rois XVI, 17).

JÉRÉMIE LTI^ 21-28. 571

le temple, il était impossible de peser Tairain de tous ces objets. Quant aux colonoes, la hauteur d'une colonne était de dix-huit coadées, et un fil de douze coudées en mesurait la circonférence, et son épaisseur * était de quatre doigts ; elle était creuse et surmontée d*un chapiteau d'airain, haut de cinq^ coudées, et entouré d'un treillage et de grenades, le tout d'airain ; la seconde colonne était toute pareille [et des grenades]^, et les grenades étaient au nombre de quatre-vingt-seize sur les faces, le total en était de cent tout autour sur le treillage ''.

Et le chef des gardes du corps prit Serayah, le prêtre en chef, et Çefanyah, le prêtre en second, et les trois gardiens du seuil. Et de la ville il prit un eunuque, qui avait été commandant des gens de guerre, et sept hommes d'entre les conseillers intimes du roi qui se trouvaient dans la ville, ainsi que le secrétaire du chef de Tannée qui enrôlait la population pour le service, et soixante autres personnes privées qui se trouvaient dans la ville. Nebouzaradan, le chef des gardes du corps, les prit et les fit conduire à Riblah auprès du roi de Babel, et celui-ci les fit mettre 'à mort à Riblah dans le pays de llamat. Ainsi Juda fut déporté hors de sa patrie^.

Voici le relevé des personnes que Neboukadreççar fit déporter : la septième année trois mille vingt-trois Judéens^, la dix-huitième

^ L'épaisseur de l'airain^ non le diamètre de la colonne. Les détails relatifs aux deux colonnes sont omis en partie dans le texte parallèle.

5 1 Rois VII, 16, contre 2 Rois XXV. 17.

^ Ces mots ne peuvent provenir que d'une erreur de copiste , à moins qu'on ne veuille dire qa'ils sont les restes tronqués de quelque phrase perdue.

"^ Il est difficile de dire ce que Tauteur a voulu décrire, et surtout de faire accorder sa description avec 1 Rois VII, 20, 42. Quelques auteurs pensent que la colonne était placée si près du mur que quatre grenades étaient complètement invisibles, c'est-à-dire confondues avec la tangente ; d'autres croient que le chapiteau présentait quatre faces à TÎDgt-quatre grenades, les quatre dernières se trouvant sur les angles.

B Ce qui suit ici dans le dernier chapitre du livre des Rois, n'a point été transcrit dans notre texte, parce que les Mémoires de Jérémie (chap. XL et suiv.) en avaient donné un récit beaucoup plus détaillé. En revanche, notre texte intercale ici des détails statistiques qui manquent ailleurs et qui ne s'accordent pas avec les autres données que nons possédons.

^ Il s'agirait ici de la première déportation, et le chiffre serait bien inférieur à celui indiqué 2 Rois XXIV, 13. On propose de lire, la diw'-septième année ; alors la notice se rapporterait, comme on s'y attend d'ailleurs, à l'époque du dernier siège, et les 3023 personnes seraient des habitants du territoire en dehors de la capitale. Ainsi cette notice compléterait les données du livre des Rois, qui ne fait point le relevé des déportés de la seconde époque. Tout de môme le nombre est tellement inférieur à celui des Juifs qui rentrent sous Cjms (Esr. II, 1 , 64), qu'il sera bien difficile de se faire une idée bien précise de la nature de ces différentes émigrations.

année de Neboukadreççar, huit cent trente-deux de Jérusalem ; la vingt-troisième année de Neboukadreççar, Nebouzuradan, le chef des gardes du corps, déporta sept cent quarante-cinq individus judéens; le total fut de quatre mille six cents personnes.

Et'® trente-sept ans après la déportation de lehoyakîn, roi de Juda, le vingt-cinquième jour du douzième mois, Éwil-Merodak, roi de Babel, dans Tannée même de son avènement, fit grâce à lelioyakin, roi de Juda, et le fit sortir de prison, et lui donna de bonnes paroles et lui assigna son siège au-dessus du siège des rois qui étaient avec lui à Babel. Il changea ses vêtements de captif, et il mangea dès lors toujours à la table du roi sa vie durant; en outre, il lui fut donné de la part du roi de Babel, sa vie durant et jusqu'au jour de sa mort, ce qu'il lui fallait pour son entretien, perpétuellement et au jour le jour.

10 2 Rois XXV. 27 ot siiiv.

Page 1