ANONYME (ZACH. IX
Elle a amassé de Targent comme do la poussière, De Tor, comme la boue des rues — Voyez, le Seigneur s'en empare ;
Il frappe sa puissance au sein de la mer. Et elle sera dévorée par le feu.
As'qlôn le verra et aura peur, 'Azzah sera saisie d'effroi,
'Eqrôn, dont l'espérance est anéantie :
Il n'y aura plus de roi à 'Azzah, Et As'qlôn ne sera plus habitée.
Le bâtard s'établira à A^dod,
Et je mettrai fin à l'orgueil des Philistins ^
Mais quand j'aurai ôté leur sang de leur bouche. Et arraché à leurs dents les viandes abominables,
Eux aussi resteront a notre Dieu :
Ils seront des émirs en Juda Et rSqronite sera assimilé au lebousite^. Je camperai devant ma maison, contre les armées.
Contre tout allant et venant,
^ Les villes des Philistins y passeront à leur toar. Elles pouyaient espérer que les puissaates citadelles des Phéniciens résisteraient, et arrêteraient ainsi le conquérant envahisseur ; mais ces remparts tombés, leur espérance est anéantie. Le bâtard (signification tant soit peu douteuse, comp. Deut. XXIII, 8) sera en tout cas l'étranger qui prendra la place de la population indigène^ seule race légitime dans le pays.
^ Cependant quand ce châtiment sera accompli, une perspective de restauration s'ouvrira pour les Philistins aussi (le texte dit: ^0 Philistin au singulier, ce que nous avons changé pour éviter toute méprise). De même que les prophètes annoncent à Israël un avenir meilleur après Tépreuve, avenir qui présuppose toujours une purification morale et religieuse, de mdme Tauteur en promet le bénéfice k ceux qu'il vient de menacer, mais à la mdme condition. D'après cela, les deux premières lignes font allusion aux sacrifices faits aux faux dieux, et aux festins qui les accompagnaient : ces actes, que Jéhova a en horreur, devront cesser ; alors ils resteront, le reste du peuple appartiendra au Dieu d'Israël ; les Philistins deviendront en quelque sorte membres de cette nation. Ainsi autrefois les habitants indigènes (cananéens) de Jérusalem, les lebousites, s'amalgamèrent avec les compagnons de David après la conquête de cette ville, de sorte que du temps de notre prophète, toute distinction d'origine avait disparu. Le sang est nommé sans doute pour rendre l'expression plus énergique, car il n'est pas à supposer que les Philistins mangeaient la viande crue. En parlant à'émtrs, l'auteur ne veut pas dire que les Philistins auront le commandement sur les Israélites, mais qu'ils seront leurs alliés et confédérés, qu'ils feront partie de la nation et fourniront leur contingent comme les autres.