‹ La Bible (volume 2)Chapitre 7 sur 93 · ANONYME (ZACH. IX, 8-IO · texte numérisé non relu

ANONYME (ZACH. IX, 8-IO

Pour qu'aucun tyran ne les attaque plus : Car maintenant j'y regarde de mes yeux '.

Tressaille de joie, fille de Sion !

Pousse des cris, fille de Jérusalem !

Vois! Ton roi vient vers toi,

Il est juste et victorieux.

Humble et monté sur un âne,

Sur le poulain de Tânesse ^.

J'exterminerai les. chars d'Éphraïm,

Et les chevaux de Jérusalem:

L'arc guerrier disparaîtra :

Il commandera la paix aux nations*; Son empire s'étendra d'une mer à l'antre^ Et depuis le fleuve jusqu'aux bouts de la terre '^.

^ Désonnais ces divers ennemis, qui aujoardliui menacent encore Jérusalem^ ne loi feront plus de tort; Jéhova a l'œil ouvert sur eux (v, 1), il s'interpose entre eoi et la ville» comme dans cm camp retranché^ et ne permettra pas ces incursions incesiantes. ce va-et-vient de la guerre comme elle se faisait alors, visant à la surprise et au piUage, et ruinant le pays périodiquement.

^ Le roi annoncé ici, après la prédiction relative à la conversion et à l'incorpontion des Philistins, ne peut être que le roi idéal de l'avenir, le Messie. Les tttnbuts qui lui sont décernés sont : 1* Il est juste. On peut prendre ce mot dans s<m sens ordinaire (comp. Es. XI, 4), le règne messianique devant faire disparaître toal ce qui est contraire au droit et à la loi. D'autres, cependant, l'ont pris dans le seos de : le vrai roi, le roi comme il doit être. 2^ Il est victorieux, litt. : secouru (de Dieu), sauvé, cela veut dire protégé par la puissance de Dieu, de manière a n'tvoir rien k craindre, ni pour lui-môme, ni pour son peuple, d'une puissance tenestre ennemie (Mich. V, 4). 8« Il est humble, ce qui, d'après le contexte, est opposé à la fierté guerrière des rois conquérants, et implique l'idée de piété et de soumission à Dieu. D'autres traduisent : doux (Septante et Matth. XXI, 5), ce qua le mot hébreu ne signifie pas. 4° La mention d'un âne (et non d'un cheval) doit sans doute aussi relever le caractère pacifique du personnage et de son règne, mais en aucun cas ce n'est un signe d'abaissement. Le poulain de l'ftnesse n'est ici mentionné qu'en vertu de la loi du parallélisme, et n'est pas un second animal.

* Les chevaux et les chars (de guerre) seront alors inutiles et devront disparaître, pour qoe l'idée même des expéditions militaires ne vienne plus à la nation. (Comp. Mich. V. 9.)

'^ Les deux men sont ordinairement la Méditerranée et la mer Morte. Cependant comme ces limites seraient trop étroites, d'après notre texte même, on a voulu substituer aux mers, les deux grands fleuves, désignés quelquefois par ce même noQf le Nil et l'Euphrate. Mais pourquoi la phrase ne serait-elle pas prise à la lettre, pour désigner le continent tout entier? Le fleuve (l'Euphrate), ordinairement la limite extrfime de l'horixon Israélite, et autrefois celle de l'empire de David, ne serait pas celle de l'empire du Messie.

180 ANONYME (zAai. IX, 11-15).

Et toi, grâce au sang de notre alliance, Je ferai sortir tes captifs de la citerne sans eau : Revenez à la hauteur escarpée, Captifs de Tespérancel Aujourd'hui même je le proclame :

Je vous rendrai le double*'!

Car je banderai Juda en guise d'arc.

Je le chargerai d'Éphraîm, en guise de flèches; Je lancerai tes enfants, ô Sion, Contre tes enfants, ô lawan ; Je ferai de toi Tépée d'un héros**.

L'Éternel apparaîtra au-dessus d'eux :

Son trait partira comme l'éclair.

Le Seigneur lahewéh sonnera de la trompette Et s'élancera avec l'ouragan du midi*', lahewéh Çebaot *^ les protégera ; Ils dévoreront, ils fouleront aux pieds,

^^ Le discours, après avoir peint un avenir plus éloigné, revienl ici à des faits préliminaires. L'inauguration du règne messianique implique la délivrance préalable (les Israélites déportés, ou prisonniers, ou esclaves chez les peuples étrangers. C'est de cette délivrance qu'il est question ici. Tous les détails rhétoriques s'expliquent facilement à ce point de vue. La captivité est symbolisée par la citerne sans eau, parce que des trous de ce genre servaient quelquefois de prison temporaire (Gen. XXXVII, 24. Jér. XXXVIII, 6}. La liberté, désonnais assurée, est désignée par la hauteur escarpée, où l'ennemi ne parvient pas à monter (Ps. XVIII, 34). Jéhova promet cette délivrance au peuple avec lequel il a fait jadis une alliance cimentée par des sacrifices solennels. Aussi les captifs sont-ils nommés captifs de l'espérance, c'est-à-dire auxquels l'espérance ne doit pas faire défaut, qui doivent la conserver malgré l'apparence des faits actuels.

1^ Avant l'avènement du Messie et de l'âge de paix, il y aura donc une guerre de vengeance et de représailles contre les ennemis d'Israël. Ce peuple sera, entre les mains de Jéhova, une arme pour réduire les païens. (Littéralement le texte dit: Je me banderai Juda, je remplirai l'arc avec Éphralm). Sur lawan, les Ioniens, voy. Joôl IV, 6, et l'introduction.

^^ Jéhova marche à la tdte des Israélites contre leurs ennemis, qui sont aussi les siens. Contre l'usage des prophètes, celui-ci donne au peuple une large part à la besogne guerrière. La présence protectrice de Jéhova est représentée comme vmble, c'est-à-dire non méconnaissable et certaine. L'ouragan du midi est choi« d'après l'expérience de la nature, tout au plus en vue de l'antique tradilion relative au Sinaî, mais non pas en vue des circonstances politiques qui amenaient le danger du côté du nord. On voit aussi maintenant pourquoi plus haut (v. 9) le Messie a été nommé un roi victorieux, malgré le caractère pacifique de son règne.

14 Nous conservons ces noms hébreux partout où ils se trouvent combinés. Amos disait : le Dieu des astres ; ici le second terme est devenu nom propre, de génitif qu'il était.

ANONYME (ZACH. IX, li-l7. X^ l). 187

Comme si c'étaient des pierres à fronde ; Ils boiront, en criant, comme si c'était du vin, A pleins bords, et rougis comme les angles de TautcP^..

En ce jour-là, TÉtemel, leur Dieu, Leur donnera la victoire, à son troupeau, à son peuple *^ ; Car ils sont des pierres de diadème, S'élevant brillantes sur son sol^'^.

Ab I quel sera leur bonheur !

Quelle sera leur beauté!

Le blé fait pousser les jeunes gens,

Et le moût les vierges *'.

C'est à rÉternel que vous demanderez la pluie

Dans la saison printanière ; C'est rÉternel qui fait éclater ses foudres,

^•* LiUéralement : ils mangeront, ils s'empareront des pierres à fronde^ ils feroût du Tacanne, comme de vin, ils seront remplis comme la coupe^ comme les sogles de l'autel. — Ces lignes ont dû être traduites de manière à être tant soit peo intelligibles, même sans commentaire. Il nous semble évident que l'auteur TCQt peindre le carnage d'une bataille^ ce qui forme la suite parfaitement naturelle des tableaux préc^ents. Manger la cbair et boire le sang des ennemis, sont des phrases qu'on comprendra d'autant mieux qu'on ne les prendra pas au pied de la lettre. Les pierres qui servent à armer la fronde n'ont aucune valeur par ellesmêmes ; elles gisent à terre sans qu'on y regarde autrement (1 Sam. XVII, 40; XXV, 29). C'est donc ici un terme figuré de mépris. Dans les sacrifices on teignait les amgles de Vautel du sang des victimes ; ainsi les vainqueurs seront couverts de sang aussi.

'^ A la lettre : conmie au troupeau de son peuple ; c'est-à-dire à ce peuple, ea tant qu'il est le troupeau dont il est le berger. La métaphore du troupeau dérange nn peu le contexte.

^'^ Les Israélites sont comparés aux pierres (précieuses) d'un diadème^ par la simple raison que leurs ennemis étaient assimilés tout à l'heure aux pierres (sans vileur] qu'on jette au loin avec la fronde. L'antithèse sert à préciser le sens des (l«ux phrases. Canaan est le diadème de Jéhova, une longue bande de terre, distinguée par des prérogatives théocratiques ; sur ce diadème (ce sol), Israt^l s'élève avec éclat.

^^ L'abondance (future) des récoltes sera une cause directe de l'accroissement de ^i population. Les commentateurs se donnent le ridicule d'insister, à cet égard, ^ur la différence des effets des céréales et du vin, comme si l'auteur avait voulu faire une combinaison physiologique et répartir les sexes d'après le genre des «liments.

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