‹ La Bible (volume 2)Chapitre 63 sur 93 · XIII · texte numérisé non relu

XIII

Et la parole de l'Éternel me fut adressée en ces termes : Qu'avezvous, vous autres dans le pays d'Israël, à formuler ce proverbe : Les pères ont mangé du verjus et les dents des fils en ont été agacées * ? Par ma vie I dit le Seigneur, l'Éternel : Vous ne devez plus répéter ce proverbe en Israël I Voyez donc I Toutes les personnes sont à moi : la personne du père est à moi, comme la personne du fils ' ; c'est la personne coupable qui mourra. Celui qui est juste, qui pratique le droit et la justice, qui ne prend pas part aux banquets sur les hauteurs *, qui ne dirige point ses regards vers les idoles de la maison d'Israël, qui ne déshonore point la femme de

^ Chap. XII, 13.

9 Un parjure est toujours un crime de lèse-majesté divine, lors même que le serment aurait été prêté à un étranger, à un païen.

9 Transposition d'une consonne. Le text« reçu parle de fuyards»

10 Prédiction messianique. Jéhova fera ce qu'a fait l'aigle de Babylone, mais dans un tout autre but.

1 1 Toutes les nations se mettront sous la loi et protectioa du roi d'Israël.

12 Les arbres de la plaine, c'est-à-dire les autres rois, désormais inférieurs au roi-cèdre de la montagne d'Israël.

' Chacun est puni pour ses propres fautes, et celui qui est chfttié ne doit pas en rejeter la cause sur autrui.

« Jér. XXXI, 29.

3 Et je n'ai pas besoin de m'en prendre au fils, comme si je n^avais pas pu mettre la main sur le père.

4 Assistant à des sacrifices païens.

son prochain, qui ne touche point une femme dans son impureté ^ qui ne fait de tort à personne, qui rend son gage au débiteur ^ qui ne commet point de spoliation, qui donne son pain à celui qui a faim, et des vêtements à celui qui est nu, qui ne prête pas à usure et ne prend pas d'intérêt', qui s'abstient de toute injustice, qui décide selon la vérité dans un procès entre deux hommes, qui suit mes commandements et observe mes lois fidèlement, celui-là est juste, et il restera en vie, parole du Seigneur, rËternel. Mais s'il a donné le jour à un fils violent et meurtrier, et que celui-ci ne fit que Tune de ces choses-là, et ne fit point les autres *, mais qu'il banquetât sur les hauteurs, qu'il déshonorât la femme de son prochain, qu'il fit du tort au pauvre malheureux, qu'il commît des spoliations, qu'il ne rendit point les gages, qu'il dirigeât ses regards vers les idoles, qu'il commit des abominations, qu'il prêtât à usure et prit des intérêts, pourrait-il rester en vie? Non, il ne resterait point en vie I Puisqu'il a commis toutes ces choses abominables, il doit périr ^, son sang retombera sur lui! Mais s'iP® a donné le jour à un fils qui voit tous les péchés que son père a commis, et qui, les voyant, n'agit point de même, qui ne banqueté pas sur les hauteurs, qui ne dirige point ses regards vers les idoles de la maison d'Israël, qui ne déshonore point la femme de son prochain, qui ne fait de tort à personne, qui ne prend pas de gage et ne commet point de spoliation, qui donne son pain à celui qui a faim et des vêtements à celui qui est nu, qui ne porte point sa main sur le malheureux'', et ne prend pas d'intérêt ni d'usure, mais qui pratique mes lois et suit mes commandements, celui-ci ne mourra pas pour le péché de son père, il restera en vie. C'est son père qui mourra pour son péché, parce qu'il a commis des actes d'oppression,

5Lév. XVIII, 19; XX. 18.

6 Deot. XXIV, 12.

I Deut. XXIII, 20.

8 Cette dernière phrase a été diversement interprétée, et en tout cas le prophète a mal formulé sa pensée. Les auires choses sont, si nous ne nous trompons, les devoirs positifs énumérés plus haut ; car il est à remarquer que les versets précédents contenaient deux espèces de commandements. Le méchant fils est donc censé commettre nn crime et négliger les devoirs. D'autres mettent la phrase en parenthèse (tandis que /«rt, c*est-à-dire le père, n'en aurait rien fait}.

0 Litt.: il doit être mis à mort. Mais il ne s'agit pas ici de peines civiles ; c'est le châtiment providentiel qui est aflirmé.

10 Ce n'est plus le même individu que celui qui avait été le sujet du premier tableau (v. 5 et suiv.), mais c'est celui qui a été le sujet du second [v. 10 et suiv.), c'est-à-dire le méchant fils de Thomme juste, qui, à son tour, est le père d'un fils juste.

II Le V. 8 avait une autre leçon.

ÉzÉCHiEL xvm, ia-32. 57

qu'il a dépouillé son frère, et qu'il a fait ce qui n'était pas bien, au milieu de son peuple. Que si vous disiez : Pourquoi le fils ne porte-t-il pas sa part de la coulpe du père? Mais c'est que le fils •à pratiqué le droit et la justice ; il a observé tous mes commandemeDts et les a pratiqués : il restera en vie ! C'est la personne coupable qui mourra; le fils ne portera pas sa part de la coulpe du père, et le père ne portera pas sa part de la coulpe du fils ; au juste reviendra sa justice, au mécbant sa méchanceté. Et le méchant, s'il revient de tous les péchés qu'il a commis, et qu'il observe tous mes commandements et pratique le droit et la justice, il restera en vie, à cause de la justice quMl aura pratiquée. Est-ce que je prends donc plaisir à la mort du pécheur? dit le Seigneur, l'Éternel, et non plutôt à ce quMl revienne de sa voie et qu'il reste en vie? Et si le juste revient de la justice et fait mal, et s'il fait toutes les choses abominables que fait le méchant, pourrait-il rester en vie? Tous les actes de justice qu'il aura faits, il n'en sera plus question ; il mourra à cause des crimes et des péchés qu'il aura commis. Que si vous disiez : Le procédé du Seigneur n'est pas le bon 1 écoutez donc, maison d'Israël! Mon procédé ne serait pas le bon? Ce sont les vôtres qui ne sont pas les bons '^ I Quand un juste revient de sa justice et fait mal, et qu'il meure, c'est à cause du mal qu'il a fait qu'il meurt. Mais si le méchant revient de sa méchanceté et qu'il pratique le droit et la justice, il s'assurera la vie k lui-même. S'il y regarde et qu'il revienne de tous les péchés qu'il a commis, il restera en vie, il ne mourra point. Que si la maison d'Israël dit : Le procédé du Seigneur n'est pas le boni mes procédés ne seraient pas les bons, maison d'Israël? Ce sont les vôtres qui ne sont pas les bonsI'M Ainsi donc, maison d'Israël I je vous jugerai chacun selon ses œuvres? dit le Seigneur, l'Éternel. Revenez, détournez-vous de tous vos péchés, pour que ce ne soit pas pour vous un achoppement qui vous rende coupables'^. Jetez loin de vous tous vos péchés que vous avez commis : faites-vous un cœur nouveau et un nouvel esprit ! Pourquoi voudriez-vous mourir, maison d'Israël ? Car je ne prends point plaisir à la mort de celui qui meurt, parole du Seigneur, l'Éternel I Revenez donc et vivez I

1^ Nous avon^ choisi exprès ces mots procédé e\ bon (litt. ce serait: voiepesée^ c'est-à- (Ure juste). II ne s'agit pas de la conduite morale, mais des principes de jurisprudence. Chez les hommes, il arrive que les uns pfttissent pour les autres. Dieu procède d'après une autre règle.

13 Cette répétition n'est pas oiseuse. Elle est destinée à confirmer l'assertion une fois faite, après en avoir déduit les motifs. Elle termine, pour ainsi dire, l'argumentation. Co qui suit est l'application pratique.

1*' Ou plus exactement: punissables ; car l'idée d'un châtiment inévitable est au fond de l'avertissement.

58 ézécHiEL XIX, 1.5.

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