XXII
Et il arriva dans la onzième année ^, le premier du mois,
que la parole de FÉternel me fut adressée en ces termes : Fils
^ Le sens de cette phrase est fort douteux. Le texte met le mot villes deux fois, sans qu'on entrevoie pourquoi, et le fait précéder deux fois de la préposition depuis, sans qu'il suive un jitsqu'à,
^ Édom avait pris une part active aux derniers événements (Jér. XLIX. Obad., V. 10 suiv. Ps. CXXXVII, 7), aussi son chûtiment sera-t-il plus terrible. — Têman et Dedan sont deux tribus ou districts édomites qui représentent ici la totalité de ce peuple. Implicitement le prophète insinue ou fait supposer une restauration préalable d Israël.
'7 Noos effaçons, bien malgré nous^ un jeu de mots évidemment intentionnel, la notion ^'exterminer s'expriment en hébreu par les mêmes consonnes que le nom propre. Quant à celui-ci, voyez le commentaire sur 1 Sam. XXX ,14.
^ Suivent quatre morceaux contre les Phéniciens.
^ L'indication du mois manque, assurément sans la faute de l'auteur. La onzième année (du règne de Çideqîyah; ou depuis la première déportation] est l'époque de la prise de Jérusaleip.
84 KZÉCHIËL XXYI, 2-12.
d'homme! Puisque Tyr dit au sujet de Jérusalem : cAha! elle est brisée, la porte des Dations ', et c'est vers moi qu'on se tourne ! Je serai pleine • — elle est déserte!» pour cela, voici ce que dit le Seigneur laheweh : Vois-tu, je m'en prends à toi, Tyr! je ferai lever contre toi des peuples nombreux, comme la mer fait lever se^ flots, et ils détruiront les murs de Tyr, et abattront ses tours, et j'en balayerai la poussière, pour en faire une roche nue, une plage à étendre les filets au milieu de la mer^ — c'est moi qui le dis, parole du Seigneur, l'Étemel! — et elle deviendra la proie des nations. Et ses filles^ dans la campagne seront égorgées par l'épée, pour qu'on sache que je suis l'Éternel.
Car voici ce que dit le Seigneur, l'Éternel : Voyez, je vais amener du nord contre Tyr le roi de Babel Neboukadreççar, le roi des rois, avec chevaux, chars et cavaliers, et une armée, une troupe nombreuse. Il égorgera avec son épée tes filles dans la campagne; pois il construira contre toi des tours et élèvera des remparts, et dressera contre toi ses boucliers*. Il dirigera contre tes murs les coups de ses béliers, et il abattra tes tours avec ses fers. Avec la masse de ses chevaux il te couvrira de poussière; du fracas de sa cavalerie, de ses roues et de ses équipages tes murs trembleront, quand il entrera dans tes portes comme on entre dans une ville prise d'assaut. Avec les sabots de ses chevaux il foulera tes rues, avec son épée il égorgera ta population, et tes puissantes colonnes^ tomberont à terre. On pillera tes richesses, on ravira tes marchandises, ou détruira tes murs^ on abattra tes belles maisons, tes pierres, tes poutres, ta terre même, on jettera tout à l'eau. Et je ferai cesser
3 Le contexte fait voir que cela doit signifier que Jusque-là Jérusalem jouait an grand rôle dans le monde, et qu'elle était à un certain égard la rivale de Tyr. H va sans dire que ce n'était pas comme ville commerçante. U y a plutôt ici use antithèse entre un centre religieux et un centre d'affaires mondaines.
4 II faut se rappeler qu'à l'époque d'Ézéchiel le port de Tyr se trouvait sur uue petite île, à peu de distance de la côte sur laquelle était située la vieilU vilU (Palctyros) . Depuis l'époque où Alexandre assiégea la ville, cette île est rattachée à li terre ferme par un isthme d'origine artificielle.
^ Les villes dépendantes de Tyr et situées sur la côte.
^ Chap. IV, 2. — Les boucliers dont il est parlé ici, c'est ce que les Romaios appelaient une tortue, quand un corps de troupes faisait avancer les machines de guerre, en se couvrant de manière que les houcliers formaient comme un toit d'écaillfls» une carapace, sans interstice. Dans la ligne suivante, les Mien sont nommés pir conjecture, et les ferg doivent être des crampons à longue tige, avec lesquels oo arrachait les pierres des murs en commençant par le haut.
"^ Il s'agit sans doute d'obélisques, symholes de Ba 'al. Aussi bien le texte dit-il littéralement : les colonnes de ta puissance, c'est-à-dire protectrices.
tes chants bruyants, et le son de tes luths ne sera plus entendu. Et je fei-ai de toi une roche nue, une plage à étendre les iilets : tu ne seras plus rebâtie — c'est moi^ laheweh^ qui le dis, parole du Seigneur, rËternel!
Voici ce que dit le Seigneur, TËterneU au sujet de Tyr : Au bruit de ta chute, aux gémissements des mourants, au carnage qui se fera dans ton sein, les îles* trembleront. Les princes de la mer descendront de leurs sièges, ils ôteront leurs manteaux, ils se dépouilleront de leurs vêtements bigarrés , ils s'envelopperont d'angoisse, ils s'assiéront à terre, ils s'efifrayeront à tout moment et seront frappés de stupeur à cause de toi. Ils éclateront en plaintes à ton sQJet et diront : Comment as- tu péri, toi dont la résidence sortait de Tocéan, ville glorieuse, toi si puissante sur mer, avec tes habitants qui inspiraient le respect à tous les autres^. Maintenant les lies tremblent au jour de ta chute, les iles de Focéan sont e£frayées de ta fin. Car voici ce que dit le Seigneur : Quand je ferai de toi une ville ruinée, pareille à celles qui ne sont plus habitées, quand je ferai lever Tocéan contre toi et que les vastes ondes te couvriront, alors je te ferai descendre auprès des morts au sépulcre ^^, auprès du peuple de jadis, je te logerai dans le séjour souterrain, dans la solitude éternelle, avec les morts au sépulcre, pour que tu ne sois plus habitée, quand je rendrai de Téclat à la terre des vivants". D'un coup soudain je te frappe et tu n'es plus : quand on te cherchera, on ne te trouvera plus à tout jamais, parole du Seigneur, l'Éternel I
^ Le prophète entend par ce mot toutes les terres baignées par la Méditerranée, avec lesquelles les Phéniciens faisaient le commerce « et surtout leurs propres colonies. Les princes de la mer sont les chefs de ces divers pays, n'importe Texactitude du terme. Ce serait aller bien trop loin que de prendre Tanteur à partie sur ses connaissances historiques.
^ à tous les autres, textuellement : à tous ses habitants, savoir à ceux des autres pays maritimes. Ce sens est aussi exprimé par les Septante. Seulement le pronom [ses habitants] ne s'accorde pas avec le substantif mer, ce qui a fait traduire à plusieurs : qui s'inspiraient du respect à eux-mêmes !
10 C'est-à-dire : ce sera pour toujours !
1 1 II y aurait moyen de traduire : pour que tu ne sièges plus (en reine) et ne brilles plus sur la terre des vivants. Il n'y aurait qu'une voyelle à changer.
80 KZÉCHIEL XXVIl, 1-12.