ANONYME (ZACH. X
Et VOUS donne une plaie abondante,
A chacun les herbes de son champ '.
Car les Téraphins disent des faussetés,
Et les devins prophétisent le mensonge, Et débitent de vains rêves ; C*est par des illusions qu'ils prétendent vous consoler. Voilà pourquoi Israël s'en va comme un troupeau,
Qui court *à la misère faute de berger *.
C'est contre les bergers que ma colère s'enflamme.
Et je demanderai compte aux béliers.
Oui, lahewéh Çebaôt regarde après sou troupeau,
Après la maison de Juda :
Il en fait son coursier d'honneur dans la bataille'. C'est de lui que viendra la pierre angulaire.
De lui, le pieu de la tente.
De lui, l'arc guerrier; De lui viendront les commandeurs tous ensemble^.
1 Oo n*est pas d'accord sar la question de savoir si nous avons ici un nouveau discours, ou s'il faut rattacher les deux premiers versets au morceau précédent. Nous avons préféré nous en tenir à la coupe reçue des chapitres. Il nous semble que le chap. IX se termine très-hien par la perspective messianique, tandis qulci l'auteur revient évidemment au temps actuel. Sans doute, le chap. X aussi aboutira tantôt à des prédictions analogues, mais il commence par dépeindre un ordre de choses tout différent. — En effet, le prophète trouve nécessaire de rappeler à ses compatriotes que c'est Jéhova qui est le dispensateur des biens de la nature, que c'est donc à lui qu'on doit s'adresser en toute occasion, tandis que la superstitioa païenne ne peut qu'égarer et tromper ceux qui s'y fient. Pour les Téraphins nous renvoyons nos lecteurs à Juges XVII. 1 Sam. XIX. Osée III, 4.
^ Cela ne veut pas dire qu'Israël n avait pas de roi au moment où le prophète écrivait ; le verset suivant prouve le contraire. Les mots : faute d$ berger, appartiennent proprement à l'allégorie du troupeau et doivent insinuer que les bergeri d'Israël n'ont pas fait leur devoir, et que la décadence et la ruine de la nation est due à cette n^ligence. Mais Jéhova veut punir les chefs (les béliers, ou boucs] et sauver le troupeau.
^ Cette phrase, et ce qui suit, reproduit sous une nouvelle forme le tableau du chap. IX, 13 suiv. Il s'agit encore d'une guerre de vengeance et de représailles, dans laquelle Israël, avec l'appui de Jéhova, recouvrera son indépendance et sa liberté. On entrevoit assez clairement que la puissance du royaume d'Ëphraim était déjà plus fortement entamée que celle de Juda, et la ruine imminente du premier rentre dans le cercle des prévisions du prophète ; mais il va bien au-delà et en prédit la restauration (voyez surtout v. 8 suiv.). Juda est. le cheval de bataille de Jéhova, comme il a été plus haut (IX, 13) l'arc et le javelot.
^ Ici l'auteur introduit successivement plusieurs métaphores très-peu homogènes. La pierre angulaire est le fondement d'un édifice, le jneu fiché en terre est le