XXXIX
Et la parole de l'Éternel me fut adressée en ces termes : Fils d'homme! Dirige tes regards sur Gog au pays de Magog, le prince de Rôs', Més'ek et Toubal, prophétise contre lui, et dis : Voici ce que dit le Seigneur laheweh : C'est à toi que j'en veux, Gog, prince de Rôs', Més'ek et Toubal! Je vais t' attirer en te mettant des anneaux dans les mâchoires, et te faire marcher, toi et toute ton
^ Leçon des Septante. Comp. XXXVI, 29.
^ Comme le nom de David ce représente pas ici un individu, mais un type, cette promesse n'implique pas la durée indéfinie d'un seul règne. Et cela d'autant moins, que les Israélites de l'avenir doivent se succéder par ime série de générations, et qu'à eux l'immortalité terrestre n'est pas promise non plus. Comme divers passages des prophètes plus anciens dépassent cette perspective, relativement limitée, Ézéchiel aurait certainement été plus explicite s'il avait entendu parler du Messie dans le sens théologique.
G II manque un mot dans le texte. Les Septante ont omis la phrase entière.
"^ Au-dessus : dans le sens idéal de la protection immédiate et permanente ; mais ce sens se rattache au fait que le sanctuaire de Jérusalem dominait une partie de la ville.
1 Dernière levée de boucliers du monde païen contre la théocratie restaurée, et sa ruine définitive et complète.
armée, chevaux et cavaliers, tous dans le plus bel accoutrement, une foule immense, avec boucliers et rondaches, tous Tépée à la main : Persans, Éthiopiens, Libyens avec eux, tous avec casques et boucliers, Gomer avec tous ses bataillons, ceux de Togarmah, dn fond du nord, avec tous leurs bataillons, des peuples nombreux, tes alliés ^ ! Prépare-toi et tiens-toi prêt, toi et toutes tes troupes, rassemblées autour de toi, et sois leur chef ^ ! Apres un long temps tu seras sommé, au bout des années tu viendras dans un pays^ retiré de Tépée, recueilli d'entre des nations nombreuses, sur les montagnes d'Israël, longtemps désertes ; maintenant il est ramené de chez les nations, et tous y demeurent en sécurité : — tu t'avanceras, tu viendras comme l'ouragan, comme la nuée orageuse, pour couvrir le pays, toi et tous tes bataillons, et des peuples nombreux avec toi!
^ Après la chute des empires qui ont été avec Israël dans des rapports hostiles, il restait encore, dans un horizon plus lointain, des nattons presque inconnues qui ne connaissaient ni ne reconnaissaient Jéhova. Aussi longtemps qu'eUes subsistaient, la paix et le bonheur promis au peuple de Dieu n'étaient pas absolument assurés. U faut donc que le paganisme soit exterminé tout à fait. Il va sans dire que ce n'est pas Israël que le prophète chargera de cette besogne, mais Israël doit du moins en être témoin et y reconnaître un nouveau bienfait de son tout-puissant protecteur. Ces peuples sont donc amenés f par la volonté même de Dieu, sur le terrain où ils doivent subir une éclatante défaite. Pour donner à son tableau des formes concrètes, Kzéchiel nomme priDcipalement des contrées septentrionales, au sujet desquelles on avait des notions plus ou moins vagues, mais qui du moins fournissaient un certain nombre de noms propres: Gomer (la Cimmérie}, c'est-à-dire les Celtes ou Kymri, établis à cette époque quelque part dans le voisinage de la mer Noire ; Més'ek, 'Toubal, 'Togarmah (XXYII, l3 suiv.J ; Rds' est inconnu, on Ta identifiée avec le mont Taurus, en Asie mineure, et avec la Tauride (Crimée), d'où il n'y avait pas trop loin aux Busses. Magog paraît avoir été on nom plus général, comme celui de la Scythie chez les Grecs. Le caractère tout fantastique de cette nomenclature se reconnaît surtout à la présence des Perses et des peaples de l'extrême sud. — Le roi-chef de cette cohue de nations porte également un nom de fantaisie qu'Ézéchiel a formé d'une manière très-simple, en prenant .Ifo^oy dans le sens de : pajfs de Gog, la lettre M placée devant les racines exprimant souvent la notion du lieu. — (Pour l'anneau dans les mâchoires, voy. XXIX, 4. Gog est un monstre qu'on dompte par des moyens de ce genre. Il faut qu'U vienne, qu'il le veuille ou non.)
3 Avec le texte hébreu, il n'y a guère moyen de traduire autrement, bien qu'on ne voie pas pourquoi le prophète installe comme chef un personnage qui l'est déjà, et surtout comment le vocable mis'mar (la garde] puisse avoir cette signification, l^s Septante nous suggèrent une tout autre interprétation, en changeant le pronom: tu seras pour moi une réserve, je te tiens en réserve pour un moment futur, où je te ferai agir selon ma volonté. En effet, de cette manière on comprend pourquoi Gog doit se tenir prêt, et l'on rend aussi au verbe suivant sa véritable signification : tu seras visité, ce qui ne veut pas dire puni, mais : tu recevras un message, un ordre, une sommation.
-* Sans doute, il doit venir dans le pays, mais on voit que l'auteur avait plutôt en rue les habitants.
ÉZÉCraEL XXXVIII, 10-17. 119
Voici ce que dit le Seigneur, rÉternel : En ce temps-là, des pensées' s^élèveront dans ton cœur et tu concevras des projets criminels. Tu diras : «Je veux marcher contre ce pays de villages ®, je veux aller chez ces hommes paisibles qui demeurent en sécurité, restant tous sans murailles^ et n'ayant ni portes ni verroux^», pour piller et faire du butin, pour porter ta main sur ces ruines repeuplées, sur un peuple recueilli d'entre les nations, qui travaille pour son gain et profit^, et qui demeure au centre de la terre ^. S'ebâ et Dedan, et les tranfiquants de Tars'is' et leurs jeunes lions te diront : C'est donc pour piller que tu viens ? c'est pour faire du butin que tu as assemblé tes troupes? pour emporter de Tor et de l'argent ? pour t'emparer du gain et du profit? pour faire un grand butin ^^ ? Pour cela, prophétise, fils d'homme, et dis à Gog : Voici ce que dit le Seigneur laheweh : Oui, en ce jour, tandis que mon peuple d'Israël demeure en sécurité, tu l'apprendras *^ ! Tu viendras de ton endroit, du fond du nord, toi, et des peuples nombreux avec toi, tous à cheval, une foule immense, une armée nombreuse : tu marcheras contre mon peuple d'Israël, comme la nuée orageuse, pour couvrir le pays ; ce sera au bout d'un long temps, et je te ferai venir dans mon pays pour que les nations apprennent à me connaître quand je me glorifierai sur toi ", sous leurs yeux, Gog !
Voici ce que dit le Seigneur : Tu es bien celui dont j'ai dit autrefois, par l'organe de mes serviteurs, les prophètes d'Israël, qui
^ Latt.: des choses.
^ Israël, vivant en sécurité, n'aura plus de forteresses.
"^ C'est ici qu'il faut mettre les guillemets, ce (pii suit étant formulé dans la seconde personne. Tout au plus on pourrait encore mettre dans la bouche de Gog les mots : pour piller et faire du butin, qui formeraient alors une antithèse avec la description suivante du pays et des habitants.
8 C'est-à-dire qui se livre aux arts de la paix et ne songe pas à attaquer les autres. (Il ne s'agit pas de troupeaux, comme on peut le voir par la phrase suivante.)
» Chap. V, 5.
10 Le but de cette tirade incidente n'est pas trop clair. En tout cas, les peuples commerçants qui y sont nommés (XXVII, 12, 20, 22) ne peuvent pas être considérés comme se réjouissant de l'expédition des barbares ; tout au contraire, ils sont mécontents et révoltés d'une entreprise qui les dérange et menace également. L'auteur a pu vouloir exprimer, d'une manière dramatique, cette idée que le monde civilisé tout entier juge cette invasion comme elle méritait de l'Ôtre. — Les jeunes lions sont sans doute les chefs.
11 Savoir, ce qui est dit à la fin du v. 16. Tu apprendras à qui tu as affaire. Au lieu de ce mot, les Septante ont mis : tu te mettras en route, ce qui donnerait un sens plus simple et plus facile.
i« Chap. XXXVI, 23.
alors prophétisaient pendant des années, que je t'amènerais contre eux *' I Mais ce jour-là, le jour où Gog entrera sur la terre d'Israël (parole du Seigneur, rÉternel!), ma colère éclatera*^. C'est avec indignation, dans Tardeur de mon courroux que je le dis*' : Oui, en ce jour il y aura un grand tremblement dans la terre d'Israël; devant moi ** trembleront les poissons de la mer, et les oiseaux du ciel, et les bêtes des champs, et toute la vermine qui grouille sur le sol, et tous les hommes qui sont sur la terre, et les montagnes s'écrouleront, et les rochers tomberont, et tous les murs seront renversés. Et contre lui, vers toutes mes montagnes, j'appellerai l'épée " — parole du Seigneur, l'Éternel I — ils tourneront Tépée l'un contre l'autre ; je plaiderai contre lui au moyen de la peste et du carnage, de l'averse qui submerge et des pierres de la grêle ; je ferai pleuvoir le feu et le soufre sur lui et sur ses bataillons, et sur les nombreux peuples qui sont avec lui. Et je me montrerai dans ma grandeur et dans ma gloire, et je me ferai connaître à de nombreuses nations^ pour qu'elles sachent que moi je suis l'Éternel.
Toi donc, fils d'homme ! prophétise contre Gog et dis : Voici ce que dit le Seigneur laheweh : C'est à toi que j'en veux, Gog, ^ prince de Rôs', Més'ek et Toubal! Je vais t'attirer, et te pousser, et te faire marcher du fond du nord, et t'amener sur les montagnes d'Israël ; et je t'arracherai l'arc de ta main gauche, et je ferai tomber tes flèches de ta main droite. Sur les montagnes d'Israël tu tomberas, toi et tous tes bataillons et les peuples qui sont avec toi : aux oiseaux de proie de toute espèce et aux bêtes sauvages je te donne en pâture. Dans les champs tu giras, c'est moi qui le dis, parole du Seigneur, l'Éternel ! Et je lancerai un feu contre Magog,
18 Xio nom de Gog n'a été prononcé par aucun prophète antérieur, mais ils avaient souvent prédit une levée de boucliers des nations païennes en général contre Israël, laqueUe serait suivie d'un jugement décisif de la part de Jéhova (voyez, par ex. Jo5l IV. Zach. XIV).
14 Litt.: la chaleur me montera au nez.
15 D'autres traduisent: que j'ai dit (alors), en supposant qu'Ézéchiel a eu tout spécialement en vue ce qui est dit d'un tremblement de terre. Joël IV, 16. Zach. XI V, 5.
10 A mon apparition personnelle, en ma présence, quand Je viendrai juger, la nature entière sera saisie de terreur.
1'' La destruction de l'armée de Gog aura lieu dans le pays d'Isra&l qu'il était venn envahir; c'est là que Dieu appelle l'épée vengeresse. — Mais quelle épée? En aucun cas celle d'Israël qui n'en aura plus. En face d'un tableau de fantaisie, de pareilles questions sont oiseuses. Jéhova lui-même a des armes plus efficaces pour appuyer sa plaidoirie, c'est-à-dire pour soutenir sa cause. — Les traits de la peinture qui suit sont empruntés à l'histoire de Gédéon, de Sodome, etc.
et contre ceux qui habitent les lies en sécurité ^^, pour qu'ils apprennent que moi je suis TÉternel ! Et je ferai connaître mon saint Dom au milieu de mon peuple, d'Israël, et je ne laisserai plus compromettre mon saint nom, mais les nations sauront que moi je suis rÉternel, le saint d'Israël. Voyez 1 cela vient, cela arrive, dit le Seigneur, FÉternel : c'est là le jour dont j'ai parlé.
Alors les habitants des villes d'Israël sortiront, et allumeront et brûleront armes, boucliers et rondaches, arcs et flèches, javelots et I&nces, et avec cela ils entretiendront un feu durant sept années. Ils n'iront point chercher dû bois dans la campagne, ni en couper dans la forêt ; mais c'est avec ces armes qu'ils entretiendront leurs feux, et ils s'empareront des dépouilles de ceux qui les ont dépouillés, et pilleront les pillards, parole du Seigneur, l'Éternel I Et en ce jour j^assignerai pour Gog un lieu en Israël où sera son tombeau, la vallée du passage *', en avant de la mer, ce qui fermera le passage. Là on enterrera Gog et toute sa foule, et on l'appellera vallée de la foule de Gog. Et ceux d'Israël mettront sept mois à les enterrer, pour
IS La destruction du conquérant et de son armée devient le signal de la ruine des pays lointains d'où il est sorti. Magog est sa patrie, les îles sont tous les pays éloignés, tant au point de vue géographique, qu'à celui de la théocratie. La sécurité des peuples païens est la conséquence de leur ignorance à l'égard cTu vrai Dieu.
19 Le passage qui suit présente plusieurs obscurités. Il est facile de voir que le
prophète veut dire que le nombre des morts sera si grand, qu'on mettra sept mois k les
enterrer, et qu'alors encore on parcourra le pays pour relever les corps qui auraient
d'abord échappé à l'attention des fossoyeurs. Cette opération aura pour but de purifier
le pays, non pas seulement dans le sens hygiénique, mais encore dans celui de la pureté
religieuse, qui veut éloigner jusqu'aux dernières traces du paganisme. — Le texte
parait corrompu en plusieurs endroits ,* une fois nous avons dû employer les crochets, et
nous ne sommes pas sûr de la leçon à l'égard de quelques autres phrases. Tout d'abord
il est difficile de dire où, dans la pensée du prophète, doit être le tombeau commun des
païens. Le texte reçu dit : la vallée des passants ^ et puis il y a une phrase qui parle de
htmeher ou fermer les passants. Pour donner un sens tant soit peu plausible à ces mots,
nous avons substitué l'abstrait au concret, et nous songeons à la vallée du Jourdain,
près de Jéricho, où était le passage ordinaire d'une rive à l'autre. Le cimetière établi là
fermait ce passage, et Israèl se trouvait séparé, comme les prophètes le voulaient, du
monde du dehors. Nous avouons cependant qu'il nous reste des doutes au sujet de cette
interprétation. Les rabbins ont pu se tromper sur la pensée du prophète. Il se présente
ici une conjecture assez simple, c'est de lire 'Abarîm au lieu de 'Oberîm (changement
de voyelles]. *Abarîm est un district à ^orient de la mer (morte), sur le territoire des
Moabites. Les Israélites ne devaient-ils pas porter ces cadavres hors de la terre sainte,
et puis boucher la vallée ? Et ce nom de 'Abarim, ne pourrait-4l pas, de manière ou
d'autre, être replacé là où nous avons mis entre crochets àes passants impossibles? —
(Israël aura la gloire d'enterrer les cadavres et de purifier le pays, comme Jéhova a eu
celle de le sauver en tuant les envahisseurs.)
purifier le pays, et toute la population les enterrera, et ce sera leur gloire, au jour où je serai glorifié moi-même, dit le Seigneur, rÉternel. Et Ton commettra des hommes exprès qui parcourront le pays, enterrant [les passants] ceux qui seront restés gisants sur la terre, pour la purifier; au bout des sept mois, ils feront cette recherche. Et si en parcourant le pays, ils arrivent à voir des ossements d'hommes, ils élèveront à côté une enseigne, jusqu'à ce que les fossoyeurs viennent les enterrer à la vallée de la foule de Gog; le nom de Tendroit sera Foule ^^ ; et ils purifieront le pays.
Et toi, fils d'homme, voici ce que dit le Seigneur, TËternel : Dis aux oiseaux de toute espèce, et à toutes les bêtes sauvages : Rassemblez-vous, arrivez, venez en masse de toutes parts, à mon festin, que je vous prépare, à mon grand festin sur les montagnes d'Israël; vous aurez de la chair à manger, et du sang à boire *^ ! C'est la chair des guerriers que vous mangerez, c'est le sang des princes de la terre que vous boirez : béliers, moutons, boucs, bœufs, t^ns engraissés en Bas'an. Vous mangerez de la graisse à satiété, vous boirez du sang à vous enivrer, au festin que je vous ai préparé. A ma table vous pourrez vous rassasier : cheval et cavalier, capitaine et soldats! parole du Seigneur, l'Étemel!
Voila" comme je veux manifester ma gloire parmi les nations; toutes elles verront le jugement que j'exercerai ; elles verront ma main que je leur ferai sentir ! Et la maison d'Israël reconnaîtra que moi, l'Étemel, je suis leur dieu, aujourd'hui et à l'avenir. Et les nations reconnaîtront que c'est pour sa propre faute qu'Israël a éié
SO Ces derniers mots sont une véritable énigme^ surtout avec la traduction ordinaire: Hamonah (foule] sera aussi le nom d'une ville. Comment le mot fouU peut-il, après de pareils faits, devenir un nom propre, sans y ajouter ce qu'il y avait de plus essentiel'^ Nous nous trompons fort, ou nous avons ici quelque chose de prinûtivement étranger au texte, une glose dont le but nous échappe. Lies Septante ont traduit : car la ville se nommera foule.
^1 II va sans dire que ce troisième tableau précède chronologiquement le second, oq du moins lui est parallèle. Les fossoyeurs ne trouveront plus que les os nus laissés fe les vautours et les hyènes. — Nous disons feitin et non sacrifice; car ce n'est pas uo acte religieux dont l'auteur parle. Les animaux égorgés pour la fête sont cette fois des meilleurs, des pièces d'élite.
2^ La péroraison semble plutôt appartenir à toute la série des discours relatiis à b restauration (chap. XXXIII suiv.) qu'A ce dernier exclusivement. Car celni^ s« mettait dès l'abord (XXXVIII, 8) au point de vue de la restauration déjà accompli^' tandis qu'ici le prophète se maintient à celui de la réalité historique.
éZÉCHIEL XXXIX, 24-29. 123
déporté : parce qu'ils avaient été coupables envers moi , j*avais voilé ma face devant eux; je les ai livrés à leurs ennemis, et ils sont tous tombés par Tépée. J'en ai agi envers eux selon leurs souillures et leurs crimes, et j'ai voilé ma face devant eux. Pour cela, voici ce que dit le Seigneur, TËternel : Maintenant je veux restaurer Jacob ; je prends en pitié toute la maison d'Israël, et veux revendiquer l'honneur de mon saint nom. Et ils auront supporté^' leur opprobre, et tous les péchés dont ils se sont rendus coupables envers moi, lorsqu'ils demeureront dans leur patrie en sécurité, et que personne ne les ef&ayera plus. Lorsque je les ramènerai de chez les nations, et que je les recueillerai dans les pajs de leurs ennemis, et que je me glorifierai par eux, aux yeux des peuples nombreux, alors ils reconnaîtront que moi, l'Eternel, j'ai été leur dieu, et quand je les ai déportés chez les nations, et quand je les ai rassemblés dans leur patrie, sans en laisser un seul en arrière. Et jamais je ne voilerai plus ma face devant eux, après avoir répandu mon esprit sur la maison d'Israël : c'est le Seigneur, l'Éternel, qui le dit !
^ Cette phrase ofire une certaine difficulté si Ton traduit simplement: t^ supporteront. Car il est positivement question de Tavenir. Ordinairement on se tire d'affaire en interprétant ce mot : ils auront honte, ils se repentiront. D'autres changent la leçon {nas'ou pour nasou), ils oublieront. On pourrait à la rigueur traduire : On pardonnera (litt. : on ôtera], etc. Mais ce pronom on, pour désigner Dieu^ ne se recommande guère. Nous avons préféré mettre le futur passé dans ce sens : ils auront été punis ; supporter les péchés^ c'est en senlir les conséquences.
La vingt-cîuquiëme année depuis notre déportation, au commencement de Tannée, le dix du mois, quatorze ans après la ruine de la ville *, ce jour-là même, la main de TÉternel me toucha, et il m'y transporta. C'est en extase qu'il me transporta dans le pays d'Israël, et qu'il me plaça sur une très-haute montagne^ sur laquelle il y avait, du coté du midi, comme une masse de constructions ^ Et quand il m'y eut transporté, j'y vis un homme dont l'aspect était comme celui de l'airain * : il tenait dans sa main un cordeau de lio et une perche à mesurer, et était placé à la porte. Et cet homme m'adressa la parole : Fils d'homme, ouvre les yeux et regarde, prête l'oreille et écoute, et fais attention à tout ce que je vais te faire voir; car c'est pour te le faire voir que tu as été transporté ici, et ce que tu vas voir, annonce-le à la maison d'Israël 1
1 C'est ici le dernier morceau du livre d'Ëzéchiel^ et en même temps le plus long et le plus fameux : le tableau de l'organisation de la future théocratie idéale, telle qu'elle devait dtre établie après la restauration du peuple dans sa patrie ; il comprend la description du nouveau temple, les règlements concernant le sacerdoce, le culte, les sacrifices, les redevances, enfin la répartition du territoire entre les tribus.
s L'année correspond à la 574" av. J.-C. Le mois n'est indiqué que par rsae formule inusitée ailleurs, mais qui, sans doute, nous ramène au printemps, l'usage de commencer l'année en automne étant postérieur à l'époque d'ÉzéchieL
3 Et non pas une ville. Dans ce qui suit, il est exclusivement question du temple et de ses dépendances. Le prophète, venant du nord, et transporté jusqu'à la porte de cet édifice, l'aperçoit nécessairement du côté du midi. La hauteur de la montagne n'est pas à prendre dans ce sens, qu'Ézéchiel aurait vu le temple d'en haut, d'un point plus élevé : car il est devant et dans l'enceinte sacrée. Il s'agit plutôt de Télévation idéale (théocratique) de Sion.
4 Chap. I, 4, 27. — L'homme qui sert ici de conducteur au prophète parait devoir 6tre Jéhova lui-même, dans la pensée du narrateur, si l'on compare chap. XLIV, 2, ^• Sans doute, d'après les autres visions analogues dans ce livre, on ne s'attend pas a une participation si directe de l'Être suprême à une besogne telle qu'elle va être décrite, mais rien n'indique que l'auteur ait voulu parler do quelque ministre subalterne (Voy. cependant XLIII^ 1 suiv. et la note 73}
ézéCHIEL XL, 5-6. 125
Et^ je vis un mur qui régnait tout autour du temple^, etThomme tenait dans sa main la perche à mesurer, longue de six coudées (à raison d'une coudée et d'une palme ^), et il mesura la largeur ^ de la construction une perche, et la hauteur une perche.
Pais il alla vers la porte" qui regardait dans la direction de
^ La description du temple offre de grandes difficultés^ d'abord à cause des termes d'architecture qui ne sont pas tous bien connus et que les Grecs déjà ont simplement transcrits en hébreu ; ensuite parce qu'il manque certains éléments que l'auteur passe soas silence ; enfin a cause de l'état du texte qui n'est pas partout bien sûr. Les Septante ont souvent des leçons très-différentes. Nous tâcherons de rendre la chose aussi claire que possible, sans pouvoir promettre d'y réussir absolument. Pour l'ensemble^ on peut dire que le temple de Salomon, qu'Ézéchiel avait bien connu, a pu fournir le modèle, mais beaucoup de détails sont sans doute ajoutés ou modifiés par l'imagination du prophète. L'obscurité provient peut-être en partie de ce que les formes et dimensions du premier temple sont supposées connues.
^ On remarquera qu'il est parlé ici du temple sans autre indication préliminaire. Cela prouve que Tauteur, dès l'abord, l'avait eu en vue comme le centre de la théocratie.
'' Il est probable (2 Chron. III, 3) que la coudée ou aune a changé de grandeur dans la suite des temps et qu'elle a été primitivement plus longue. Le rapport entre l'ancienne et la nouvelle aune a dû être '7 : 6, nous voulons dire que les 6 palmes ou 24 doigts qui les composaient formaient d'abord une longueur telle, qu'elle dépassait d une palme ou de 4 doigts la longueur de l'aune nouvelle. Ézéchiel emploie ici Tancienne mesure, et sa perche mesure neuf pieds ou près de trois mètres.
8 L'épaisseur du mur. — Il ne parle pas de la longueur du mur, ni de la forme de l'enceinte. Pour orienter nos lecteurs, nous dirons tout de suite qu'ils doivent se représenter le tout comme un carré, avec trois portes à l'est, au nord et au sud. L'étendue pourra être calculée plus tard.
^ La description commence par un détail : il s'agit de la porte orientale par laquelle le prophète est conduit du dehors dans la cour du temple, et dont il va nous donner les dimensions. Cette porte n'est pas une simple ouverture du mur, mais une construction assez compliqtiée. Voici ce qu'il y a de plus clair : L'ensemble forme une espèce de corridor large de dix coudées (v. 11) et long de cinquante (v. 15). Ce corridor, à cause de sa longueur même, ne paraît pas avoir été couvert d'un bout à l'autre ; mais il l'aura été à l'entrée, et surtout à la sortie, du côté de la cour intérieure, puisqu'il est question là d'un vestibule. De chaque côté de ce corridor il y a trois chambres pour des gardiens, de six coudées en long et en large chacune, et couvertes de toits, et entre ces corps de garde (ouverts, à ce qu'il paraît, du côté du corridor, mais séparés de lui par une barrière placée à une coudée en avant, et empiétant ainsi sur le passage) il y a un mur massif de cinq coudées. Cela donne 1 0 coudées pour les intervalles, 18 pour les trois chambres, 6 pour le seuil d'entrée (dont le texte indique la largeur v. 6, c'est-à-dire la dimension du dehors vers l'intérieur du corridor), autant pour le seuil de la porte intérieure, 8 pour le vestibule ou portique qui précédait cette seconde porte ; enfin 2 pour les piliers de cette porte , avançant dans la cour ; total 50. — Il reste cependant quelques obscurités : 1* Une répétition en apparence
126 BZÉCHIEL XL, 6-t6.
Torient et en monta les degrés, et il mesura le seuil de la porte, large d'une perche [un seuil^ large d'une perche] ; et le corps de garde long d'une perche et large d'une perche ; et entre les corps de garde cinq coudées, et le seuil de la porte, à côté de la porte, à côté du vestibule vers le temple, une perche. [El il mesura It vestibule de la porte vers le temple^ une perche.] Et il mesura le vestibule de la porte, huit coudées, et ses piliers, deux coudées ; le vestibule de la porte était vers le temple. Les corps de garde de la porte orientale étaient au nombre de trois de chaque côté, tous les trois de la même dimension ; et les piliers des deux côtés avaient aussi la même dimension. Et il mesura la largeur de Touverture de la porte, dix coudées, la longueur de la porte, treize coudées. Et devant les corps de garde il y avait une barrière d'une coudée, de côté et d'autre, et le corps de garde avait six coudées de chaque côté. Et il mesura la porte depuis le toit d'un corps de garde, jusqu'à l'autre toit, vingt-cinq coudées en largeur, de porte à porte. Et il fit *^ les piliers de soixante coudées, et au pilier succédait la cour qui régnait tout autour. Et du front de la porte d'entrée, an front du vestibule de la porte intérieure, il y avait cinquante coudées. Et il y avait des fenêtres à barreaux immobiles aux corps de garde et à leurs piliers, vers l'intérieur de la porto, tout autour, et an pilier des palmiers ^^
oiseuse au y. 5, que nous avons mise en parenthèse, et qui manque dans le grec. â« Le V. 8 parait faire double emploi et manque dans les LXX. 9* Les piliers des T. 8, 10 et ceux du v. 15, sont-ce les mêmes ? Mais ces derniers regardent la cour et sont de hauteur colossale, comment se trouvent-ils nommés & odté des corps de garde? 4° Les mesures des y. 8 et 9 se contredisent. 5* Qu'est-ce que les 13 coudées do V. 11 ? 6° Gomment trouver les 25 coudées du v. 13? La profondeur des denx corps de garde opposés est de 12 coudéesi la largeur du corridor de 10. Supposons 3 coudées pour l'épaisseur des murs extérieurs ; mais que veulent dire ces mots : de porte à porte 9 Les corps de garde aTaient-ib dans le fond des issues vers la cour, la construction tout entière dépassant de 44 coudées l'épaisseur du mur d'eneainte. d formant ainsi saillie vers l'intérieur? (Comp. v. 14.)
^0 II les fit, est une singulière expression, bien qu'on comprenne que l'anteiir n'cH pas pu dire : il mesura, puisqu'il s'agit évidemment d'énormes obélisques hant de 30 mètres sur une base d'un seul mètre, et placés i l'issue intérieure du corridor. Les LXX n'ont pas un mot de tout cela, et à sa place un texte encore moins intelligible. et leurs chiffres sont différents. Notre traduction des t. 14 et 15 est purement conjerturale et reste sujette à caution. (Le singulier au pilier est sans doute à prendre dto^ le sens collectif, pour le pluriel.)
1 1 La position des fenêtres crée aussi des difficultés sérieuses. L'auteur ne dit pas trop clairement où elles étaient pratiquées *et dans quelle forme. Le plus simple sera de supposer^ non des fenOtres de façon moderne, mais des ouvertures de peu de dimension, semblables à dos meurtrières, donnant sur la cour, pour permettre aux gardiens
ÉZÊCHIEL XL, 17-22. 127
Pais il me conduisit dans la cour extérieure et là. je vis des cellules et un dallage régnant tout autour de la cour; il y avait trente chambres sur le dallage. Le dallage s'étendait sur les côtés des portes, en largeur égale à la longueur de celles-ci : c'était le dallage inférieur. Et il mesura la largeur depuis le front de la porte inférieure, jusqu'à la cour intérieure, au dehors, cent coudées ** [rorten/ et le nord "].
Et quant à la porte qui regardait dans la direction du nord, à la cour extérieure, il en mesura la longueur et la largeur**, et ses corps de garde, au nombre de trois de chaque côté^ et ses piliers, et ses parois avancées, le tout de la même dimension qu'à la première porte, cinquante coudées en long et vingt-cinq en large. Et ses fenêtres, et ses parois avancées, et ses palmiers étaient de la même dimension qu'à la porte qui regardait dans la direction de l'orient; on y montait par sept marches, en face desquelles se trouvait le
de la surveiller, et pratiquées non-sealenient dans les trois murs de chaque corps de garde, mais encore dans les parois avancées, c'est^-dire dans les pans de mur qui séparaient les corps de garde les uns des autres et qui formaient des avances vers le corridor, par la raison que les corps de garde étaient complètement ouverts de ce côté-là. Du reste, le mot que nous traduisons ainsi est d'une signification plus que douteuse. — Les palmiers sont sculptés sur les pilastres à surface plane.
^^ En sortant par la porte intérieure du corridor, on se trouve dans une (première) cour, nommée ici la cour extérieure. Cette cour est large de 100 coudées, mais cette distance n'est pas à prendre entre les deux murs d'enceinte des cours elles-mêmes ; elle est prise entre les bâtiments-portes, dont nous connaissons déjà le premier, conmie faisant sur la cour une saillie de 44 coudées ; un bâtiment semblable, conduisant de la première cour à la seconde, sera indiqué plus bas. Pour avoir la largeur totale de la cour, il faut donc ajouter aux 100 coudées les longueurs des deux propylées. C'est à cela que doit se rapporter le mot au dehors du v. 19. — Dans toute la largeur des 44 coudées, U règne autour de ia cour, adossé au mur d'enceinte extérieur^ un dallage ou pavé en mosaïque. Ce daUage est appelé inférieur, c'est-à-dire appartenant à la cour inférieure, parce qu'on montait à l'autre par des marches. — Les trente chambres sont assises sur cette bande de dalles; mais sont-ce 30 édifices séparés, ou un moindre nombre, avec compartiments ? Le texte ne le dit pas (comp. Jér. XXXV et XXXVL 2 Rois XXIII, 11. Néh. X. 38 et suiv., etc.). Et ces 30 chambres sont-çlles toutes le long du mur oriental, ou (comme le texte paraît l'insinuer) réparties au moins sur les trois côtés qu'on pouvait embrasser d'un même coup d'œil en sortant du corridor oriental ?
13 Texte fautif. Les LXX lisaient: Jusqu'à la porte qui regardait au dehors vers lorient. Et il me conduisit vers le nord.
^^ Les deux portes du nord et du sud sont décrites plus sommairement, parce qu'eUes sont de tous points semblables à cslle de l'est, qui était la principale, parce qu'elle était en face de l'entrée du temple. Il s'agit toujours encore des portes qui, de la viUe, donnent entrée à la cour extérieure.
128 ÉZéCHlEL XL} 23-30.
portail*^. Et en face de la porte septeatrionale et de la .porte orientale, il y avait une porte pour la cour intérieure, et il mesura d'une porte à Tautre cent coudées'^.
Puis il me conduisit du côté du sud, et j'y vis une porte dans la direction du sud, et il mesura ses piliers et ses parois avancées, qui avaient les mêmes dimensions. Et il y avait des fenêtres, ainsi qu'à ses parois avancées, tout autour, comme les autres fenêtres, et sa longueur était de cinquante coudées et sa largeur de vingt-cinq. Et son escalier était de sept marches, en face desquels se trouvait le portail, et il y avait des palmiers, un de chaque côté à ses piliers. Et il y avait une porte à la cour intérieure dans la direction da sud, et il mesura d'une porte à l'autre, dans la direction du sud, cent coudées.
Puis il me conduisit à la cour intérieure par la porte méridionale, et il mesura cette porte, qui avait les mêmes dimensions '^. Ses corps de garde, ses piliers et ses parois avancées avaient les mêmes dimensions. Et il y avait des fenêtres, ainsi qu'à ses parois avancées, tout autour ; et sa longueur était de cinquante coudées et sa largeur de vingt-cinq. [Et des parois avancées toui autour^ longues de vingt-
i& Il n'était pas parlé de marches à la porte orientale. Doit-on supposer que de ce côté-là on entrait de plain>pied dans le corridor? C'est peu probable, parce que dans la réalité la colline du temple était surtout abrupte à Test. — Le mot de portail est choisi à tout hasard ; le texte offre le terme que nous traduisons ailleurs par paroi avancée.
10 Voyez la note sur le v. 19. — Dès à présent nous constatons les dimensions suivantes du nord au sud : Deux bfttiments-portes de 50 coudées (y compris répal<seur du mur d'enceinte et la largeur du seuil extérieur, mais indépendamment des escaliers), et deux fois 100 coudées entre les portes opposées de la première et de U seconde cour ; ensemble 300 coudées ou 150 mètres: reste à connaître la dimension de la cour intérieure et la grandeur de la saillie de ses portes (XL, 47 ; XLI, 13, 14). Nous n'apprenons pas où les portes extérieures traversaient le mur d'enceinte, mais il est naturel de supposer que c'était tout juste au milieu de la ligne. De cette* manière, nous arrivons à nous figurer le point central de tout le grand carré, au milieu de la cour intérieure qui précède le temple, celui-ci, avec ses dépendances, se tronvaot ainsi situé vers l'ouest, dans la partie occidentale du plan.
^"^ Le texte ne dit pas, mais nous oblige de supposer, que les bfttiments-(ior(es intérieurs faisaient saiUie sur la première cour. Voilà donc encore deux fois cin^ointe coudées à ajouter à l'étendue précédemment trouvée de cette cour. La constructioo de ces trois portes intérieures est de tous points semblable à celle des portes extérieures; seulement, si nous comprenons bien certaines phrases fort obscures (v. 31, 34,37], il faudra admettre que les diverses parties de ces édifices se trouvaient placées en sens inverse : ainsi aux premières propylées les piliers-obélifiques se trouvent à rmténeiii' aux secondes, ils sont également dirigées vers la grande cour, et décorent Teotr^ comme ils décoraient d'abord la sortie.
ÉZéCHIEL XL, 31>42. 129
cinq coudées et larges de cinq coudées ^^.] Et ses piliers *^ regardaient la cour extérieure, et il y avait des palmiers, et son escalier était de huit marches.
Puis il me conduisit à la cour intérieure dans la direction de Torient^^, et il mesura la porte qui avait les mêmes dimensions. Ses corps de garde, ses piliers et ses parois avancées avaient les mêmes dimensions. Et il y avait des fenêtres, ainsi qu'à ses parois avancées, tout autour; sa longueur était de cinquante coudées et sa largeur de vingt-cinq. Et ses piliers regardaient la cour extérieure, et il y avait des palmiers, et son escalier était de huit marches.
Puis il me conduisit à la porte du nord, et la mesura, dans les mêmes dimensions, ses corps de garde, ses piliers, et ses parois avancées; et il y avait des fenêtres tout autour; sa longueur était de cinquante coudées et ^a largeur de vingt-cinq. Et ses piliers regardaient la cour extérieure, et il y avait des palmiers, des deux côtés, et son escalier était de huit marches.
Et une chambre avec une porte se trouvait aux piliers des portes '* : là on devait laver Tholocauste. Et dans le vestibule de la porte il y avait de chaque côté deux tables, pour y immoler les victimes pour les holocaustes et les sacrifices de péché et d'expiation. Et sur le côté nord, au dehors, quand on montait à la porte, il y avait deux tables, et de l'autre côté du vestibule également deux tables : soit quatre tables d'un côté et quatre tables de l'autre, sur les côtés de la porte, en tout huit tables sur lesquelles on devait immoler. De plus, quatre tables pour l'holocauste, en pierre de taille, longues d'une coudée et demie et larges d'une coudée et demie, et hautes d'une coudée, sur lesquelles on devait déposer les instruments avec
1 8 Cette phrase donne des dimensions incompatibles avec les autres et manque dans les Septante.
19 Ce seraient les deux grands obélisques. Nous trouvons ce sens en changeant ici et au ▼. 84 ikunam en élaw, d'après le passage parallèle v. 87. D'autres, au contraire, changent la leçon de ce dernier verset d'après celle des y, 81 et 84, mais en lisant ouUtfftâ (simple changement de voyelle}, son vestibule (y. 7). Quel que soit Texpédient qu'on adopte, il en résultera que, en venant de la cour aux deuxièmes propylées, on se trouvait d^àbord en face du vestibule ou des obélisques, qu'on avait fini par traverser en sortant des premières. C'est donc, comme nous disions, l'arrangement inverse.
^0 C'est-à-dire par la porte orientale. Comp. v. 20.
^^ Même incertitude de la leçon : piliers ou vestibule. Puis on n'apprend pas de quelle porte il est question ? Les LXX, qui ont un tout * autre texte, ne parlent que d'une seule porte ; d'après l'hébreu, on peut supposer qu'il y avait une chambre pour l'usage indiqué à chacune des trois portes (intérieures}.
A. T. 2« part. — II. 9
130 ézÉGHIEL XL, 43-49.
lesquels on immolerait Tholocauste et les autres victimes ''. £t les crochets, longs d'une palme, étaient fixés à Tédifice tout autour, et sur les tables, la chair des offrandes^'. Et en dehors de la porte intérieure'* il y avait deux chambres, dans la cour intérieure, Tune du côté de la porte septentrionale ayant sa façade tournée au sud, l'autre du côté de la porte méridionale ayant sa façade tournée au nord. Et il me dit : Cette chambre qui a la façade tournée au sud est pour les prêtres qui font le service du temple, et la chambre qui a la façade tournée au nord est pour les prêtres qui font le service de Tautel. Ce sont les descendants de Çadoq, les plus proches de TËternel, pour le servir, d'entre les lévites'^. Et il mesura la cour'^, un carré de cent coudées de long et de cent coudées de large, et Tautel était placé devant le temple.
Puis il me conduisit dans le vestibule du temple, et il mesura le pilier du vestibule, cinq coudées de chaque côté, et la largeur de la porte^ trois coudées de chaque côté. La longueur du vestibule était de vingt coudées et la largeur de onze coudées : on y montait par dix marches, et des colonnes étaient contre les piliers, une de chaque côté*'.
^2 En tout douze tables à une seule porte (et autant aux deux autres portes?), dont quatre dans l'intérieur du vestibule, et en dehors^ dans la cour, probablement vers les murs de ce môme vestibule, quatre autres» deux de chaque côté ; enfin quatre en pierres (les autres étant en bois?], dont la place n'est pas indiquée. — Comme le texte dit formeUement : celui qui montait à la porte avait deux tables au nord, cela ne peut s'entendre que de la porte orientale. L'auteur veut-il dire qu'aux deux antres portes il n'y avait point de tables ?
23 On peut juger de la clarté du sens et de la certitude du texte, en comparant la version grecque qui dit : Et leur bord (de ces tables) était d'une palme, et des barrières étaient fixées à l'intérieur tout autour et au-dessus des tables il y avait des toits pour les préserver contre la pluie et la cbaleur. On comprend que des descriptions aussi peu lucides par elles-mêmes devaient donner lieu à des méprises de plus en plus inextricables dans les copies. Même observation pour le verset suivant, où nous aTons simplement suivi la leçon des Grecs, celle du texte hébreu résistant à toute interprétation compatible avec les versets suivants.
24 C'est-à-dire quand on l'avait dépassée pour entrer dans la seconde cour.
25 Ézéchiel est le premier auteur hébreu qui fasse ime distinction entre les prêtres et les lévites (voir Tintroduction critique au Pentateuque). Les prêtres forment dans U caste ou tribu entière une espèce d'aristocratie. Ce sont les famiUes qui faisaient remonter leur origine au prdtre Çadoq, qui était préposé au sanctuaire de David. C'est probablement de là aussi que vient le nom des Sadducéens.
26 La cour intérieure. En comparant ce qui a été dit dans les notes 16 et 1*7 de la page 128, on trouve ainsi un diamètre total, pour toute l'enceinte sacrée, de 500 coudées ou 250 mètres.
27 Après avoir traversé la cour intérieure, on arrive à l'édifice sacré lui-même, lequel se compose ici, comme le temple de Salomon, de trois parties : vestibule, sanctuaire et
ézéCHIEL XLI, 1-5. 131
Puis il me conduisit dans le sanctuaire, et en mesura les piliers ; six coudées en largeur de chaque côté, c'était la largeur d'un pilier. Et la largeur de la porte était de dix coudées, et les parois latérales de la porte étaient de cinq coudées de chaque côté. Et il eu mesura la longueur de quarante coudées et la largeur de vingt coudées^".
Puis il entra à Tintérieur, et il mesura le pilier de la porte deux coudées, et la porte six coudées, et la largeur [des parois latérales ^^] de la porte, sept coudées. Et il en mesura la longueur de vingt coudées et la largeur de vingt coudées, en face du sanctuaire, et il me dit : Ceci est le saint des saints '^.
Puis il mesura le mur du temple^ six coudées '^^ et la largeur de
Saint des saints. D'abord le vestibule : on y monte par dia marches (leçon des Septante, ayec ehangement d'une seule lettre ; le texte hébreu n'a pas de chiffre, mais un relatif qui ne donne pas de sens). Â c6té de cet escalier sont placées deux colonnes, une de chaque côté, sans doute dans les angles formés par le mur antérieur et l'escalier. La partie de ce mur antérieur, qu'on avait devant les yeux en arrivant à l'escalier, est désignée ici par le nom de piliers. La porte (à deux battants) ayant six coudées de large, la largeur totale de cette partie de l'édifice est de seize coudées à l'extérieur , de onze à l'intérieur, ce qui fait deux coudées et demie pour l'épaisseur des murs. Si ces explications sont Justes (l'état du texte grec pourrait en faire douter), il s'ensuit que la longueur est à prendre dans le sens de l'est a l'ouest, et non du nord au sud, bien que l'auteur n'en dise rien, et qu'au temple de Salomon c'ait été tout juste le contraire. Autrement la largeur du pilier serait plutôt l'épaisseur des parois latérales de la porte, et la longueur du vestibule, la distance de la première à la seconde porte.
^8 Le sanctuaire. La longue^r encore une fois à prendre de l'est à l'ouest, dans le sens de celui qui traverse cette, salle pour aller dans la suivante. La largeur de vingt coudées est celle de l'espace libre à l'iotérieur, celle de la porte en ofirait tout juste la moitié ; les parois latérales de cinq coudées ont donc été mesurées à l'intérieur, des deux côtés de l'entrée, car 10 + 5 + 5 font 20. Les piliers de six coudées donnent en mâme temps l'épaisseur des murs de l'édifice, qui mesurait ainsi trente-deux coudées de largeur à l'extérieur. Il n'est rien dit ici de la hauteur. (Au v. 3 nous lisons avec les Septante : c'était la largeur d'un pilier. Le texte hébreu dit : du tabernacle. Or, il n'est nulle part ici question d'un tabernacle.)
20 Texte des Septante : deux fois sept coudées, plus six de la porte, pour le mur de séparation entre les deux salles, cela fait tout juste les vingt coudées qu'il faut d'après les dimensions précédemment indiquées. Les deux coudées du pilier doivent être entendues de l'épaisseur.
^^ Le mortel n'entre pas lui-même dans ce lieu réservé au Très-Haut. Le Saint des saints forme un carré, de sorte qu'il était superflu d'ajouter que la largeur est prise sur le mur de séparation.
8 1 Épaisseur du mur.
rédifice latéral'*, quatre coudées, tout autour du temple. Les chambres latérales, Tune attenant à l'autre, étaient au nombre de trente, trois fois ; elles se rattachaient à un mur qui entourait le temple, du côté de ces chambres, pour qu'elles y fussent engrenées, mais elles ne s'engrenaient pas dans le mur même du temple". Et rédifice s'élargissait à mesure que l'on montait dans les chambres latérales, car il y avait une galerie à la maison tout autour à chaque étage supérieur : par cette raison, la largeur de l'édifice était plas grande vers le haut^*, et ainsi on montait de l'étage inférieur à l'étage supérieur par celui du milieu. Et je vis que les fondements de l'édifice latéral s'élevaient tout autour à la hauteur d'une
perche entière, six coudées '^ La largeur du mur extérieur de
l'édifice latéral était de cinq coudées '", et la place libre entre les
3^ Déjà au temple de Salomon était adossée une construction qui régnait tout autour de l'édifice sacré, c'e6trà*dire plus exactement sur les trois c6tés du nord, du sud et de l'ouest ; la façade, du côté du vestibule, étant naturellement libre. Cet édifice se composait de trois étages de chambres, chaque étage à raison de trente pièces. La description détaillée qui va en 6tre donnée est on ne peut plus obscure ; on n'apprend pas même d'où les chambres recevaient le jour, et quant à leur dimension, eUes n'avaient que deux mètres de large (d'après le texte], et ne pouvaient en avoir trois de long (d'après les données antérieures], puisque la double longueur de tout l'édifice, ajoutée à sa largeur» ne donne au total que quatre-vingt-deux mètres courants.
33 Dans le temple de Salomon, le mur du temple proprement dit formait des saiUies et était plus fort en bas qu'à chaque étage supérieur, de sorte que les poutres qui portaient les différents étages de chambres latérales n'entraient pas dans le corps du mur, mais étaient simplement posées sur ces saillies. Ici il paraît que l'auteur veut décrire un autre système de construction, savoir un mur de revôtement, distinct du mur propre da temple. Cependant nous ne sommes pas sClr de lavoir bien compris.
34 Même réserve à faire. La construction du texte est embrouillée au plus haut point, les Septante ont un tout autre texte, et le sens du mot principal que nous traduisons par galerie est incertain. D'après l'étjmologie, cela doit être quelque chose qui entoure, qui forme le tour, etc. Nous avons songé à une galerie, parce que nous ne voyons pas comment on aurait eu accès à toutes ces cbambres si petites, pour lesquelles i! n'est question que de deux escaliers tournants, sur les soixante pièces des deux étages supérieurs. A première vue, on serait tenté de songer plutôt à des avances, ce qui expliquerait mieux encore la largeur croissante des étages.
35 Cela doit peut-être dire que les chambres du rez-de-chaussée étaient à six coudée^ au-dessus du sol? Après cette phrase, il j a encore un terme d'architecture dont naos ne savons que faire. On traduit : jonction, côté, mur mitoyen, etc., sans obtenir un sen^ tant soit peu plausible. Les Septante mettent des intervallei, en joignant le mot è la phrase suivante.
30 Ce passage pourrait suffire à lui tout seul pour nous faire douter de l'intégrité du texte. Quelle construction, que celle d'une galerie de petites chambres de deux mètres de large, flanquées vers l'intérieur et vers le dehors de deux murs dont l'épaisseur est d'un côté de trois mètres, de l'autre de deux mètres et demi, sans qu'on apprenne le moindre petit mot ni sur leur hauteur, ni sur leurs fenêtres !
ÉZÉCIIIEL XLI, 10-15. 133
chambres latérales du temple et les salles avait «ne largeur de vingt coudées tout autour du temple ^^. Et à rédi&çe latéral il y avait des portes donnant sur la place libre, savoir une porte dans la direction du nord, et une porte dans la direction du sud, et la largeur de la place libre était de cinq coudées tout autour'".
Et rédifice placé devant rarrière-cour, dans le coin vers Toccideut, avait soixante-dix coudées de large, et le mur de cet édifice était large de cinq coudées tout autour et long de quatre-vingt-dix coudées. Et il mesura le temple : cent coudées en long ; et Tarriërecour avec sou édifice et ses murs : cent coudées eu long. Et la largeur du front du temple et de Tarrière-cour vers Torient : cent coudées '^.
C'est ainsi qu'il mesura la longueur de Tédi&ce placé devant Tarriere-cour, ce qui était derrière, et ses galeries *® des deux côtés,
^'^ On se rappelle que devant le temple il y a une cour longue et large de cent coudées (XLj 47) ou cinquante mètres. Une cour d'égale dimension suit cell&-là, et contient l'édifice sacré lui-même, avec ses attenances latérales. Cet édifice, dans son ensemble, y compris l'épaisseur de tous ses murs, mesurait (d'après les chifiEres du texte) cinquante coudées en largeur et vingt-cinq de plus en longueur (voir les notes 27 suiv., p. 130). Avec les vingt coudées d'espace libre, au nord, au sud et à l'ouest, nous n'arrivons qu'à quatre-vingt-dix coudées en largeur, et à quatre-vingt-quinze en longueur. Il y aurait donc quelque part une inexactitude dans l'évaluation des détails, ou dans les données du texte reçu. Voyez cependant la note suivante. (Quant hux salles mentionnées ici, il en sera question plus loin.)
38 Encore une difficulté I Qu'est-ce que cet espace libre de cinq coudées à côté de celui de vingt coudées du verset précédent? Il est d'autant plus regrettable que la distinction nous échappe, que ces cinq coudées compléteraient précisément les mesures indiquées pour l'ensemble.
89 £d revenant à ce qui a été dit page 128, note 16 et 17, et page 130, note 26, nous constatons qu'il manque encore une surface carrée de cent coudées dans la direction de Test à l'ouest, la grande cour extérieure mesurant deux cents, la cour intérieure cent, et le temple avec sa place libre également cent, et la dimension totale devant être de cinq cents coudées. De même, dans le sens du nord au sud, nous n'avons encore que deux fois deux cents pour la grande cour. Notre texte parle donc de ce carré complémentaire. Il le désigne par un terme inconnu, dont le sens étymologique serait : séparation t et que nous traduisons à tout hasard par arrière-cour. Il y avait une localité semblable, désignée cependant par un autre nom, au temple de Salomon (2 Rois XXIII, 11.1 Ghron. XXVi, 18). On ne sait rien de précis sur la destination de cette locaUté. On voit seulement ici qu'il y avait là encore un grand édifice, mais dont nous ignorons les dimensions hormis une seule. Cet édifice doit également avoir été entouré d'une place libre, mais du côté de sa plus grande dimension, puisque celle-ci est de soixante-dix coudées, tandis que l'espace entier (y compris toutefois l'épaisseur du mur d'enceinte) était de cent coudées.
^40 Mot absolument inconnu et traduit à tout hasard, surtout en vue de la phrase suivante, où il pourrait être question des galeries régnant autour de l'édifice latéral du
134 ézéCHIEL XLI, 16-22.
cent coudées. Et le* sanctuaire intérieur et les vestibules de la cour étaient lambrissés ^\ et les fenêtres à barreaux immobiles; et les galeries autour, sur les trois côtés opposés au seuil ^% étaient eu lambris de bois tout autour, depuis le plancher jusqu^aux fenêtres, et les fenêtres étaient barrées^'. Et au-dessus de la porte jusqu'à la paroi intérieure du temple, et vers le dehors ^^, sur toute retendue du mur, tout autour, dans la salle intérieure et extérieure, il y avait des sculptures ^', représentant des Keroûbs et des palmiers ; chaque fois un palmier entre deux Keroûbs; et chaque Keroûb avait deux faces, une face humaine vers le palmier d'un côté, et une face de lion vers le palmier de l'autre côté *^ : ainsi c'était sculpté sur tout le temple tout autour. Depuis le sol jusqu'au dessus de la porte, les Keroûbs et les palmiers étaient sculptés sur^^ 1er mur du sanctuaire. Le sanctuaire avait des poteaux carrés^", et le devant du Très-saint présentait le même aspect^*. L'autel'^ était de bois, haut de trois coudées : sa longueur de deux coudées [et sa largeur de deux
temple (p. 183, note 24). Il y a cependant à objecter que là rauteor se sert dWe tout aatre expression. Les anciens traduisaient : portiques, péristyles, etc. Do reste, tout ce qui se lit y. 15 à 1 7 est dans un désordre inextricable, et le texte suspect au plus haut degré.
^^ Traduction des Septante. En hébreu on lit : les seuils {spîm pour sputm).
^^ Nous supposons que cela veut dire les trois côtés du nord, de Touest et du sud, le seml; ou la porte d'entrée, étant à Test.
^^ Cette phrase a Tair d'être une glose destinée à expliquer le terme employé plus haut pour le même objet.
^4 Gomme les sculptures ne peuvent s'être trouvées qu'à Tintérieur des salles et non du côté de la cour, sur le mur de pierre, le dehors et le dedans dans notre texte doiveot s'entendre des deux compartiments du temple, le sanctuaire et le Saint des saints ; la paroi intérieure est alors le fond de -cette dernière salle, opposé à la porte d'entrée.
45 Traduction conjecturale. Le texte hébreu dit : mesures. Les Septante ont omis le mot. Pour plus de détails, nous renvoyons nos lecteurs à la descriptioû du temple de Salomon, 1 Rois VL
^^ Le fait qu'on ne voyait que deux faces, semble prouver qu'il ne s'agit pas de basreliefs, mais de simples contours burinés dans les planches. Autrement on aurait bien pu sculpter une troisième face au milieu. Ce qui suit parait devoir être entendu de plusieurs rangées de Ggures superposées l'une à l'autre, et non de figures aussi hautes que la salle.
"^"^ Correction conjecturale pour : et le mur. Les Rabbins proposent de biffer le mot sanctuaire, et de joindre le mur au verset suivant.
48 Aux portes ?
'10 Les Septante : devant le Très-saint un aspect, comme l'aspect d'un autel, etc.
^0 Dans le sanctuaire, devant le Saint des saints, il y avait un autel où l'on brûlait de l'encens: voyez la description du temple de Salomon, 1 Rois VII, 48.
ézéciiiEL XLi, 22-26. xui, 1-3. 135
coudées ^'] ; il avait ses angles ^* ; son socle '' et ses parois étaient de bois. Et il me dit : C'est là la table placée devant FÉtemel. Et il 7 avait deux portes : au sanctuaire et au Très-saint. Et ces portes avaient deux battants, tous les deux mobiles; deux battants à une porte, et deux battants à Tautre porte. Et sur elles^ sur les portes du sanctuaire, étaient sculptés des'Keroàbs et des palmiers, comme ils étaient sculptés sur les murs. Et sur le devant du vestibule, en dehors, il' y avait un perron de bois'^ et des fenêtres à barreaux immobiles, et des palmiers étaient des deux côtés sur les parois latérales du vestibule, et aux chambres latérales du temple et aux perrons**.
Puis il m'emmena dans la cour extérieure, dans la direction du nord, et me conduisit dans la salle *^ qui était devant Tarriëre-cour, en face de Tédifice, du côté du nord, en face d'une étendue en longueur de cent coudées, vers le nord, la largeur étant de cinquante coudées, en face des vingt coudées de la cour intérieure et en face du dallage de la cour extérieure [galerie contre galerie en trois étages^'']. Et devant ces salles, vers Tintérieur, il y avait une allée
^1 Addition du texte grec.
^^ Appelées ailleurs cornes t c'est-à-dire saillies aux quatre coins supérieurs.
^3 D'après le grec. L'hébreu met : sa longueur.
54 Comp. 1 Rois Vil, 6.
^5 Ce dernier mot ne présente pas de sens bien clair. Les Septante ne l'ont pas du tout ; d'autres y voient des chambranles, des poutres^ etc.
56 Voici une nouvelle partie du système, sur la position de laquelle les commentateurs n'ont pas pu tomber d'accord, et dont la description laisse encore beaucoup à désirer relativement à la lucidité. En tout cas, nous n'identifierons les salles dont il est parlé ici, ni avec les cellules du chap. XL» 17, ni avec les chambres du v. 44 du même chapitre, bien qu'en hébreu il y ait partout le même terme, que nous avons à dessein rendu de différentes manières, pour ne pas trop embrouiller la description. Les salles dont il est parlé ici ne se trouvent ni dans le petit espace lijbre qui règne autour du sanctuaire, ni dans l'arrière-cour, mais elles occupent une partie du terrain de la grande cour extérieure. Elles sont au nombre de deux, l'ime au nord du temple, l'autre au sud ; elles sont longues de cent coudées, larges de cinquante ; de leurs longues façades, l'une est tournée vers la cour du temple et l'édifice de l'arrière-cour, l'autre vers la grande cour extérieure. Ce sont des édifices à trois étages, et cela nous explique pourquoi le texte emploie tantôt le singulier (pour la construction entière), tantôt le pluriel (pour les trois étages). Elles doivent être censées placées de manière que les cent coudées de leur longueur ne soient pas identiques soit avec les cent coudées de la cour du temple, soit avec les cent coudées de l'arrière-cour, mais que cette étendue se répartisse, n'importe dans quelle proportion, sur ces deux cours, car il est dit à la fois qu'elles sont en face de l'arrière-cour et de son édifice, et en face des vingt coudées (de l'espace libre) de la cour intérieure.
5*7 Ces mots ne donnent pas de sens en cet endroit. Ils doivent être une glose sur ce qui est dit au v. 5, glose insérée mal à propos dans un contexte tout différent.
136 ézéCHIEL XLUf 8-10.
large de dix coudées, et longue de cent coudées, les portes regardant le nord ^^. Et les chambres supérieures étaient raccourcies (parce que les galeries empiétaient sur elles) comparativement à celles d'en bas et à celles du milieu de Tédi&ce : car elles étaient à trois étages et n'avaient point de colonnes pareilles aux colonnes des cours, et pour cette raison elles étaient en retrait sur celles d'en bas et sur celles du milieu, relativement à leur plancher ^^ Et une cloison extérieure^ parallèle aux salles, donnait perpendiculairement sur la cour extérieure, devant les salles, dans une longueur de cinquante coudées *^ . Car la longueur des salles sur la cour extérieore était de cinquante coudées, mais elle était de cent coudées du côté du sanctuaire. Et quant à la porte *' de ces salles, l'entrée était du côté de l'est, quand on y arrivait de la cour extérieure. Dans le sens de la largeur de Tenceinte de la cour, dans la direction du sud, devant Tarrière-cour, en face de Tédifice, il y avait aussi des salles",
58 Les portes de ces édifices donnent dans la grande cour et non dans rintérienr de Tenceinte sacrée. L'aUée dont il est parlé, doit être un trottoir longeant l'édifice. Pour ce qui est de la longueur de cent coudées, nous la prenons dans le texte grec. L'origio&I ne parle que d'une seule coudée {amh aht pour mah amt), ce qui ne donne pas de sens. Avec tout cela, le mot : vers l'intérieur, reste inexpliqué. Ce ne peut être ni l'intérieur de la salle, ni l'intérieur de l'enceinte sacrée. L'auteur aurait-il idmplemeat voulu désigner l'intérieur de la grande cour ?
59 II faut deviner ici bien des choses que le texte ne décrit pas explicitement. L'édifice était autrement construit que celui dont il a été parlé chap. XLI, 6 soit. Ici, U ne s'agit pas d'avances, ou de galeries extérieures, régnant autour des chambres, mais la galerie de chaque étage supérieur reposait sur une partie du plafond de l'étage immédiatement inférieur, de sorte que l'édifice se rétrécissait par degrés (pyramidalement). Nous ignorons ce que c'est que les colonnes des cours, qui n'ont point été mentionnées antérieurement. Les Grecs parlent de colonnes extérieures. Mais l'existence d'une colonnade dans l'une des cours n'expUquerait rien ici. On a proposé de lire : les colonnes des chambrej latérales (XLI, 6, deux lettres à changer), et de supposer que l'auteur avait oublié plus haut de dire que les avances ou galeries saiUantes de l'édifice latéral du temple étaient soutenues par des colonnes.
00 Les cinquante coudées représentent la largeur des salles, bien que le texte emploie le mot de longueur. Car les cloisons qui les isolent de la grande cour forment, avec le mur de séparation entre celle-ci et les cours intérieures, un angle droit.
61 Leçun des Septante. L'hébreu dit : Au dessous des saUes était.... — Le côté de l'est est la façade de 50 coudées. La porte se trouvait donc soit dans, soit derrière la cloison dont il vient d'être parlé.
^^ C'est l'édifice correspondant du côté du sud (texte grec) et non de Vest, comme on lit dans le texte vulgaire. Il est (comme le premier) dans le sens de la largeur de la grande cour; expression qui s'explique, parce que l'auteur se représente ici la longueur (du grand carré) dans le sens du nord au sud. La description est encore un peu embrouillée, mais en fin de compte eUe doit être absolument parallèle à la première.
ÉZÉCHIEL XLII, H-n. 137
ayant nne allée devant elles, pareille à celle des salles du nord, en longueur et en largeur^ relativement à leurs issues et dimensions. Et comme les portes de celles-ci étaient aussi les portes des salles méridionales : il y avait une entrée au commencement de l'allée, savoir de Tallée en face de la cloison correspondante, vers Test^ quand on y arrivait.
Et il me dit : Les salles du nord et les salles du sud placées devant Tarrière-cour sont des salles sacrées, dans lesquelles les prêtres qui approchent TÉternel doivent manger les saintes offrandes ; ils y déposeront les saintes offrandes, et ce qui est donné en provenances végétales, et pour les péchés et pour Texpiation *' : car ce lieu est sacré. Quand les prêtres entrent ^*, ils ne doivent pas sortir du sanctuaire dans la cour extérieure ; mais ils doivent déposer là leurs vêtements, dans lesquels ils officient, car ils sont sacrés, et revêtir d'autres habits, et puis se rapprocher du peuple^'.
Et lorsqu'il eut achevé de mesurer la construction intérieures^, il m'emmena vers la porte dirigée vers Torient^^ et mesura tout autour^". Il mesura du côté de Torient^ avec sa perche à mesurer, cinq cents perches d'un bout à l'autre ; il mesura du« côté du nord, cinq cents perches d'un bout à l'autre ; il mesura le côté du sud, cinq cents perches ; il se tourna du côté de l'ouest et mesura cinq
^3 L'auteur fait ici l'énumération des différentes espèces de sacrifices dont les prêtres recevaient leurs parts, et fait connaître en même temps la destination des salles qu'il vient de décrire. Pour ce qui est des détails de cette nomenclature liturgique, nous y arriverons dans Texplication des premiers chapitres du Lévitique. Disons seulement ici que le minehah est toute offrande non sanglante, les autres catégories se distinguent moins par la nature du sacrifice que par ses motifs. — Il est parlé d'un dépôt, parce que avant de manger il faut apprêter.
Ô4 Pour leur service.
65 Ici encore il y a une difficulté particulière. La chose serait bien simple, si les prêtres avaient eu à officier dans l'intérieur du temple, et si l'auteur avait pris la peine de parler de communications intérieures entre les susdites salles et la cour du temple. Mais, abstraction faite de cette lacune, le service de l'autel se faisait tout juste dans la grande cour. Peut-être l'auteur a eu en vue ici de prescrire aux prêtres de ne pas dépasser, pendant leurs fonctions, Vallée qui longeait leurs salles (v. 4), le peuple se tenant nécessairement on dehors de cette allée.
66 Tout Tensemble des édifices décrits jusqu'ici, et non pas seulement le temple proprement dit.
6*7 Par laquelle on était entré primitivement.
68 Le texte dit: et U mesura tout autour. Mais quoi? ce n'est pas la porte, sans doute. L'auteur veut parler d'un espace non encore mesuré. Ce ne peut être qu'une cour ou enceinte extérieure, dont les constructions précédemment nommées formaient le centre.
138 ézÉCHIEL XLII, 18-20. XLin, 1-7.
cents perches, avec sa perche à mesurer. Il mesura ainsi vers les quatre côtés. Et il y avait un mur tout autour, long de cinq cents et large de cinq cents, pour séparer le sacré du profane *'.
Et il me conduisit à la porte, à celle qui était tournée vers Torient. Et voilà que la majesté du Dieu d'Israël arrivait du côté de Torient, et sa voix^^ était comme celle de Tocéan, et la terre resplendissait de son éclat. C'était une apparition pareille h celle que j'avais vue alors que je vins pour la destruction de la ville; une apparition comme celle que j'avais vue sur les bords du Kebar^*. Et je me jetai la face contre terre. Et la majesté de rËtemel arriva au temple par la porte tournée vers Torient. Et une force divine" me souleva et me transporta dans la cour intérieure, et voilà que le temple était rempli de l'éclat de Dieu. Et j'entendis quelqu'un qui me parlait depuis le temple, et un homme se trouvait placé à côté de moi^^ Et il me dit: Fils d*hommeI C'est ici la place de
^0 Beaucoup d'interprètes ont compris ceci, après les LXX, du mur décrit XL, 5, en supprimant le mot perche» ou en le remplaçant par le mot coudées. En effet, le grand carré dont nous nous sommes occupé jusqu'ici avait 500 coudées de chaque cf>té. Mais Ëzéchiel veut certainement dire autre chose. 11 veut séparer le tacré du profane, non par un simple mur, comme cela peut se faire pour toute propriété privée, mais par une large place libre et non surbfttie. Autrement Topération du mesurage aurait été superflue après tout ce qui avait été dit. Or, voici les superficies que lé texte nous permet de calculer. Le carré intérieur est de 500 coudées en long et en large, soit de 025 ares (la coudée à 50 centimètres}, le grand carré, de 500 perches de c5té (la perche à 8 mètres), aura 225 hectares. La proportion a paru excessive, mais elle doit précisément faire ressortir cette distance du sacré au profane, qui est au fond de l'image.
'70 Le tonnerre annonce l'arrivée du Très-Haut. Car autrement il ne parle pas encore en ce moment.
"ïi Chap. VIII et suiv.; chap. I. La vision du char aux Keroûbs. — On pourrait traduire plus exactement encore : lorsque Je vins pour détruire la ville. Car le prophète, organe des volontés divines, est censé les accomplir en les proclamant. Cette toamare prouve clairement que la vision du chap. IX doit être prise dans le sens d'osé prédiction, et que tout l'appareil visionnaire appartient à la forme de celle-ci.
'ï» Chap. II, 2.
"t^ On a beaucoup discuté la question de savoir s'il s'agit ici de plusieurs personnes ou d'une seule, et si celle-ci est Dieu ou un ange. Voici à cet égard notre manière de voir. La théologie des prophètes se place toujours et partout au point de vue du monothéisme le plus absolu ; c'est toujours Dieu lui-même qui parle et qui a^t (comp. p. 124, note 4). Mais le plus souvent les manifestations do sa volonté revêtent des formes concrètes, sensibles, visibles, multiples même (voy. les 7 kom»a du chap. IX), sans qu'il faille en venir pour cela à la conception judaïque et valfaire de ce qu'on appelle des augez. Ainsi, par exemple, Ëzéchiel eutend d'abord la voix venant du temple, c'était naturellement la voix de Dieu, et au même moment il ^
ÉzéCHIEL XLIII, 7-12. 139
mon trône, la place où je poserai mes pieds, où j'établirai ma demeure au milieu des enfants d'Israël, à tout jamais : et la maison d'Israël ne souillera plus mon saint nom, ni eux, ni leurs rois, par leur idolâtrie, par les charognes de leurs rois ^^, leurs hauts-lieux, dont ils plaçaient le seuil près de mon seuil, et la porte à côté de la mienne, rien qu'un mur me séparant d'eux^ et ils souillaient ainsi mon saint nom par les abominations qu'ils commettaient: mais je les exterminai dans ma colère! Maintenant ils éloigneront de moi lem* idolâtrie et les charognes de leurs rois, et moi je demeurerai an milieu d'eux à tout jamais. Toi, fils d'homme ! Fais connaître ce temple à la maison d'Israël, pour qu'ils aient honte de leurs péchés, et qu'ils mesurent ^^ sa forme parfaite. Et s'ils ont honte de tout ce qu'ils ont fait, montre-leur le plan de ce temple, et sa disposition, ses issues et ses entrées, toutes ses formes ^^, ses règles et ses lois, et décris-le sous leurs yeux, pour qu'ils retiennent son plan et ses règles, et qu'ils les pratiquent.
Voici l'ordonnance du temple : Sur le sommet de la montagne, tout son territoire, tout à l'entour, est sacré. Voilà la loi du temple ''.
près de lai un personnage qai loi tient un discours^ dont la rédaction ne laisse aucun doute sur Tidentité de l'interlocuteur. Le prophète^ après avoir entendu Vappel^ reçoit V enseignement; mais ces deux faits viennent de la même source ou bouche, seulement Tun est plus direct et plus immédiat que l'autre et en même temps plus précis ; voilà pourquoi il voit^ après avoir entendu.
'^^ On B cru qu'Ézéchiel voulait blâmer ici la coutume des rois d'Israël» de se faire enterrer dans le voisinage immédiat du temple. Mais outre que ce fait n'est nulle part directement attesté, le contexte fait voir qu'il s'agit d'autre chose. La charogne est un terme de dédain pour un corps mort; ici il est pris pour désigner les faux dieux, en opposition avec le Dieu vivant. Les cultes idolâtres s'étaient installés dans l'enceinte même du temple (chap. VIII), et c'étaient les rois eux-mêmes qui les favorisaient ou les toléraient du moins : ce sont eux qu'on en rend ici responsables. Il est superflu de prendre le mot roi dans le sens de Dieu {Méleh — Moleh).
''^ A la place de ces mots : gu'iU mesurent, les LXX ont lu : son aspect (c'est-àdire sa forme], ce qui se rattache très-bien soit à l'impératif précédent, soit au substantif qui va suivre. Si l'on veut conserver la leçon vulgaire, il faut prendre le verbe mesurer dans le sens à* étudier, ce qui semble assez hasardé après le fréquent emploi du même mot dans son sens propre. L'intention du prophète ne peut pas avoir été d*inviter ses lecteurs à refaire ses plans et calculs.
'^^ Ce mot est répété deux fois dans le texte vulgaire. — Les règles et les lois dont il est parlé ne sont pas les dimensions que nous connaissons, mais l'ordonnance du culte qui va être exposée.
"^^ Premier principe fondamental : Le grand carré tout entier (XLII, 15 suiv.] est sacré. Nous avons à dessein varié l'expression, en disant ordonnatue pour tout ce qui va suivre chap. XLIII-XLVI, et loi, pour ce premier statut mis en tête des autres.
140 ézéCHIBL XLIII, 13-17.
Voici les mesures de TauteH* en coudées (la coudée à raison d'une coudée et d'une palme ^'): le socle,- une coudée, et une coudée eo largeur; et il se termine par un rebord d'un empan, qui va tout autour ^®. Et voici la hauteur de Tautel : depuis le socle de terre, jusqu'au gradin inférieur^ deux coudées, la largeur étant d'une coudée, et depuis le petit gradin jusqu'au grand gradin^ quatre coudées, la largeur étant d'une coudée. Et Tâtre^^ quatre coudées; et pardessus l'âtre, les quatre cornes. Et l'àtre, douze en longueur sur douze en largeur ; un carré relativement à ses quatre côtés. Et le gradin, quatorze en longueur sur quatorze en largeur, relativement à ses quatre côtés. Et tout autour une balustrade d'une demi-coudée, et le socle*' d'une coudée tout autour; et les marches du côté de l'orient*'.
'78 Les prescriptions prophétiques relatives au culte commencent par le plan du futur autel. Il s'agit du grand autel des sacrifices, placé dans la cour intérieure en avant du vestibule du temple (XL, 47). Les données mathématiques sont CDcore obscures et incomplètes, les termes techniques incertains, le texte corrompu et surchargé de variantes (LXX), enfin, la description telle, que chaque commentateur a pu y voir autre chose. Nous nous bornerons à des indications générales, en nous éloignant aussi peu que possible de la leçon reçue.
•?» Chap. XL. 5.
80 On peut juger de la certitude de l'interprétation , quand on voit qu'au lieu d'un soeU, on a pu trouver ici une excavation dans la surface de l'âtre, pour recevoir le feu. D'après l'étymologie, le terme doit signifier quelque chose de bombé. Le socle (si socle il y a) est d'une coudée, nous supposons de hauteur ; quant à la largeur, ce ne peut être que l'étendue par laquelle il dépasse la partie de l'autel placée au-dessus. Cette largeur d'à ne coudée étant encore mentionnée plusieurs fois, nous en concluons que la construction tout entière est en gradins, c'est-à-dire formée de plusieurs parallélépipèdes superposés et diminuant de dimension, comme cela résulte, du reste, clairement des v. 1 6 et 17. Le texte distingue évidemment deux de ces parallélépipèdes (outre le socle], l'un ayant 2 coudées (de haut) et l'autre 4.
81 Notre texte offre ici plusieurs variantes dans l'orthographe du mot, ce qui a donné lieu à l'opinion qu'il s'agit de deux parties différentes : Hareèl, montagne de Dieu, et Ariil, fitre de Dieu, la première estimée être un troisième parallélépipède, le second, la surface même de l'autel. Nous nous en tenons aux Grecs, qui oat mis partout le second terme (comp. Ésale XXIX, 1}, mais en lui donnant (avec notre texte] la forme d'un parallélépipède de 4 coudées de haut, sur 12 de long et de large. Â la rigueur, on pourrait identifier le second gradin avec l'âtre, d'autant plus que le texte ne donne la longueur et la largeur que pour deux gradins.
82 Le terme est le môme qu'au v. 13. S*agit-il aussi du même objet? Nous n'osons l'affirmer.
83 La hauteur totale étant de 1 1 (ou 7] coudées, et les gradins trop distants l'un de l'autre, il faut des marches pour arriver à officier sur l'&tre (comp. 2 Chron. IV, IJ
Et il me dit : Fils d'homme I Ainsi dit le Seigneur, rËternel :
Voici les rites de l'autel®*, pour l'époque où il sera construit, à
Teffet d'y offrir des holocaustes et d'y asperger du sang : tu
donneras*^ aux prêtres lévitiques, à ceux de la famille de Çadoq®^,
qui s'approchent de moi pour me servir (dit le Seigneur^ l'Éternel),
un animal mâle de race bovine pour sacrifice de péché. Puis tu
prendras de son sang et tu en mettras sur les quatre cornes de
l'autel, et sur les quatre angles des gradins et sur la balustrade
tout autour, et tu accompliras l'expiation et la propitiation. Puis tu
prendras ce taureau du sacrifice de péché, pour qu'on le brûle à
Tendroit désigné du temple '^, en dehors du sanctuaire. Et le second
jour, tu feras venir un bouc sans défaut, pour le péché, pour qu'ils
fassent l'expiation de l'autel, comme ils l'auront faite avec le taureau.
Quand tu auras accompli cette expiation, tu feras venir un animal
mâle de race bovine, sans défaut, et un bélier sans défaut, du menu
bétail, et tu les présenteras à l'Éternel, pour que les prêtres jettent
sur eux du sel et les immolent en holocaustes à l'Éternel. Durant
sept jours'*, tu feras immoler un bouc pour le péché, chaque jour,
et l'on immolera un animal mâle de race bovine, et un bélier du
menu bétail, sans défaut. Durant sept jours, on fera la propitiation
de l'autel et on le purifiera, et on le consacrera®^. Et au bout de
ces jours, à partir du huitième jour, les prêtres immoleront sur
l'autel vos holocaustes et vos sacrifices d'actions de grâces, et je
vous accorderai ma faveur, parole du Seigneur, l'Éternel.
Puis il me reconduisit vers la porte extérieure du sanctuaire tournée vers l'orient ^®. Or, elle était fermée. Et l'Éternel me dit :
^ Probablement l'auteur ne veut pas parler des rites permanents, mais seulement de la première inauguration. Comp. 2 Cbron. VII, 9. Exod. XXIX, 37.
^^ Le prophète, représentant de Dieu, organise la cérémonie et la préside, c'est-àdire qu'il en trace d'avance la norme.
^6 Voyez page 130, note 25, et surtout obap. XLIV, 15 suiv.
^"^ Cet endroit pourrait bien s'être trouvé dans l'arrière-cour.
^^ Il ne résulte pas clairement du texte comment on doit compter ces 1 jours, puisque le bouc est nommé pour la première fois le second jour, et que les holocaustes semblent ne devoir commencer qu'après les sacrifices d'expiation. Peut-être doit-on se représenter les deux rites comme se combinant depuis le commencement. Du reste, les prescriptions formulées ici diffèrent à plusieurs égards de celles de la loi. Exod. XXIX •t Lév. VIII.
^^ Litt.: on lui remplira les mains. Remplir les mains ^ est un terme technique pour la consécration ou installation des prêtres, auxquels on remettait à cette occasion les insignes ou instruments de leur office. Ce terme est ici appliqué à l'autel même.
00 Qq serait la porte entre les deux cours (XL, 32), en face du grand autel. Il est cependant plus probable que le sanctuaire désigne ici l'ensemble de l'enceinte sacrée, de sorte qu'il faut songer à la porte orientale de la grande cour (XL, 6).
142 ézécHiEL XLIV9 2-10.
Cette porte restera fermée, et ne sera pas ouverte, et personne n'y passera; c'est parce que rËternel, le Dieu d'Israël, y a passé, qu'elle restera fermée. Le prince seul, parce qu'il est prince, y prendra place pour le festin sacré : il entrera par le chemin do vestibule de cette porte et sortira par le même chemin**.
Puis il me conduisit vers la porte du nord*', en face du temple, et comme je regardais, voilà que la majesté de l'Éternel remplissait le temple, et je me jetai la face contre terre. Et l'Étemel me dit : Fils d'homme I Fais attention, et regarde de tes yeux et écoute de tes oreilles tout ce que je vais te dire relativement à tous les rîtes du temple et à ses règles, et fais attention à l'entrée du temple, ainsi qu'à toutes les issues du sanctuaire*'. Et tu diras à ces rebelles, à la maison d'Israël : Voici ce que dit le Seigneur, l'Éternel : C'en est assez de toutes vos abominations, maison d'Israël ! d'avoir introduit des étrangers, incirconcis de cœur et incirconcis de chair, pour qu'ils fussent dans mon sanctuaire et profanassent ma maison, quand vous veniez m'ofiFrir mon repas, la graisse et le sang, et qu'ils rompissent mon alliance, avec toutes vos abominations : et au lieu de faire vous-mêmes le service de mes choses saintes, ce sont eux que vous en chargiez à votre place dans mon sanctuaire'*! Or, voici ce que dit le Seigneur, rÉtemel : Aucun étranger, incirconcis de cœur et incirconcis de chair, ne doit entrer dans mon sanctuaire, d'entre tous les étrangers qui demeurent au milieu d'Israël. Même les Lévites, qui se sont éloignés de moi, quand Israil s'égarait en me quittant pour suivre ses idoles, ils en porteront la peine. Dans mon sanctuaire, ils serviront de gardes aux portes du
^^ Le prince est le prince régnant, le roi Isaîde de la future théocratie, et non pas le Messie unique et immortel. Pour le festin sacré (litt.: pour manger devant rÉtemel): cela veut dire pour les repas solennels qui suivent les sacrifices. Ces repas, le prince les prendra dans le vestibule de cette porte, lequel donnait sur la grande cour ; c'est donc aussi du côté de cette cour qu'il entrera et sortira, et non par la porte orientale proprement dite, c'est-à-dire par l'ouverture extérieure. Évidemment, conmie tout le monde, il aura pénétré dans la grande cour par la porte du nord ou parcelle du midi.
02 Ici nous songeons à la porte mitoyenne entre les deux cours.
03 Les entrées et issues pourraient bien être prises dans un sens figuré : entrer et sortir, correspond à la notion de converser, besogner, avoir des affaires ou des relations, etc. Gomp. 1 Sam. XXIX, 6. Àct. IX, 28. Ce seraient donc ici les osa^ réglementaires.
^^ Les livres historiques ne mentionnent rien de ce genre. Mais le texte est clair et formol et l'on doit supposer que, soit antérieurement, soit dans les derniers temps encore, les Lévites se mettaient au service des cultes étrangers, et des étrangt^rf païens étaient employés pour les services subalternes du culte de Jéhova.
ézéCHIBL XLIV, 11-20. 143
temple, et feront la besogne de la maison *^ ; ils auront à égorger pour le peuple les victimes du sacrifice, et seront au service des gens; parce qu'ils se sont mis à leur service devant leurs idoles et qu'Us sont ainsi devenus pour la maison d'Israël une occasion de péché, pour cela, je lève ma main contre eux^^^ parole du Seigneur, rËternel 1 et ils en porteront la peine. Et ils n'auront point accès auprès de moi pour oflScier devant moi, et pour s'approcher de mes choses saintes, de tout ce qui m'est consacré ^' ; mais ils subiront leur opprobre pour les abominations qu'ils ont commises. Et je ferai d'eux les serviteurs du temple, à l'égard de toute la besogne qui doit s'y faire. Mais les prêtres lévitiques, les fils de Çadoq'^, qui ont fait le service de mon sanctuaire, alors que les enfants d'Israël se sont égarés et m'ont abandonné, ce sont eux qui auront accès auprès de moi pour me servir; ils se présenteront devant moi pour m'ofirir la graisse et le sang : parole du Seigneur, l'Éternel I Eux seuls entreront dans mon sanctuaire, eux s'approcheront de ma table pour me servir, et feront mon service. Et quand ils entreront par les portes de la cour intérieure, ils revêtiront des habits de lin^*, et n'auront sur eux rien qui soit de laine, pendant qu'ils officieront aux portes de la cour intérieure et près du temple. Ils auront sur la tête des turbans de lin, et sur les reins des caleçons de lin, et ne s'habilleront point de manière à se mettre en sueur. Et quand ils sortiront dans la cour extérieure pour rejoindre le peuple, ils ôteront leurs vêtements dans lesquels ils auront ofiicié et les déposeront dans les salles du sanctuaire, et revêtiront d'autres habits, pour ne pas mettre le peuple, par leurs vêtements, dans un état de consécration *<'®. Ils ne se raseront pas la tête et ne laisseront pas croître leur chevelure, mais ils porteront les cheveux courts ^^*.
95 l^ grosse besogne^ le service de domestiques^ les sacrifices privés , mais non la participation & ce qui se faisait & Tintérieur et officiellement.
96 Pour jurer.
9*7 Particulièrement des parties des victimes qui devaient être consumées sur Tautel, ce que le prophète a hardiment appelé plus haut : le repas de Dieu.
98 Chap. XL, 46.
99 Chap. XLII, 14. Comp. Exod. XXVIII, 39 suiv. Lév. XVI, 23.
100 i^ prôtre officiant (revôtu de ses habits sacerdotaux] est soumis à certaines règles et abstinences, que la loi n'imposait pas aux laïques. Le sens de la phrase est donc que Tattouchement de ces habits sacrés par quelqu'un de la foule, le mettrait (inutilement, mais nécessairement) dans l'obligation de s'imposer les mêmes devoirs. C'était là une conséquence du principe de la sainteté du ministère et de la pureté de la caste.
101 Pour ceci et ce qui suit, comp. Lév. X et XXI, où cependant les prescriptions ne sont pas toutes identiquement les mêmes.
144 ÉZÉCHIEL XLIV, 23-3t, XLV, 1.
Et aucun prêtre ne boira du vin lorsqu'il devra entrer dans la cour intérieure. Ils ne prendront pour femmes, ni des veuves, ni des personnes répudiées, mais seulement des vierges de race israélite; cependant ils pourront prendre des veuves qui auront été mariées à des prêtres. Et ils instruiront mon peuple, et lui apprendront à distinguer ce qui est sacré ou profane, pur ou impur. Et ils seront juges des procès, et les jugeront d'après mes statuts. Us observeront mes lois et commandements à Tégard de toutes mes fêtes et sanctifieront mes sabbats. Et ils ne s'approcheront pas d'un homme mort, parce que cela les rendrait impurs : cependant pour un père ou une mère, pour un fils ou une fille, pour un frère ou une sœur nonmariée, il leur est permis de contracter l'impureté. Et après la purification d'un tel '°', on lui comptera encore sept jours, puis quand il rentrera au sanctuaire, à la cour intérieure, pour y o£Scier, il offrira un sacrifice de péché : c'est le Seigneur, l'Éternel, qui le dit. Et leur patrimoine sera que moi je suis leur patrimoine*^'; et vous ne leur donnerez point de propriété en Israël : moi je serai leur propriété. Les offrandes, les sacrifices de péché et d'expiation, voilà ce dont ils vivront*^*, et tout ce qui aura été l'objet d'un vœu'" en Israël, leur appartiendra. Et les prémices de toutes les primeurs de toutes choses, et tout ce qui est présenté comme offrande, de tout ce que vous offrirez, appartiendra aux prêtres, et vous leur donnerez aussi les prémices de votre mouture, pour que la bénédiction repose sur votre maison *^^. Les prêtres ne mangeront point d'animaux morts naturellement ou déchirés par d'autres, ni oiseauxi ni quadrupèdes *°'.
Et lorsque vous répartirez le pays en lots de propriété '°* vous consacrerez à l'Éternel, comme domaine sacré, une portion du terri-
102 Pour le la!c, la purification durait sept jours. Nomb. XIX, il et soir. U pureté du prôtre était donc doublement garantie. 108 Comp. Nomb. XVIII. 20. Deut. X, 9; XVIII. 1.
104 Lév. VII, 6, et autres passages.
105 Nous ne sommes pas sûr de la justesse de cette interprétation. L'auteur fait peut-être allusion au cas prévu Lév. XXVII, 21 , mais là il est question de propriété foncière, laquelle paraît exclue par le contexte.
106 Nomb. XV, 21 î XVIII, 13, 19. Exod. XXXIV, 26. etc.
107 Lév. XXII, 8.
108 Nous verrons plus loin qu'Ézéchiel comprend, dans ses visions d'avenir, une nouvelle répartition du territoire de Canaan, entre les douze tribus. Ici il s'occupe de la portion du pays réservée à Dieu (le domaine sacré], sur lequel se trouvera le sanctuaire précédemment décrit, le reste étant donné en usufruit k la caste sacerdotale. Nous insistons sur ce terme d'usufruit, quoique le texte ne l'emploie pas, parce qae autrement il y aurait contradiction avec XLIV, 28.
toire, d'une longueur de vingt-cinq mille et d'une largeur de vingt mille '0^. Ce sera un domaine sacré dans toute retendue de ses limites. Sur ceci, il y aura pour le sanctuaire un carré de cinq cents sur cinq cents, autour duquel il y aura un rayon libre de cinquante coudées*'^. Et sur cette étendue, vous en mesurerez une de vingt- cinq mille en longueur et de dix mille en largeur, et là dedans sera le sanctuaire, le lieu très-saint. Ce sera la partie sacrée du territoire, elle sera pour les prêtres qui font le service du sanctuaire et qui ont accès auprès de FËternel pour le servir ; ce sera pour eux une place pour des maisons, et pour le sanctuaire un lieu saint. Et vingt-cinq mille en long et dix mille en large seront pour les lévites qui servent au temple : ce sera leur domaine, des bourgades pour y habiter*". Et pour domaine de la ville**', vous assignerez cinq mille en largeur et vingt-cinq mille en longueur parallèlement au domaine sacré : cela appartiendra à toute la maison d'Israël. Et au prince, des deux côtés, du domaine sacré et du domaine de la ville,
109 ici^ deux observations importantes. On remarquera que la mesure n'est déterminée qu'à l'égard du chiffre et non quant à l'instrument. Or, nous prétendons qu'il s*agit de perches et non de coudées. Cela résulte du v. 2, où le carré réservé à l'enceinte sacrée est de 500 de chaque côté, où il ne peut Ôtre question que de perches, comp. XLII, 20. Ensuite nous verrons que les 25^000 sont à mesurer de l'ouest à l'est, de la Méditerranée au Jourdain. Si c'étaient des coudées, cela ne ferait que 12 À 13 kilomètres ; si ce sont des perches, cela donne 75 kilomètres, ce qui est à peu près la largeur moyenne du pays. — Notre seconde observation est celle-ci. Nous avons mis, d'après les LXX, vingt mille (perches) de large, pour le domaine sacré (du nord au sud] ; le texte hébreu n'en met que dùo^ ce qui est évidemment une faute, puisque immédiatement après, ce domaine est subdivisé en deux parties égales, ckacttne de dix mille perches de largeur, pour les prêtres et pour les Lévites (v. 3 et 5).
HO Pour que les maisons des prêtres ne viennent pas s'adosser aux murs de l'enceinte sacrée. Car celle-ci est au milieu de la portion des prêtres.
H 1 x^ portion donnée en usufruit aux Lévites est tout aussi grande que celle des prêtres, mais comme ils sont plus nombreux, ils seront d'autant moins riches. Les derniers mots de la* phrase sont pris dans le texte grec; VhéhreM (vingt salles ou. eknmbres) ne donne pas de sens acceptable. (Lisez s'a*rîm /«'^^ au lieu de 'asrîm Is'kt.) On remarquera qu'en parlant des prêtres, l'auteur avait nommé des maisons, ici il parle de villes ou de villages. D'après cela, on jugera de la proportion du nombre et des revenus.
^^^ Jérusalem aura son domaine propre, sa banlieue à elle, et n'appartiendra pas à l'une des 12 tribus exclusivement (comme la ville de Washington dans le district do Columbia, dans les États-Unis). Gomme les trois districts décrits jusqu'ici ont la même longueur de 25,000 perches, et en largeur 10 + 10 -f- 5 mille, on voit que ce grand domaine communal et sacré forme un carré régulier de 562,500 hectares. — Pour ne pas embrouiller les choses, nous nous servons du terme de domaine pour les deux portions, celle de Dieu et celle de la ville. Le texte réserve pour la première 1o terme liturgique d'offrande de précipui.
A. T. 2- part. — II. 10
le long du domaine sacré et le long du domaine de la ville, du coté de Touest vers Touest et du côté de Test vers Test, une longuear égale à Tune des portions, de la limite de Fouest à la limite de Test. Ce sera là son territoire, sa propriété en Israël, et mes princes n'opprimeront plus mon peuple, et ils laisseront le pays à la maison d'Israël^ à ses tribus*". Voici ce que dit le Seigneur, l'Éternel: C'en est assez, princes d'Israël ! Abstenez-vous de violences et d'oppression, pratiquez le droit et la justice, soulagez mon peuple et ne Tévincez plus **♦ : c'est le Seigneur, l'Éternel, qui le dit ! Ayez des balances et des mesures justes, êfah et bat ; l'èfah et le bat auront la même capacité, de manière à contenir chacun la dixième partie du homer. Le borner en réglera la capacité. Et le sicle sera de vingt g'érah : vingt sicles, vingt-cinq sicles, quinze sicles, ce sera pour vous la mine*'^. Voici ce que vous aurez à prélever comme redevance**^ : un sixième d'èfah de chaque homer
113 X^s anciens rois avaient surchargé le peuple d'impôts et de redeyances (t Hois IV) . A l'avenir, ils auront leur domaine privé et les redevances ne seront pas onéreuses (v. 13 suiv.), de manière quHl n'y aura pas d'exactions et de charges établies sur le sol. La détermination du domaine royal est encore un peu obscure. Voici comment nous la comprenons. Le domaine communal et sacré formant un carré régulier de 75 kilomètres en long et en large, il restait à l'ouest vers la mer, et à Test vers le Jourdain, deux bandes de terre longues (du nord au sud} de 75 kilomètres aussi, et d'une largeur non détenninée, mais peu considérable. Eu supposant cette largeur seulement d'un kilomètre, c'étaient encore deux beaux lots, chacun de 7500 hectares. Les limites dont parle le texte, sont les limites naturelles de Canaan.
114 Les princes se considéraient comme les véritables propriétaires du sol et évinçaient leurs sujets pour s'adjuger leur patrimoine. On voit par cet arrangement qu'il n'est pas question d'un Messie unique et permanent, mais d'une dynastie continuant l'ancienne.
115 Le sens général du passage est que les poids et mesures doivent être justes et ne Jamais servir à la fraude (Deut. XXV, 13 suiv.). L'auteur ne se contente pas de dire cela en théorie, il indique aussi le rapport normal entre les unités de mesures et leurs multiples ou subdivisions. Le borner était une mesure de capacité d'environ deux hectolitres. Le déci^liomeT s'appelait 6fah pour les grains, bat pour les liquides. La phrase concernant le sicle est inintelligible : nous savons que 50 sicles faisaient ooe mine, et 60 mines un talent. Le sicle pesait 15 grammes. Nous devons cependant faire remarquer que ces diverses données ne sont pas absolument sûres, parce que déjà les évaluations de Josèphe et des Rabbins ne s'accordent pas tout à fait. Les calculs des modernes diffèrent aussi. Il y a des savants qui portent le hotner à 4 hectolitres et le sicle à 14,5 grammes. L'énumération de 20, 25 et 15 sicles rend toute détermination incertaine, et doit 6tre considérée comme l'effet d'une corruption du texte. Les LX.\ ont deux leçons différentes, toutes les deux également confuses.
tl6 Le mot hébreu employé ici s'applique ordinairement aux offrandes sacrées. Ici, il est positivement question du préciput du prince. Celui-ci cependant aura à faire les frais des sacrifices.
de froment, et un sixième d'éfah de chaque homer d'orge; et la norme pour Thuile [le bal^ l'huile], un dixième de bat de chaque kor (dix bats faisant un homer) [car dix bals font un homer **'^], et une tète de bétail*'* sur deux cents, prise des pâturages bien arrosés d'Israël, pour les offrandes ^'^^ holocaustes et sacrifices d'actions de grâces^ à l'effet de faire avec tout cela la propitiation. C'est le Seigneur, l'Éternel, qui le dit. Toute la population du pays sera tenue à cette redevance envers le prince d'Israël. Et le prince sera chargé des holocaustes^ des offrandes et des libations, aux grandes fêtes, aux nouvelles lunes, et aux sabbats, à toutes les solennités de la maison d'Israël. C'est lui qui fera*^^ les sacrifices de péché et d'actions de grâce, les offrandes et les holocaustes, pour faire la propitiation pour la maison d'Israël.
Voici ce que dit le Seigneur, l'Éternel : Le premier jour du premier mois, tu prendras un animal mâle de race bovine, sans défaut, pour la sanctification'^* du sanctuaire. Et le prêtre prendra du sang de la victime et en mettra sur les chambranles du temple, et aux quatre coins de l'autel aux gradins, et sur les chambranles de la porte "'-^ de la cour intérieure. Et tu en feras de même le septième jour du mois, pour décharger ceux qui auront péché par erreur ou simplicité, afin de faire propitiation pour le temple. Le quatorzième jour du premier mois, vous aurez la pâque, une fête de sept jours *'* ; on mangera du pain sans levain. Ce jour-là, le prince offrira, pour lui et pour tout le commun peuple, un taureau comme sacrifice de péché ; et durant les sept jours de la fête il offrira, eu holocauste à l'Éternel, sept taureaux et sept béliers sans défaut, chaque jour, durant les sept jours, et comme sacrifice de péché, un
I n Les mots entre crochets ne peuvent être que des gloses ou fautes de copistes. — Le kor est un terme d'usage plus récent pour le homer. Pour les grains^ la redevunce était donc d'un soixantième de la récolte, pour l'huile, un centième.
118 Moutons et chèvres. Le texte ne parle pas des bœufs^ sans qu'on puisse dire pourquoi. Car on en élevait et on en employait dans les sacrifices.
i 18 Voyez la note sur XLII , 13 (note 63).
ISO n ne s'agit pas là de fonctions sacerdotales, mais de la fourniture des objets.
1^1 La langue française n'a pas de mot pour exprimer brièvement le sens du terme hébreu, lequel dénote l'acte d'un sacrifice institué pour Ôter (faire pardonner} le péché (en allemand: die Entsitndigunff). Le sanctuaire est censé souillé par les péchés du peuple, le sacrifice doit opérer la purification, on pourrait presque dire la désinfection.
122 De laquelle? Doit-on prendre le mot comme un collectif?
123 Texte grec. L'hébreu parle de semaines au pluriel {s' boudât pour s'ihe*ai), les copistes ayant sans doute songé à la ftte des semaines , c'est-à-dire à la Pentecôte, qui u'est pas autrement mentionnée ici.
148 ÉZÉCIIIEL XLV, 24, 25. XLVI , 1-9.
bouc par jour; et comme offrande, il y ajoutera un èfah*'^ par taureau et un êfah par bélier, et d'huile un hin par èfah. Le quinzième jour du septième mois, lors de la fête "^, il en fera de même durant sept jours, à Tégard du sacrifice de péché, de Tholocauste, de Toffrande et de Thuile *".
Voici ce que dit le Seigneur^ rËternel : La porte de la cour intérieure, qui est tournée vers Torient, restera fermée pendaut les six jours ouvrables ; elle sera ouverte le jour du sabbat et le jour de la nouvelle lune. Et le prince, arrivant du dehors vers le vestibule de la porte, se placera sous le linteau de la porte, pendant que les prêtres offriront son holocauste et son sacrifice d'action de grâce; et après qu'il se sera prosterné sur le seuil de la porte, il sortira, et la porte ne sera pas fermée avant le soir. Et le commun peuple se prosternera devant rËternel à l'entrée de cette porte, les jours de sabbat et de nouvelle lune. Et Tholocauste que le prince offrira à rËternel le jour de sabbat, sera de six brebis sans défaut, et d'un bélier sans défaut ; l'offrande consistera en un êfah pour le bélier ; pour les brebis, l'offrande sera facultative ^" ; quant à l'huile, ce sera un hin par êfah. Et le jour de la nouvelle lune, ce sera un animal mâle de race bovine, sans défaut^ et de plus six brebis et un bélier, tous sans défaut. Il y joindra comme oOrande un èfali pour le taureau, et un êfah pour le bélier, et pour les brebis selon quMl voudra, et quant à l'huile, ce sera un hin par êfah. Et quaud le prince entrera, ce sera du côté du vestibule de la porte, et il sortira aussi par ce même chemin. Et quand le commun peuple entrera, pour se présenter devant l'Éternel aux solennités^ celui qui sera entré par la porte du nord, pour aller se prosterner, sortira par la porte du sud, et celui qui sera entré par la porte du sud, sortira par la porte du nord; on ne s'en retournera pas par la porte par laquelle on sera entré , mais on sortira en marchant droit devant soi '^^
^"^^ De farine. Chaque sacrifice sanglant était accompagné d'une o fronde noo sanglante» consistant en farine et huile. Le htn est la sixième partie du bai.
1S5 Des tahernacles.
1^6 Les prescriptions du texte diffèrent beaucoup de celles de la loi mosaî(jue. Nous trouverons l'occasion de revenir à ce fait, dans l'introduction au Pentateuque.
1^'^ Litt.: un don de sa main. Plus bas on lit dans le même sens : ce que sa maio atteindra. D'autres y trouvent le sens : selon ses moyens.
1S8 Dans tout ceci, il doit être question des portes mitoyennes entre les deux cours. car c'est dans la cour intérieure que s'accomplissaient les rites sacrés. La porte assignée au prince doit être celle de l'est, hien que le texte ne le dise pas. — On peut d'ailleurs se demander si le règlement de police ici promulgué aurait pu empêcher la confusion, les jours de grande affluence, dans un espace qui, du nord au sud, n'avait que 50 mètres d'étendue.
Et le prince entrera avec eux quand ils entreront, et sortira "^ quand ils sortiront. Et aux grandes fêtes et aux solennités^ l'offrande sera d'un êfah par taureau et d*un êfah par bélier, et pour les brebis elle sera facultative, et quant à Thuile, ce sera un hîn par êfah. Et si le prince veut faire un sacrifice volontaire à rÊternel, holocauste ou d'action de grâces, on lui ouvrira la porte tournée vers Torient, et il fera son sacrifice, holocauste ou d'action de grâces, comme il le fait au jour du sabbat ; et quand il sera sorti, on fermera la porte derrière lui. Journellement tu immoleras à rËternel une brebis âgée d'un an, et sans défaut, tu l'immoleras en holocauste chaque matin. Et comme offrande, tu y joindras chaque matin un sixième d'êfah, et un tiers de hin d'huile pour humecter la farine, comme offrande à l'Éternel. Ce seront là des règles perpétuelles et permanentes. Et vous ferez ainsi à l'égard de la breViis et de l'offrande et de l'huile, chaque matin : ce sera l'holocauste perpétuel.
Voici ce que dit le Seigneur, l'Éternel : Si le prince veut faire à Tun de ses fils un don d'une partie de son domaine, elle appartiendra à son fils, elle sera sa propriété héréditaire. Mais, s'il veut faire un don d'une partie de son domaine à l'un de ses serviteurs, elle lui appartiendra jusqu'à l'année de libération, puis elle fera retour au prince. Il n'y a que les fils auxquels l'héritage restera *^^. Le prince ne prendra rien du territoire appartenant au peuple, de manière à les évincer de leur propriété. C'est sur sa propriété à lui c|u*il constituera l'apanage de ses fils, afin que personne de mon peuple ne soit expulsé de sa propriété.
Puis il me conduisit par l'entrée qui était à côté de la porte, vers les salles attenant au sanctuaire, et réservées aux prêtres, du côté du nord, et il y avait là un emplacement à l'extrémité occiden-
ISO Texte grec. L'hébreu met le pluriel, très-mal à propos, ce semble. Il s'agit de la simultanéité de l'entrée et de la sortie, et non de la localité.
1 30 La chose est parfaitement claire, mais le texte hébreu contient deux fautes de copistes corrigées ici d'après les Septante. Au v. 16, nous avons ainsi mis : im don d'une partie, etc., comme cela se lit aussi au v. l7, tandis que les Rabbins lisent : un don, c'est son domaine.... La préposition s'était perdue. Vers la fin du v. 17, nous biiTong, au contraire, un suffixe en disant : il n'y a que l'héritage des fils qui leur restera, au lieu de : son héritage seul, etc. — De fait, le prince peut constituer des apanages héréditaires pour sa famille, sur son domaine ; mais il ne peut pas l'aliéner en faveur d'autres personnes. A l'égard de ces dernières, il peut faire des concessions temporaires. L'année de libération, autrement le jubilé, est la 50", si tant est qii'Ézéchiel ait eu ici en vue les dispositions du code civil que nous lisons Lév. XXV. 10 suiv.
150 ÉZÉCraEL XLVI, 21-23. XLVII, 1-3.
taie"* ; et il me dit: C'est ici remplacement où les prêtres font cuire les viandes des sacrifices de péché et d'expiation, où ils font frire les offrandes *'', pour ne point les emporter à la cour extérieure, de manière à mettre le peuple dans un état de consécration "'.
Puis il me conduisit dans la cour extérieure, et me fit passer devant les quatre coins de la cour, et à chaque coin de la cour je vis encore une cour'^\ Dans les quatre coins de la cour il j avait de petites cours"', de quarante"" de long sur trente de large; toutes les quatre ayant les mêmes dimensions. Et autour de toutes les quatre il y avait un mur, et sous les murs, tout autour, étaient pratiqués des àtres. Et il me dit : C'est ici la cuisine où les serviteurs du temple font cuire les victimes du peuple.
Puis il me reconduisit à la porte du temple, et je vis qu'il jaillissait de l'eau de dessous le seuil du temple vers l'orient, car la façade du temple était à l'orient, et l'eau descendait de dessous le côté méridional ^^"^ du temple, au sud de l'autel. Puis il me fit sortir par la porte septentrionale, et me fit faire le tour au dehors jusqu'à la porte extérieure tournée du côté de l'orient "', et j'y vis les eaux jaillissant du côté méridional"^. Lorsque l'homme sortit vers l'orient, il tenait à la main un cordeau, et quand il eut mesuré mille coudées, il me fit passer par l'eau, et l'eau allait aux chevilles ; et il mesura
1^^ On se rappelle les salles décrites chap. XLII, v. 1 et soiv., où les prêtres revêtaient leurs habits sacerdotaux. Ces salles longeaient en partie rarrière-cour, en partie la cour régnant autour du temple ; leur longueur étant la même que celle de chacune de ces cours, il est évident qu'il devait rester derriôre elles, vers l'ouest, un espace libre dont il n'a point encore été question. Cet espace, ce sont les cuisines dont parle notre texte.
1 32 De la farine et de l'huile on faisait des gâteaux.
18» Voyez la note sur XLIV, 19 (note 100).
184 Nous revenons ici au grand mur d'enceinte (XL, 5), aux quatre angles intérieurs duquel il y a donc d'autres cours (petites), qui servent de cuisines pour la préparation des festins, c'est-à-dire des repas consacrés par un sacrifice préalable.
185 Le texte offre ici un adjectif inconnu (çtrât), que l'on traduit au hasard par couvertes, découvertes, fermées, divisées en compartiments, etc. Nous proposons de lire çtnâf (petites). Les Septante l'omettent tout à fait.
136 Coudées.
137 Le côté méridional est ici la partie de la façade orientale, entre la porte et l'angle sud-est. L'autel, comme on sait, est placé devant cette façade. L'eau descend, parr« que l'édifice sacré occupe la place la plus élevée du carré.
138 La porte orientale étant fermée (XLIV, 1], il faut faire extérieurement le granti tour, en sortant au nord, jusqu'à la place où le ruisseau sortait sous le mur d'enceiote dans la direction de lest.
139 C'est-à-dire entre la porte orientale et l'angle sud-est du grand mur.
encore mille, et me fit passer par Teau, et Teau allait aux genoux ; et il mesura encore mille, et me fit passer, et Teau allait aux hanches ; et il mesura encore mille, et c'était un ruisseau que je ne pouvais passer, car Teau était trop haute, de Teau à passer à la nage, un ruisseau non guéable**®. Et il me dit: L'as-tu bien vu, fils d'homme? et il me reconduisit au bord du ruisseau *^^ Comme nous revenions **^, je vis sur le bord du ruisseau, des deux côtés, des arbres en grand nombre. Et il me dit : Cette eau coule vers le district oriental, et descend dans la lande^ et arrive à la mer; c'est dans la mer qu'elle débouche, pour que les eaux de celle-ci soient assainies**'. Et toutes sortes d'êtres animés qui se meuvent, vivront partout où arrivera le ruisseau dans la mer ***, et le poisson sera excessivement nombreux, quand cette eau y viendra; car elle sera assainie et il y aura vie partout où le ruisseau arrivera. Des pécheurs se placeront au rivage, depuis 'En G'edî jusqu'à 'En 'Eglaïm*** ils étendront leurs filets sur la plage, et il y aura des poissons de l'espèce de ceux de la grande mer, excessivement nombreux. Ses marais et ses lagunes ne seront point assainis ; ils sont destinés à donner du seP*^. Et sur les bords du ruisseau, des deux côtés, il croîtra toute espèce d'arbres fruitiers, dont le feuillage ne se fanera pas et dont les fruits ne finiront pas ; ils en produiront de nouveaux
1 40 La crue de cette eau sans affluents est nécessairement miraculeuse ; et c'est précisément ce que le prophète veut insinuer. Le pays dlsrael, qui dans la réalité est si aride aux environs de Jérusalem, doit désormais dtre fécondé par des moyens providentiels extraordinaires.
141 Comme Ëzéchiel n'a jamais quitté ce bord, le texte veut dire sans doute, que Vhomme le fit sortir de l'eau, où il avait vainement essayé de passer.
142 Correction de la dernière lettre du mot, à moins qu'on ne veuille biffer l'avantdemière, dans lequel cas on pourra traduire : comme je revenais.
143 Une eau qui coule de Jérusalem vers l'est (par ex. le Qidrôn) traverse la partie aride de Juda, le désert dont il est si souvent parlé dans la bible, et se jette dans la mer morte. Ce sont les eaux de la mer morte qui ont besoin d'être rendues potables, et non celles du Jourdain. La ktnde n'est donc pas la plaine de Jéricho. (Nous lisons : el hayyam hémah tnouça^m, au lieu des mots inintelligibles du texte.)
144 Lisez : nahal iam. En hébreu, il y a nahalaïm, les deua ruisseaux.
145 Le premier de ces endroits se trouvait sur la côte occidentale de la mer morte, vers le sud ; l'autre aura été du même côté vers le nord. On sait que la mer morte ne contient pas de poissons.
146 Les Israélites tiraient leur sel de ces contrées, où on le trouve même sur les cùles sous forme crystallisée. L'assainissement de la mer ne doit pas priver le peuple d'un objet aussi précieux.
152 ÉZâCHIEL XLVn, 12-19.
tons les mois, parce que cette eau sort du sanctuaire, et les fruits serviront de nourriture et les feuilles de médicaments **^.
Voici ce que dit le Seigneur, TÉternel : Ceci sera la délimitation d'après laquelle vous répartirez le pays entre les douze tribus d'Israël. Vous en aurez votre part Tuu conmie Tautre [Joseph deux paris *♦*] ; puisque j'ai levé la main **® pour le donner à vos pères, ce pays-ci vous échoit en héritage. Voici quelles seront les limites du pays : du côté du nord, depuis la grande mer dans la direction de Hetlôn jusque vers Çedad, Hamat, Berotah, Sibraîm, qui est entre les frontières de Dammesq et de Hamat, Haçer du milieu, qui est sur la frontière du Haouran. La frontière ira depuis la mer jusqu'à Haçar-'Énôn, sur la frontière de Dammesq, et au nord, dans la direction du nord, Hamat sera la frontière. Voilà pour le côté do nord *^^. Quant au côté de l'orient, entre le Haouran, et Dammesq et G'ile'ad, et entre le territoire d'Israël, il y a le Jourdain ; depuis la frontière, vous mesurerez jusqu'à la mer orientale. Voilà pour le côté de l'orient ^^'. Quant au côté du midi, au sud: depuis Tamar jusqu'aux Eaux des querelles à Qades', vers la rivière qui se jett«
^^'^ On aurait bien tort de chercher dans ce tableau autre chose que la forme concrète de l'idée du bonheur dont jouira le peuple de Dieu après sa restauration. Les détails ne supportent pas le contrôle de la science et celle-ci n*a rien à y voir, et aurait grand tort de chicaner le prophète au sujet des poissons de mer vivant désormais dans l'eau douce. Il n'a pas songé à de pareilles différences, et n'a eu en vue que la grandeur, tout en attribuant à tous ses poissons les qualités qui en rendent quelques-uns propres à la nourriture de l'homme.
14^ L'un comme Vautre^ se rapporte aux tribus et non aux individus . La conception idéale du prophète suppose l'égalité absolue des tribus, dont plusieurs n'existaient plus même en réalité. Une glose marginale, aussi juste que superflue, assigne deux portions à Joseph (Menasse et Éphratm], comme c'est toujours le cas quand Lévi ne compte pas parmi les douze. L 'inauthenticité de cette glose se reconnaît par ce que dans le texte reçu elle se trouve insérée à une fausse place.
149 Pour jurer.
150 II s'agit ici des limites du pays d'Israël dans son entier, abstraction faite des subdivisions pour les tribus. Nous ne pouvons pas indiquer la ligne de démarcation sur nos cartes, la plupart des noms cités nous étant inconnus. Il suffit cependant de dire que le territoire de Damas, de Hamath et du Haouran, que nos cartes indiquent, reste en dehors.
1^1 Ici l'obscurité n'est que dans l'expression. La frontière orientale est formée par le Jourdain et les trois lacs par lesquels il passe. Tout le pays à l'est du Jourdain, que les Israélites avaient pourtant occupé depuis Moïse et Josué, reste en dehors (comp. XXXIX, 11). Cette frontière naturelle exclut donc non seulement Dames et le Haouran, mais encore le district de G'ile'ad; et l'on mesurera, c'est-à-dire on délimitera le pays depuis la frontière (du nordj, ou plutôt depuis l'angle nord-est juaqu'à la mer morte.