AGGÉE I
que voas faites 1 Allez à la montagne ^, apportez du bois, et bâtissez la maison, pour que j'en aie du plaisir et de Thonneur, dit TÉternel. Comptant sur beaucoup, vous n'aviez que peu, et quand vous Taviez rentré, je soufflais dessus^. Pourquoi cela? dit rÉtemel. C'est à cause de ma maison qui était en ruines, tandis que vous couriez chacun à la sienne. C'est pour cela que le ciel là-haut a retenu sa rosée, et que la terre a retenu ses produits : et moi j'ai appelé la sécheresse sur la terre et sur les montagnes, sur les grains, sur le vin et sur l'huile, et sur tout ce que le sol produit, sur les hommes et les bêtes, et sur tout le travail des mains ^.
Et Zeroubbabel, le fils de S'altîël, et lehos'oua*, fils de lehoçadaq, le grand-prêtre, et tout le reste du peuple, écoutèrent la voix de l'Éternel, leur dieu, et les paroles du prophète Haggaî, pour lesquelles l'Éternel, leur dieu, l'avait envoyé; et le peuple craignit rËterneP. Alors Haggaî, le messager de l'Éternel, dit au peuple, en vertu de la mission de l'Étemel : Je suis avec vous, dit l'Éternel.
Et l'Étemel excita l'esprit de Zeroubbabel, fils de S'altiël^ gouverneur de Juda, et l'esprit de lehos'oua', fils de lehoçadaq, le grand-prêtre, et l'esprit de tout le reste du peuple, et ils vinrent se mettre à l'œuvre dans la maison de laheweh Çebaôt, leur Dieu, le vingt-quatrième jour du sixième mois, en l'an deux du roi Daryawes' ***.
0 On aurait tort de songer ici an Liban (Esdr. III, 7). Dans la situation que le texte décrit ici, on n'avait pas les moyens de faire de pareilles dépenses. La montagne est nommée d'une manière générale, comme la portion du pays où croissent les arbres de baute futaie.
'^ Répétition de ce qui avait été dit en d'autres termes au v. 6. Il s'agit encore de l'insuffisance de la récolte. Souffler dessus, est une expression figurée et en même temps elliptique pour dire : faire disparaître vite et inopinément. Les greniers ne restaient pas longtemps garnis.
8 On remarquera qu'en hébreu les mots que nous traduisons par sécheresse et rume, dérivent d'une seule et même racine. Il y a donc là un Jeu de mots très-expressif: puisque vous laissiez ma maison en ruines, je ruinais votre récolte. La sécheresse atteint et afflige aussi les hommes et les bêtes, indirectement, en les privant des moyens de subsistance.
0 II tint compte de ces injonctions, de peur de s'attirer de nouvelles calamités. Dès que ces dispositions se manifestent, le prophète console le peuple et lui promet l'assistance divine.
1 0 Le délai de plus de trois semaines qui s'écoula encore avant la reprise des travaux, peut s'expliquer de diverses manières. Il fallait des préparatifs de toutes sortes pour organiser le personnel et assurer la marche de l'oBuvre.
AOGÉE II, 1-9. 335
Le vingt-unième du septième mois *, la parole de TÉternel fut proclamée par la bouche du prophète Haggaî, eu ces termes : Parle donc à Zeroubbabel, fils de S'altiël, le gouverneur de Juda, et à lehos'oua', fils de lehoçadaq, le grand-prêtre, et au reste du peuple, et dis-leur : Reste-t-il parmi vous quelqu'un qui a vu cette maison dans sa première splendeur'? Or, comment la voyez-vous maintenant? N'est-ce pas, dans cet état elle est à vos yeux comme rien du tout ' ? Or maintenant, courage, Zeroubbabel ! dit rÉternel, et courage, lehos'oua*, fils de lehoçadaq, grand-prêtre 1 et courage, vous tous, gens du pays ! Et travaillez I car moi je suis avec vous, dit lah weh Çebaôt. Quant à ma parole que j'ai engagée envers vous, lors de votre sortie d'Egypte ^, . . . . et mon esprit demeure au miUeu de vous: n'ayez pas peur! Car voici ce que dit rÉternel : Encore un tout petit peu de temps, et j'ébranlerai les cieux et la terre, et la mer et le continent ; et je mettrai en mouvement toutes les nations, et les trésors de tous les peuples arriveront, et je remplirai cette maison de splendeur. À moi appartient et l'or et l'argent, dit laheweh Çebaôt. Grande sera la splendeur de cette maison, la dernière plus que la première, dit l'Éternel : et en ce lieu-ci, je mettrai le bonheur ! dit rÉternel*.
1 C'est le dernier jour de la fête des tabernacles, un jour particulièrement solennel.
^ La (juestion doit être entendue dans un sens purement hypothétique, ou pour mieux dire rhétorique ; car la réponse ne pouvait être affirmative que très-exceptionnellement. Lors du retour^ cinqvanie ans après la destruction du temple, il y avait encore parmi les colons beaucoup de vieillards qui se rappelaient l'avoir vu. Depuis, il s'était encore passé dix-sept ans.
S On ne doit pas traduire : En comparaison de Tautre, celle-ci n'est rien, etc.
4 La phrase est incomplète, de quelque manière qu'on la retourne. Il manque un verbe synonyme de celui qui est Joint à Vesprit; par exemple, je vous garderai ma parole, ou quelque chose de semblable. Cfn pourrait cependant traduire dans ce sens : Pour ce qui est de mon ancienne promesse, c'est que mon esprit, etc.
^ Ce passage est le plus connu et le plus cité de notre prophète, parce que c'est le seul qui dépasse positivement le cercle étroit de l'actualité historique contemporaine. Il promet pour une époque très-proehaine une grande révolution dans le monde physique et dans le monde religieux. La première n'est que légèrement indiquée par une phrase qui rappelle ce qu'avaient dit d'autres prophètes sur les signes précurseurs de la dernière catastrophe qui amènerait l'âge d'or. La seconde se manifestera par la conversion des païens, dont les hommages et les offrandes donneront à ce temple, aujourd'hui si chétif, une splendeur que celui de Salomon n'avait Jamais connue. Il est bien certainement question du temple qu'on s'occupait à construire en ce moment même, et pas le moins du monde de celui d'Hérode, comme l'ont voulu les anciens commentateurs. — Nous traduisons le bonheur i et non la paix, parce qu'il avait été question de misère et non de guerre.