‹ La Bible (volume 2)Chapitre 9 sur 93 · ANONYME (ZACH. X · texte numérisé non relu

ANONYME (ZACH. X

Pareils à des guerriers, ils fouleront

La boue des rues dans le combat ; Ils combattront — TÉternel est avec eux — Et les cavaliers seront honteusement chassés^.

Et je fortifierai la maison de Juda, Et à la maison de Joseph je donnerai la victoire.

Je' les rétablirai, car j'ai pitié d'eux ; Ils seront comme si je ne les avais jamais rejetés :

Car moi, TÉternel, je suis leur Dieu, Et je les exaucerai.

Ceux d'Éphraïm seront comme des héros ;

Leur cœur sera joyeux comme de vin.

Leurs fils le verront et se réjouiront,

Leur cœur tressaillera pour TÉternel.

Je leur donnerai le signal et les rassemblerai.

Car je veux les délivrer, Et ils seront nombreux comme ils l'ont été.

Je les disperse parmi les nations.

Mais dans le lointain ils se souviendront de moi : Ils vivront avec leurs enfants et s'en retourneront^.

Je les ferai revenir du pays d'Egypte,

Je les rassemblerai de l'Assyrie, Je les reconduirai en G'ile'ad et au Liban^

Et l'espace n'y suffira pas pour eux ^.

soutien de U tente : Vare est l'arme du guerrier. Toutes ces images sont expliquées pu les eommamdeurs de la dernière ligne : c'est de luit de Jébova, que viendront à Jada des chefs qui le conduiront à la victoire, tandis que les chefs actuels (les bergers du v. 8} n'ont fait que le perdre.

^ Les eavtUierg représentent les nations conquérantes de la haute Asie» les Assyriens, qui sont tout simplement appelés la boue des rwM, parce que Jéhova Irar ôCera tout moyen de résistance et les livrera à leurs adversaires.

^ Jt ht diêperse maintenant, dans un avenir très-rapproché, mais ce n'est pas pour les abandonner tout à fait et les perdre. Leur repentir les sauvera, et déjà la g'^D^tion actuelle, avec celle qui la suivra, aura à se féliciter de la réconciliation de Jéhova. Le signal du retour, dont parle notre traduction, est donné dans lorigioal par un coup de sifflet, ce qui va bien à l'allégorie du troupeau, mais onllement aux règles du bon goût, telles qu'on les comprend de nos jours.

"^ G lie 'ad et le Liban [sans doute les terrasses inférieures de la montagne) sont probablement nommés de préférence, parce que cette partie du pays avait déjà essuyé de fait une invasion récente des Assyriens dont les conséquences avaient ^ très-fanestes (2 Rois XV, 29}. Pour les noms des pays cToil Israël doit être '^ené, voyez les nombreux passages des prophètes contemporains : Osée VIII, 13 ; IX, 3, 6; XI, 11. Es. XI, 11. Michée VII, 12.

190 ANONYME (ZACII. X, li-XI, 3).

Vieimeui-ils à passer la mer, il la fend^,

Il frappe les flots de rocéan, Et les ondes du Nil se dessèchent :

L'orgueil de TAssyrie est humilié, Et le sceptre de TÉgypte disparait. Je les fortifierai par rÉternel", Et c*est eu son nom qu'ils marcheront : C'est l'Éternel qui le dit.

Ouvre tes portes, ô Liban,

Pour que le feu dévore tes cèdres !

Lamentez-vous, cyprès, de ce que les cèdres tombent.

De ce que les puissants sont abattus !

Lamentez-vous, chênes de Bas'an, De ce que la forêt inaccessible est mise à bas !

Écoutez! les pâtres se lamentent.

Car leur orgueil est détruit.

Écoutez I les jeunes lions rugissent.

Car elle est détruite, la parure du Jourdain * .

8 Traduction purement conjecturale. L^interprélation ordinaire : il (Jéhova) passe la mer étroite (ou la mer de Tangoisse), ne nous semble pas offrir de sens acceptable. Il doit être question d'un retour futur d'Egypte^ dont les traits sont copiés sur celui de l'histoire mosaïque. La signification fendre a dû être empruntée à l'idiome syriaque.

0 Si JéhoYa parle ici de lui-même A la troisième personne, comme s'il s'agissait dVn eutrej cela s'explique par les usages syntactiques de la langue, qui dédouble le substantif quand il est à la fois sujet et régime indirect^ au lieu d'employer des pronoms. — La phrase : marcher au nom de Dieu, qui a ordinairement un sens moral, parait exprimer ici tout simplement le retour glorieux dans la patrie.

1 Cette strophe, la plus poétique dans les quelques pages que nous avons de cet auteur, ne peut pas être rattachée à ce qui précède, le morceau que nous venons de lire se terminant par une perspective brillante, tandis qu'ici il est évidemment question d'une calamité prochaine, d'une scène de destruction. Mais on peut se demander si elle doit servir d'introduction à ce qui suit? Le reste du chap. XI est écrit en prose et contient une allégorie qui semble n'avoir rien de commun avec ce brillant exorde dont les images appartiennent à un autre ordre d'idées. Mais il faudrait alors regarder ces quelques lignes comme un fragment, ce qui aurait aussi ses inconvénients. Peut-être sera-t-il permis d'admettre que l'auteur a annoncé un seul et même fait sous deux formes différentes. En tout cas, noos

ANONYME (ZACII. XI, 4-8). lUl

Voici ce que m'a dit l'Éternel, mou Dieu : Va paitre le troupeau de la boucherie, que ceux qui Tacbëtent égorgent impunément, et dont ceux qui le vendent disent : Dieu merci , nous nous enrichissons ! et que ses bergers n'épargnent point. Car je ne veux plus épargner les habitants de ce pays-ci, dit l'Éternel : voyez, je vais livrer les hommes les uns aux autres, et chacun à son roi, et quand ils écraseront le pays, je ne sauverai personne de leurs mains*.

Et je fis paître le troupeau de la boucherie, ce malheureux troupeau. Or, j'avais pris deux bâtons, dont j'avais appelé l'un Bienêtre, et Tautre Union, et j'avais fait paître le troupeau et j'avais exterminé les trois bergers en un seul mois ^.

aurons à considérer les cèdres du Liban, les chônes de Bas'aD^ la majestueuse ibrêt sar les hauteurs inaccessibles des montagnes, la parure du Jourdain enfin, et par conséquent aussi l'orgueil des pâtres (qu'on ne prendra pas ici pour les troupeaux}, comme autant de termes figurés pour désigner la puissance d'Israël abattue par une invasion étrangère, qui n'est point arrêtée par les barrières naturelles du pays (comp. chap. X, 10).

^ Comme cette allégorie a paru fort obscure aux commentateurs et qu'elle l'est saitoat deyenue à force d'explications contradictoires, nous commencerons par établir dcQx faits fondamentaux, à savoir : \^ Que le troupeau de la boucherie doit être Israël, et plus particulièrement le royaume de Samarie, destiné à périr dans une prochaine catastrophe ; l'état actuel du peuple est caractérisé par ces traits : ses propres bergers (rois, chefs) ne l'épargnent pas, ils le vendent pour s'enrichir, d'autres Vaekètent (s'en emparent), non pour le paitre, mais pour l'égorger. Ces autres pourraient être des étrangers (les conquérants assyriens), mais l'auteur paraît plutôt avoir songé aux guerres civiles qui affligèrent Israël après la chute de la dynastie des Nimes'ides (2 Rois XV) , et où, dans l'espace d'un même mois, on vit se succéder jusqu'à trois rois ou prétendants à la couronne. (La chronologie comparée constate même vers cette époque un interrègne, et par conséquent une anarchie, de dix ans.) — 2** Que le prophète ne prétend pas jouer ici un rôle politique, comme s'il avait à prendre lui-même la place des rois. Il représente au contraire Jéhova, qui est le vrai berger d'Israël, mais qui déclare ne plus vouloir de son troupeau, qu'il destine à la boucherie. C'est donc pour faire connaître cette intention du maître, et pas le moins du monde pour protéger le troupeau, que le prophète apparaît comme berger. Il n'est berger délégué que pour déclarer qu'il abandonne le troupeau.

' Ce second alinéa ne raconte pas un fait postérieur au précédent. Au contraire, il s'agit du même fait ; seulement la description allégorique, devenant ici plus détaillée, mentionne quelques éléments do la situation dont il n'avait pas encore été parlé. Bn effet, le sens de tout le récit n'est pas que Jéhova a abdiqué ses fonctions de berger pour les remettre entre les mains du prophète. Celui-ci n'est berger qu'autant que Jéhova l'est aussi ; le changement qu'il veut signaler, c'est celui d'un berger qui portait les houlettes du bien-être et de Vunion, en un bei^ qui conduit le troupeau à la boucherie. Jéhova et son prophète passent ensemble d'une position à l'autre. Les houlettes du bien^tre (litt.: de l'agrément) et de Yunion (de toute la nation d'Israël) représentent le passé de celle-ci. On

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