‹ La Bible (volume 2)Chapitre 81 sur 93 · ZACHARIE · texte numérisé non relu

ZACHARIE

menls par lesquels l'esprit de Dieu, symbolisé par Thuile, est versé dans le chandelier de la nation.

Les trois derniers symboles se tiennent de plus près : c'est celui du rouleau volant par dessus les pays (V, 1-4), celui de la femme dans le boisseau au couvercle de plomb, emportée par deux autres femmes ailées vers la terre de Babylone (V, 5-11), enfin, celui des quatre chars (VI, 1-8). Ces figures prennent ici la place que les anciens prophètes réservent à leurs discours menaçants contre les nations païennes. Le rouleau contient les malédictions de Jéhova ; la femme emportée, c'est la méchanceté ou l'iniquité, désormais bannie de la terre sainte et établissant sa résidence dans la capitale du paganisme; enfin, les chars emportent les tempêtes que la colère rémunératrice du ciel va diriger sur les nations ennemies.

A la suite de ces visions, vient un acte symbolique (chap. VI, 9-15). Zacharie reçoit l'ordre de faire des couronnes avec l'or et l'argent que certains députés des Juifs babyloniens venaient d'apporter à Jérusalem, et d'aller couronner Josué, en lui annonçant l'avènement futur du Messie, roi et pontife de l'avenir, et vrai restaurateur du temple, sans doute dans un sens plus idéal. Le couronnement du pontife actuel est donc un acte typique, et nous pouvons nous croire autorisés à prêter à notre prophète l'idée, d'ailleurs en tout cas peu clairement exprimée, que la présente constitution hiérarchique et religieuse d'Israël fera place à une autre plus élevée et définitive. L'obscurité de celle partie du texte est d'autant plus grande, qu'il paraît être tronqué à la fin.

Le livre se termine (chap. VII ; VIII) par un morceau plus long et écrit dans un langage un peu plus intelligible que lo reste. On vient consulter le prophète sur la question de savoir s'il faut continuer à observer certains jeûnes institués après le> mauvais jours de Jérusalem, pour en consacrer le souvenir par un deuil national. Zacharie profite de cette occasion pour rappeler les causes de la catastrophe et pour y rattacher des exhortations pressantes et sévères, à l'adresse de ses cont^^niporains. Puis il leur fait une description idyllique de l'a venir heureux que Jéhova leur prépare, et termine, comme ses prédécesseurs, par la prédiction de la conversion des païens.

Le huitième mois, Tan deux de Daryawes', la parole de rÉternel fut adressée au prophète Zekaryah, fils de Bérekyah^ fils de 'Iddô, en ces termes : L'Éternel a été courroucé contre vos pères. Va donc leur dire * : Ainsi dit laheweh Çebaot : Revenez à moi, dit laheweh Çebaôt, et je reviendrai à vous, parole de laheweh Çebaôt ! Ne soyez pas comme vos pères^ auxquels les anciens prophètes prêchaient en disant : Voici ce que dit rÉternel : Revenez donc de vos mauvaises voies, et de vos mauvaises œuvres ! Mais ils n'écoutaient point et ne faisaient pas attention à moi, dit TÉternel. Vos pères, où sont-ils? Et les prophètes, vivent-ils éternellement ' ? Mais mes paroles et mes décrets, dont j'avais chargé mes serviteurs, les prophètes, ont atteint' vos pères, et ils sont arrivés à avouer ^ : Ainsi que laheweh a résolu de nous, traiter selon nos voies et nos œuvres, ainsi il en a agi avec nous.

^ Déjà cette première phrase nous donne la mesure du style de ce prophète : La première ligne (vos pères} pourrait s'adresser à lui, comme membre de la génération actueUe. Le second pronom [leur) étant à la troisième personne, semble conGrmer cette supposition. Mais la suite fait voir clairement que tout le discours est censé adressé directement aux contemporains de Zacharie, et la phrase : va donc leur dire, n'est qu'une parenthèse, qui doit indiquer cette destination, laquelle n'avait pas été exprimée d'abord. Le but de ce discours d'introduction est donc de faire comprendre aux colons de Jérusalem que leur misère actuelle est l'effet du mécontentement de Jéhova, absolument comme cela avait été le cas autrefois à l'égard des malheurs qui ont frappé la génération précédente. « Jéhova a été courroucé contre eux, et vous savez ce qui en est résulté — il en sera de môme de vous^ à moins que vous ne reveniez, etc. i

^ Vos pères, où sont-ils? L'orateur constate que les menaces ont été réalisées.

Les prophètes vivent-ils éternellement? Evidemment non ! Ces prophètes, qui avaient averti vos pères, ne sont plus là — ce qui fait voir que Zacharie n'a pas la prétention <le se comparer à eux. — Aujourd'hui, l'avertissement le plus éloquent et le plus pressant, c'est l'histoire.

3 Atteindre est un terme choisi de manière à donner à la phrase une couleur poétique. La parole ou la volonté de Dieu suit l'homme qui prétend se soustraire à son action.

4 On traduit généralement : ils se convertirent et dirent ; et l'on met ainsi le prophète en contradiction avec lui-môme, puisqu'il vient d'aflBrmer le contraire (v. 4). 11 veut ici simplement constater que les pères avaient été amenés (par le?; faits) à reconnaître

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