‹ La Bible (volume 2)Chapitre 89 sur 93 · ZACHARIE VII, 11-14. VIII · texte numérisé non relu

ZACHARIE VII, 11-14. VIII

dans vos cœurs le malheur de vos frères * ! Mais ils refusèrent d'écouter, ils raidirent le cou^, et se bouchèrent les oreilles pour ne pas entendre. Ils changfèrent leur cœur en un dur diamant, pour ne pas entendre renseignement et les paroles que rÉternel leur adressait par son esprit, par la bouche des anciens prophètes. Et il survint une grande colère de la part de rÉternel. Et de même qu'il avait appelé sans qu'ils écoutassent, de même, dit rÉternel, cils appelleront, et je n'écouterai pas ^ ! Je les disperserai parmi tous ces peuples qu'ils n'avaient point connus ^, et le pays sera une solitude derrière eux^ sans passant ni habitant ^^1> Voilà comme ils ont changé ce beau pays en désert.

Et la parole de l'Éternel me fut adressée en ces termes : Voici ce que dit laheweh Çebaôt : Je suis animé pour Sion d'un zèle jaloux, avec une grande ardeur je prends fait et cause pour elle*^ L'Éternel dit : Je suis revenu à Sion, j'ai établi ma demeure au milieu de Jérusalem, et Jérusalem sera appelée la ville de la stabilité ^^, et la montagne de laheweh Çebaàt sera la montagne sacrée. L'Éternel dit : Désormais les vieillards et les matrones seront assis dans les rues de Jérusalem, tenant le bâton à la main, à cause de leur grand âge; et les rues de la ville seront remplies de jeunes garçons

0 Ces paroles ne forment pas one nouvelle instruction dont notre prophète se dirait chargé: il veut résomer les instructions données par ses prédécesseurs, en opposant très-explicitement la morale pratique au culte rituel.

'7 Litt.: ils présentèrent une épaule rénitente; la métaphore est empruntée à la résis* tance que le bœuf oppose à celui qui veut l'atteler, lui imposer le joug.

S On affaiblit le sens et l'on s'éloigne du texte en traduisant : ils appelèrent et je n'écoutai pas. Le prophète se reporte toujours aux temps antérieurs à la catastrophe, il veut instruire par l'histoire. Mais on peut hésiter à l'égard des lignes suivantes. Nous avons supposé que le discours de Jéhova, avec ses menaces, continue jusqu'à l'avantdernière ligne. D'autres mettent tout au prétérit : Je les dispersai, etc.

9 Tellement ils étaient lointains 1 L'exil n'en est que plus terrible.

10 Litt.: Sans passant ni revenant. Cela veut dire simplement: sans habitant.

1 ^ Cette traduction n'est pas tout à fait littérale, parce que la langue française n'offre pas les moyens de reproduire le sens mot à mot. L'auteur veut opposer les sentiments actuels de Jéhova, réconcilié avec son peuple, à ceux qui s'étaient manifestés par la ruine de Jérusalem. Ces sentiments sont ceux d'un ardent amour, qui veille avec jalousie sur l'objet aimé, pour qu'il ne s'égare plus, ni ne soit plus menacé.

1^ On traduit ordinairement : de la fidéliU, ville fidèle (ce que le mot peut signifier), mais il ne s'agit pas ici des qualités morales des habitants, mais du sort heureux qui les attend. De même, dans la ligne suivante, nous mettons montagne sacrée, et non: de sainteté.

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et de filles qui y joueront ^'. L'Étemel dit : Si cela parût merveilleux au reste de ce peuple, eu ces jours-là, à moi aussi cela paraîtra merveilleux, dit rËtemel ^^. L'Étemel dit : Voyez, je délivre mon peuple : du pays du levant et du pays du couchant je les ramène, pour qu'ils demeurent dans Jérusalem; ils seront mon peuple, et moi je serai leur Dieu, avec fidélité et justice*^. L'Éternel dit : Prenez courage *', vous qui en ces jours entendez ces discours de la bouche des prophètes, qui ont parlé le jour où la maison de laheweh Çebaô|, ce temple, fut fondé pour être rebâti ^'. Car avant ce jour, les hommes n'obtenaient point le salaire de leurs peines, et il n'y avait point de salaire pour les bétes ; ceux qui entraient et sortaient n'étaient point en sûreté devant l'ennemi, et je mettais tous les hommes aux prises l'un avec l'autre*'. Mais à présent, dit l'Éternel, je ne suis plus, pour le reste de ce peuple, comme autrefois : mais la culture de la prospérité, la vigne **, donnera son fmit, et la terre donnera son produit, et le ciel donnera sa rosée, et je mettrai le reste de ce peuple en possession de

13 Tableau de la tranquillité et de la paix profonde et durable. Plus de guerre et de calamité qui abrège les jours de l'homme ; plus de souci qui pèserait, par contre-coup, jusque sur la jeunesse.

1^ On traduit communément: si cela parait imposable au peuple, cela doit-il dose aussi paraître impossible à moi ? Mais la forme interrogative n'est pas indiquée dans le texte, et en ces jours~lày c'est4-dire lors de raccomplissement, la chose ne pouvait plus paraître impossible. Le sens du texte, tel qu'il est, ne peut être que celui-ci : Le peuple aura raison de s'extasier sur cette révolution merveilleuse, car moi aussi, qui l'amène, je la juge telle.

1 S Réciproquement. Les deux qualités sont attribuées tant à Jéhova qu'à Israfil.

^^ Litt.: Que vos mains soient fortes.

1'' On se rappelle que la reconstruction fut entreprise deux fois ; la première fois, immédiatement après le retour (Bsdr. III, 10], oii l'œuvre fut bientdt interrompue; la seconde fois, naguère (Agg. Il, 15, 18), où le temple finit par être rehâii. Les iii&mn en question sont donc les promesses faites par Aggée et Zacharie.

18 Le prophète rappelle le triste état de la colonie dans les premières vingt années après le retour. Point de sécurité au dehors, point de paix au dedans, stérilité dans U campagne, disette dans la ville. On travaillait bien, mais le travail n'était pas béni; ni les honmies, ni les bêtes n'obtenaient ce qu'ils auraient dd gagner par leurs peines. Cette situation dura jusqu'au jour où enfin la reconstruction du temple fut sérieuse* ment reprise.

19 Si le texte est intact, la vigne est appelée une euliure de prospérité [de piix), parce qu'elle demande des soins qui sont impossibles en temps de trouble, ou parce que la vendange est de fait une époque de bonheur. La phrase est un peu recherchée et le sens par conséquent peu clair; mais l'interprétation vulgaire: On sèmera e» paw, est grammaticalement impossible.

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tout cela. Et de même qae vons avez été en malédictioD parmi les peuples^ vous^ maison de Juda^ et vous, maison d*Israël, de même je vous sauverai, et vous serez en bénédiction *^ : n'ayez pas peur ! prenez courage 1 L'Éternel dit : De même que j'ai songé à vous faire du mal, quand vos pères m'avaient irrité, dit l'Éternel, et que je ne m'en suis pas repenti '\ de même encore, en ces jours-là, je songerai à faire du bien à Jérusalem et à la maison de Juda : n'ayez pas peur 1 Voici ce que vous aurez à faire : Dites la vérité l'un à l'autre ; rendez la justice fidèlement et sainement dans vos places publiques; ne méditez pas dans vos cœurs le malheur de vos frères, et n'aimez pas les faux serments: car tout cela, je le déteste, dit l'Étemel".

Et la parole de l'Éternel me fut adressée en ces termes : L'Éternel dit : Le jeûne du quatrième mois, et le jeûne du cinquième, et le jeûne du septième, et le jeûne du dixième, deviendront, pour la maison de Juda, des jours de joie et de réjouissance, des jours de fête " : Mais aimez la vérité et la paix I L'Éternel dit : Encore serarce qu'il viendra des peuples, et les habitants de grandes villes, et les habitants de l'une iront à ceux de l'autre, en disant : Allons donc implorer l'Éternel, et rechercher laheweh Çebaôt! — Moi aussi, je veux y aller '^ ! Et de grands peuples, et de puissantes nations viendront rechercher laheweh Çebaôt à Jérusalem et implorer l'Éternel. L'Éternel dit : En ces jours-là, il y aura que dix hommes de toute

^^ Être en bénédiction, en malédiction, veut dire, servir d'exemple à citer quand on veut maudire ou bénir. Ainsi on nommait Sodome quand on voulait menacer quelqu'un d'une ruine totale ; on nommait Abraham quand on voulait se souhaiter un bonheur extraordinaire (Soph. II, 9. Gen. XII, 3).

^1 C'est-à-dire : et que J'ai accompli mes desseins sinistres contre vous.

^^ Comp. VII, 9, iO. C'est la condition de Taccomplissement des promesses précédentes.

*8 II a déjà été question (chap. VII, 3, 5} d'une partie de ces Jeûnes. On était venu demander s'il fallait continuer indéfiniment à les célébrer. Ici, le prophète déclare qu'ils n'auront plus de raison d'Ôtre désormais, mais qu'il j aurait on meilleur moyen, et un moyen indispensable, de plaire à Dieu. Le Jeûne du 4* mois (f emmouz) consacrait le souvenir de la prise de Jérusalem, qui avait en lieu le 9 de ce mois, en la onzième année du règne de Çideqiyah. Le Jeûne du 10* mois (Tebet), se rapportait au commencement du siège, en la neuvième année du même règne. Voyez Jér. XXXJX ; LU . 2 Rois XXV.

'^ Ces dernières paroles doivent être la réponse des habitants de la ville à laqueUe on adressait l'invitation. C'est un tableau animé de la conversion des païens.

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langue et nation saisiront le pan de Thabit d'un Juif'^, en disant: I>fous irons avec vous, car nous avons entendu que Dieu est avec .vous ! .

'^ Ob remarquera ce nom, désormais de plus en plus exclusivement usité pour le peuple israélite. Antérieurement un leÀoudi était simplement un membre de la tribu de jjuda. Depuis que cette tribu, après la fondation du second temple, forma le noyau de la nationalité rétablie, son nom devint le nom général de toutes les populations d'origino israélite qui s'y rattachèrent successivement. Dix hommes étrangers s'attacheront à un Juif,- pour être introduits auprès de son Dieu, cela doit sans doute marquer la4>roportion dans laquelle s'étendra le cercle d'action de la théocratie.

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