‹ La Bible (volume 3)Chapitre 14 sur 84 · JOB IX · texte numérisé non relu

JOB IX

Plein de sagesse et riche en puissance,

Qui l'a jamais bravé et s'en est bien trouvé ' ?

C'est lui qui déplace les montagnes à Timproviste,

Qui les bouleverse dans sa colère;

Il fait bondir la terre bors de sa place.

En ébranlant ses colonnes;

Il commande au soleil de ne pas luire

Et couvre les étoiles de son sceau ^.

Il étend les cieux, lui tout seul,

Et marche sur les hauteurs de Tocéan ' ;

Il compose TOurse, Orion et les Pléiades,

Et ce que cachent les rideaux du midi^ ;

Il fait des choses grandes, insondables.

Des merveilles impossibles à compter^.

Voyez ! il se jette sur moi inopinément,

Il arrive, sans que je m'y attende.

comment aurait-il raison^ On voit par la suite que la chose est représentée comme une espèce de procès dans lequel Dieu est avant tout partie, et où lliomme aurait à faire valoir des circonstances atténuantes, sans pouvoir les faire agréer. Il y a dans tout ce discours l'insinuation qu'à l'homme il n'est pas fait une juste part.

1 Cette transition conduit à une brillante description de la toute-puissance de Dieu, destinée à iUustrer cette pensée : comment le mortel lui résisterait-il ? Une tirade semblable s'est déjà trouvée dans le discours d'Élîfaz (chap. V, 9 suiv.), mais dans un but différent. Là c'était le côté bienfaisant de cette puissance, ici c'est le cOté terrible qui est relevé par l'orateur.

^ Nous dirions très-justement : il appose les scellés sur les étoiles, si cette locution ne sentait pas trop le juge de paix.

3 Ce distique comporte deux interprétations ; on peut dire : il incline les cieox, et lexpliquer dés nuages de la tempête qui s'abaissent jusqu'à terre, tandis que les vagues s'élèvent. Dieu parait grand surtout quand la nature est en révolte. Cela cadre fort bien 'avec ce qui précède (comp. Ps. XVIII, 10). Nous avons traduit : il étend, et nous l'entendons de la création m6me (Ps. CIV, 2], comme le demande le sens des distiques suivants, et comme semble l'indiquer ce mot: lui tout seul. — Marcher sur les hauteurs, est une figure de rhétorique pour exprimer l'idée de la domination (Amos IV, 13. Mich. I, 3).

^ Litt. : il fait ces constellations, le poète ayant en vue la connexion indissoluble de^ groupes (chap. XXXVIII, 31). Le nom de l'Ourse est mis ici un peu au hasard» l'identification n'étant pas tout à fait sûre ; en revanche, il n'y a point à hésiter sur les deux autres noms. Orion s'appeUe chez les Arabes le Géant, chez les Hébreux, l'Impie. Il . s'agit sans doute d'un Géant rebelle aux dieux et attaché au ciel (Nimerôd?). —Les rideauWf litt. : les alcôves, les régions inconnues du ciel méridional.

S Reproduction littérale de chap. V, 9. Voyez les deux premières notes de ce chapitre.

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