JOB X, 14-22. XI
Si j'ai manqué, tu m'as gardé raneune ;
De ma faute tu ne veux pas m'absoadre.
Si je suis coupable — malheur à moi !
Si je suis innocent — je n'ose lever la iéte,
Rassasié d'ignominie et en face de ma misère^.
Si je la relève * — tu me chasses comme le lion ;
Derechef contre moi ta exerces ta puissance ;
Tu places en face de moi de nouveaux témoins.
Tu ne cesses de t'irriter contre moi.
Tour à tour tes armées m'assaillent '.
Eh, pourquoi m'as-tu tiré du sein maternel î .
J'aurais péri ; aucun œil ne m'eût vu I
Je serais comme si je n'eusse point été ;
Du ventre de ma mère j'aurais passé au tombeau ^.
Il ne me reste que peu de jours — ah, qu'il cessât.
Qu'il me laissât, pour que je pusse respirer un peu.
Avant que je m'en aille pour ne plus revenir.
Au pays des ténèbres et de l'obscurité,
Au pays sombre comme la nuit.
Plein d'obscurité et de confusion,
Dont la clarté est celle de la nuit.
Puis ÇofiEur le Na'amatite prit la parole et dit :
A ce tas de paroles n'y aurait-il pas de réponse? Un hâbleur aurait-il raison ^ ?
1 En tout état de cause ma perte était résolue. Si j'avais été réellement un grand coupable^ il va sans dire que mon chAtiment aurait été chose juste ; mais dans le cas opposé aussi, où je suis relativement innocent^ il était décidé que je serais humilié^ écrasé.
^ Savoir, la tdte ; en d'autres termes : si je fais des efforts pour me relever de ma profonde ruine^ tu ne veux pas lâcher ta proie; tu es implacable. Cette idée est exprimée par plusieurs images. Dieu est souvent comparé à un animal féroce (chtp. XVI, 9J, surtout dans les prophètes (Os. V, 14 ; XIII, 7. Es. XXXI, 4. Jér. XXV, 38, etc.). Cependant le texte de la première ligne est sujet à caution.
3 Les témoins et les armées sont, ou les griefs que Dieu fait valoir contre Job, ou les effets de sa colère. La dernière ligne est un peu obscure. Le texte ne fournit que ct8 trois mots : changements et armée contre moi. On suppose que les changements doivent exprimer Tidée de troupes qui se relèvent ou se succèdent.
4 Si tel devrait être mon sort, mieux aurait valu ne pas vivre !
,^ On voit que Çofar prend avec Job un tout autre ton que ses amis. On peut admettre que l'auteur a voulu le représenter comme le plus jeune el le plus passionné des trois.