JOB XI
Ton verbiage ferait-il taire les gens ?
Tu radoterais sans que personne te confonde?
Tu dis : c Ma thèse est vraie,
Et moi je suis pur à tes yeux*. >
Mais je voudrais que Dieu parl&t.
Et ouvrit sa bouche pour te répondre,
Pour te révéler les mystères de sa sagesse
— Car c'est le double de ce que tu Vimagines * —
Tu reconnaîtrais que Dieu oublie une partie de ta faute '^ !
Prétends-tu sonder les profondeurs de Dieu?
Atteindre à la perfection du Tout-Puissant?
Elle est haute comme le ciel ^ — que peux-tu^ toi ?
Plus profonde que le S'eôl — que sais-tu?
Sa mesure est plus étendue que la terre.
Plus large que Tocéan!
S'il attaque, il empoigne ^ ; S'il tient ses assises, qui le ferait reculer? Car lui, il connaît les hommes pervers, Il voit le crime et y fait attention *«
I II y avait dans les discours de Job deux choses : rassertîon de son iDuocence, et la thèse [doctrine) que Dieu n'est pas juste envers lui. Çofar conteste l'une et Tautre.
^ Nous ne sommes pas sûr du sens de cette ligne, qui ne contient que ces trois mots : car (que ?} double (relativement] à sagesse. Est-ce la sagesse de Dieu dont il veut parler^ ou celle de Job ? et cette mesure double exprime-t-elle une valeur absolue ou relative ? Après tout, la première interprétation semble être recommandée par la ligne suivante où il est question des profondeurs de Dieu, expression que nous avons conaervée parce qu'elle est reproduite dans le Nouveau Testament (1 Cor. II, 10).
' Loin d'être injuste, il est encore bien bon de ne pas te traiter selon tes mérites,. Ici l'accusation contre Job, voilée plus ou moins chez les autres, prend un caractère directement agressif et violent.
4 En hébreu, il n'y a qu'une exclamation elliptique : Hauteurs du ciel !
^ Ce distique comporte aussi le sens, plus généralement adopté, que voici : s'il attaque, «'il empoigne, etc., et l'on prendrait tous ces mots comme termes de procédure ; le troisième signifie proprement : convoquer une assemblée, à propos de quoi il conviendra de se rappeler que la procédure était publique et populaire chez les Israélites.
^ Le texte dit : et n'y fait pas attention ! ce qui doit signifier, d'après les commentateurs : sans avoir a faire des efforts pour le voir. D'autres traduisent : le crime auquel on ne fait pas attention. Nous avons remplacé la négation [iâ] par le pronom {le). Le distique suivant est très-diversement interprété, et le sens en est douteux. Nous trouvons très-naturel que l'orateur, dans cette tirade, abaisse l'homme au niveau de la brute. Mais la plupart des interprètes lui font dire : Même l'homme stupide peut devenir intelligent, et l'onagre même (la brute) peut naître homme, ce qui doit signifier : devenir sage.
Mais Phomme est stupide, privé d'intelligence,
C'est un poulain d'onagre, que le mortel en naissant.
Si tu diriges bien ton cœur
Et que vers lui tu étendes tes mains,
— Si un crime s'attache à ta main, éloigne-le.
Et ne laisse point Tiniquité demeurer sous ta tente * i —
C'est qu'alors tu lèveras le front sans reproche.
Tu seras de bronze' et n'auras rien à craindre.
Mais tu auras oublié tes peines.
Tu t'en souviendras comme de l'eau qui s'est écoulée.
Plus brillant que le midi Tavenir se lèvera.
Dût- il faire sombre^ l'aurore reparaîtra'.
Tu auras confiance, car il y aura de l'espoir.
Tu regarderas autour de toi et tu te coucheras tranquille \
Quand tu reposeras, nul ne te troublera,
Et les flatteurs en nombre viendront te courtiser^.
Mais les yeux des méchants se consument de langueur.
Toute retraite leur est coupée,
Et leur espoir — c^est le dernier soupir • !
Alors Job reprit et dit^ :
En vérité, vous êtes des gens I Et avec vous la sagesse mourra ^ !
I Ce distique est à mettre entre parenthèses, il intercale la condition sans laquelle la iMrière adressée à Dieu ne saurait avoir Teffet désiré.
^Litt. : fondu ; le contexte demande impérieusement un terme qui exprime la solidité^ la sûreté,' llnvulnérabilité.
'D'autres, changeant le Terhe en substantif, mettent : Tobscurité sera comme Taurore. D'autres encore : tu seras comme l'aurore.
^ Chap. y, 24. Après t'Ôtre convaincu que ta maison est en sûreté.
^ On voit que le discours de Çofar se termine par une perspective très-riante et sur un ton bien différent du début. Mais il y met une condition : que Job fasse amende honorable ei s'avoue criminel. Et c'est précisément là ce qu'il ne veut pas faire. ■
^ Litt. : l'expiration du souffle ; ils n'ont plus à attendre que la mort.
"^ Cette réponse est plus étendue que les précédentes, et discute successivement plusieurs points. Job commence par accorder à ses adversaires, en théorie, tout ce qu'ils ont pu dire sur la puissance et la sagesse de Dieu (chap. XI IJ, mais il déclare que cela ne prouve rien dans son cas personnel, et maintient son innocence (chap. XIII, 1-22) ; enfin il s'adresse à Dieu môme, mais de manière à se laisser aller au découragement (chap. XIII, 23-XrV).
^ Ironie. QueUes belles choses vous dites là ! On dirait que vous êtes les seuls au monde à savoir tout cela. On traduit aussi : Vous ôtcs (toutj un peuple, c'est-à-dire vous avez le monopole de Tesprit.
Moi aussi j'ai de Tesprit comme vous ,
Et ne vous suis pas inférieur.
Qui donc ignore de pareilles choses ?
Je serai donc la risée des autres,
Moi qui invoque Dieu pour qu'il m'exauce,
La rîsée^ moi, le juste, l'honnête homme * ?
Au malheur le mépris, c'est la coutume des heureux !
Un coup encore à ceux qui chancellent'!
Mais les tentes des scélérats sont en paix,
La sécurité est pour ceux qui provoquent Dieu,
Pour quiconque a son dieu dans son poignet ' !
Mais^ interroge donc les bètes, pour qu'elles t'instruisent. Les oiseaux du ciel, qu'ils te l'apprennent; Observe la vermine, qu'elle te l'enseigne. Et les poissons de la mer te le raconteront : Qui d'entre eux' tous ignore donc Que la main de TËternel a fait tout cela ? Il tient dans sa main la vie de tous les êtres, Le souille qui anime le corps de l'homme.
1 Gomment donc I au moment môme où je m'adresse à Diea, on me traite comme si j'étais incrédule. Cependant les . Rabbins paraissent avoir compris le texte autrement. La voyelle de la copule du second verbe donne le sens : et qu'il exauçait (autrefois).
^ Ce distique, que les traducteurs ont défiguré à l'envi, exprime la pensée cent fois justifiée par le fait, que le monde prend parti contre le malbeur. Quand un homme chancelle, il se trouvera toujours quelqu'un pour le renverser tout à fait. Au lieu de la coutume, le texte dit proprement la penséOi le principe, la théorie.
3 £^ contre-partie du précédent tableau. Il est moins question ici d'un reproche à adresser à la Providence, que du fait que le monde professe un grand respect pour les méchants heureux, et n'ose les attaquer. Avoir son dieu dans son poignet {dêwtra «n'A» detis, Virg. . Enéide, X, 773) veut dire : ne reconnaître d'autre loi que ceUe de la force.
^ Job revient à son point de départ (v. 8) : Je n'ai pas besoin de vous pour conxkaiire la grandeur et la sagesse de Dieu. La contemplation de la nature me l'apprend directement. Les bêtes mêmes connaissent leur créateur. Pour rémunération des quatre ordres d'animaux, comp. Gren. IX, 2. 1 Rois V, 13. Seulement, à la troisième [dace, il manque dans le texte le nom des reptiles (qui comprend tout ce qui n'est pas quadrupède, oiseau ou poisson)i et à sa place on y lit : la terre. Est-ce une faute de copiste? {erç pour s'erf), ou une ellipse plus ou moins dure (reptiles de la terre) ?
^ On traduit aussi : par eux, c'est-à-dire en les contemplant, — pour ne pas attribuer Tintelligence aux animaux. Mais pourquoi la poésie ne se permettrait-elle pas une pareille hyperbole ?
, JOB XII, 4i-30. 5&
C^est Toreilie qui doit apprécier les discours^ Comme le palais goûte les mets.
Chez les vieillards on troaye la sagesse. Et une longue vie donne rintelligence ^
C'est à Lui qu'appartiennent la sagesse et la puissance, A lui rintelligence et le conseil.
Voyez 1 Quand il détruit, on ne rebâtit plus ; Quand il enferme quelqu'un, il n'est plus relâché. Voyez! il arrête les eaux, elles tarissent; Il les lâche, et elles bouleversent la terre '. A lui appartiennent la force et le savoir ; A lui, le trompeur et le trompé'.
Il emmène captifs les conseillers.
Et frappe les juges de démence ; Il délie le diadème des rois.
Et attache des cordes autour de leurs reins ; Il emmène prisonniers les pontifes, Et renverse les puissants ; Il ôte la parole aux plus assurés, Et prive de prudence les vieillards ;
I Ces quatre lignes ne sont pas avec ce qui précède dans une liaison logique trèstransparente. Voici une combinaison qui, à la rigueur, peut rétablir Tassociation des idées, sans qu'on ait besoin de supposer une lacune dans le texte. La contemplation de la nature n*est pas la seule source où Ton puisse trouver la connaissance de Dieu. On peut profiter aussi de la sagesse des autres, surtout des vieillards (comp. chap. XIII, 1). Car Dieu a donné à lliomme non pas seulement des organes pour ses besoins matériels, mais encore les moyens de s'instruire. L'oreille discerne le vrai du faux, comme le palais distingue le doux de l'amer. Job ne veut pas se poser lui-môme comme vieillard, mais il déclare qu'il saurait au besoin où trouver la vérité, s'il ne la savait pas, sans «voir recours à ses importuns interlocuteurs. — Puis il fait -voir, par une brillante tirade, quelle connaissance il a de la grandeur de Dieu. Seulement il la représente de préférence dans ce qu'elle a de terrible et d'écrasant.
^ Sa puissance s'étend sur les honmies et sur la nature ; partout elle est absolue et irrésistible. L'emprisonnement est l'image du malheur. La prison est censée Être un trou dans la terre, car le texte dit : il ferme au-dessus de lui. On peut comparer notre kcntion : plonger dans le malheur.
'Job répète sa phrase pour lui donner une nouvelle application. La puissance de Dieu et son savoir-faire (la sagesse qu'il met dans le choix de ses moyens] sont les mêmes à l'égard de tous les hommes, tant de (;elui qui s'égare, que de celui qui séduit. L'antithèse exprime la notion de la totalité, et l'exemple est choisi en vue des routes diverses que les hommes peuvent suivre en s'aidant des conseils des autres ou en se dirigeant eux-mêmes. Ils ont beau faire, ils n'échappent pas à la puissance de Dieu. Aussi bien, va-t-il ajouter, les plus puissants n'y échappent-ils pas
60 JOB XII, 21-25. XITf, 1-7.
Il déverse la honte sar les nobles,
Et relâche la ceinture des vaillants*.
Il découvre les ténèbres les plus profondes,
Et met au jour Tobscurité '.
Il laisse grandir les nations et les ruine.
Il les laisse s'étendre et les déporte;
Il ôte rintelligence aux chefs d'un peuple.
Et les laisse errer au désert sans chemin :
Ils vont à tâtons, sans lumière, dans les ténèbres,
Il les laisse errer comme s'ils étaient ivres.
Voyez I tout cela mon œil aussi le voit. Mon oreille l'entend et y est attentive. Ce que vous savez, moi aussi je le sais. Et je ne vous suis point inférieur'. Mais c'est au Tout-Puissant que je voudrais parler; Débattre ma cause devant Dieu, voilà mon désir. Mais vous, vous n'êtes que des tailleurs de mensonges. Des ravaudeurs de vanités, vous tous * I Plût à Dieu que vous eussiez gardé le silence, On vous l'aurait compté pour de la sagesse! Écoutez plutôt ma réprimande.
Et prêtez l'oreille aux reproches de ma bouche ^ ! C'est donc pour Dieu que vous parlez si injustement? Pour lui vous proférez vos faussetés?
1 11 a été question de ce passage dans rintroduction. Abstraction faite de Tallasion qu'on pourrait vouloir j trouver à une récente catastrophe politique^ le texte établit qu'aucune puissance humaine ne prévaut contre celle de Dieu. Toutes les expressions dont le poète se sert, ne sont pas également sûres. Au lieu de captift et de /M*ûoiifit«r«, d'autres mettent : pUdi^nm ; à la place du diadème, on traduit : autorité ou haudri$r* Dans la dernière ligne, la ceinture est le symbole de la force physique.
2 En apparence ce distique exalte la toute-science de Dieu, mais cette idée est étrangère au contexte, qui ne parle que de sa puissance, et de la ruine des états. On pourrait donc penser que c'est cette ruine môme qui est désignée ici par l'obscurité, laquelle est mi^e au jour, découverte, c'est-à-dire réalisée.
3 Chap. Xll, 3. Je n'ai pas besoin de vos avis. Vous ne m'apprenez rien de nouveau. Je voudrais plutôt m'expliquer avec quelqu'un d'autre, avec Dieu m6me. La sagesse des hommes ne m'explique pas le mystère qui me tourmente.
4 Vos discours sont à la sagesse et à la vérité, ce que le rapiéçage est à l'habillement neuf et entier. Nous disons aussi : un tissu de mensonges. La traduction ordinaire : des médecins inutiles, n'est pas justifiée par le contexte.
^ Avant de s'adresser à Dieu, Job veut faire comprendre à ses amis combien leurs discours sont inopportuns et mal fondés. Nous disons réprimande j et non dffcme ; cette traduction est justifiée par ce qui suit.
JOB ^IIJ, 8-16. Ul
Est-ce bien poar lui que, vous prenez parti?
Est-ce pour Dieu que tous plaidez * ?
Sera-ce bon pour vous, si lui vous examine 1
Le tromperez- vous comme on trompe un homme ^ ?
Non certes, il vous reprendra
De ce que vous prenez votre parti en secret ^
Ah! sa majesté vous fera penr,
Sa terreur tombera sur vous I
Vos mémoires sont des phrases de poussière^
Vos arguments des boulevards d'argile^.
Taisez-vous ! Laissez-moi I Je veux parler moi-même,
Et puis m'advienne que pourra!
Je veux prendre mon corps entre mes dents, Je veux mettre ma vie dans mon poignet — Hé bien] Il me tuera, je n'ai plus d'espoir. Seulement je lui aurai exposé mes voies. Et cela même sera un avantage pour moi : Un impie n'oserait se présenter devant lui'!
1 L'accent, dans ces deux distiques, est à mettre sur la personne de Dieu. Job ne demande pas, comme on le lui fait dire, si c'est par des faussetés qu'ils croient servir la cause de Dieu ; il demande si c'est Dieu qu'ils croient servir par leurs faussetés? slls croient que Dieu les acceptera pour avocats? C'est une ironie, et non une accusation. Il ne s'agit pas de la valeur intrinsèque de leur plaidoyer, mais de l'accueil que voudra lui faire celui au profit duquel il a été prononcé.
* Dieu seul est juge. Les insinuations des accusateurs sont soumises à son investigation, comme les fautes des accusés. Étes-vous bien sûrs du résultat de cet examen?
3 De ce que, au fond de votre cœur, vous jugez avec partialité. La phrase hébraïque signifie proprement relever la face de quelqu'un, c'est-à-dire le regarder en face, avoir égard à lui, faire acception de la personne, en jugeant, soit dans le mauvais sens, comme id, soit dans le sens favorable, comme c'est le cas quelques lignes plus haut.
^ Mémairet (traduction littérale}, terme de procédure ; vos déductions d'avocats ne soutiennent pas l'examen. Au lieu d*argmnents, il y a proprement : boulevards.
^ Ces trois distiques sont diversement compris. Voici le sens que nous leur trouvons : Job dit : Advienne que pourra I Je veux m'adresser à Dieu, bien qu'en le faisant J'expose om vie. J'aurai du moins plaidé ma cause, défendu mon innocence. Et dans cela mdmeil y .a pour moi une consolation, une lueur d'espérance; un vrai coupable n'ose^ rait pas autant. Il faut se rappeler que la croyance populaire présageait la mort à qui se trouverait en présence (visible) de Dieu. Job s'attend donc à mourir s'il obtient ce qu'il désire, savoir que Dieu veuille se manifester à lui pour lui expliquer sa destinée. La phrase : prendre sa vie dans la main (1 Sam. XIX, 5; XXVIII, 21), veut dire : la risquer. Nous estimons que la phrase précédente, qui ne se rencontre pas ailleurs, signifie la même chose. En conséquence nous biffons les deux premiers mots du v. 13, qui nous paraissent dûs à l'inadvertance d'un copiste, qui aurait mal à propos répété les
62 JOB XIII, l'7-25.
Écoutez donc bien mes discours,
Et à ma déclaration prêtez Toreille!
Voyez, je suis préparé pour le débat*;
Je sais que j'en sortirai justifié,
Qui est-ce qui veut plaider contre moi?
Autrement je n'aurais qu'à me taire et à mourir.
Veuille seulement m'épargner deux choses-, Et devant ta face j'oserai ne point me cacher : Retire ta main de dessus moi, Et que tes terreurs ne me troublent point! Puis interpelle-moi et je répondrai»
Ou moi je parlerai et tu répliqueras.
Quelles sont donc mes fautes, mes nombreux péchés? Mon crime, mon péché, fais-le moi connaître ' I Pourquoi donc caches-tu ta face.
Et me traites-tu comme ton ennemi?
Veux-tu effrayer une feuille emportée par le vent? Poursuivre une paille desséchée^?
deux derniers du verset précédent. En les conservant, on traduit : Pourquoi prepdrais-je mon corps entre les dents, et on donne à cette phrase le sens : Pourquoi essayerais-Je de sauver ma vie (la bote fauve emportant sa proie dans sa gueule). — Au lieu de : Je n'ai plus d'espoir, une ancienne variante met : J'espère en lui (là pour îâ), ce qui doit exprimer l'espoir de la résurrection, qu'on veut mettre à toute force dans la bouche do Job.
1 Lâtt. : J'ai mis ma cause en ordre de bataille. Un procès est comme un combat entre deux partis. Job s'anime de plus en plus et ne doute déjà plus de l'issue favorable.
* Ordinairement on pense que ces deux choses sont la maladie, et la terreur qu'inspirerait au mortel la majesté de Dieu. Le distique suivant parle très-explicitement dm celle-ci ; mais la maladie serait obscurément indiquée par la main de Dieu. Il bous semble plus naturel d'entendre par cette phrase le sentiment d oppression que Job éprouve par suite de ses malheurs. Il désire respirer librement pour pouvoir parler. Comp. chap. IX,34, où la môme pensée a déjà été formulée d'une manière analogue.
3 Ici commence ce que Job appelle son plaidoyer, directement adressé à Dieu. Il débute par une question. Job ignore sa faute, il demande qu'elle lui soit révélée. Mais il ne s'arrôte pas à cette pensée et se répand en plaintes sur les misères de la vie humaine.
4 C'est de l'homme en général qu'il est question et non de Job spécialement. Dieu veut-il donc s'acharner contre une si frôle créature?